‹ Les États intellectuels dans la mélancolie (volume 2)Chapitre 14 sur 28 · CON · texte numérisé non relu

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es sent les modifications qui se sont ■jlies dans son état musculaire et dans ible de ses organes, elle pense à l'injecl'elle a prise pour se faire avorter, elle les détails de cet acte coupable. Agnès ilaneolique. Dans la psychologie couon dirait que les sensations multiples îs sont la matière de sa maladie, tandis s idées et les images, c'est-à-dire les eprésentatifs, en sont la forme, a, en effet, dans la mélancolie, des ions mal localisées et confusément per- ]ue l'on peut assimiler à une matière, images ou des idées, plus nettes, mieux tées, plus mobiles, qui, par leur agent, donnent une forme aux éléments fs.

u'il importe de bien remarquer, c'est un de ces éléments ne nous parait r le nom d'appétition, de tendance, ni ; de ces appellations scolastiques dont

la psychologie contemporaine a singulièrement abusé.

J'ai déjà, dans une étude antérieure 1 , montré que le désir se résout, pour la conscience, en un ensemble de sensations, et j'ai étudié les phénomènes moteurs qui correspondent à ces sensations. Je suis heureux de pouvoir répéter pour la mélancolie ce que je disais du désir, et de montrer qu'elle se résout, elle aussi, en un complexus d'états purement intellectuels et non affectifs.

Descartes avait raison d'expliquer tous les états de l'âme par des modifications de la pensée : les sensations, les idées et les images sont les seuls éléments psychiques qui entrent dans la composition de l'esprit.

A ces éléments correspondent des phénomènes moteurs. Quels sont-ils ? Nous en avons indiqué le détail et la loi générale. Ce sont,

(1) Revue de philosophie, mai 1891.

dans leur ensemble, des phénomènes d'arrêt ou de ralentissement.

Le mécanisme de la vaso-constriction et de .a vaso-dilatation est encore mal connu, malgré les remarquables travaux de M. Dastre*; cependant, les physiologistes tendent à considérer les vaso-dilatateurs comme exerçant sur les vaso-constricteurs une action suspensive d'arrêt; c'est l'hypothèse de Cl. Bernard, acceptée par M. Dastre, M. Morat et M. Duval. Dans ce cas, ce serait la suppression de cette action suspensive qui déterminerait la vasoconstriction.

Quoi qu'il en soit de ces hypothèses, c'est bien un phénomène d'arrêt que la constriction vasculaire, par les conséquences qu'elle entraîne au point de vue de l'activité générale.

Pour peu qu'elle dure, les muscles se relâchent, les tissus maigrissent et se rident, le

(1 ) Recherches expérimentales par le système nerveux vasomoteur, par Dastre et Morat.

corps entier se courbe et s'alanguit, et Ton voit se produire tous les symptômes d'anémie que Ton constate également après les fièvres infectieuses ou les maladies débilitantes.

Lange * compare à ce sujet la tristesse avec la fatigue, et il a raison; c'est la même pâleur, la même inertie, la même dépression dans le tonus vital.

Nos deux séries psychique et motrice s'expriment donc en idées, images et sensations d'une part, et de l'autre en phénomènes d'arrêt.

C'est une question bien controversée en métaphysique de savoir comment elles peuvent communiquer, mais heureusement la psychologie expérimentale n'a pas à soulever de ces problèmes insolubles. Que l'on admette avec le sens commun l'influence réciproque des deux substances, ou que l'on croie avec

(1) Die Bemùlhsbewegungen.

Spinosa qu'elles ont deux développements pa rallèles gouvernés par un déterminisme ab solu, un fait reste certain, c'est qu'une idé< ou une image peut déterminer des mouve ments réflexes ou réfléchis, et que les diverse; modifications du corps sont perçues par 1; conscience. Nous n'en demandons pas davan tage pour établir notre théorie de la doubli origine des mélancolies.

Dans la plupart des cas morbides c'est dam le corps, dans ses changements, dans les phé nomènes d'arrêt qu'il subit, et la cénesthésii qui les accompagne, qu'on doit chercher 1; cause première de la maladie.

Les sensations organiques appellent des idées ou des images par association et le délire s'établit. •,

Dans d'autres cas moins nombreux, c'est une idée fixe ou un événement douloureux qui, suivant la loi de Meynert, entraîne par association automatique des phénomènes de

t détermine l'état ovgt pond la cénesthésie mé

l'état organique qui est :

ï lui qu'il faut toujours pv< lélancolie soit constituée, uence de cette loi, c'est q telles : nutrition, aérati ins la constitution du can >îns égal à celui des caust l'éducation et les princii

ît remarqué que les mau t les tempéraments pessin 'aire la même remarque es causes qui peuvent dé ou anémier i organisme.

J'ai fait allusion plus haut à quelques très curieuses du D r Catrin sur l'inf déprimante du paludisme ; je regrette) ne pas les citer. « Le plus fréquent de t(

lômes cérébraux, est, dit-il, la céphalée, presque aussi souvent on trouve cette ur intellectuelle et cet engourdissement ■al qui ont frappé tous ceux qui ont vécu les pays à paludisme. Cette apathie mole caractère, l'état moral de l'impaludé.

,alisme stupide des Solognots signalé par ;alcon, on le retrouve chez l'Arabe; il se re parfois chez nos soldats, chez nos s et pèse d'un poids considérable sur les iltés de la colonisation. Nous ne vivons îous mourons, disaient les habitants de ) Romano à quelqu'un qui s'étonnait de de misérable; mais aussi bien que ces i Romains, les Dombistes, les Solognots, ■abes ne faisaient rien pour sortir de leur itissement.

In Sologne les administrateurs remarut la rareté des crimes passionnels, l'abd'amour de la famille, i conscription, ajoutaient-ils, était un vé-

ritable bienfait pour ces malheureux, car elle les arrachait à la fois à leur existence végétative et à la malaria.

<c C'est dans les formes dépressives de la folie (sauf quelques cas de mégalomanie) que verseront ces malheureux, disent les auteurs qui admettent un délire chronique paludéen. »

Cette page me semble confirmer ce que j'ai dit de l'origine organique des mélancolies et bien que le fatalisme paraisse avoir des causes plus philosophiques que le paludisme lorsqu'il se formule en doctrine, je ne fais aucune difficulté de l'attribuer à une étiologie paludéenne lorsqu'il n'est qu'apathie de caractère, c'est-à-dire tristesse et résignation.

Je puis d'ailleurs rapprocher de l'opinion du D r Catrin celle du professeur Cornil : Ce savant me racontait qu'au cours d'un voyage récent en Italie, il avait été frappé de la tristesse résignée, de l'apathie morale et physique des populations exposées aux atteintes

lalaria et anémiées par celte fièvre enle.

toujours la vérification du même prins modifications de l'état organique mo la cénesthésie et l'esprit, en proie à la >ion physique, atteint lui-même dans ictionnement par l'anémie du cerveau, à l'apathie et à la tristesse, raitement empirique de la mélancolie ore une preuve de plus à faire valoir.

doute le bromure de potassium peut ie grands services dans les cas d'anxiété, airs, d'hallucinations obsédantes, et je

souvent employé avec succès par le eur Bail, mais d'une façon générale les ts du système nerveux, préparations s et les sels de morphine aggravent [a dépression qu'ils ne la diminuent.

>n traire l'alcool, les amers, les toniques les reconstituants sont indiqués, ce rapport, écrit Bail, rien ne saurait

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égaler une bonne nourriture riche en principes azotés et d'une digestion facile. >

Je dois ajouter que, tout dernièrement, j'ai ordonné à un mélancolique déprimé du stro-, phantus pour relever la pression sanguine; j'ai obtenu des résultats heureux, et je ne doute pas que ce traitement ne réussisse presque toujours, si Ton y joint un régime réconfortant.

Bail attribue une importance égale au traitement moral et le docteur Sollier le préconise lorsque la dépression physique n'est pas très considérable. Je ne fais aucune difficulté de l'admettre et j'ai pu moi-même en vérifier les effets sur Henriette que nos causeries du matin ont certainement améliorée, mais je veux rappeler ici que suivant la théorie de Meynert, que j'ai adoptée, et que l'expérience vérifie, c'est encore sur l'organisme que Ton agit de cette façon ; une image que l'esprit accueille volontiers, une lecture intéressante modifient l'état vasculaire et favorisent la circulation.

donc bien une maladie organique que ancolie, et c'est sur l'organisme que ssent d'abord les causes physiques ou s qui la produisent, i la double série de phénomènes psy- 5 et moteurs qui la composent, les idées images sont tantôt antérieures, tantôt eures aux mouvements, mais les sensaonfuses, qu'on appelle émotions, suc-

toujours aux phénomènes moteurs, is savons qu'elles sont la matière, dire l'élément fondamental de la maie est maintenant la loi d'organisation ts intellectuels qui se greffent sur l'état :jue dans l'aboulie et la mélancolie?

s avoir montré que cette loi est unique lie s'exerce toujours dans le sens de la se.

s synthèse a son principe spécial et son re propre.

Lorsque les vibrations aériennes donnent naissance à un son, la synthèse que fait l'esprit est purement mécanique et ne se distingue pas dans sa forme des synthèses biologiques ; ce sont des éléments divers qui s'unissent et se combinent, pour donner naissance à un phénomène nouveau dont l'unité fait la loi.

Ici, au contraire, c'est un besoin interne de logique, une horreur inconsciente ou consciente de l'absurde qui détermine et coordonne les associations d'idées.

Quelquefois le raisonnement est très net et l'interprétation aussi réfléchie que possible : « Voyez comme je tremble, disait au docteur Sollier un de ses mélancoliques, tremblerais-je si je n'avais commis quelque crime?»

Et il scrutait son passé pour y trouver une faute.

D'autres fois la conscience est moins claire et le raisonnement moins bien marqué, nous nous rapprochons de l'association explicative.

as d'Henriette qui, se sentant inca- :crire une lettre, y renonce en se e sa fille en ferait lire le contenu à

; c'est aussi le cas d'Hamlet, et, en ies abouliques.

chez le plus grand nombre des mées , l'association est inconsciente ;

est un exemple avec ses infidélités îs, son injection aborlive et toutes s de tristesse qui lui viennent; mais iurs à une nécessité logique qu'elle t : elle ne peut pas pleurer sans urquoi elle pleure, pour un esprit faible ou éteint, un cause est une monstruosité qui ne

admise, et la synthèse ne s'opère l'expliquer.

l'équilibre logique que tendent ugénie, Henriette et toutes les maî j'ai pu étudier; ne pas être en ion avec elles-mêmes ou avec les

telle est la loi d'organisation de leur

s les synthèses dont j'ai parlé se ra- , en dernière analyse, à l'adaptation

aie.

arrivons ainsi, à la fin de notre étude, résultats principaux, que nous résuainsi :

mélancolie n'existe pas comme entité ; elle se résout d'une part en phénosensitifs, de l'autre, en phénomènes

mélancolie peut avoir une origine uelle ou une origine organique, mais î deux cas les phénomènes moteurs it l'état sensitif ou cénesthésie, et la >lie n'est jamais que la conscience de l'état du corps ;

3° La synthèse est la loi des états intellecuels (idées ou images) qui s'associent à la énesthésie, et cette synthèse est logique.

;rois conclusions, les deux premières ornement probables et la dernière est

t ce que j'ai pu pour les établir par le nent et les faits; j'aurais pu leur ine apparence plus scientifique en ît suivre de mesures et de tracés, i, après plusieurs essais, que ces pro- ) la psycho-physique n'étaient pas es aux phénomènes complexes que s connaître, et je me suis borné à sffort sincère pour les analyser et les ire.

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