SCENE TV. 2i
Ll- KOI.
Oui , mon père.
DE BULLIS.
Eh bien! Sire.... depuis dimanche ?....
LE ROÏ« ciyant l'dir de clieiclicr dans sa mémoire.
Depuis dimanche, mon père, il n'y a rien de nouveau.
DE BULLIS.
Rien ?
LE ROL
Non , rien : je suis d'une telle sagesse maintenant !....
DE BULLIS.
Je vous l'ai toujours dit , Sire , il ne s'agit que d'en prendre l'habitude. — Votre Majesté veut-elle que je prononce l'absolution ?
LE ROI
Mais.... attendez.... pas encore.
DE BULLIS.
C'est qu'il se fait tard, Sire : monsieur le légat est peut-être déjà à la sacristie , et Votre -Majesté se souvient qu'elle m'a commandé de
lui servir la messe. ( II se lève et se prépaie à prouoncer l'absolution.)
In noinine Patris et....
LE ROI
Non , non : un moment.... on oublie quel-
.if 4 LES ETATS D£ BLOIS.
quefois.... si par hasard.... — Tenez, mon père, faites-moi des questions.
DE BULLIS.
Sire , à quoi bon , si votre mémoire ne vous rappelle rien qui en vaille la peine? est-ce pour quelques misérables peccadilles....
LE ROI
Voilà comme vous êtes, monsieur de Bullis.... Moi, je ne veux pas de grâce. Je n'ai pas envie de faire une mauvaise communion, surtout si près de la Noël. Voyons, mon père; je vais vous répondre.
DE BULLIS.
Certainement Votre Majesté n'a rien fait ni rien pensé qui soit contraire aux saints dogmes de notre divine religion.
LE ROL
Miséricorde ! Dieu m'en garde !
DE BULLIS.
Vous n'avez rien épargné, rien négligé pour étendre son règne et terrasser ses ennemis.
Oh ! poiu- ce qui est de la religion , mon père , n'ayez point d'inquiétude ; je suis bien sûr que Dieu doit être content de moi.