UN JERSIAIS
Southampton, février 15, 1893.
Ce langage n'est peut-être pas celui de l'Académie française. Pourtant il a le mérite de défendre une cause juste et sacrée.
D'ailleurs le Jersiais est un peu comme l'habitant Canadien français à qui dernièrement, M. Moses Miller, faisait ce reproche dans sa Science of language, tome IT p. 198.
— “ Au Canada, le paysan s'est habitué à prononcer / comme #. Ainsi, il dira #ékter pour élier, motkié pour motfié. On ne peut pas accuser que cela se produit, parce
qu'au Canada le français est une langue
bderne.
> cette bn, nos
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ÉRSIAIS.
elui de mérite sacrée.
comme rnièreproche p. 198.
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étrangère; car en France, la langue a subi une semblable corruption, notamment parmi le bas peuple. Aussi Molière, dans le 176decin malgré lui, a-t-11 fait dire par Jacqueline, £ériquié au lieu de Zérifier. Et dans la même pièce on voit guarguié pour quartier, amigmeé pour amitié M. Agnel, dans ses Observations sur la prononciation et le langage rustique des environs de Paris, pp. 11, 28, parle de semblables prononciations chez les paysans des environs de Paris et du Hâvre, où l'on dit charkié pour charretier, abricokier pour abricotier, crapu pour #rapu. Cette corruption a même envahi le langage classique : exemple, craindre, môt qui vient du latin #remere.”
Hélas la perfection n'est pas de ce monde, même quand il s'agit de linguistique. Demandez-le à Goëthe qui dans un moment de découragement s'écriait :
— J'ai l'habitude de nr'exprimer toujours
improprement ; je ne saurais faire autrement. J'espère en avançant en âge pouvoir penser et exprimer mes pensées mêmes ou telles qu'elles sont.
Après cet aveu tombant d'aussi haut est-il juste, est-il de bon ton de reprocher aux Jersiais et de-tenir compte aux Canadiensfrançais de certaines excentricités de langage ?
Mais revenons au sujet qui nous occupe,
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Vie