‹ Les états profonds de l'hypnoseChapitre 9 sur 37 · CRISE COMPLETE · texte numérisé non relu

CRISE COMPLETE

€ Les quatre degrés de la crise complète présentent des traits communs qui sont les suivants : Le magnétisé ne peut ouvrir les yeux ; il est dans un état apparent de sommeil ; il est entièrement isolé et, quelque bruit qu'on puisse faire autour de lui^ il n'entend que le magnétiseur; en se réveillant, il perd complètement le souvenir de tout ce qu'il a pu voir ou dire pendant la crise, si bien qu'il lui semble même n'avoir point dormi. Le contact de tout ce qui n'est point magnétisé, et particulièrement celui des animaux, lui cause une sensation désagréable qui peut aller jusqu'à lui occasionner des crispations de nerfs.

« Quant à leurs caractères particuliers, les voici :

« 1*^ degré. Le malade voit parfaitement son mal

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présent et peut indiquer les remèdes qui lui sont nécessaires^ sans cependant prévoir le développement d'un autre mal dont la cause existe déjà et lui échappe. U peut encore annoncer avec précision Tépoque de guérison du mal qui Toccupe.

« 2* degré. Le magnétisé peut entrevoir, de plus, les maux des personnes sur lesquelles le magnétiseur a fixé sa pensée ; cette vision est quelquefois très imparfaite, et il serait dangereux de se fier aveuglément aux remèdes qu'il ordonne.

« 3® degré. Le magnétisé voit avec certitude le mal présent et le germe de toute autre maladie qui peut exister^ soit chez lui, soit chez les personnes avec lesquelles il est en rapport. Il annonce Tépoque du développement et les périodes de la maladie en indiquant les remèdes avec la plus grande précision.

a 4* degré. Le magnétisé voiiy de plus, des choses éloignées et étrangères à son état. Il prévoit des événements qui n'ont aucun rapport avec ce qui l'intéresse, et ses prévisions s'accomplissent exactement.

« Nota. — Dans les troisième et quatrième degrés, le magnétisé lit dans la pensée du magnétiseur et agit, dirigé par cette pensée, sans que le magnétiseur ait besoin de la manifester par aucun signe extérieur. »

On le voit, les anciens magnétiseurs s'étaient beaucoup plus préoccupés des applications pratiques que des caractères pouvant servir de bases aune théorie; ils n'avaient pas reconnu nettement ces alternatives de léthargie et de réveil apparent que nous avons constatées, et, comme le fait remarquer M. de Lau-

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saime, leurs sujets brûlaient généralement les étapes eonstituées par les cinq derniers degrés de la demierise.

La sensation de bien-être si caractéristique de notre état de rapport semble cependant signalée dans le sixième degré de la demi-crise ; nous la retrouvons indiquée avec plus de précision dans une lettre que le docteur Fits Gibbon, médecin royal et agrégé au collège de médecine de Bordeaux, écrivait, le 22 mai 17&3, au marquis de Puységur pour lui rendre compte de se» expériences magnétiques :

« [Tne particularité que j'ai remarquée dans mon petit traitement est un état de plaisir extrême que fessentent certains bommes ; c'est une extase^ un état extatique de plaisir qui surpasse tout autre connu et lequel dure quelquefois un quart ou vingt minutes au plus, et qui se manifeste par ces paroles : mon Dieu, que c*est bon 1 et ces mots répétés constamment ; les yeux sont tout ouverts, le corpa dans une espèce de raideur, la respiration un peu gênée, comme si Ton étouffait de joie ou de plaisir, comme Ton dit communém«fnt. Ils sont vraiment moitié somnambuliques et moitié cataleptiques, pendant cette crise. Les femmes n'y sont point sujettes, du moins je n'en ai point vu dans cet état«li. Je ne sais, monsieur, si vous en avez vu dans Tétat que je vous décris; il ne m'a jamais fallu plus de trois ou qitatre minutes pour les mettre dans cet état. »

Les Orientaux ont fait, depuis des siècles, des observations analc^ues. Le D' Nobin Ghauder Paul, assistant chirurgien militaire aux Indes, a publié, U y a

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