MARTIN VAN BUREN (18B
Van Buren représente les mêmes idées que Jackson. — Crise financière, suite des lois passées sous l'administration précédente. — Le président donne ordre de disperser les groupes armés, réunis à la frontière pour prêter main-forte aux insurgés du Haut-Canada. — Lloyd Garrison inaujçure l'agitation anti-esclavagiste.
Martin Van Buren, vice-président sous l'administration de Jackson, le remplaça en 1837, ayant remporté la victoire sur ses concurrents, le célèbre orateur Webster et Harrison. Une amitié étroite le liait au vieux général dont il partageait toutes les idées. Pour bien marquer que le régime nouveau n'était, au point de vue de la politique, que la continuation du précédent, Jackson se tint aux côtés de son successeur à la cérémonie de l'inauguration, le 4 mars 1837. Ils se rendirent au Capitole dans la même voiture : un carrosse fait à même les débris de la Constitution, la fameuse frégate américaine qui, en 1813, avait capturé la Gtterrière, vaisseau de guerre anglais.
Déjà à cette époque, la presse attachée à chaque camp s'attaquait avec une violence extrême aux chefs politiques du parti opposé. Les journaux whigs ne se firent pas faute de tourner en ridicule les deux amis, et ce fut surtout Van Buren qui devint 1(^ point de mire
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(le ces attaques. Personne ne contestait son habileté, ses talents d'organisateur, qui avaient tant contribué à la réélection de son ami ; mais les whigs voulaient faire croire que sa personnalité s'effaçait pour ne refléter que les idées de Jackson.
A peine installé, Van Buren vit monter à l'horizon les nuages précurseurs d'un terrible orage. La législation financière de Jackson, en favorisant la création d'une multitude de banques, avait aussi ouvert toutes grandes les poxtes aux spéculations et à l'agiotage. La conséquence naturelle de ces opérations hasardeuses se produisit avec une intensité inouïe. On conta jusqu'à 250 faillites dans une seule journée, à Boston, et la crise sévit avec autant de violence sur les autres points des Etats- Unis. Toutes les banques suspendirent leurs paiements en espèce ; mais toutes n'allèrent pas jusqu'à la banqueroute, et bon nombre reprirent leur équilibre plus tard.
Lorsqu'un pays souffre d'un embarras quelconque, le peuple est naturellement porté à en faire remonter la responsabilité au gouvernement. Jl lui faut toujours trouver une cause, vraie ou fausse, au mal qui l'accable. Dans le cas actuel, c'est sur Van Buren que s'abattit l'orage attiré })ar la politique de son prédécesseur. Sa popularité souffrit de la crise et contribua à sa défaite aux élections de 1840.
Une grande agitation régnait au Canada à cette époque : ses habitants y étaient en guerre avec les gouverneurs qui, cherchant à concentrer tout le pouvoir entre leurs mains ne cessaient de contrecarrer la volonté populaire, exprimée par les chambres d'assemblée de Québec et de Toronto. Il s'ensuivit une double prise de l)Oucliers à l'est et à l'ouest, les insurgés comptant, pour réussir,
MARTIN VAX BUREN
sur riiitervention des Américains qui la leur avaient fait espérer. On vit s'assembler à la frontière, sous les ordres de Van Rensselaer, des groupes d'individus disposés à prêter main-forte aux Canadiens d'après l'entente con-
DANIEI, WEBSTER
certée entre les chefs du mouvement et leurs amis de New- York. Mais au moment où ceux-ci allaient se joindre aux insurgés, Van Buren proclama la neutralité des Etats-Unis ;et fit dispei^ser .tes partisans de la rébel-