‹ Les États de Blois, ou, La mort de MM. de GuiseChapitre 67 sur 212 · SCENE IV. 2i · texte numérisé non relu

SCENE IV. 2i

DE BULLIS.

Eli bien ! c'est tout ce qu'il faut, Sire : car Dieu nous absout aisément de nos autres péchés, quand nous n'en commettons point qui le touchent personnellement. — Maintenant, quant au prochain, vous ne l'avez offensé ni en action, ni en pensée?....

LE IlOI , hésitant.

Mais.... je ne dis pas cela ; je me rappelle bien certfiines pensées....

DE BULLIS.

Comment, Sire, des pensées de haine, de vengeance, peut-être?....

LE ROI

Hélas! oui , mon père. Mais que voulez-vous , il m'insulte tous les jours....

DE BULLIS.

De qui parle Votre Majesté ?

LE ROI

De qui?.... eh ! mais.... du prochain. — Cette question était inutile, monsieur de Bullis.

DE BULLIS.

J'en demande pardon à Votre Majesté.

Ce qui me rassure, mon père, c'est que

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vous m'avez dit souvent qu'on n'allait pas en enfer pour des pensées.

DE BULLIS.

Sire, c'est selon quelles pensées....

LE Ror.

Je compte pourtant bien que Dieu ne me damnera pas pour quelques mouvemens d'impatience , ou pour de simples bouffées d'humeur noire.... cela ne s'est jamais vu. — D'autant que quand il fait ce temps sombre et froid , vous savez bien que je ne suis pas maître de moi. Ce n'est donc pas ma faute si....

DE BULLIS.

Sire , Notre-Seigneur ne reçoit pas de telles excuses,

LE ROI

Pardonnez-moi, mon père, il faut bien qu'il les reçoive; car Miron m'a dit vingt fois que tout ce que je pourrais penser et même tout ce que je pourrais faire, par un temps comme celui-ci, ne saurait m'étre imputé.

DE BULLIS.

Votre Majesté veut donc que je prononce l'absolution ?

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