G. DUMAS
la marche des idées se fait avec un lent d'effort pénible et il en résulte un
toute espèce de mouvement d'idées est se par le moi. »
courrait dire avec plus de précision que «dations automatiques subsistent enndis que les associations synthétiques étruites ou ralenties, x. des malades que nous connaissons,
et Eugénie, ont présenté ce caractère ne intensité différente et m'ont permis ndier.
es répond lentement à chaque question, avoir paru réfléchir pendant quelques es; parfois même on doit répéter deux is fois la question posée. Elle comprend se rappelle nettement ce qu'elle a fait ; les jours précédents, elle connaît les
de son internement et les événements ut précédé; mais elle a besoin d'un certmps pour évoquer chaque souvenir;
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l'activité psychique est certainement diminuée.
La perception extérieure elle-même se fait avec lenteur; Agnès nomme plusieurs objets à mesure que je les lui présente (une plume, un chapeau, une canne armée), mais chaque fois elle s'arrête un moment, et bien qu'elle ne se trompe jamais, l'hésitation est visible.
Je ne puis donc constater chez elle ni erreur, ni trouble proprement dit, mais je remarque facilement que tout mouvement intellectuel se fait avec peine ; c'est une lenteur générale de la pensée.
Plus intéressant et plus précis est le cas d'Eugénie, dont nous connaissons déjà les impulsions et l'aboulie.
La sensibilité est intacte chez cette malade : elle voit, elle entend, elle sent les contacts, les odeurs et les saveurs, la sensation se fait même aussi vite que chez un individu normal.
Qu'est-ce que je fais, demandé-je, et suivant les cas, on me répond : vous me touchez, vous
i sentir, ou vous me faites regarque chose. L'assise générale de la é n'est pas atteinte et j'ai montré jubles de l'ouïe et de la vue signalés auchesont dus à des causes accidents nous élevons jusqu'à la percepdésordre commence et la synthèse elle ne s'opère plus avec rapidité, montre du lilas. — Qu'est-ce que je
Elle hésite et dit : une fleur. — De pèce? — Du lilas risque-t-elle après 3nt.
parle sans qu'elle puisse m'apercee m'entend, mais ne sait pas d'où .•oix.
fais sentir de l'ammoniac, elle dit mauvais mais ne reconnaît pas, et la (périence renouvelée avec du soufre
même résultat; je la pince et je la le localise vaguement mais n'éprouve
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qu'un contact désagréable sans pouvoir dire ce que je fais.
Pendant toutes ces expériences, je tâche d'isoler ses différents sens; c'est-à-dire que je la prie de fermer les yeux quand je lui fais respirer un flacon ou que je la pique, et que je l'empêche de toucher les objets qu'elle regarde. L'opération intellectuelle de la perception n'en est que plus difficile pour elle, et nous devons tenir compte de cette difficulté. Dès que je la supprime, la perception redevient plus facile, et la synthèse se fait plus vite, quoique encore avec lenteur. Je lui donne une feuille de mon carnet et demande ce que c'est, pendant qu'elle ferme les yeux. — Je ne sais pas, fait-elle ; alors j'agite la feuille et la froisse ; ah oui, ajoute-t-elle en entendant le bruit, je reconnais ; et comme elle ouvre les yeux : c'est du papier.
Le retard de la perception est donc très sensible, et l'on voit qu'il augmente à mesure
ictivité de chaque sens; c'estque itellecluelle des associations est lus compliquée qu'elle est moins
ixception mérite d'être signalée :
sens des couleurs et des nuances ntact, et comme je m'en étonne ne qu'ayant été dans les modes, mps manié les variétés les plus îbans. Cette habitude acquise et rtiflée a survécu à tous les déperception, l'intelligence est radre lésée dans son fonctionneie peut causer avec moi, mais se 1e pas toujours comprendre mes tre obligée de chercher le sens
in calcul bien simple, 8 x 6, elle le nombre 6 et a réussi son adeux erreurs. Pour compter neuf
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épingles, elle les divise en trois groupes de trois et triomphe de tomber juste avec ce procédé.
J'ai déjà signalé l'impossibilité de vouloir dont elle se plaint, les impulsions dont elle a failli être victime, et je crois pouvoir dire pour elle comme pour Agnès que l'association synthétique est ralentie par la mélancolie.
Je pourrais étendre cette loi à mes autres malades, et montrer chez toutes des signes incontestables d'asthénie mentale, mais l'énumération en serait sans intérêt. Ce qu'il importe de bien marquer ici, ce n'est pas la généralité d'un symptôme déjà connu *, mais le caractère qu'il imprime à l'activité synthétique dont nous avons fait la loi de toutes les mélancolies. Si le moi se réorganise sans cesse et se reconstitue en dépit de toutes les atteintes,
(1) Voir à ce sujet les études de Krafft-Ebbing, II, 3 ; Eroepelin, Psychiatria, II, 92 ; et les belles communications du D r Seglas à la Société médico-psychologique.
vail de réparation logique, et d'orientase fait toujours péniblement; les idées :atives ne défilent que lentement dans la ience ; quelques-unes s'y gravent pour emps, et c'est pourquoi dans les mélan-
somatiques les explications du malade inent souvent les mêmes et simulent bsessions. Le délire mélancolique est un ; lent.
le fatigue mentale nous permet de com- Ire la pauvreté psychique, la raréfaction ats intellectuels, la monotonie qui carac-
les dépressions mélancoliques. 11 ne pas, dit Schule 1 , d'une absence d'idées, bien plutôt d'une stagnation ou d'un ernent hélicoïde d'un même groupe js, qui finissent par percer peu à peu, ni l'expression de certains malades, is doute les persécutés et les passionnels
'aladies mentales, p. 26.
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sont également monotones, mais c'est à leur manière ; les uns voient partout des preuves de la persécution dont ils sont l'objet : dans les faits les plus insignifiants de l'existence, ils démêlent l'action des jésuites, du pape, de leur persécuteur attitré et ne modifient jamais l'orientation de leurs raisonnements; les jaloux agissent de même, et c'est un plaisir de les voir interpréter les actes les plus innocents dans le sens de leurs soupçons. Mais la monotonie n'est que dans l'idée générale de leur délire, les faits qui l'alimentent se renouvellent sans cesse, les preuves de la persécusion ou de la jalousie s'accumulent chaque jour; nous sommes en présence de délires vivants dont l'assimilation est rapide, et qui réclament chaque jour de nouveaux éléments pour s'alimenter.
C'est le contraire qui se passe chez les déprimés que j'étudie; une idée explicative est une richesse qui ne se renouvelle pas et la
synthèse vitale ralentie dans sa source est obligée de se repaître longtemps des mêmes éléments ; ce sont des malades pauvres que les mélancoliques, et leur pauvreté vient de leur lenteur; la gêne et la paresse des associations empêchent la production d'idées nouvelles, et la conséquence c'est la litanie, l'expression réitérée de motifs qui varient peu. Angèle parle de son injection abortive et de son infidélité conjugale. Emilie de la perte de sa fortune et de la ruine qui la menace. Louise, obsédée par la crainte de la damnation et mélancolique par idée fixe, présente la même pauvreté psychique et justifie par de rares raisons sa crainte de l'enfer : « Elle a mal soigné sa mère, elle a travaillé le dimanche, elle ne s'occupe pas de ses enfants. » Je n'insiste pas sur cette monotonie bien connue des aliénistes et que M. Séglas me signalait encore il y a quelques jours; je me borne à montrer qu'elle s'explique par le ralentissement intellectuel.