‹ Les états profonds de l'hypnoseChapitre 3 sur 37 · ÉTAT DE RAPPORT · texte numérisé non relu

ÉTAT DE RAPPORT

Le sujet n'est en rapport qu'avec le magnétiseur, quel qu'il soit (2) ; cet état, comme la catalepsie, présente deux phases.

(1) Gomme dans le sommeil ordinaire, on trouve le rôve avec manifestation parlée. — Je n*ai du reste pu constater l'identlficatioa de cette phase léthargique avec le sommeil ordinaire que sur un seul sujet, Benoist.

(a) Si Ton a poussé jusqu*à cet état le sujet en le chargeant d'électricité au moyen, soit d'une machine statique, soit d'une pile, soit d'un aimant, il ne perçoit plus que la personne en contact avec l'agent qu'a produit l'hypnose.

Pour des sujets très sensibles à la polarité, on ne peut arriver à ousser jusqu'à l'état de rapport une partie positive de leur corps (par exemple) par le simple contact prolongé de cette partie avec un objet d'or ou avec un diamant. Alors la partie hypnotisée ne perçoit plus que l'objet qui a agi sur eUe ou un objet de môme nature.

Dans la première, le sujet perçoit encore les sensations provenant d'autres agents que le magnétiseur, mais ces sensations, de quelque nature qu*elles soient, lui paraissent également désagréables, notamment celles qui proviennent du contact des animaux. Interrogé sur la nature de la souffrance qu'il exprime, quand il touche un chien par exemple, Benoist répond que ce qu'il touche n'est pas organisé comme

elle ne sentira pas la piqûre faite avec une épingle de cuivre ou le frottement exercé avec un morceau de cristal. On aura ainsi constitué, pour quelques instants, une véritable pierre de touche organique.

Cette faculté de por{;er isolément h l'état de rapport telle ou telle partie du corps du sujet peut produire le phénomène singulier du Rapport multiple.

Voici Benoist qui, mis en état de rapport par M. Â... au moyen du procédé ordinaire (la main droite sur la tête), n'entend plus que lui. — Alors M. B... lui applique, par exemple, la main dans le dos ; au bout de quelques instants, le sujet éprouve de la lourdeur, du malaise à la partie touchée, commence par entendre, puis entend, tout à fait M. B... mais seulement quand celui-ci le touche ou lui

Ï»arle dans le dos. Il continue à entendre M. A..., sauf quand M. A... ni parle dans le dos qui est en rapport avec M. B... — Si M. C... lui applique alors la main sur le côté, il se produit une troisième mise en état de rapport partiel, analogue à, la précédente, etc.

Quand le sujet est réveillé par ropérateur A..., il ressent de la gène dans les parties touchées par B... et G... qui ne vibrent plus comme le reste du corps ; quelques frictions font tout disparaître.

Le phénomène que nous venons de décrire est analogue à celui de la personnalité multiple qu'on peut donner dans les premiers états de Thypnose, alors que le sujet est très suggestible.

On a étudié déjà le phénomène de la double personnalité l'une à droite, l'autre h gauche. David, un des sujets connus de la Charité, m'en a fourni un exemple piquant : j'avais donné à sa partie droite la personnalité de M"*^ X..., un autre sujet, et, à sa partie gauche, celle de M. Y..., son protecteur. David qui les connaissait personnellement tous les deux, nous fit assister à une querelle de ménage du plus haut comique où les injures et les coups pleuvaient d'un côté et de l'autre. Avec Benoist j'ai pu obtenir trois personnalités, une A... adroite, l'autre B... à gauche et la troisième C... au milieu du corps ; le dialogue a pu s'engager entre les trois individus qui s'étaient ainsi constitués avec leur caractère propre ; chaque partie répond à l'appel de son nom, M. C. . parle du milieu des lèvres, M. A... du côté droit de la bouche, M. B... du côté gauche ; quand A... veut toucher C..., il touche le milieu du corps, etc.

L'expérience est fatigante, mais eUe a de l'importance en ce qu'elle

hn, et que cela lui cause un bouleversement par tout le corps.

Dans la seconde phase, le sujet ne perçoit plus que le magnétiseur. Si celui-ci joue du piano, Benoist l'entend ; mais Benoist n'entend plus le son de l'instrument si c'est une autre personne qui en touche ; pour qu'il entende dans ce cas, il suffit que le magnétiseur place ses doigts contre l'oreille du sujet, de telle manière que le son passe par les doigts avant d'arriver à Toreille.

D'une façon générale, le sujet ne perçoit aucun objet, à moins qu'il ne soit en contact avec le magnétiseur (1); le regard de ce dernier peut être suffisant pour établir le contact, et c'est probablement ce qui explique, dans la plupart des cas, comment les anciens magnétiseurs trouvaient que leurs sujets étaient naturellement en rapport avec certaines personnes et non avec d'autres.

Toute excitation cutanée (piqûre, pincement, etc.), produite par le magnétiseur ou par un objet en contact avec lui, est agréable au magnétisé, à moins qu'elle ne provoque une douleur trop violente ; cette même excitation, produite par une personne non en rapport, n'est pas perçue, à moins aussi qu'elle ne soit trop forte (2)^

détroit rexplication de la double personnalité par une suggestion 8'appliquant Tune au lobe droit, Tautre au lobe gauche du cerveau.

(1) Le sujet voit généralement la personne du magnétiseur comme suspendue dans le vide ou sur un fond grisâtre.

(2) Quand le sujet, sensible à la polarité, peut se pousser lui-même jus^*à l'état de rapport par l'imposition sur la tète de sa main droite, il manifeste de llnquiétude, dn malaise, dans la première phase, sous l'influence des regards des spectateurs qu'il perçoit encore un peu. Si on se met en rapport avec lui, en le touchant, il manifeste pour lui-même cette affection exclusive qu'a toujours le sujet pour celui qui l'a magnétisé.

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Un caractère commun aux deux phases de Tétat de rapportes! un sentiment de béatitude (pi. 1, fig. 2) extrêmement caractérisé, manifesté par la plupart des sujets qui résistent presque toujours si on veut le& réveiller ou les endormir davantage.

Dans rélat de rapport, certains phénomènes psychiques provoqués par des pressions sur différents points du crâne, et que je décrirai plus tard, se produisent avec une très grande intensité. La fig. 3 (pi. 1) montre Textase avec vision religieuse obtenue par la pression sur le milieu du front. Dans la figure 4, Benoist est représenté au moment où il éprouve un accès de contrition sous Tinfluence des paroles qu'il croit entendre ; ses yeux sont remplis de larmes, et, si on lui demande ce qu'il éprouve, il répond que la sainte Vierge lui fait des reproches. Enfin, dans la. figure 5, la vision a complètement changé de nature sous la simple infiuence de la pression d'un point de la nuque, correspondant aux idées erotiques.

Les yeux s'ouvrent généralement par suite du renversement de la tête en arrière ; le sujet objective ses visions à l'extérieur, car il écarte vivement la main du magnétiseur quand celui-ci la lui place devant la figure, comme un écran entre les yeux et Tapparition.

Quand le sujet n'a pas naturellement les yeux ouverts dans cet état, il suffit de lui ordonner de les ouvrir pour qu'il les ouvre. Il voit alors plus ou moins distinctement le fluide qui s'échappe des yeux, des doigts, des narines, des oreilles du magnétiseur ou des personnes avec lesquelles on le met en rapport. Ce fluide se présente, d'ordinaire, sous la forme d'effluves bleus du côté gauche, et rouges du côté

CLASSIFICATION DBS ÉTATS 15

droit ; il parait également, pour le sujet, sortir des aimants, des cristaux, etc. Je ne fais qu'indiquer ici un sujet d'éludés sur lequel j'ai porté mon attention depuis plusieurs années et que je traiterai dans un ouvrage spécial.

Benoist qui, dans les premiers états de Thypnose, est sensible, dans des conditions mal déterminées encore, à l'action des médicaments qu'on se borne à approcher de lui, possède cette faculté d'une façon beaucoup plus constante dans l'état de rapport, pourvu que ce soit la personne qui l'a endormi qui tienne la substance. L'ipéca lai a donné l'envie de vomir ; l'essence de laurier-cerise contenue dans un flacon bouché à Témeri près de sa nuque a provoqué l'extase. Dans les mêmes conditions, l'essence de valériane lui a causé d'abord de l'inquiétude ; il se sentait transformé, avait envie de faire quelque chose dont il ne se rappelait pas le nom, puis il faisait mine de griffer en soufflant comme un chat.

Deux sujets mis à l'état de rapport par le même magnétiseur éprouvent généralementjl'un pouj- l'autre, quand ils sont mis en présence, une répulsion très vive. Cette répulsion peut même se manifester cheî^ l'un pour des objets simplement touchés depuis quelque temps par l'autre. Dans certains cas, elle persiste après le réveil et provoque des querelles.

Quand on pousse l'hypnose plus loin que l'état de rapport, on amène une nouvelle léthargie (pi. 1. fig. 6), où la contractibilité neuro-musculaire est suspendue et oîi le pouls est sensiblement ralenti ; puis vient l'état de sympathie au contact.

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