‹ Les états profonds de l'hypnoseChapitre 10 sur 37 · MAGNÉTISEURS ET YOGHIS · texte numérisé non relu

MAGNÉTISEURS ET YOGHIS

quelques années, un traité théorique et pratique du yoga^ c'est-à-dire de l'art employé par les extatiques indous pour s'abstenir de manger et de respirer pendant un temps considérable.

Dans ce traité qui a été reproduit par le Lotus (n<« 13 et suivants), on trouve relativement ausi états de l'hypnose les renseignements suivants :

a Les mystiques indous {yoghis) qui pratiquent le yoga demeurent dans des retraites souterraines {gaepna) i ils s'abstiennent de sel dans leurs aliments et sont extrêmement friands de lait dont ils font leur principale nourriture ; ils sont noctambules et restent enfermés pendant le jour : leurs mouvements sont lents et leurs manières engourdies ; ils mangent et se promènent durant la nuit. Ils prennent deux postures appelées padmâsana et sidhâsanay en vue de respirer aussi peu fréquemment que possible. Us craignent les changements rapides et les inclémences de la tempe* rature.

« Quand les yoguis sont capables de se tenir deux heures durant dans les deux postures tranquilles dont il vient d'être parlé, ils commencent à pratiquer le prdnâyamaj phase de transe volontaire caractérisée par une transpiration abondante, par des tremblements de tout le corps, et un sentiment de légèreté dans l'économie animale (1). Us pratiquent ensuite lepatyàhara^

(1) J'ai retrouvé ce sentiment de légèreté chez M»© K. quand eUe est traversée par un courcmt voltaïqne un peu fort (le pôle -f- dans la main droite et le pôle — dans la main gauche) étant alors dans le commencement de l'hypnose et insensible ; ses membres se sotilèvent naturellement et elle dit que si l'on augmentait l'action eUe s'enlèverait jusqu'au plancher. Je n'ai pas en l'occasion de pousser •encore plus loin l'expérience.

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phase de rauto-magnétisatioa durant laquelle les fonctions des sens sont suspendues. Ensuite ils pratiquent le dhdrana, phase durant laquelle la sensibilité et le mouvement volontaire cessent complètement tandis que le corps est capable de rester dans n'irnporte quelle posture. On dit que l'esprit est quiesceat dans cette phase de ;la transe volontaire.

« Après avoir atleint le degré de dhârana (état cataleptique) les yoguis aspirent à ce qu'on appelle dhyd" na, phase de Tauto-magnélisation dans laquelle ils prétendent élre entourés par les éclats de la lumière ou de l'électricité éternelle, appelée anonta-jyoti (de deux mots sanscrits signifiant lumière sans Gn ou omnipénétrante) qu'ils disent être l'âme universelle (1). Dans l'état de dhyâna, les yoguis sont dits clairvoyants. Le dhyana des yoguis et la turya avastha des védantins, Textase des médecins, la soi-contemplation des magnétiseurs allemands, et la clairvoyance des philosophes français.

« L'état de samâdhi est la dernière phase de Tautotranse. Dans cet état les yoguis, comme la chauvesouris, le hérisson, le hamster et le loir, acquièrent le pouvoir de se passer de Tair atmosphérique et de se priver de nourriture et de boisson.

« Il y a eu, dans ces vingt-cinq dernières années, trois cas de samdhdi ou hivernage humain. Le premier cas s'est présenté à Calcutta, le deuxième à Jesselmere et le troisième dans le Punjab. J'ai été témoin oculaire du premier cas.

(1) Ds voient VOd qui s'échappe detoua les €orp3 ; je rappelle que cette perception ne se produit généralement que dans l'élaL de rapports

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« Il y a deux variétés de samâhdi, appelées ^amprajnd et asamprajna. Le colonel Townsend, qui pouvait arrêter le mouvement de son cœur et de ses artères à volonté, et mourir ou expirera son gré puis revivre, était un exemple de samprajna samâdhi. Les yoguis de Jesselmere, du Punjab et de Calcutta, qui entraient dans un état pareil à la mort en avalant leur langue, et qui ne pouvaient pas reprendre la vie à volonté, étaient des exemples (ïdsamprajna samâdhi ; ils ne pouvaient ressusciter qu'avec l'aide d'autres personnes qui retiraient la langue enfoncée dans le pharynx et la remettaient à sa place normale.

« En raison de l'obscurité réelle inhérente à la phylosophie yoga et de mon ignorance absolue de la langue sanscrite dans laquelle sont écrits les principaux ouvrages mystiques de l'Inde, je réclame un peu d'indulgence pour le cas où j'aurais manqué de traiter ^convenablement ce sujet de la transe volontaire telle qu'elle est pratiquée par les philosophes orientaux à sang froid et hivernants. »

11 n'y a pas lieu de s'étonner que les descriptions des différents états que je viens de rapporter ne soient pas identiques. Non seulement il n'y a pas deux hommes semblables et réagissant de même sous l'influence d'une même action (1), mais les procédés des opéra-

(1) Mae K..., par exemple, est haUucinable par la vue dans tous les états, bien qu'elle garde dans ces états un grand empire sur sa volonté ; les hallucinations auditives sont bien plus difficiles à obtenir, et elle persiste à entendre tout le monde ; il semble que, chez

teurs doivent certainement influer ; il s'agit en effet Yraisemblablement, dans tous ces phénomènes, de force vitale qu'on accumuWtantôt sur un point, tantôt sur un autre. Enfin ceux qui ont Thabitude d'expérimenter savent combien il est difficile de bien voir ce qui se passe et de le rapporter exactement ; le fait le plus simple, le plus aisé à observer est raconté d'une manière différente par chacun de ceux qui y ont assisté. Les remarquables concordances que le lecteur a pu constater sont donc une preuve réellement très sérieuse de la généralité des grandes lignes que nous avons tracées.

elle^ Torgane de Touïe ne participe pas h lliypnose des autres organes qui bénéficient de cette insensibilité relative.

« Les divers somnambules, dit Deleuze (Instruction pratique sur le magnétisme animal, p. 142), présentent des phénomènes trè3 différents ; et le seul caractère distinctif et constant du somnambulisme, c'est un ROUTBAn modk db pbrgsptioh. Ainsi il est des somnambules isolés, d'autres qui ne le sont pas ; il en est qui sont mobiles comme des aimants» d'autres n'ont que des facultés intérieures ; 11 en est chez qui, toutes les sensations sont concentrées à Tépigastre, d'antres font usage de quelques-uns de leurs sens ; il en est enfin qui, après le réveil, conservent, pendant un certain temps, le souvenir des impressions qu'ils ont reçues et des idées qu'ils ont eues en crise. J'ai dû me borner à exposer ce qui a lieu le plus communément... »

Un même somnambule ne présente même pas toujours des facultés constantes ; ces facultés se modifient plus ou moins suivant les influences physiques extérieures et l'état moral inférieur. Ne voyonsnous pas les machines de Wimhurst donner sur une de leurs arma^ tures tantôt de l'électricité positive, tantôt de l'électricité négative, selofi le caprice de la machine 1 disent les constructeurs.

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