SCENE IV
DE BULLIS.
Sire , je baise les mains à Votre Majesté.
( Il sort. )
LE ROI, =*tul.
Ma foi, j'ai bien fait de ne lui rien dire.... Au bout du compte, je suis en état de grâce , j'ai mon absolution.... Oui, mais.... je vais faire une mauvaise communion ! Seigneur Dieu !.... voyons pourtant.... n'y aurait-il pas moyen ?.... Si j'envoyais quelque petite chose à Notre- Dame de Cléry ?.... ( n ouvre .mcoftre de bijoux. ) Bon ! cctte croix d'or fera l'affaire.... et en y joignant ce
petit bénitier.... (H prend dans le coft're la croix et le bénitier , et dit à
haute vou : ) Holà ? quclqu'uu !
(Entre Du Halde. )
DU HALDE
Vous avez appelé , Sire?
LE ROI
Allez chercher....
DU HALDE
Miron ?
Non, d'Orguyn, mon chapelain ; mais pourquoi disiez-vous Miron?
DU HALDE
Je craignais que Votre Majesté ne fût mal à son aise.
iio LES ETATS DE BLOIS.
LE ROI
Quelle idée !
DU HALDE
c'est que monsieur de Bullis nous a dit en sortant : « Le roi n'a-t-il pas la fièvre ? il est » bien agité. »
LE ROI • laissant tomber la croix et le bénitier sur son prie-dieu
Comment! ce sont ses paroles ?.... (^ part.) Oh ! que j'ai bien fait de ne lui rien dire! (Haut ) Mais qu'a-t-il ajouté ?
DU HALDE
Rien , Sire : je l'ai vu ensuite descendre dans la cour, où il s'est entretenu avec monsieur le cardinal de Guise. Tenez , les voilà tous deux qui entrent chez les PP. de Jésus.
LE ROI • s'approchant de la fenêtre.
En effet, vous avez de bons yeux. — Est-ce que monsieur de BuUis est de la société?
DU HALDE
On le croit , Sire.
Pourquoi s'en cache-t-il ?
DU HALDE
Pour que Votre Majesté lui continue ses bonnes grâces.