‹ Les Etats de Bretagne au XVIe siècleChapitre 22 sur 24 · T.FS ÉTATS DE BRETAGNE · texte numérisé non relu

T.FS ÉTATS DE BRETAGNE

Parlement et à la Cour des comptes de juger en appel les délibérations des Etats "\

Ainsi, le Languedoc et la Bretagne ont une constitution très analogue. Si l'adininistrMtion des Etats languedociens est mieux organisée, les Etats de Bietagne ont une représentation plus étendue, et leurs séances reflètent plus clairement les vœux et comme l'opinion publique de l'ancien duché.

Enfin, si aux Etats de Bretagne, nous comparons, à la fois, les Etats de Languedoc et de Bourgogne, nous saisissons nettement les préoccupations essentielles des assemblées provinciales, à la fin du XVP siècle. Les Etats tendent, de toutes leurs forces, à résister à l'exploitation royale : en 1578, on se plaint universellement que le gouvernement n'ait pas tenu les promesses faites aux Etats généraux de Blois, de 1576 ^^^ Partout on proteste contre la multiplication des nouveaux offices, on demande leur suppression « gratuitement et sans finances, » on réclame des punitions exemplaires contre les personnages dont le métier consiste à trouver des offices inconnus jusqu'alors <2^. En Bourgogne et en Languedoc, comme en Bretagne, on surveille de façon très étroite les agents financiers de la royauté, qui inspirent la plus vive antipathie; on se défie surtout des bureaux de finances établis par Henri 1I<^\ Enfin, on prend la défense des privilèges judiciaires du pays, on s'élève contre les évocations et le droit de committimus , on fait cause commune avec les Parlements provinciaux'^'. Ces tendances sont aussi celles des Etats généraux (^> : elles nous montrent que l'opinion publique tient

(1) P. Gaehon, Les Etats de Languedoc et l'édit de Béziers, p. 33.

(2) G. Weill, vp. cit., pp. i et sqq.

(3) Jbid., p. 12.

(4) Ibid., pp. 19 et sqq.

(5) JMd., p. 14.

(6) Cf. Picot, nutoire des Et.aU yénéraiix, 2' édition, 1888, t. II, III et IV, passim.

encore fortement à certaines libertés, que l'absolutisme royal rencontre encore quelques résistances.

Le XVP siècle est, en effet, une époque décisive poui' les progrès de la centralisation monarchique : bientôt le régime, qui doit durer deux siècles, et qu'aucune réforme partielle ne pourra modifier, va trouver son organisation définitive. Cependant, on peut prévoir que deux provinces résisteront à l'effondrement des libertés provinciales, conserveront jusqu'à la fin un organe de représentation et de défense; ce sont justement les deux pays qui ont gardé l'existence la plus originale : le Languedoc et la Bretagne.

Page 1