SCENE IV. J
LE IlOl.
Mais il a tort ; je ne les hais pas ces gens de Jésus. Ce sont , je le sais , de désespérés ligueurs. Mais trouvez-moi des moines qui ne soient pas ligueurs ; ligueurs pour ligueurs , j'aime mieux les jésuites que les cordeliers. — Ah ça ! nos deux compagnons ne sont pas seuls. Du Halde, voyez donc tout ce monde qui sort du chemin creux ! quelle procession ! d'où viennent ces gens-là?
DU HALDE
De chez monsieur de Guise....
LE ROI
Comment? tous ?.... qu'avait-il donc besoin de cette cohue ?
DU HALDE
Sire , c'est tous les matins même cérémonie , à l'heure du lever de monsieur le duc...
LE ROI
Ah! j'oubliais!.... — Mais moi, Du Halde, voici l'heure de mon lever , et je n'ai personne!
(Il se promènp avec agitation. )
Sire , pendant que vous étiez avec monsieur de Bullis , messieurs de Rambouillet et de Loignac se sont présentés au vestibule ; après eux
sont venus monsieur D Auniont , monsieur d'Ornano , monsieur Révol, monsieur.... de Montolon...
L E ROI ^ avec ironie.
Comment ? la demi-douzaine ! vous m'étonnez : et où sont-ils , s'il vous plait ?
DU HALDE
Quand ils ont vu que Votre jNIajesté ne recevait pas, ils sont passés chez la Reine.
LE ROI , d'un ton plusaiaer.
Bravo ! ils auraient pris froid devant le feu ilu vestibule î... Quel dommage que je ne m'appelle pas monsieur de Guise! on m'aurait bien attendu.... Oh ! j'ai vraiment de bons amis ! j'en ai bon nombre surtout!.... (Sefforçant denre:) Si mon cousin ne me fait la charité, je finirai par être forcé de me verser moi-même à boire.
(Il s'aperçoit que du Halde l'écoute.) Du HaMc , nC TeStCZ pBS
là.... sortez, du Halde î...
DU H.4XDE.
Sire , vous paraissez souffrant.... il vous faut quelqu'un.
Non , je sais ce que c'est : laissez-moi ; je veux être seul. — Allez chez ma mère, vous lui demanderez des nouvelles de sa santé. , Allez.