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CULTURES IRRIGUÉES AUX ÉTATS-UNIS

Surfaces Valeurs

(milliers d'hectares), (millions de dollars).

Foin et fourrages . . . 4.466,2 34,8

Céréales 559,9 14,3

Légumes 67,4 9,6

Fruits 400,5 40,0

Divers 90,7 45,6

MISE EN VALEUR AGRICOLE DE l'oUEST ET IRRIGATION l8l

L'étendue de 2.284.800 hectares, que donne ce tableau, est inférieure à l'étendue totale des terres irriguées (2.905.000 hectares); les 620.000 autres hectares comprennent pour partie des terres dont les récoltes ont été mangées sur pied par le bétail, pour partie des terres qui, n'ayant pu être assez complètement irriguées par suite de l'exceptionnelle sécheresse de l'été 1899, n'ont point fourni de récoltes.

Les États où se trouvent les irrigations les plus étendues sont le Colorado (644.000 hectares) et la Californie (578.000 hectares), puis le Montana (360.000 hectares) ; ces trois États ont ensemble plus de la moitié du total ; viennent ensuite l'Utah, le Wyoming, l'Idaho, le Nevada qui ont de 200.000 à 260.000 hectares.

Le nombre des agriculteurs se livrant à l'irrigation dans la zone aride était de 102.819 en 1899 contre 52.584 dix ans plus tôt, ayant presque doublé ; les surfaces irriguées, elles, ont un tant soit peu plus que doublé, passant de 1.436.000 à 2.905.000 hectares. En Californie et dans le Colorado, pays plus anciennement colonisés, l'augmentation des surfaces irriguées n'a été respectivement que de 44 et 81 p. 100, et l'on remarque qu'elles ont une tendance à se diviser entre un plus grand nombre de cultivateurs, en Californie surtout où l'irrigation est principalement appliquée à la culture des fruits. Il est possible que, dans les États plus nouveaux, le même mouvement se produise à l'avenir, quoiqu'ils soient moins bien adaptés à la production fruitière que la Californie, dont les magnifiques vergers sont une des principales richesses.

Dans l'ensemble, ce sont les fourrages qui tiennent, on vient de le voir, de beaucoup la plus large place parmi les cultures irriguées ; ils sont très utiles pour l'entretien des bestiaux pendant l'hiver. La production

de fourrage, par hectare irrigué, est de 4 tonnes et demie au lieu de 3 et demie à peine pour tout le territoire des États-Unis; la luzerne tient parmi ces fourrages une place importante. Quant aux céréales, rirrigation ne joue qu'un rôle infime dans leur production totale; en maints endroits, cette culture n'est avantageuse que parce que la difficulté des transports rend coûteux les blés apportés d'ailleurs. [1 faut noter, cependant, qu'au Colorado, qui produit le plus de céréales dans ces conditions, un hectare irrigué donne 19 hectolitres de blé, plus que la moyenne en France, tandis qu'en moyenne, aux États-Unis, on n'obtient que 11 à 12 hectolitres et que, dans ce même État de Colorado, les rares hectares cultivés en blé, sans être irrigués, ne donnent que 5 hectolitres et demi.

Les exploitations où on se livre à l'irrigation sont ge'néralement d'une certaine importance, chacune d'elles comptant, en moyenne, d'après le rapport sur le dernier Census, 30 hectares irrigués et la valeur d'un tel hectare atteignant 550 francs — ce qui est bien supérieur à la valeur moyenne des terres aux États- Unis. En Californie, la valeur de l'hectare irrigué monte môme à une moyenne de 1.160 francs. Quant h la valeur du produit brut, elle est de 192 francs par hectare, pour l'ensemble de la zone aride, et de 370 francs en Californie. Les frais de main-d'œuvre que nécessite l'arrosage, reviennent à 101 francs par hectare ; le coût de l'eau, fourni par les entreprises de canaux d'irrigation (average first cost of water), n'est, bien entendu, pas compris dans cette somme.

Chose curicQse, les frais de premier établissement des systèmes d'irrigation existants, barrages, canaux, etc., sont, d'après le Census^ assez peu considérables. Us ne s'élèvent qu'à 64.289.000 dollars. Ce qu'il y a de remar-

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quabledans ce chiffre, observe le rapport sur le Census, c'est qu'il est de 30 p. 100 inférieur à celui des récoltes faites sur les terrains irrigués ; dans trois États seulement, le Nouveau-Mexique, TArizona et le Wyoming, les frais de construction des canaux et barrages remportent sur la valeur des récoltes obtenues ; partout ailleurs, l'écart en sens inverse est notable, et il devient très grand en Californie, grâce à la valeur des fruits de vergers irrigués. Ceci montre que les travaux d'irrigation ne sont pas aux États-Unis des travaux très gros, ni très coûteux. Le rapport sur le Census le fait, du reste, ressortir avec insistance et il se prononce nettement en faveur des entreprises faites à peu de frais par des associations de propriétaires ou autres à rencontre des œuvres dispendieuses effectuées par de grandes Compagnies. Les quelques lignes où il résume l'histoire de l'irrigation sont instructives. Après avoir rappelé que les Mormons furent à peu près les premiers à la pratiquer sur les bords du Grand Lac Salé, dans la vallée du « Jourdain » dès le milieu du xix® siècle; « en 1870, dit-il, il n'y avait guère plus de 8.000 hectares irrigués. De 1870 à 1880, ce fut une période de développement rapide de petits canaux construits par des particuliers ou des associations de propriétaires; en 1880, il y avait probablement 400.000 hectares irrigués. De 1 880 à 1890 eut lieu le boom des entreprises spéculatives d'irrigation. On se procura de grands capitaux par le placement d'actions et d'obligations, de vastes entreprises, des canaux de plus de 100 milles (160 kilomètres) de long, furent projetés et quelquefois construits. Presque toutes ces affaires aboutirent à un insuccès financier et, quoiqu'elles aient aidé à étendre l'irrigation, elles n'ont pas enrichi leurs actionnaires... En 1889, on comptait 1.435.000 hectares irrigués. Depuis,

cette étendue a doublé, plutôt par l'extension et l'agrandissement des nombreux canaux existant en 1889 que ion de nouveaux et vastes systèmes

lassage une double leçon : d'une part, ipécial de l'irrigation, il est de nature i contre les travaux trop vastes et trop r les frais d'établissement très lourds 'emploi de l'eau, en réduisent fort les ! part, il montre qu'on aurait tort de I y semble trop porté en Europe, que aux États-Unis que par les grandes e capitaux, par lestnists et les milliard'ailleurs beaucoup moins nombreux

liation et de progrès, l'énergie, l'acti- < que possède à. un si haut degré, dans i sociales, le peuple américain, voilà, s immenses d'un sol et d'un sous-sol re, les causes fondamentales du dévelable des États-Unis. Ce sont ces viriles , pour une large part, le succès de la ise des cultivateurs américains et nous e les puissants effets en examinant le )ppement industriel que prend aujour*

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