Régis, Académie de médecine (7 mai
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dées, par des réviviscences hal ucinatoires d'images et de souvenirs antérieurs par des scènes de la vie familiale ou professionnelle, par des visions le plus souvent pénibles, par des comb'naisons d'événements étranges, impossibles, éminemment mobiles et changeants ou doués, au contraire, d’une certaine fixité, qui s'imposent p'us ou moins complètement à Ja conviction
Au deg'é le plus faible, ce délire est exclusivement nocturne et momentané; il cesse au réveil et ne reparaît que le soir, soit dès le crépuscule, soit seulement plus tard, avec le vague assoupissement. À un degré plus marqué, il cesse encore au réveil, mais incomplètement, et se reproduit dans la Journée dès que le malade a les yeux fermés et somnole. Enfin, à son degré le plus élevé, le délire ne cesse pas au matin et il se continue le jour tel quel, comme un véritable rêve prolongé.
Cette opinion que le délire toxique est un délire de rêve avait été formulée par Lasègue en ce qui concerne spé’ cialement le dé'ire alcoolique. Elle doit être, on le voit. étendue à l’ensemble des délires d’auto-intoxication et d’'infection.
Mais le délire des auto-intox'cations et des infections n'est pas seu'ement un délire de rève : c’est de plus — et il y à là un fait nosolog que d'une portée théorique et p'at que considérable; c’est de plus un délire de rêve morb de. de somnambu isme, d'état second.
[suffit d observer les délirants toxiques, pour s’apercevoir que ce ne sont pas de simples dormeurs ordinaires, assistant passivement, et en simp'es spectateurs aux objectivations cinématographiques de leur automatisme mental: ce sont des dormeurs actifs, en mouvement. Comme les somnambules, ils vont du rêve muet au rêve parlé et au rêve d'action, dans une perception plus où moins confuse de l’ambiant, qu'il mêle à leurs conceptions fantastiques, passant parfois de leur état second à la réalité et de la réalité à leur état second, suivant qu on les interpe!'e ou qu’on les abandonne à eux-mêmes,