‹ Les États de NormandieChapitre 57 sur 70 · LE BEGUE DE FAYEL · texte numérisé non relu

LE BEGUE DE FAYEL

(Etat.i de Basse-Normandie , août t^ji-juin i3-j5 , Caen, Saiiit-Ld, Bayoïx.)

Guillaume'" de Fayel, dit le Bègue, sire de Brucourt'-', chevalier, fut toujoiu-s en campagne et en service pour le roi depuis 1 Sfiy jusqu'à la fin (lu siècle. Il avait sans doute fort guerroyé déjà (|uand nous constatons sa présence en Espagne auprès de du Guesclin et de Henri de Transtamare à l'année 1 867 '''. Que devint-il après la bataille de Navarette ? On ne sait ; il est probable qu'il fut fait prisonnier et mis à rançon comme les autres seigneurs de l'armée de du Guesclin. Sa prison ne dut pas être fort longue, puisque, au début de i36(), û faisait la guerre enTouraine et en Poitou'*'; le 5 avril , il était en Auvergne et y recevait pour lui et sa compagnie vingtcinq payes d'hommes d'armes'^'. En quelques mois, il passe à l'autre bout du royaume : au mois d'août, en effet, il est dans l'armée que le duc de Bourgogne conduisit en Picardie et fit camper sur la colline de Tournehem; il avait avec lui G écuyers et sous ses ordres le sire de Gaucourt. Giles de Ville, dit l'Estonné, et Tristan de Chambli , chevaliers , Rabâche du Uamel, écuyer, en tout, lui compris, 8 chevaliers, a 6 écuyers '*''. Le a 6 octiibre de la même année 1869, sa troupe s'était encore augmentée: elle était de ào hommes d'armes''''. Le Bègue de Fayel continua à servir vaillamment pendant les années (pii suivirent; il prit part à la chasse qui fut donnée à Robert Knolles par Jean de Vienne avec 3, 000 hommes d'armes, à travers le Vendôraois, le Maine et la Touraine'". L'année 1873 nous le

(" Delisle,//is/. (/f.S'nm(-5««iCHi-, 11, a'12; 1" Rihl. nat., (Aairamb., I)ti, :iù-]i.

Moranvillé, 337. (s) Actes, Pic, 5io; Moranvillé, ao6.

l" DilA. nal., Cl.iin.ml)., o')G, .T'.'ii. W Moranvillé, «37.

<" Cliron. des ijuahepreiiiiers Valois, 17'!, C /Icfcs, elc, 600, (54G.

«7''- '"' Moranvillé, 178.

montre fort occupé sur les frontières de Bretagne. Il eut l'occasion de s'y faire remarquer : les Anglais de Saint-Sauveur, maîtres du Cotentin, étaient venus jusqu'à la baie du Mont-Saint-Michel s'emparer de Notre- Dame de Tombelaine, îlot voisin du Mont. Ils commençaient à s'y fortifier (q mai 1872). Le Bègue de Fayel, accompagné de Guillaume Martel et de Guillaume de Flamencourt, en quelques jours réunit a, 000 hommes d'armes et reprit le rocher'". Dès le 17 mai, le fils du vainqueur, Philippe de Fayel, écuyer, était arrivé à Senlis au galop de son cheval pour annoncer au roi la déconfiture des ennemis'-'. Grâce à ses succès, la troupe de Fayel augmenta : le 1" mars, à Saint-Lô, il a autour de lui 8 autres chevaliers et /17 écuvers: il est sous les ordres de Robert d'Alençon, lieutenant du roi en Basse-Normandie '^l II devint même peu après capitaine général en Basse-Normandie avec 900 francs de gages et 200 combattants'*'; le roi, qui lui avait enlevé 80 combattants sans doute pour les envoyer sur quelque point menacé, les lui rendit le 1 1 septembre 1378, «par consideracion de ce que nos anemis sont très fors en icelles parties»'^'. C'est l'année suivante que commença la grande entreprise de Saint-Sauveur-le- Vicomte; on peut croire que Le Bègue de Fayel y trouva d'abord quelque amertume. L'amiral Jean de Vienne fut envoyé comme lieutenant en Basse-Normandie; non seulement le capitaine général passait sous ses ordres directs, mais, comme son importance avait fatalement diminué, il perdit i 00 francs de gages sur les 200 francs qu'il touchait"^'. Il restait cependant dans la région comme un des commissaires pour le fait de Saint-Sauveur, et c'est à ce titre qu'il dut avoir à traiter avec les Etats de Normandie '''. D'autre part, le 18 septembre 1875, pour apaiser son légitime mécontentement, le roi donna à Fayel 4 00 francs d'or'*'; c'est peut-être aussi à titre de compensation que, dès le 28 septembre 1 87/1 , un de ses parents, fils ou frère, Raoul de Fayel, fut nommé capitaine de la bastille de Beuzeville '°'. Il n'est pas étonnant, en tout cas, de constater que Le Bègue de Fayel ne joua qu'un rôle effacé dans les opérations du siège; nous le voyons seulement engager

f Chron. des premiers Valois, a 39; De- '*' Actes, etc., 977.

lisle, 0;). ci(., 181. '*' Ibid., lië-j.

<" Bibl. nal.. Pièces origin. , Fayel, 3,4; '"> Ibid., 1057.

Actes, elc, 888. («* Ibid., 1167.

i') Moranvilié, 18g. ''' Delisle, Hist. de Sainl-Sauveur-le-M

*J BiW. Ha(. , Pièces origin. , f(ii/f' , 6. comte, 189.

sa parole et son nom dans la convention provisoire conclue avec Thomas de Catterton pour la reddition de la place '". On peut supposer qu'il paya de sa personne , conmie à l'ordinaire , puisqu'il perdit quatre chevaux pendant le siège'-'. Ce que nous avons pu recueillir sur le reste de l'existence de ce personnage est fort sec. Il est, en 1878, qualifié, dans un mandement analysé par M. Delisle, de vicomte de RBeauvoisis??'^'; il faut probablement lire de Breteuil'^l D'autre part, il reçoit /loo francs d'or comme capitaine d'Orbec en 1378'^' et 200 francs comme capitaine de Saint-Jamesde-Beuvron en i38o'®'; celte même année, il commandait à 30 hommes d'armes en Bretagne et en Normandie f', et en 1 383 (10 août) le roi lui devait encore de ce chef 1,0 q/j francs'*'. Il était occupé à la guerre de Picardie , à Thérouanne , en novembre 1 3 8 1 '^'. En 1 3 8 5 , il était encore capitaine de Saint-James-de-Beuvron '"" ; mais, en janvier 1887, il est devenu capitaine du Vaudreuil'^"; il donnait ordre, le 10 février iSqS, de laisser passer sur la Seine sans péage 20 queues de vin cpi'il y faisait conduire"-'. A cette dernière date, il porte le titre de chambellan"^'. Il ne cessait, d'autre part, de bénéficier des largesses royales : le roi lui donne ^00 francs d'or le 9 0 juillet 1 386 "^', 4oo livres tournois le 29 octobre de la même année "^' et les deux sommes sont converties en 900 francs d'or sur les aides le 26 juillet 1887"^'; il est vrai que, le 28 juin i3(jo, il n'en était pas encore payé""". Enfin, le 1" mai 1890, il reçoit une houppelande dans la distribution que le roi fait faire à cette date"^'. Nous ne savons quand il mourut.

(') Deiisle, Hiat. de Saint-Sauveur-le-Vi- ('"l BiW. na/.. Pièces origiii., Fdi/e/. i8.

comte, a & 3. '"' Ibid., ai.

») Actes, etc., 11C7. "«) Ibid., a6.

" Ibid., 1757. (») Ibid.

') liibl. liât.. Pièces oiigiii., Fayel, l'A. '"' Ibid., ig.

'' Acte», etc., 1757. '") Ibid., ao.

°> Bibt. tiat., Pièces origin., Fat/el , i3. '"' Ibid., aa.

') Ibid., 1/1. (") Ibid., a3,a4.

*' Ilnd., 16. ''"' Douët d'Arcq, Ihècei du replie de

" Ibiit.. Clairauib. , 17, 7Gy. Charles II, 1, i6^i.

BERTIU.ND DU GLESCLI.V

( issetnblée de Basse-Normandie, ta décembre i3'j8 , Cuen.)

H est bien inutile de donner une notice biographique sur le grand connétable. Sa vie et ses campagnes ont été étudiées avec soin et succès. Contentons-nous de renvoyer, pour la première partie de sa vie jusqu'à l'avènement de Charles V, au livre de S. Luce : La jeunesse de Bei'trmid du Guesclin , Paris, 1 876, et, pour l'ensemble de son œuvre militaire, à celui de Janisson : Vie de Bertrand du Guesclin, traduction Baissac, Paris, 1868, in-S".

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