‹ Les États Hypothermiques ExtrêmesChapitre 7 sur 11 · ETUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE CLINIQUE

L'hypothermie peut être observée dans un certain nombre de circonstances, même normales. Si l’organisme sain se trouve placé dans des circonstances telles que sa température baisse d’une façon appréciable, une réaction intense survient immédiatement pour rétablir le chiffre normal. Aussi n'est-ce guère qu'aux âges extrêmes de la vie que l’hypothermie se rencontre avec fréquence. Le nouveau-né et le vieillard, lun avec ses moyens de résistance embryonnaire, l’autre avec son organismes déjà usé, n'ont à leur dispositin que des ressources faibles et toute atteinte morbide que l'adulte sain peut combattre efficacement est pour eux une cause de déchéance

profonde.

Hypothermies Physiologiques

C’est le cas de l'enfant. Lors de sa naissance, il a, normalement, 003 de plus que sa mère, car il n’avait aucune

. déperdition de calories par rayonnement. Mais dès les

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premières heures sa température tombe : on la voit descendre à 360, même s’il est placé dans les meilleures conditions. Pendant les premières 24 heures, il est de règle d'observer 3606 à 3607. Ce n’est que vers le troisième où quatrième jour que la température remonte pour s’arréter au chiffre de 3706. Plus que l’explication purement physique, qui permet d’interprêter la perte considérable de calories par l’énorme surface rayonnante de l’enfant, il se peut qu’on la puisse expliquer par l’état encore embryonnaire du système nerveux régulateur, Gar selon Edwards, les animaux naïîtraient avec les veux ouverts ou fermés selon le degré de développement de ce système : aucune statistique, aucune observation ne permet d’ailleurs de vérifier cette affirmation. Quoi qu'il en soit, il est de fait que l’on doit entourer le nouveau-né des plus grandes précautions pour compenser son système nerveux encore embryonnaire.

À l’état adulte, d’autres conditions pourront créer de semblables situations : c’est le cas du froid intense. Ordinairement l’organisme peut résister aux températures extrêmes que l’on a pu noter en Sibérie et au Pôle (—630), si l’on vient à son aide par une nourriture abondante et de chauds vêtements. Pour qu'il ne puisse réagir, il faut des circonstances aggravantes, telles que des moyens de protection insuffisants, ou une nourriture restreinte ou bien encore une atteinte du système nerveux. Lors de la retraite de la Grande Armée en Sibérie, les historiens se plaisent à décrire les souffrances des troupes et les vic-

times du froid. Et pour cela il n’était point besoin qu’un

ordre les jetät aux eaux glacées de la Bérésina pour construire ou réparer un pont : les souffrances endurées, la faum, le manque de vêtements et le désespoir d’une retraite sont autant de facteurs qui, influençant leur moral les rendaient incapables de réactions. Il semble bien que la majorité de ceux qui revirent leur pays le durent à un moral sans défaillance.

Les basses températures extérieures ne semblent pas pouvoir mettre en hypothermie un organisme placé dans les meilleures conditions pour réagir, et, ce n’est qu’expérimentalement par des procédés de laboratoire qu’on a pu provoquer des températures internes de 240 et 200 chez des animaux placés, immobiles, dans une enceinte

refroidie.

Hypothermies dans les maladies infectieuses

Mais dans la majorité des cas, l’état hypothermique n’est en clinique qu’un des multiples symptômes d’une maladie générale. Il sal place dans le faisceau de signes pouvant diriger un diagnostic, permettant de poser un pronostic. [ n’est plus à lui seul tout l’état morbide mais il traduit FPintoxication profonde du système nerveux ou marque la déchéance de l'organisme tout entier, qui n’est plus en mesure de combattre par une suractivité

fonctionnelle la cause de son intoxication.

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Expériences de laboratoire

Que certaines toxines soient hypothermiantes pour l'organisme, c’est un point qu'ont confirmé de nombreuses expériences. Leur action étudiée par Savarell pour la toxine typhique, par Metchnikoff pour celle du hog-choléra dépend et des doses injectées ou de leur virulence et de la puissance de réaction de l'organisme en expérience. Deux expériences ont été faites sur le chien ‘avec la toxine diphtérique : le première montre une chute de température considérable lorsque la dose injectée est très forte (1cc.5) la seconde met en parallèle Paction de la même toxinè chez un chien placé à lPétuve ou exposé à un froid intens qui meurt plus vite ei dans une collarsus marqué.

Elles prouvent nettement l’action hypothermique de la toxine diphtérique sur le chien : et 1l faut le spécifier car, à même dose, la même toxine aura sur la chèvre un effet hyperthermique. Sans qu’on en puisse donner une raison bien nette, il semble que cette action contradictoire soit due à une inégale résistance des deux organismes; car vis à vis de toute toxine, la puissance de réaction fait en partie le pronostic. Le proiesseur Roger l’a nettement démontré : expérimentant sur le lapin avec des bouillons de coli-bacille, il vit qu’une toxine de virulence exaltée, injectée à Ha dose de 5 66, tuait l'animal dans l’hypothermie; la même toxine, si l’on atténue sa nocivité, même à la dose de

10 cc., ne provoquait qu’une réaction intense avec 410

CAR, labs

de température à laquelle l'animal survivait. Mais si Pon vient à répéter sur ce second lapin l'injection de 10 ce. de la toxine atténuée, il ne tarde pas à succomber. L’explication en est facile : l'animal a épuisé tous ses moyens de résistance pour combattre la première injection et ne peut lutter. Dans nombre de maladies, ces circonstances se retrouvent; et c’est ce qui explique qu’une affection intercurrente, survenant au cours d'une maladie grave, ne réussit pas toujours à faire monter la température d’un organisme en état de moindre résistance et déjà surmené. C’est donc le plus souvent vers le déclin d’une affection sévère que nous trouverons cet état d’algidité dans sa plus nette mani-

festation.

Etude Clinique

Le choléra en est un des plus notoires exemples.

Sa toxine étudiée par Metchnikoff, s’est montrée expérimentalement hypothermiante. Si on ajoute à cette cause l’hypotension marquée, due à une spoliation continuelle de liquide et une hématose incompiète, “on comprend que mécaniquement et chimiquement le sang n’est plus à même d’assurer le fonctionnement normal des tissus. Aussi on constate, pour peu-que l'affection soit grave, une phase d’algidité nettement marquée : c’est le choléra algide. Les viscères se maintiennent à une température à peu près normale. Le

thermomètre, placé dans le rectum, n’accuse qu’une

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baisse très légère de 00,5 à 10 tout au plus. Souvent même à la période terminale, le voit-on marquer 3708 à 389. C'est, au moins d'après Lorrain, ce que l’on peut constater en règle générale : 49 % des cas. Mais il n’en est pas de même pour les extrémités et la surface du corps dont la température peut être de 12° au dessous de la moyenne physiologique. Magendie a constaté aux mains et aux pieds 210 et 189, D’après Lorrain, dans . la majorité des cas on note de 300 à 340, Les constatations cliniques à cétte période : mains et pieds glacés, sueurs froides, manifestent cet état. Par la suite, la température centrale elle-même peut baisser, surtout à la période dite typhique.

Le coli-bacille, ‘étudié expérimentalement par le professeur Roger s’est montré hypothermiant. De fait, dans la périlonile dont il est la cause la plus iréquente, après un stade d’hyperthermie dénotant la réaction de l'organisme, la période terminale, à part toutefois les cas subaigus, montre le tableau du collapsus avec refroidissement progressif.

Enfin il est certains cas ou une toxine peut déterminer un état d’hypothermie très marquée quoique a réaction de l’organisme à son endroit soit ordinairement fébrile. C’est ce que l’on voit dans certains cas de paludisme." C’est également le cas du bacille de Koch et du {reponème de Schaudin. Lorsque leurs dégâts se localisent avec prédilection aux enveloppes du cerveau, soit par suite de leur virulence exaltée, soit

que cette localisation élective puisse expliquer à elle

seule la réaction, l’organisme semble du même coup perdre toute résistance. De nombreuses statistiques et une observation originale montrent, en effet, que dans les cas graves, il existe une hypothermie notable.

Dans la méningile luberculeuse le professeur H. Roger note une période algide intercalée entre deux phases fébriles. Trousseau, Lorrain, Cadet de Gassicourt décrivent de la même manière le cyele clinique de la maladie. Il semble bien, cependant que l'on ne puisse l’ériger en axiome ce cycle, car de nombreuses contradictions sont fournies par la clinique quotidienne. Mais ce que l’on peut avancer, G'est que l’hypothermie existe dans la majorité des cas : c’est une des formes de la méningite tuberculeuse. Trousseau cite un cas, chez un enfant de 4 ans I /2, ou il nota 3598 avec, du jour au lendemain, une saute de température de plus de 3 degrés. Dans un autre cas, chez une fillette de 10 ans, on retrouve avec tous les autres symptômes de cette affection une température de 360,8 le 18 jour, puis de 350,4 : température centrale correspondant d’ailleurs à une température périphérique également basse. On peut enfin, mentionner une température de 3404, chez une femme de 46 ans,

Grâce à l’obligeance du docteur Lesné médecim de l'hôpital Trousseau, nous pouvons rapporter 161 un cas de méningile syphililique, plus rare que la précédente, chez un jeune enfant, athrepsique il est vrai, et c'est cétte dernière circonstance qui peut expliquer le plus logiquement la température de 349 qui y est

notée.

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Obs. I. — Méningile syphililique chez un nourrisson de 4 mois.

La mère, mariée pour la seconde fois, a eu plusieurs fausses couches. Elle est soignée à l’hôpital Saint-Louis où elle reçoit des injections de novarsenobenzol. W = O0,

Le père syphilitique , est soigné également à Saint- Louis. Il a déjà reçu 10 injections.

Lsenfant à 3 mois et demi et pèse 2 kl. 280. Il est né à Ténon le 3 mars 1920 à 8 mois et demi, et pesait à sa naissance 2 kil. 600. II est nourri au lait ordinaire carilne peut plus têter (la mère exprime elle-même son sein et fait couler goutte à goutte le lait dans la bouche); il a en effet de la paralysie faciale gauche avec de: convulsions fréquentes toutes les deux heures. Lors de sa naissance, il présentait du pemphigus plantaire et palmaire.

À l’examen, nous constatons une asymétrie faciale avec traits déviés vers la droite. L’œil gauche reste ouvert, la commissure gauche est déviée et abaissée les sillons des joues sont effacés à gauche et creusés à droite. Il n’a aucune paralysie des membres. Par moments, 1l a quelques secousses convulsives.

L'examen des yeux montrent ceux-ci déviés et animés de nystagmus. Les pupilles sont inégales et ne réagissent pas à la lumière.

Il existe un peu de raideur de la nuque.

Au palper, l’on note une fontanelle tendue; un foie et une rate gros; des ganglions épitrochléens à droite.

L'on ne note rien sur les téguments,

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L'état général est mauvais : l’enfant est très amaigri et déshydraté. La peau est lâche, flasque, ridée.

On a obtenu un liquide céphalo-rachidien hypertendu quirenferme de l’albumine et de nombreux lymphocytes.

La courbe de la température de ce malade est

ainsi constituée :

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pouvretomheretSenmmatnteniriap. Li 0: 5.0, 3401

Sous l'influence du traitement (frictions mercurielles et suppositoires d’arsénobenzol) les signes méningés cliniques et humoraux s’améliorent, mais l’athrepsie persiste et le pronostic reste fort grave.

Peut-être est-ce également par une véritable toxémie çoli-bacillaire, que l’on doive expliquer les cas d'hypothermie survenant brusquement au cours d’une dolthienenthérie et trahissant une perforalion inleslinale. Quoiqu'elle ne se rencontre pas dans la totalité des cas, le professeur Dieulafoy la considérait comme symptomatologique de cet accident, et dans une de ses lecons, il cite les chiffres de 3693 et de 3602. Ils correspondraient vraisemblablement à l’inondation péritonéale d’une toxine hypervirulente, ne laissant pas à l'organisme le temps d'organiser sa défense. (C’est également dans

la fièvre lyphoide, où l'hyperthermie semble faire à ce

OR

point part'e du tableau clinique, que la fièvre y est souvent un symptôme-diagnostic de première valeur, que le professeur Potain rapporte un cas de ba se température «J'ai eu l’occasion, dit-il, d'observer un cas où la température s'abaissa même au dessous de la normale: à 360 pendant le premier septénaire, resba à cette température le second et ne remonta à la normale que pendant la convalescence ». Il y voit la preuve que la toxine typhique est de nature hypothermiante et que si l'organisme réagit fébrilement dans la majorité des cas, c’est que le microbe est de virulence atténuée. Chantemesse y voit, par contre, l’effet d’un poison peu toxique; pour Ortiz ce cas serait dû à une association

coli-bacillaire.

L’Hypothermie dans les Intoxications

Dans un certain nombre de cas, il semble que l’on doive rapporter à l’action toxique de sels, l’hypothermie constatée. L'organisme, soit que son filtre rénal bouché ne remplisse plus son rôle d’épurateur, soit que l'apport du poison soit trop considérable et brusque ou au contraire minime mais constant, marque par cet état l’altération profonde de son système nerveux régulateur. C'est le cas du diabète ou l'analyse chimique révèle dans lé sang et l'urine la présence d’acétone

et d’acide acétique; c'est le cas de l’urémie avec

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empoisonnement par les sels d’ammoniaque; c’est le cas

de tous les anesthésiques et de certains sels mineraux.

Intoxications endogènes

Au cours du coma diabélique les observations sont. nombreuses qui dénotent une période d’hypothermie. Fiquet pense que l’on peut assimiler l’action de l’acétone à celle des nitrites : une expérience faite par lui avec l’acétonitrol injecté dans la veine marginale du lapin semble permettre cette hypothèse. D’autres auteurs l’assimilent à l’action des cyanures. Quoiqu'il en soit, les faits cliniques sont nets.

Bourneville cite les chiffres de 31%, 3001, Netter publie l’observation d’un cas avec une température de 300, Mareaux cite un cas avec 280, Reinhardt, 300; eb Jansen 2208, chiffre qui vraiment paraît un peu extraordinaire. Hulbert dans un article du Lancet 1900, en fournit un cas où il nota 949 Fahrenheit soit, 349 Cent. Lécorché a vu la température baisser de 1° en une heure : la raison quil en donnait était que le malade ayant une polydypsie considérable absorbait de 15 à 16 litres de liquide, ce qui faisait baisser la température. Sans descendre jusqu’à ces extrêmes, il est de fait qu'au cours du coma la température s’observe presque constamment très basse e£ que le malade meurt dans le collapsus.

Décelée par l’analvse chimique dans le sang, l’urée en

grande quantité, traduit Flinsuffisance profonde des

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fonctions rénales et son taux à une valeur indéniable de pronostic. Par elle-même, elle esk cependant peu toxique et ne doit pas être considérée comme la cause des accidents observés dans la période de coma. IF est probable que l'urémie est un empoisonnement complexe auquel contribuent dans des proportions inégales tous les poisons introduits dans l'organisme ou fabriqués par lui. Bouchard a pu d’ailleurs isoler des poisons, les uns hyperthermiants, la majorité hypothermiante.

Leur action se manifeste à la période terminale comme essentiellement déprimante : c’est le coma avec dépression générale eb torpeur. On peut noter alors ville); 3003 (Bourneville); 309 (Netter); 310 (Léonville).

Dans une observation de Tomlison (Lancel, 1900)

des températures excessivement basses : 3105 (Bourne-'

un homme de 45 ans atteint de néphrite interstitielle, avec 3 % d’urée dans son sang, à vécu 6 mois avec une température oscillant entre 96° Fah et 950 Fah pour tomber à la période terminale à 949 KFah, soit 340. Nous devons enfin à l’obligeance du docteur Lesné, médecin des hôpitaux, de pouvoir apporter ici une observalion originale d’un cas similaire.

L'observation n’est pas complète, car le malade

entra dans le coma et tout interrogatoire fut impossible.

OBs. IT. (Hôpital Tenon, salle Seymour, 1er fev. 1920).

Le malade Eugène G..., 84 ans, entre dans le coma.

Pendant les deux premiers jours on constate de

l'agitation continuelle et violente de tout le corps. Depuis il est prostré en une somnolence dont rien ne le réveille. Il se refuse à tout examen et se défend quand on l’approche; indifférent à tout e& à tous, il ne prend aucun aliment et ne se laisse pas alimenter.

Les membres inférieurs sont œdématiés, et on note des traînées de lymphangite : Sa position habituelle est en chien de fusil. A l’examen de l’appareil respiratoire, on note une dyspnée continue : 53 respirations par minute, sans rythme spécial; des deux côtés de la poitrine, on entend des râles de bronchite. Il y a de l’albumine dans les urines. Le pouls est faible et donne 68 pulsations à la minute. Dans le sang, l'analyse chimique trouve 0 gr. 75 d’urée. La température ne dépassa jamais 30 degrés. |

Au Pachon, on a une pression maxima variant de. 4 à 2.

A l’autopsie on trouve : un rein séléreux très diminué; le foie gros; le cœur gros et dilaté : rien d’apparent dans les centres nerveux.

La température pendant tout ce temps est restée constamment à 300

Le professeur Gilbert dans certains cas de cholémie, surtout chez les cholémiques mélancoliques, a noté et décrit une hypothermie avec inversion (Chermique. La température oscille entre 3506 et 3602, mais le matin, contrairement. à la règle, elle est hypernormale et marque souvent 3705. Parfois la température basse reste constante : c’est la monothermie que l’on retrouve

fréquemment dans les affections biliaires sans infec-

tion, notamment dans la cholémie familiale. Il est probable que cet état anormal est dû à une intoxication légère par les sels biliaires.

Dans un cas de néphrile suppurée on a noté également une très basse température : 300 (Netter). Ce cas semble à peu près unique dans cette affection.

L'hypothermie est, par contre, la règle dans la phase ultime des brûlures étendues. La cause de la mort parc hyperthermie n'est pas encore bien élucidée quoique l’on puisse admett *e la théorie de l’intoxication soutenue par Vincent dès 1887 et que quelques expériences semblent infirmer: Quoi qu'il en soit, on note à la période préagonique, après une phase de fièvre, due en partie : à des complications infectieuses, un état comateux avec abaissement progressif de la température qui peut

descendre à 3408 (Escharmake).

Intoxications exogènes

Certains sels, exogènes ceux-là, peuvent, à certaines doses, être pour l'organisme de véritables poisons. Toute la catégorie des médicaments anlipyréliques (cryogénine-antipyrine) est dans ce cas et doit être maniée avec prudence. Le gaïacol est dans ce cas, administré par voie interne ou externe. Le tartre stibié, par la dépression circulatoire qu'il occasionne, rentre dans cette catégorie.

L'’arsenie, aux doses toxiques, a une action nettement

hypothermiante. Les expériences de Cl. Bernard et

Marey qui constatèrent la paralysie de certaines parties du grand sympathique dans un empoisonnement par acide arsénieux, sont une explication. Dans £es cas on retrouve d’ailleurs le tableau de la période algide du choléra : peau froide, cvanose, prostration. Orfila (Leçons sur l’arsenic) cite une température de 360 et c’est une moyenne que l’on retrouve toujours, excepté dans les Cas suraigus.

Le phosphore peut également donner un tableau identique et Mareaux cite un cas d’empoisonnement avec 300,

L'activité musculaire contribuant pour plus des trois quarts à l’activité chimique, et, par conséquent thermique de l’organisme, il n’est pas étonnant que tout aneslhésique général sera par là-même hypothermisant. Expérimentalement, le curare, en paralysant les terminaisons nerveuses motrices d’où résulte une paralysie musculaire, réalisera ces conditions.

La cocaïne (Richet), la strychnine (Richet), la digilaline (Duméril), la morphine (Brunton), l'alcool (Dujardin- Baumetz et Demoulin) ont leur action reproduite dans le schéma suivant : à dose modérée on constate une dépression nerveuse avec hypothermie; à dose plus forte, apparaissent les convulsions avec excitation et température élevée; à très forte dose, dose toxique, il y a arrêt des convulsions et chute mortelle de la température : chez un chien, en expérimentation on a noté un chiffre de 220. Ces deux derniers stades

se rencontrent dans les empoisonnements. En défini-

tive la réaction est proportionnelle à l’intoxication plus ou moins grande du système nerveux : lorsque celui-ci cesse de réagir, le coma apparaît; c’est par les grands froids, la mort de l’ivrogne ou du surmené. « Quiconque s’assied, quiconque s'endort ne se réveille plus ». (Solander à ses compagnons de voyage).

Nous devons, enfin, faire mention des cas d’intoxications alimentaires par viandes avariées et charcuterie; ou qui ont pour cause l’absorption de champi-

gnons vénéneux, en particulier de l’ammanite phalloïde.

Hypotiermie due à une Affection Nerveuse

Le système nerveux est par excellence thermo-régulateur. Aussi n'est-il pas étonnant que certaines de ses affections mettront en déficience cette fonction.

Expérimentalement, des lésions lraumaliques du crâne et de la moelle avaient produit l’hypothermie. La scission de la moelle au dessous de la région cervicale est une expérience classique. Une commotion pourra amener le même résultat. Dans l’hémorragie cérébrale, après Charcot et Bourneville, on cite comme symptôme de début, l'hypothermie qui peut descendre de 19 à 105 au dessous de la normale. Une compression intracranienne de quelque nature qu’elle- soit, peut également donner une basse température concordant

avec un pouls lent, quoique on y ait signalé quelque cas

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d’hyperthermie lorsqu'il y a contusion concomitante de la base du cerveau.

Certains états nerveux, cerlaines ‘naladies mentales, un choc, une émotion suffisent quelquefois. Martinet cite, à la suite d’une peur intense, une Lempérature de 3305. Tomlison, chez un dément, a noté pendant un an des chiffres de 3502 et 3408, puis à la période terminale, 3204. Le même auteur, chez une hystérique, en proie à des idées de persécution el ancienne syphilitique il est vrai, a noté 3204 et 3205 et cela pendant assez longtemps. Dans une démence, sénile Buckhardt à plusieurs reprises, a constaté 260 et Jansen rapporte l'observation d’un hydrocéphale dont la température

n’a jamais dépassé 300,

Hypothermie par Carence

Le jeu normal des différentes fonctions de l’organisme, nécessite un apport constant de matériaux; une nourriture suffisante, de l'oxygène comme comburant en sont les éléments primordiaux avec, comme complément nécessaire, le sang en quantité et en qualité déterminée et cet influx nerveux indispensable qui détermine et règle toute réaction chimique. La carence de l’un quelconque de ces éléments suffira à expliquer l’hypofonctionnement général de l'organisme et les états d’hypothermie que l’on a pu observer dans ces

circonstances.

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Carence de vitalité

Le prématuré naît avec une vitalité, ou si l’on veut, une force vitale très réduite. Débilité dès sa venue au monde, ce n’est qu'avec la plus grande peine qu’il réussit à réagir contre la déperdition énorme de calories. Il subit sans grande réaction l'influence des variations thermiques du milieu où il vit : un froid vif est pour lui mortel. Aussi faut-il tenir grand compte de cette susceptibilité spéciale. La température, inférieure souvent à la normale, ne se maintient que grâce aux artifices des couveuses, aux soins d’une vigilance sans cesse éveillée. Que si, vers cet âge, une diarrhée prolongée vient à affaiblir encore leur organisme si faible, l’hypothermie s’accuse, La courbe thermométrique se traduit par une ligne graduellement descendante et s’éloiognant peu de 36°. La couveuse, les couvertures ne peuvent lutter contre le refroidissement : on note 330 ou 340, L’inanition, la déshydratation font de lui l’athrepsique. Parrot cite des cas où le thermomètre descendit à 300; une autre fois à 259; cela à la phase ultime. Et chose curieuse, chez cet avorton l’on peut noter des écarts de température survenant en quelques heures seulement. Soit par le fait d’une autointoxication, soit par réaction nerveuse, ils montent en peu de temps à 370-380 pour redescendre aussi vite. On a pu observer ainsi une chute de 5° en une heure (Auvard), Le plus souvent, d’ailleurs, la chute de

température est croissante, sans sursauts, et si le tube

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digestif ne parvient pas à établir son fonctionnement normal, la mort survient dans le collapsus.

C'est d’ailleurs chez ces prématurés que l’on rencontre l’œdème el le sclérème du nouveau-né. L’étiologie de cette affection est encore obscure. Il semble cependant que si « la cause prochaine se trouve dans un ralentissement de la circulation capillaire dans les parties périphériques, la cause éloignée comprend toutes les circonstances qui diminuent l'énergie cardiaque et la production de chaleur ». Aussi y note-t-on souvent: de très basses températures : Kenning cite un cas avec une température buccale de 269 et axillaire de 220; Roger a vu 220 et 2205 et Parrot 2206 et 2108. Plus que l’æœdème ou le sclérème, c’est l’état général de l’enfant qui implique le diagnostic.

C’est chez ces nourrissons athrepsiques que, dans la pratique courante, l’on pourra noter les cas les plus fréquents d'hypothermie. Les maladies infectieuses, elles-même, ne peuvent quelquefois faire monter leur température comme le prouve l'observation de l’enfant à la méningite spécifique. Toute infection, surtout du tube digestif (entérite, choléra infantile) leur sera une cause d’hypothermie aussi bien que toutes les intoxications endogènes par des produits de désassimilation non éliminés ou non transformés, et toutes les intoxications exogènes par les putréfactions intesti-

nales d’origine alimentaire.

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Carence alimentaire |

Chez l’adulte, cet état de débilité générale se rencontrera lorsque, quelle qu’en soit la cause, il ÿ aura sinon absence, du moins apport très insuffisant d’aliments. Si dans la cachexie, survenant à la période terminale du cancer du pylore, de vomissements incoercibles, de certaines maladies générales chroniques, les toxines de l'infection peuvent expliquer en partie l’état de collapsus, il n’en est plus de même dans l’inanilion. L’absence de nourriture en est alors la cause unique et suffisante. Lorsque l'organisme a brûlé successivement ses, graisses, ses muscles, il en arrive à brûler sa substance cérébrale : mais les calories fournies sont insuffisants : c’est le collapsus avec hypothermie notable. Desbarreaux note une température de 240 et Jules Arnauld lors d’une famine, a constaté souvent une température de 359 à 369 : s’il cite, par contre, chez nombre d’entre eux plusieurs cas d’hyperthermie c’est que régnait en même temps une épidémie grave de typhus.

L’hypothermie des convalescences s'explique de’ la même manière, quoique l’auto ou l’hétéro-intoxication puisse y contribuer. Après avoir sunmonté la maladie, l'organisme en sort affaibli, déprimé et l’hypothermie est courante dans la convalescence des maladies fébriles. C’est ce qu'ont constaté Wanderlich, Charcot, Hutinel. Chez le vieillard elle est particulièrement accentuée et Obernitz cite une température de 3307

dans une crise de typhus récurrent. Elle se rencontr:

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rarement à l'issue des fièvres éruptives : scarlatine, rougeole. Cette hypothermie est d’ailleurs de bon augure et fait partie des phénomènes critiques de la convalescence. Il faut donc là distinguer de ces hypothermies excessives que l’on rencontre à la fin de la pneumonie des vieillards ou de la broncho-pneumonie des athrepsiques, et qui n’est qu’une forme d’algidité. Dans ce cas, le tableau clinique du collapsus que l’on note, évite de le confondre avec l’hypothermiehabituelle

et salutaire de la convalescence.

Carence Sanguine

Vecteur du comburant nécessaire pour les combustions chimiques de chacune de nos cellules, le sang, s’il se trouve modifié qualitativement ou quantitativement, sera une cause de déficience organique et son altération, de même que celle du système circulatoire, reten.ira sur l’organisme tout entier.

Durant cette dernière guerre, la gelure aux pieds prit à certaines époques et dans certains secteurs une ampleur inquiétante. Sans vouloir trancher la question de savoir si quelque cryptogame n’intervenait pas dans son étiologie, il est à’ remarquer que les conditions suffisantes en étaient le froid humide, l’immobilité prolongée et surtout compression par bandes molletières qui entravait la circulation. Ces accidents, purement locaux, quoique graves, ne semblaient pas faire fléchir

la température centrale.

Dans la maladie de Raynaud c’est à un spasme que l’on attribue l’ischémie symétrique des extrémités.

La grande hémorragie en soustrayant à l'organisme en un temps très court, un nombre considérable de calories, en diminuant l'amplitude et le nombre des mouvements musculaires, en abaissant enfin, dans une proportion notable, le taux des échanges respiratoires met l'organisme entier dans un état de déchéance. La dyspnés, la pâleur, le refroidissement des extrémités, la tachycardie avec pouls faible et dépressible, en sont l'expression clinique. Puis, si la cause n’a pas cédé, apparait le collapsus. L’'hypothermie peut être notable, eb en quelques heures la température baisser de 19 à 20. On a constaté des températures de 3598. Bœrensprung, expérimentant chez l’homme sain, a vu la température s'élever au moment des saignées de quelques dixièmes de degré puis s’abaisser dans le nyctémère suivant at atteindre son point le plus bas 6 à 8 heures après l’émission.

# Au cours d’un maladie aiguë, une hémorragie grave s’accompagnera également d’une chute de température, d’ailleurs inconstante, et notablement moins marquée que chez l’homme sain. Cependant l’'hypothérmie au cours de la fièvre typhoïde, a, comme on l’a vu, une valeur diagnostique considérable, car elle est souvent le premier signe d’une hémorragie intestinale. Mais dans ce cas, le tracé thernique, après une chute brusque, remonte rapidement à son niveau antérieur ou même au dessus, car cette complication s'accompagne souvent d’hyper-

infection; au contraire dans la péritonite par perfora-

tion l’abaissement thermique initial persiste, souvent d’ailleurs jusqu’à la mort.

Même avec un appareil cireulatoire sain, les échanges physico-chimiques ont besoin, pour se faire normalement, de l'intégrité absolue de l’'hématie.

Dans la broncho-pneumonie, le sang surchargé de gaz carbonique et ne recevant pas d'oxygène, ne peut remplir son emploi.

Dans l’asphyxie par le gaz, par l’oxyde de carbone où Ja combinaison carboxyhémoglobine est trop stable pour être déplacée par l'oxygène, l'explication est identique : les combustions chimiques ne peuvent se faire : le corps entier est en hypofonctionnement et la température baisse. Si, comme cela se produit souvent chez l'enfant, la broncho-pneumonie n’est qu’une complication d’une maladie infectieuse qui a déjà débilité l'organisme ou sielle l'installe chez l’athrepsique l’hyvpothermie est notable. Mignot cite les chiffres, rares il est vrai, de 320 et 319, même de 289 constatés à la phase ultime.Et ces conditions de moindre résistance et de réaction nulle se retrouvent dans la pneumonie du vieillard.

Dans la cyanose congénilale et pour la même raison: (taux très réduit d'oxygène et surcharge d'acide carbonique) le refroidissement du corps entier est très marqué, particulièrement au moment des crises paroxystiques se produisant parfois très fréquemment, surtout l'hiver. Tuffier et Alvarenga dans un cas-type ont noté 350 sous l’aisselle, 319 aux mains et 3408 à Ia langue

avec le tableau habituel du collapsus.

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