ARTICLE XV
1° Le droit des citoyens de l'Union au suffrage électoral ne pourra être ni refusé ni restreint par les Etats-Unis et par aucun État, par la considération de la race, de la couleur ou d'une condition antérieure de servitude.
2° Le Congrès aura tout pouvoir pour assurer la sanction de cet article X^ar une législation appropriée à son objet.
(1) Proposé par le Congrès en 1869 et déclaré adopté en 1870.
ABRAHAM LIÎ^COLN — ANDREW JOHNSON 349
intimes, que de les contraindre à reconnaître comme égaux leurs anciens esclaves. C'est d'autant plus révoltant à leurs yeux que plusieurs des Etats du Nord ont déjà refusé le droit de suffrage aux nègres et que nulle part, chez les Américains, ils ne se trouvent sur un pied d'égalité avec les blancs. C'est en vain que les vaincus protestent ; c'est en vain que le président Johnson frappe cette loi de son veto, comme il l'avait fait pour le XIV^ amendement ; le radicalisme passe outre, il lui faut une vengeance aussi prolongée que possible. L'intervention de Johnson lui vaut une mise en accusation devant le sénat. Prévenu d'abus de pouvoir, il n'échappe à une condamnation que par une voix de majorité.
Qu'allait faire le Sud ? Le plus sage parti à prendre n'était-il pas de plier sous l'orage et de déjouer la malice de ses adversaires en vidant jusqu'à la lie une coupe qu'on lui avait préparée assez amère pour qu'il ne pût se résoudre à la boire ? L'Arkansas, l'Alabama, la Floride, la Louisiane, les Carolines acceptèrent les nouveaux articles de la constitution de 1868. Ce ne fut qu'en 1870 que la Virginie se rendit à l'inévitable.