‹ Les États de Blois, ou, La mort de MM. de GuiseChapitre 59 sur 212 · SCÈNE m. 2o · texte numérisé non relu

SCÈNE m. 2o

qui remontre à Achille qu'un prince offensé, encore qu'il dissimule , trouve toujours une occasion de se venger :

Kpctffff&iv yàp ^act/su?.

GUISE ^ l'inlerroiupant.

Pardonnez , monsieur l'archevêque , il ne s'agit point de grec.

LE CARDINAL DE GUISE

Non ; mais il s'agit de vie et de mort, mon frère.

GUISE

Si vous le croyez , que j^e partez-vous ? rien ne vous oblige à rester : la chambre du clergé trouvera bien un autre président.

LE CARDINAL DE GUISE

Je ferais sagement peut-être , pour votre conservation, de me séparer de vous; car il n'y a rien de séduisant comme un coup double, et l'on diffère volontiers ce qui ne peut se faire qu'en deux fois : mais j'userai d'un moyen meilleur encore ; je resterai , me réservant de vous harceler si bien, que vous finirez par me dire vous-même : Allons-nous-en.

GUISE

En vérité, mon cher Louis, vous parlez de

tout cela comme une fenmie; vous êtes bien le digne frère de votre soem-; mais ouvrez donc les yeux, et regardez sérieusement les choses. Je suis ici à un poste d'honneur ; que dira-t-on si je l'abandonne? que j'ai trahi mes devoirs; qu'en faisant dissoudre les États, j'ai empêché le Roi d'accomplir le bien qu'il méditait pour le soulagement du royaume ; et , si le Roi se met en armes pour me courir sus, que feronsnous? nous tiendrons la campagne. Soit : mais nous voilà factieux, révoltés, sur le même pied que les huguenots. N'attendez pas que les membres des Etats qui se retireront avec moi nous soient d'un grand secours ; nous n'aurons pour nous que nos amis : le Roi gardera les siens^ Si les deux tiers des États nous accompagnent, l'autre tiers suivra le Roi. Si nous rendons des édits, ils en rendront aussi. — Je cours ici quelques dangers, mais c'est un malheur nécessaire; il n'y a point de fortune sans hasard : quand on a le pied sur l'échelle, il faut monter jusqu'au sommet , quelque haute que soit la muraille. Une fois pour toutes, messieurs, je reste à Blois; je reste ilans ce château : c'est à la face du Roi que, (le gré ou de force, je veux devenir conné-

Page 1