‹ Les états profonds de l'hypnoseChapitre 5 sur 37 · ÉTAT DB LUCIDITÉ · texte numérisé non relu

ÉTAT DB LUCIDITÉ

Le sujet, qui continue à percevoir les sensations des personnes avec lesquelles on le met en rapport, ne voit pas davantage que dans Télat précédent les effluves extérieurs, mais a acquis une propriété nouvelle. 11 voit ses organes intérieurs et ceux des personnes avec lesquelles il est en rapport.

Il les décrit avec les termes qui lui sont familiers à rétatdeveille, surtout quand ces organes sont malades. Interrogé pourquoi il voit mieux ceux-là que les autres, il répond que c'est parce que la souffrance ou la perturbation qu'il éprouve parsympathie concentre sur eux son attention. Il voit vibrer les cellules cérébrales sous rinfluence de la .pensée et il les compare à des étoiles qui se dilatent et se contractent successivement.

Quand on lui fait toucher une personne et qu'on le prie de l'examiner, il compare ce qu'il voit chez cette personne avec ce qu'il voit dans son propre corps. Par exemple, pour l'ofBcier souffrant d'une oreille,

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il â dit : «[ Il y a dans l'oreille une petite peau en travers comme chez moi, mais derrière je vois un bouton que je n'ai pas, et ce bouton suppure. » Pour la cystite, il a vu, tout autour du col de la vessie, un gonflement un peu moins gros que le petit doigt, et plein de sang comme les veines gonflées qui faisaient saillie sur la main deTopérateur, etc.

Si on lui demande ce qu'il y a à faire pour amener la guérisouy ou bien il répond qu'il ne sait' pas, ou bien il indique des remèdes provenant évidemment de ses souvenirs^de l'état de veille : ainsi, dans une seconde expérience relative à la cystite, le malade avait volontairement attribué devant lui, avant qu'il fût endormi, cette infirmité à une certaine cause ; Benoist a répété Tassertion'qui était fausse et a recommandé des boissons rafraîchissantes..

Dans cet état, le sujet acquiert encore une autre faculté, c'est de reconnaître la trace laissée par un contact, même remontant à plusieurs jours. Voulant, un jour, m'assurer si je pouvais le faire voyager dans Vespace et dans le temps comme certains somnambules, je le menai devant une armoire où je ne retrouvais pas un objet] et je lui demandai s'il pouvait voir où étaitcet objet et désigner celui qui Tavaitenlevé. Il me répondit a non », mais en palpant, il ajouta : € Je sens ici le contact d'une autre personne que vous. » Je le conduisis alors vers plusieurs autres meubles qu'il palpa également, tantôt ne ressentant rien tantôt retrouvant son impression de l'armoire ; enfin, je lui présentai divers vêtements appartenant à des gens de ma maison, et il reconnut le contact dans la paire de gants d'un domestique. Je n'ai pu

vérifier la réalité du fait, mais j'ai obtenu plusieurs fois la contre-épreuve en faisant toucher plusieurs objets par une personne, puis la personne par le sujet. Le sujet retrouve toujours Tobjet touché.

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