‹ Les Êtats-Unis au xx' siécleChapitre 68 sur 92 · LE» ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

LE» ÉTATS-UNIS

Il est à remarquer que les établissements où l'on travaille la laine peignée sont, en moyenne, beaucoup plus considérables que ceux où l'on trayaille la laine cardée. Si Ton considère l'ensemble des deux industries^ on voit cependant que leur essor n'est pas extraordinaire, puisqu'en vingt ans la valeur des produits n'a passé que de 194 à moins de S38 millions de dollars. C'est une faible augmentation pour l'Amérique. Il est vrai que l'accroissement en quantité est sensiblement plus fort qu'en valeur ; mais^ d'autre part, une des principales raisons des plaintes de l'industrie lainière, c'est la substitution tous les jours plus accentuée^ pour les vêtements de dessous, des articles tricotés aux tissus de laine, légers, 'flanelles et autres.

Plus prospère que l'industrie des tissus propremenc dits est celle des tapis qui a pris en Amérique un très grand développement, de 1860 à 1890 surtout, car dans la dernière décade ses progrès se sont beaucoup ralentis; les droits surles laines ne paraissentpas étrangers à cette crise. La valeur de ses produits a passé de 7.800.000 dollars en 1860 à 21 millions 700.000 en 1870, à 31.800.000 en 1880, à 47.770.000 en 1890 et à 48.192.000 en 1900. La valeur des capitaux engagés est de 44 millions et demi de dollars en 1900, contre 38 millions en 1890, 21 millions et demi en 1880, 12 millions et demi en 1870, moins de 5 millions en 1860. Comme dans la généralité des grandes industries un peu anciennes, on constate une réduction du nombre des établissements, de 215, point maximum en 1870, à 195 en 1880, puis à 173 en 1890 et à 133 en 1900. Quant au nombre des ouvriers il a passé de 12.000 en 1870 à 20.000 en 1880, à 28.736 en 1890 et 28.411 en 1900. C'est toujours la même tendance à la concentration de l'industrie et h l'extension du machinisme ; cette dernière est encore attestée par

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le fait qu'en 1890 on employait à la fabrication des tapis 8.300 métiers mécaniques et 2.598 métiers à main, tandis qu'en 1900 on se servait de 9.706 métiers mécaniques et de 1.048 métiers à main seulement. Les États- Unis produisent aujourd'hui presque tous les tapis et tapisseries dont ils ont besoin ; ils n'en importent plus que 8à0.000 ym^ds carrés, valant 2 millions et demi de dollars, dont 640.000 yards carrés de tapis de luxe (d'Aubusson, d'Axminster ou d'Orient) estimés à 2.300.000 dollars (le yard vaut 91 centimètres).

L'industrie lainière des États-Unis, aussi bien celle des tissus que celle des tapis et les industries secon* daires des articles en feutre et autres, se trouve concentrée surtout dans les quatre États de Massachusetts, de Rhode-Island, de Pennsylvanie et de New-York, qui produisent, réunis, pour 222 millions de dollars de lainages sur 297 dans l'ensemble des États-Unis. La part du Massachusetts seul est de 81 millions de dollars, celle de la Pennsylvanie de près de 78 millions. Le Massachusetts et le Rhode-Island se livrent surtout à la production des tissus ; la Pennsylvanie et le New-York à celle des tapis. La seule ville de Philadelphie fabrique pour 56 millions et demi de dollars de lainages, celle de Lawrence, dans le Massachusetts, pour 25 millions et demi, celle de Providence, dans le Rhode-Island, pour 18 millions de dollars par an. Pour porter un jugement d'ensemble sur cette industrie lainière américaine, il semble qu'on puisse dire que sa concurrence est, pour l'Europe, moins menaçante que celle de beaucoup d'autres. N'étant favorisée par aucune circonstance spéciale, gênée, en outre, par des droits, élevés sur la matière première, soumise à un régime douanier très instable, elle ne se développe, en somme, que d'une manière assez lente.

Il en est autrement de la bonneterie, dont les progrès ont été très brillants, et qui a profité de l'emploi croissant des articles tricotés comme vêtements de dessous. Elle présente d'ailleurs, aujourd'hui, aux États-Unis, ce caractère de Be servir beaucoup plus de coton que de laine. C'est une transformation qui s'est accomplie au cours des vingt dernières années : le poids total du coton et des filés de coton employés par la bonneterie américaine est, en 1900, cinq fois celui de la laine et des filés de laine, tandis qu'en 1890 le premier n'était encore que de moitié supérieur au second. L'accroissement, des plus rapides, de cette industrie de la bonneterie se trouve résumé dans le tableau ci-dessous :

Nombre d'établissements . .

Capital (millions de dollars).

Nombre d'ouvriers

Salaires (millions de dollars) Valeur desmatériaux ( d^ ) Valeur des produits ( 69 )

Nous arrivons maintenant à l'industrie de la soie. De toutes les industries textiles américaines, c'est la plus prospère et celle qui se développe le plus rapidement. Dans le monde entier, elle n'est plus dépassée que par l'industrie française ; encore l'écart est-il faible, et l'on peut môme se demander si notre supériorité subsiste au moment où nous écrivons, car, depuis 1900, l'accrois* sèment de la puissance productive des fabriques américaines a continué d'être très considérable.

La demande des soieries est énorme aux États-Unis, et il est facile de le comprendre. 11 s'y trouve un plus grand nombre de fortunes de premier ordre qu'en\tout autre pays, l'Angleterre peut-être exceptée ; l'aisance y

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