CHAPITRE PREMIER
RAPPORTS DES ÉTATS INTELLECTUELS ET DE L'ÉTAT ORGANIQUE DANS LA MÉLANCOLIE
Daûs les chapitres qui précèdent, j'ai toujours parlé de la mélancolie comme si c'était une entité mentale, un état irréductible ayant sa nature propre et ses lois. C'est l'opinion du sens commun et de la psychologie rationnelle, qui distinguent trois moments dans les processus émotifs, lorsqu'ils sont normaux.
C'est d'abord une perception, une sensation ou une idée, puis une émotion proprement dite, enfin une expression de cette émotion; pour prendre un exemple concret : j'apprends
»rt d'un proche, je suis affligé, et mon ion se manifeste par l'abattement, notion ainsi définie, la mélancolie d'oriorganique s'explique mal, elle parait ipréhensible aux psychologues, mélancolie d'origine intellectuelle s'exj mieux; mais, ainsi définie, elle ne être ni comprise, ni analysée par la ;e; c'est s'en faire une idée métaphyque de la considérer comme une puismystérieuse capable d'agir sur l'orga- : et de le modifier à son gré.
n n'est plus contestable, à mon avis, e conception de ce genre, ni plus propre brouiller la question, déjà si confuse, ipports de la pensée et de la mélan-
it autre et plus vraisemblable me parait iception de Lange ', soutenue aussi par
ber Gemulhsbewegungen, Leipsig, 1887.
William James 1 et par M. le professeur Ribot\
Suivant Lange, ce sont les étals somatiquea qui sont primitifs dans toute émotion, et la tristesse, par exemple, n'est que la répercussion dans le cerveau, ou, si l'on veut, dans la conscience, des mouvements organiques qui l'accompagnent. Nous devons donc renverser les termes du raisonnement que nous faisions tout à l'heure et dire : « J'ai perdu un des miens, je suis abattu, je suis triste. » En un mot, une idée, une sensation ou une image sont capables de déterminer par association certains mouvements, et la conscience de ces mouvements c'est, suivant les cas, la joie ou la tristesse. L'émotion se ramènerait donc à une double série de phénomènes sensitifs et moteurs, au lieu de rester l'entité confuse dont
(i) Walk ïs émotion Uînd, avril 1884.
(2) Cours de psychologie du CoUège de France.
" parlions tout à l'heure, et les divers musculaires qui la caractérisent en int les éléments constitutifs, thèse est encore à démontrer, et je suis adé que l'expérience cruciale réclamée V. James se fera longtemps attendre ; :onsisterait à supprimer la sensibilité ■aie et périphérique et à constater que tion a disparu, mais cette anesthésie entraînerait la-mort en supprimant tous tfexes.
>endant on peut rencontrer dans la cli- ; des anesthésies partielles plus ou moins ues, correspondant à des affaiblissements faculté émotive. James cite deux cas de snre; et le D r Sollier a eu l'occasion de mtrer à Bicêtre dans le service du proxr Déjerine, un homme de quarantee ans, avec tares héréditaires nerveuses entales, chez qui une anesthésie de la , des muqueuses et de quelques viscères
coïncidait avec une disparition des phé; mènes affectifs de tout ordre 1 .
Tous ces faits lorsqu'on les connaîtra miei nous rapprocheront peut-être de la solutit pour le moment nous devons nous conten de constatations moins probantes et res dans le domaine du vraisemblable.
Nous savons tous que l'on prend du pour se donner de la joie, de l'alcool pour donner du courage, du haschish pour oubl le réel et vaguer dans le rêve; qu'est autre chose que créer les conditions orj niques de l'émotion pour créer l'émotion el même?
Lange, qui cite ces exemples, énumère à suite une série de médicaments ou de malad capables de provoquer des états émotifs e rappelle à ce sujet ces mélancolies dont n< connaissons quelques types et qui sans auci
(1) Sollikr. Revue philosophique, mars 189Î. — Rechert sur les rapports de la sensibilité et de l'émotion.
arimitive de désespoir, peuvent cepenusser le malade au suicide*.
Faits ne sont pas contestables et ils ent que certaines émotions sont la îence immédiate des conditions orga- ; mais il faudrait démontrer aussi que es émotions d'origine intellectuelle, ïsion succède immédiatement à l'idée :11e précède l'état affectif. Lange l'a
mais il a passé trop vite sur cette le sa thèse. « Les phénomènes de refit-il, suivent immédiatement le bruit ; produit sans aucune trace d'effroi ;luel. Bien des gens ne s'habituent à rester près d'un canon que l'on lire, u'ils aient la certitude qu'il n'y a de
ni pour eux, ni pour personne; c'est t seul qui les effraye \ » Des émotions genre, il rapproche la joie que l'on
et Gemutksbewegungen, p. 89.
RAPPORT DES ÉTATS INTELL. ET DE l'ÈTAT ORGAN. 89
éprouve à considérer une couleur agréable, le dégoût que Ton ressent devant une saveur fade ou une odeur nauséabonde, et il conclut qu'on ne peut établir une ligne de démarcation bien nette entre les causes morales et les causes matérielles de nos états affectifs.
Cette conclusion me semble trop facile; il eût été plus intéressant de chercher la raison des associations automatiques qui unissent certaines idées à certains mouvements, et de montrer par quel mécanisme l'émotion peut être postérieure à son expression.
Cette réserve faite, je reconnais que la théorie de Lange et de James a pour elle la vraisemblance.
J r ai signalé plus haut l'impuissance de la théorie classique à rendre compte des émotions organiques, et le caractère métaphysique de l'explication quelle propose pour les émotions d'origine intellectuelle. Je voudrais maintenant faire à la mélancolie organique,
nélancolie intellectuelle, l'application léorie opposée, et tâcher d'expliquer les principes de Lange les phénoue j'ai cités et analysés plus haut.
it plusieurs fois allusion dans le cours étude aux faits somatiques qui caracla mélancolie et l'expriment. J'ai mmairement l'état physique d'Agnès, , d'Eugénie, pour la clarté du diaou la facilité de l'analyse , mais ces faits somatiques se trouvent à la la théorie de Lange, je ne puis plus 1er à des allusions et je vais prendre s divers malades les traits principaux tscription plus complète.
*actère le plus saillant de la mélant son action profonde sur l'appareil volontaire; le mélancolique éprouve :ment général de fatigue et comme il lans toute fatigue, les mouvements ts, inertes, réduits au minimum.
« Rien ne saurait égaler, dit Bail, l'antipathie que manifestent de tels malades pour tout effort musculaire, pour tout travail, pour tout exercice ; souvent, ils résistent lorsqu'on cherche à les habiller et ne veulent point sortir de leur chambre; quelquefois même ils refusent obstinément de quitter leur lit '. » Cette apathie suffit souvent pour reconnaître le mélancolique; elle est surtout marquée parmi mes malades, chez Henriette et chez Agnès; la voix même est caractéristique; elle est faible, sans éclat, et cette faiblesse se rattache à l'anémie des muscles phonateurs, parésiés comme tout le système musculaire.
Ce n'est d'ailleurs qu'un cas particulier de l'affaiblissement général.
L'innervation latente des muscles est diminuée; le cou est plié, la tête pend, le visage est long et mince à cause de l'inertie du mas-
(1) Ball. Maladies mentales, p. 227.
les yeux son grands ouverts à cause paralysie des sphincters, ou bien ils sont verts par la paupière supérieure que ne ment plus les releveurs 1 .
xlte semi-paralysie qu'Emilie et Hen-
ont présentée, Agnès joint une torpeur e traduit par un sentiment d'oppression j douleur sourde, état que le peuple me par des métaphores justes lorsqu'il t, dit Lange, du poids de la douleur, ux traits complètent ce tableau et ils ont importance; c'est, chez Agnès, l'obliquité ;ourciIs et, chez Emilie, Eugénie et Hens, l'abaissement des coins de la bouche, lomènes qui sont dus, comme nous le >ns tout à l'heure, non à une parésie, ; à une contraction.
(S muscles à fibres lisses sont également tés; les vaso-moteurs en particulier se
X Lange. Veber Gmutksbewegwgen, p. 13, s. q. q.
contractent plus fort qu'à l'ordinaire, s'opposent au cours du sang, et cette constriction nous explique l'affaiblissement des muscles volontaires moins irrigués et moins bien nourris. « Un phénomène de la plus haute importance, dit Bail, et qui domine la question tout entière, c'est la diminution du calibre des artères; le pouls chez ces malades est petit, serré, souvent accéléré, la radiale est peu saillante, peu volumineuse, et à côté de cette constriction des vaisseaux principaux, il existe une sténose des capillaires qui diminue la turgescence vitale de l'individu \» De là, pâleur et anémie de la peau, chez la plupart des malades; Agnès a les mains cyanosées par la stase sanguine, et complètement froides. Eugénie se plaint de grands frissons qui lui courent sur les cuisses, Henriette paraît amaigrie du visage.
(1) Ball. Maladies mentales, p. 232.
i le poumon, les capillaires diminuent bre, dit Lange, et l'hématose se fait e préfère l'explication moins hypothéle Marcé, qui rattache les difficultés Smatose à la faiblesse des muscles teurs et expirateurs ; dans tous les phénomène reste le même, toutes mes js sont oppressées, et j'ai noté chez tte de fortes inspirations qui viennent p l'équilibre à intervalles réguliers.
s faits, se rattache l'abaissement de la •ature qui, chez Henriette, descend à rés dans les parties périphériques.
a toutes les sécrétions sont diminuées i ralentissement de la nutrition et sèment de la pression cardiaque, qui îscendre de sa moyenne, 800 grammes,
grammes et même 500 grammes, i j'ai pu l'expérimenter chez Agnès au
du sphygmomètre de Verdin, Presque rs la langue est sale, la bouché sèche,
les sécrétions peu abondantes, et l'anorexie qui est la règle se rattache sans aucun doute à ces troubles digestifs- Tels sont les caractères saillants que je puis signaler dans l'état physique de mes malades. Gela posé, je vais essayer d'en expliquer la production dans les deux ordres de psychoses que j'ai distingués.
Je commence par la mélancolie somatique, et j'espère faire comprendre, sans trop de difficultés, que l'esprit interprète en dernière analyse, non une émotion vague, mais la conscience qu'il a d'une faiblesse organique créée par un état morbide antérieur.
Supposez, en effet, qu'une maladie infectieuse ou fièvre pernicieuse vienne à débiliter l'organisme, tous les phénomènes que nous avons énumérés pourront se produire sous cette influence, et la sensation confuse de cet état pathologique sera ce que nous appelons la mélancolie.
•mi les malades que j'ai étudiées, toutes i dont la mélancolie est d'origine orgaî ont été atteintes d'influenza ou d'autres !S avant de tomber dans le délire, ce Agnès, Henriette et Eugénie; et derniènt, dans un article publié par la Bévue isophique sur l'Histoire d'une idée fixe, 'ierre Janet signalait la fréquence des dies infectieuses à l'origine des désordres ncoliques et hypocondriaques. Cette fréce est du plus haut intérêt pour la quesqui nous occupe; je ]a crois très signive pour mon compte, et je trouve qu'on a pas assez souvent remarquée; mais ce e voudrais pouvoir indiquer surtout, c'est rie des faits intermédiaires par lesquels maladie infectieuse arrive à déterminer iractères physiques de la mélancolie.
s faits intermédiaires sont faciles à conr; la mélancolie se manifestant par une ue et une dénutrition générale des tissus,
toute cause qui s'oppose à la nutrition des muscles les rapproche de Fêtât mélancolique et favorise la dépression générale. L'anémie et l'empoisonnement du sang jouent ici le même rôle que la constriction des vaisseaux, et l'on pourrait reprendre les phénomènes cités plus haut, en montrant que la plupart s'expliquent également bien par Tune ou l'autre cause.
J'ai en ce moment, sous les yeux, une étude du D r Catrin sur le paludisme chronique, et j'y trouve une confirmation intéressante de cette manière de voir \
Parmi les accidents cérébraux qui caractérisent les fièvres paludéennes ou qui leur succèdent, l'auteur met en première ligne, avec la céphalée, la torpeur intellectuelle, l'engourdissement général, la dépression mélancolique ; il cite à ce sujet l'opinion de MM. Le-
(1) Catrïn. Le 'paludisme chronique, p. 80.
et Chaussier, médecins de l'asile de
qui admettent une folie dépressive ne paludéenne, et il insiste sur un fait
paraît significatif. Par délire paludéen, veut pas qu'on entende ces troubles ax qui se produisent dans l'accès ou it la convalescence, mais ces vésanies eures qui se lient à l'état de dépression nanisme.' Enfin, sur la foi de Baillarger, astiani et de Krœpelin, il fait de la stui caractère psychique spécial de l'impae chronique, et nous savons que la sturésente, à un degré plus marqué, tous nomènes so ma tiques de la mélancolie, ment s'explique, dans les cas de ce
le passage de l'infection organique, à ression mentale ou à la stupeur? évi- 3nt par la production d'un état interre, la cachexie, résultant du paludisme ous retrouvons les troubles organiques ît à la base du délire mélancolique.
RAPPORT DES ETATS INTEtL. ET DE L ETAT ORGAN.
C'est d'abord, à part l'hypertrophie léristique de la rate, une anémie généi s'accompagne des manifestations hab de la déglobulisation modérée : la rapide, l'essoufflement, la décolorati muqueuses, les frissons, symptômes ai se joignent bientôt l'hydrémie et ] philie. Du côté du poumon, c'est la d; du côté de l'estomac, la dyspepsie.
L'état des cachectiques rappelle doni ses grandes lignes, celui des mélancc el nous voyons ainsi comment s'opère sage de l'infection à la dépression.
C'est à n'en pas douter ce qui s'es pour Agnès, pour Eugénie et pour les coliques organiques dont j'ai dit les tomes : un agent septique, introdui l'organisme, a déterminé chez ces n une faiblesse générale, et cet état adym confusément senti par la conscience, ei gine de la mélancolie.
ae hâte d'ajouter que toute cause débi- !, une mauvaise alimentation ou la 3, peut produire des résultats analogues ; de l'infection et conduire le malade à ilancolie par l'anémie. La mélancolie [que n'est donc pas toujours infectieuse, rentable cause c'est la dépression phyquelle qu'en puisse être l'origine, peut ra'objecter ici que la faiblesse orgase produit souvent seule et n'entraîne uite aucun trouble mental ; le fait ne Hre nié, mais il est beaucoup moins nt qu'on ne pense : la maladie, lorsi mine le corps, amène souvent une ision morale qui, pour n'être pas suivie ire, n'en est pas moins caractéristique; m elle-même suffit pour changer nos pour nous faire voir des difficultés nontables dans des projets que la bonne ion présentera bientôt comme simples, sujets qui tombent dans la mélancolie
morbide confirment bien plutôt la loi c< mune qu'ils ne lui font exception.
Pourquoi vont-ils jusqu'au délire? Pour raisons multiples telles que leurs habitu mentales, leur caractère, leur hérédité autres causes dont je n'ai pas à m'occuper
Ce que je veux montrerc'est qu'en interi tant leurs émotions, ils interprètent en c nière analyse leur état organique et la cér thésie qui l'accompagne.
C'est le cas d'Agnès, d'Eugénie, d'Henri et de toutes les malades qui sont arrivées £ mélancolie par misère physiologique.
Ce n'est donc pas une émotion, sorte d'en mystérieuse, que nous trouvons à la base la mélancolie organique, maïs des phé mènes physiologiques, et, pour employer terme plus général, des mouvements.
D'un côté, c'est le corps avec sa dépress.
acquise, sa faiblesse succédant à des et morbides, de l'autre l'esprit qui perçoit et
jsse sous forme de tristesse et qui la jusaar des idées délirantes, stent les mélancolies intellectuelles dont veloppement est plus complexe; je vais :rer qu'elles s'expliquent encore par la e théorie, et se développent dans l'ordre nt : idée, faits organiques, perception ise de ces faits ou mélancolie.
s caractères physiques étant les mêmes les deux variétés de psychoses, je ne les s pas de nouveau, et passe tout de suite à lication. Qu'une maladie puisse débiliter inisme et produise une dépression phyi, le fait n'a rien que de très concevable, qu'une idée amène le même résultat, ce qu'il est plus difficile de comprendre, ynert', dans sa psychiatrie, donne une ïe de la douleur physique qui peut nous :-er sur le mécanisme en question.
Ie ynert. Psychiatrie.
A son avis, la douleur a pour él' Sma " lE premiers deux catégories de réflexes réflexes moteurs; 2° des réflexes vase;
Par exemple, une brûlure détermin grand nombre de mouvements incoorc la substance grise delà moelle exercer action d'arrêt pour les supprimer action d'arrêt représentée dans la con y serait sentie sous forme de douleur.
En même temps la douleur amène ur triction vasomotrice, suivie de ses quences habituelles, diminution de 1 sanguin, difficultés de l'hématose, dyspnée, gêne de la respiration puln et de la respiration des tissus.
Pouvons-nous transporter à la doule raie cette explication? Meynert n'en doc
Nous nous trouvons, pense-t-il, en p de phénomènes analogues avec la dit que l'impression initiale est centrale d'être périphérique.
Dposons qu'on nous annonce une morl ous touche de près ou un accident de le; nous éprouvons d'abord un sentiment >hérence mentale ; notre esprit proteste e le fait inattendu qui choque ses nabianciennes ou ses projetsd'avenir;et jusze que l'adaptation se soit produite, c'est isordre psychique qui se traduit presque urs par des mouvements sur lesquels la e épinière peut exercer son action St.
u après ou simultanément, survient dépression organique où nous troutous les caractères physiques de la trisfatigue générale, faiblesse, hypotherphénomènes qui s'expliquent par la riction vaso-motrice et dont quelquescomme l'hypothermie, peuvent servir à ssurer.
désorganisation mentale s'accompagne, ne la désorganisation physique, d'une
dépression organique qui entre da leur comme élément constitutif.
A dire vrai, celte théorie me parai des difficultés; cette action d'arr par la moelle sur les réflexes motei sentie comme douleur est une siir thèse, mais le fait expérimental et de la conslriclion vasomotrice avec quences est du plus grand intérê question de la mélancolie intellect! son expression.
Nous voyons comment des mot vasculaires s'associent à certains ph de désorganisation mentale, tels qu d'un proche et déterminent la m c'est ce qui arrive dans les ea fixes, et dans tous ceux où nous un phénomène intellectuel à Toi délire.
A défaut d'explication rationnelle < tatation d'expérience nous suffit.
en s'associant à des mouvements idée peut produire non la mélancolie, état mélancolique et la cenesthésie qui îpagné.
lénutrition des tissus et la dépression laire sont alors des conséquences de la ction des vaisseaux.
ité des phénomènes vasomoteurs et de cession physique, nous avons cité es signes particuliers, comme l'obliquité ' jrcils et l'abaissement des coins de la :, qui concourent à la cenesthésie.
1 peut nous les expliquer par Tassociaitomatique; ce sont des caractères par- *s, qui s'ajoutentaucaractèred'ensemble rentrent dans les lois générales de Testa des émotions.
ni les malades que nous connaissons, présente une obliquité des sourcils ïte. Darwin en cite de nomhreux exemmmuniqués par des aliénistes de ses
, et nous savons que les peintres repro- ;nt volontiers ce trait de physionomie u'ils veulent exprimer la tristesse.
Cette obliquité des sourcils est due à l'antagonisme des muscles orbiculaires, sourciliers el pyramidaux du nez et des faisceaux més du muscle frontal ; les premiers tenà abaisser les sourcils, les seconds, en jnlractant, en relèvent les extrémités •nés.
D'où vient cet antagonisme? D'une association utile, pense Darwin.
Quand les enfants pleurent, ils contractent muscles orbiculaires, sourciliers et pyramiux, pour comprimer leurs yeux et les empêerde se gorger de sang, mais s'ils essayent de ne pas pleurer, s'ils résistent par amourpropre, timidité, ou pour toute autre raison, le frontal se contracte dans sa partie médiane et les sourcils deviennent obliques ; le fait est ; ême chez les adultes : « Nous avons tous
; notre enfance, dit Darwin, contracté '-!S fois nos muscles orbiculaires sourciit pyramidaux afin de protéger nos tout en poussant des cris; nos ancêtres i de même avant nous, pendant de s générations, et quoique, en avançant , il nous devienne facile de retenir nos •sque nous éprouvons quelque douleur, e pouvons pas toujours vaincre l'effet ongue habitude et empêcher une légère ition des muscles indiqués plus haut ; contraction est très faible, nous ne la [uons même pas et nous n'essayons pas âprimer'. »
lissement des coins de la bouche est plus fréquent que l'obliquité des sourun degré plus ou moins fort presque mes mélancoliques le présentent.
I produit par la contraction du trian-
fiN. Expression des émotions, p. 207. Traduction IbboIt.
gulaire du menton qui attire en bas et en dehors les coins de la bouche, en entraînant la partie externe de la lèvre supérieure et même à un faible degré les ailes du nez. C'est encore l'association utile qui explique ces contractions. « L'enfant qui crie, dit Darwin, contracte énergiquement ses muscles périoculaires, ce qui soulève sa lèvre supérieure; comme il doit en même temps maintenir sa bouche largement ouverte, les muscles abaisseursqui aboutissent aux commissures entrent aussi vigoureusement en action , la contraction du muscle triangulaire s'aperçoit très bien chez l'enfant, lorsqu'il crie sans trop de violence, et mieux encore au moment où il va commencer et où il finit de crier. »
Les parésies musculaires s'expliquaient tout à l'heure par l'anémie, les contractions s'expliquent par l'association utile, c'est-à-dire que le passage de l'idée au mouvement qui l'exprime est réflexe ou automatique.
is tous les cas l'état effectif, la mélancoaralt bien n'être que la conscience des ements accomplis, l'idée confuse du . Nous ne nous trouvons plus en pré-
d'une puissance mal définie, succédant Se et s' exprimant par les organes physi-
nous n'avons jamais affaire qu'à des intellectuels, idées, images ou sensations [es état physiologiques.
voit donc que si la mélancolie admet origines, elle s'explique toujours par la ; loi. Que l'état organique ait été produit es causes physiques, ou qu'il succède à dée en vertu d'un mécanisme complexe, slancolie n'est jamais que la conscience 1 étal.
seule différence pour la question qui nous >e, c'est que dans la mélancolie organique usée est la conséquence de l'état physioiie et que dans la mélancolie intellectuelle i détermine par association idéo-motrice.
On peut s'étonner qu'avec deux origi aussi différentes, touteslesmélancoliesarrii à présenter les mômes symptômes, que l'ab sèment de la lèvre inférieure ou l'obliquité sourcils se retrouvent dans les mélancc infectieuses par exemple, alors qu'ils par sent être sous la dépendance de simples a:
dations.
C'est le moment de rappeler ce que n avons dit plus haut des phénomènes sec daires qui s'accomplissent dans chaque t de mélancolie et les rapprochent au poin les confondre.
Agnès est mélancolique à la suite d' fièvre, et c'est de sa dépression organique sa dépression morale est née, mais les i( tristes qu'elle se créait ont réagi à leur I sur son système nerveux, elles ont détern des phénomènes vasculaires ou des cont lions musculaires que l'agent infectieux la dans l'organisme n'eût pas amenés à lui si
t organique est à la fois cause et effet, ontraire Emilie est mélancolique à la s chagrins moraux, mais une fois l'état !
lique créé, il a pu réagir à son tour sur gence et la pensée.
ainsi que dans la réalité se mêlent et ml les variétés que la psychologie disquelle que soit la cause de la maladie, iplexus d'éléments qui la constituent . toujours à s'identifier, auble mécanisme que nous avons élun est pas moins réel, et maintenant us le connaissons nous pouvons nous me idée plus juste de la synthèse [ue dont nous avons parlé dans la prejartie.
les mélancolies organiques ce que synthétise et coordonne avec ses autres ts, c'est l'impression confuse qui lui u corps; dans les mélancolies intellecc'est autour d'une idée que se forme