SCENE m. i
je vous prouverais qu'elles me sont aussi bien favorables que contraires. Voyons : n'est-ce pas là les vers de votre fameux Nostradamus i*
Paris conjure un grand meurtre commettre; Blois lui fera sortir son plein effet.
BRISSAC
Cest cela même, monseigneur.
GUISE
Eh bien! Paris, ce n'est pas le Roi ; ce sont les Parisiens; et franchement, le bonhomme Nostradamus ne se trompe guère ; car si ce pauvre Valois n'avait tourné bien vite les talons, je ne sais si nos amis de Sorbonne n'auraient pas trouvé de belles et bonnes raisons pour le pendre. Ainsi , rien n'est plus vrai : Paris a conjuré un grand meurtre commettre ; maintenant, Blois lui fera sortir son plein effet.... Eh bien! Brissac, cela vous désole?
BRISSAC
Certes non, monseigneur : si vous l'entendez ainsi, je ne demande pas mieux; mais toutes les prédictions ne se laissent pas interpréter de la sorte; et l'almanach de Billy, par exemple...-
GUISE
Que dit-il donc celui-là?....
iSi LES ETATS DE BLOIS.
BRISSAC
A^oici ses vers :
La coiir sera en un bien fâcheux trouble ; Le grand de Blois son bon ami tuera.
GUISE . rinterronipant et M>uriant.
Le grand de Blois?.... Ah ça, monsieur de Bnssac, vous avez de singulières distractions. Je ne suis donc pas le grand de Blois, selon vous ? Quant à savoir si je tuerai mon bon ami , peu importe ; mais, par tous les saints î je suis le £[rand de Blois.
UKISSAC.
Allons, monseigneur, à la manière dont vous prenez les choses, je vois que rien ne pourra changer votre résolution.
' GUISE
Non, mon ami; je suis trop avancé maintenant pour reculer; et Ton serait trop joyeux là en face, si j'avais le malheur de faire seulement un pas en arrière.
BRISSAC
Vos amis, vos vrais amis, monseigneur, s'en réjouiraient aussi.
GUISE
Excepté d'Espignac, pourtant.