‹ Les États de NormandieChapitre 42 sur 70 · SIMON DE BUCY · texte numérisé non relu

SIMON DE BUCY

(Etats des 30-a5 mars i35i, Poiit-Audemer.)

Simon de Bucy représenta le roi Jean aux États de Normandie d'avril 1 3 5 1 et d'avril 1 352 , c'est-à-dire aux assemblées les plus nombreuses et les plus importantes réunies dans la province au xiv" siècle. Ce fut sous Jean le Bon et Charles V un des grands personnages du royaume, conseiller ordinaire des rois, premier président du Parlement. Il a été l'objet de deuv excellentes notices , qui rendent inutile une nouvelle biographie ; l'une de M. N. Valois, dans son ouvrage sur Le Conseil du roi (p. B-g); l'autre de M. Aubert, dans son livre sur Le Parlement de Paris (I, 78-81). On peut encore consulter les notes assez abondantes de M. Kervyn de Lettenhove dans son édition de Frolssnrt (XX, 476).

ROBERT DE IIOUDETOT.

{Etals des sô-3i mnrs i-îôa, Rouen.)

Ce personnage appartenait à une famille noble de Normandie. Le premier document qui nous le signale le qualifie , au 29 avril 1 338, de chevalier du bailliage de Caux et nous apprend qu'il avait été dans la nécessité de faire un emprunt d'argent à un marchand lucquois '". Il fut en 1 33 g un des seigneurs normands qui promirent au roi d'aller conquérir l'Angleterre '"-'. Si la conquête n'eut pas lieu , il eut au moins occasion de naviguer : quelques jours après le désastre de l'Ecluse (ai juin i34o), on trouve Robert de Houdetot «cappitaine du navire Monseigneur le Roy n (1 5 juillet) '^'. Les tristes services rendus en cette occasion par le chevalier du pays de Caux le désignèrent pour les plus hauts oflices: il est, le 5 juin i363, conseiller

'" Bibl. nal., Clairamb., 60 , 4625. — ''> Froissarl, édit. Kervyn de Letlenhovp, XVIII, 68. — W Bibl. nat., Pièces origin. , Houdetot, 2.

cl maîiro des requêtes Je l'Hôtel ". M. Kervyn de Leltenliove, dans son t^dition de Froisnart , le fait sénéchal d'Agcnais dès i3i2, mais sans citer aucune pièce '^'. En tout cas, il l'était dès avant iSMi , puisqu'il «autorisa cette année les consuls d'Agen et de quatorze autres villes à s'assembler à Agen pour délibérer sur ce qu'il convenait de faire à l'arrivée du duc de Normandie»"'. C'était un poste de conliance à la frontière des possessions anglaises; il y fallait une activité incessante et un courage persévérant. En 1 3/i5 , Houdetot faisait le siège de Casseneuil; la victoire du comte Derby à Aubcroclie le força à y renoncer'''. Ses pouvoirs furent sans doute étendus, car il porte, le yo juin i3/i5, le titre de gubenintor in part Unis liiigitae occhamae^^\ et, le 96 avril 18/17, ^^^"' ^^ «capitaine des guerres entre Dordogne et Garonne»''"''. En i346, il lui arriva aventure: tandis que le siège était mis devant Aiguillon, il alla avec 3oo combattants atta([uer le château de Bajamont à une lieue d'Agen: «mais à un point du jour, l'arcediacre Durfort à tout grant foison d'Anglois lui vint courre seure, et se niist le seneschal d'Agenois en belle ordonnance, et fut la bataille grant et dure, mais François furent deconfis et la plus part mors et pris. Et fut prins le dit seneschal d'Agenois moult vaillamment, car enques ne se rendi, mais fut à force emmené dedens le chastel.» Les gens du pays d'Agen durent s'imposer pour retrouver leur sénéchal et payer sa rançon ''''.

Après avoir passé de laborieuses années dans le Midi, Houdetot reparaît en Normandie. Depuis le 1 5 mai 1 35o , il est pourvu de l'office de maître des arbalétriers, un des principaux de l'armée royale'**'. Déplus, il est t^ capitaine général en la duché de Normandie ». (i'est ainsi que, le 1 1 aoîit 1 35 1 , il contraint le vicomte de Falaise à verser au clerc des arbalétriers 600 livres tournois, « pour la très grand nécessité qui estoit pour icelle somme bailler et distribuer aux gens d'armes du Dulphiné de Vienne ordonnés pour aller en Costentin pour la garde et delîension du pays» ''^'. Au début de l'année suivante," en avril 1 3 59, il est commissaire aux Etats de Rouen afin d'exposer aux gens de Normandie les besoins de la guerre'"". Presque aussitôt

O Bibl.nat., Pièces onjjin., Itoudelot, (i. >"' Chroii. normande, a8<), n. '1.

^'' Fi'oissarl, ôdil. Kervyii do Loltenlinvc, '■' Ihid., 371.

XXI, 577. W Anselme, Vm, i5.

'" Cliroti. uormande, a6i), n. i. '"> Chron. nonnande, -jgS, n. ^i.

'" Ibid., 566. '»' liihlioth. ,ial., fonds français, 25700.

'■' Bibl. tml., Pièces origin., Uondelol, 'i. i-.

Les Etats de Nobmandii;. i X

après il part pour la Picardie, aide le lieutenant du roi Geoffroy de Cliarni dans ses opérations devant Guines*'': le 3 juin, il s'occupait des vivres et garnisons de Guines'^'; le ili juillet, il envoyait d'Ardres au clerc des arbalétriers «la montre do Jean de Belleferière l'cuyer pour la garde et establie de l'abbaye de Guines"'''. Ce ne fut, du reste, qu'une apparition, car, au mois de mars i353, Houdetot était de retour en Normandie. 11 venait d'être désigné le 2 3 février pour aller avec Giles de Maudestour et Philippe de Troismons faire remise au roi de Navarre du comté de Beaumont-le- Roger, des chàtellenies de Conches et de Breteuil, des vicomtes de Pont- Audemer, de Valognes et de Carentan et du Clos du Cotentin '*'. Dès le mois de juin, il était installé à Saint-Lô et commandait aux «gens d'armes es baslies de Contentin » '^'. 11 fit en i35/i les choses les plus diverses : au commencement de l'année, il est à Rouen comme commissaire du roi et, le 12 février, il se fait délivrer par le vicomte loo livres tournois wpour les nécessités et besoins toucbans le Roy nostre seigneur en la ville de Rouen et le païs de Normandie » ""l A partir du 20 mars, il a avec lui une forte troupe d'hommes d'armes dont les gages s'élèvent à 3oo livres tournois pour un mois''". C'est aux frontières de Bretagne et de Normandie (jue l'on retrouve Houdetot en 1 355 : le 20 août, le receveur des chàtellenies de Saint- James-de-Beuvron et d'Avranches lui remet 8^0 livres tournois pour lui et ses hommes'®*. L'année i356 fut encore fort agitée pour le maître des arbalétriers. Au mois d'avril , il assistait à la cour tenue à Rouen par le dauphin . quand le roi Jean parut pour faire exécuter le comte d'Harcourt et appréhender le roi de Navarre '"'. Il était tout prêt pour la guerre qui allait commencer en Normandie contre les Anglo-Navarrais commandés par Philippe de Navarre el le duc de Lancastre. C'est ainsi qu'il fit, depuis Pâques jusqu'à la Saint-Jean i356, le siège de la ville de Pont-Audemer ''"', remise par lui-même au roi de Navarre trois ans auparavant. 11 avait amené plusieurs chevaliers et « grant foison de gens d'armes et d'arbaleslriers et pavoisiens ». Vainement il fit creuser une mine. Comme l'armée navarraise

'" Chron. )ion>iaiule , 298. '*' liibl. nui., Pièces origin. , Houdetot, fi.

W B16/. >ui(., Clajramb., 6û, 462.'). "' Ibiâ., 16.

''' Chron. normande, ag3,n. 3. '^' Ibid., 11.

"' Bibl. de l'Ecole des Chartes, 18&6, 201. ''' CIitoh. des premiers Valois, Sa.

<^' Bibt.nat., fonds franc., 26000, aSa: ''"' Secousse, Histoire de Charles le Mail-

Chron. normande, 298, n. 3. vais, l.

arrivait, il dut déloger et rencontra en route ies renforts qui venaient. mais trop tard, le soutenir'". A la fin de juin, le roi Jean se décida à paraître pour arrêter les ennemis. Houdetot l'accompagnait; il n'y eut pas de bataille, Philippe de Navarre s'étant retiré. Du moins, le maître des arbalétriers, pendant que Breteuil était assiégé, alla avec plusieurs chevaliers R mettre le siège à Conches et y livra de grans assaulx et de fors. Et s'i portèrent tellement que le chastel leur fut rendu'-'.» Dès lors, Robert de Houdetot disparaît presque complètement. On le voit encore recevoir, le 8 mai 1 357,000 livres tournois sur le tiers et danger de ses bois de Bondeville '^*. M. kervyn de Lettenhove le fait mourir en i358'*', ce qui ne semble pas possible, puisqu'on le voit prendre part, sans doute en i36d, à une tentative faite par Louis d'Harcourt pour recouvrer Honfleur'^'; il se pourrait cependant que le chroniqueur ait confondu Houdetot avec son successeur dans l'ollice de maître des arbalétriers. En tout cas, c'est le dernier renseignement que nous ayons sur son compte.

ADAM DE DAMMAItTL\.

[Assemblée» du bailliage du Colentin, août i3i)3 , Valognes.)

Les détails que nous avons pu trouver sur Adam de Damniartin se réduisent à peu de chose. Dès le 8 décembre i3/i{j, il était bailli du Colentin '"'. La situation y était difficile ; le roi commenfait à se lasser des allures indépendantes et brutales de Godefroy d'Harcourt, sire de Saint- Sauveur-le-Vicomle, et Dammartin fut chargé de mettre à exécution les mesures de rigueur ordonnées contre ce puissant seigneur. Nous voyons encore que, dans les premiers jours de janvier i3.ïi , il s'occupe activement de faire désigner les députés qui doivent représenter les villes du Cotentin aux États généraux du 1 0 février à Paris '^'. C'est encore comme bailli qu'il tint, avant le h août i353, une assemblée des États de son bailliage, pour prendre les mesures nécessaires à la défense du Cotentin, menacé par l'expiration des trêves de Bretagne. Quand Damniartin abaii-

"> ChroH. de» premier» Valois, 38. '" Chroit. normande , 'So"/ .

<'' Ibid., /i2. f) Delisle, Histoire de Saint -Sauveur -le -

^'' Bi6/. nn(. , Pièces (irigin. , Hoii(ie(o( , 1 3. Vicomte, \i6.

;»' Kroissarl, édil. KprvyiidcL., XXI, 567. i"> Ibid., 118.

donna-t-il sa charge de bailli? Nous l'ignorons. On le retrouve encore le 26 janvier 1 3 60 : il est alors conseiller du roi et du régent, commis à la Visitation de la monnaie de Poitiers '".

ARNOUL D'AUDREHEM.

(Etats de Basse- Normandie , a G janvier i35ù, Sainl-Lô.)

La biographie du maréchal d'Audrehem n'est plus à faire : elle a été étudiée avec le plus grand soin par M. Emile Molinier, dans les Mémoires firèsenlés par divers savants à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2" série , Antiquités de la France, t. VI, impartie. Nous n'avons rien^ ajouter à ce travail si précis et si complet.

MARTIN EVRART

{Etals de mai i355, — ?.)

C'est, comme Thomas Le Tourneur et Giles de Maudestour, un chanoine de la cathédrale de Rouen; de plus, il fut dignitaire du chapitre, revêtu de laicharge d'olficial '^'. Nous ne le voyons agir qu'en i355, comme «commissaire pour le présent subside des hommes d'armes'", commissaire en ceste partie de par Monseigneur le Dalphin et par les gens du pays de Normendie '*'«. Il avait pour collègue le sire de Sainte-Beuve. Il est très vraisemblable qu'il prit part, au nom du roi, à l'assemblée où fut voté le subside. Là se bornent nos renseignements.

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