LE MILIEU NATUREL, LE SOL ET LE CLIMAT
teinpdréeis du continent dont elle occupe le milieu et SCS 7.700.000 kilomètres carrés ont bien plus de valeur que la surface légcromcnt supérieure que couvre le Canada.
La structure géographique des Etats-Unis se caractérise assez simplement. Parallèlement à chacune des deux côtes Atlantique et Pacifique, on trouve une zone montagneuse. Les montagnes voisines de l'Atlantique, les Appalaches ou Alleghanys, s'approchent vers le Nord à quelques dizaines de kilomèti'es des côtes, dont les sépare un pays rocheux, granitique, peu fertile, puis s'en éloignent au sud du 41" degré et laissent alors entre leur pied et le littoral une plaine de 300 à 400 kilomètres de large, divisée en deux ou trois terrasses, dont chacune est à peu près horizontale et dont la plus basse, souvent marécageuse, se couvre d'immenses forêts de pins aux approches de la côte. Réparties le plus souvent en plusieurs chaînons parallèles, les Appalaches no sont pas très élevées; elles n'ont qu'un seul sommet qui dépasse, et très légèrement, 2.000 mètres. Elles ne forment pas d'obstacle sérieux aux communications entre les régions côtières et l'intérieur; leur partie centrale surtout, qui est la moins élevée, olfre, à hauteur de New-York, de Philadelphie, de Baltimore, de nombreux et faciles passages par les vallées de l'Hudson, de la Susquehana, du Potomac et de leurs affluents. Au Sud, les dernières croupes des Appalaches viennent mourir à 400 kilomètres du golfe du Mexique. De toutes parts on peut facilement traverser ou tourner ces montagnes bien boisées, et les colons ont passé, presque sans s'en apercevoir, d'un de leurs versants à l'autre.
Bien différentes sont les montagnes Rocheuses. Tout près de la Côte du Pacifique se dresse une première
chaîne, interrompue par la baie de San Francisco, la Coastal Range, dont maints sommets s'élèvent au-dessus do 2.000 mètres ; puis, en arrière des larges vallées du San Joaquin au Sud, du Sacramento au centre, de la Willamette au Nord, vallées qui sont presque des plaines intérieures, la première surtout, s'élèvent les masses formidables d'une deuxième chaîne, qu'on appelle Sierrra Nevada au Sud, ou monts des Cascades au Nord. Celle-ci a des sommets de plus de 4.000 mètres et ne présente que deux brèches, l'une au Nord où passe la rivière Columbia, l'autre à l'extrême Sud où débouche le Colorado. Elle forme le rebord oriental d'un immense plateau, large de 1.200 à 1.300 kilomètres dans sa partie centrale, et dont le rebord occidental est occupé par les puissants massifs des Montagnes Rocheuses. Barrière moins continue que la Sierra Nevada et les Monts Cascades, ces dernières dépassent trèsf réquemment 3.000 et parfois, au Centre et au Sud, 4.000 mètres. Le grand plateau lui-même, coupé de chaînessecondairesetdontlesdépressionssont occupées par des lacs et des terrains salés, a une altitude de 1.200 à 2.000 mètres. Il se rétrécit au Sud en laissant entre lui et le golfe de Californie des déserts. Au Nord il disparaît presque, remplacé par les vallées s'élargissant en plaines de la Columbia et de son affluent la Snake River, et par un chaos de montagnes qui se prolonge dans la Colombie Britannique. De la frontière du Mexique à celle du Canada un puissant écran de hautes montagnes isole donc la cote du Pacifique des plaines centrales.
Ces plaines immenses s'étendent sur 1 .800 k 2.000 kilomètres de TEst à l'Ouest entre les Rocheuses et les Appalaches, et autant du Nord au Sud entre le golfe du Mexique et la frontière canadienne. Elles descendent
LE MILIEU NATUUliL, LE SOL KT LE CLIMAT 5
insensiblement vers la côte du Golfe, basse et bordée de lagunes; au Nord-Est, les régions granitiques et boisées, où le Mississipi prend sa source et qui bordent les Grands Lacs Américains, font à peine saillie sur les plaines, sauf en quelques points où de faibles rangées de collines atteignent 400 mètres d'altitude, soit 200 mètres de plus que le pays environnant ; au Nord- Ouest les plaines se poursuivent, au delà des limites de l'Union, jusqu'à celles du continent américain luimême. Entre les eaux qui descendent au golfe du Mexique par le Mississipi, celles qui vont à l'Atlantique par les Grands Lacs et le Saint-Laurent, celles qui se dirigent vers la Baie d'Hudson et l'Océan Arctique par la Rivière Rouge du Nord, l'Assiniboine et les lacs du Manitoka, aucune ligne de partage sensible. La rivière Desplaines, sous-affluent du Mississipi se trouve aux environs de Chicago à moins de dix kilomètres du Lac Michigan, et par les crues ou les inondations les deux nappes d'eau se confondent. De la cuvette du Mississipi au centre, les plaines se relèvent lentement vers leurs bords est et ouest, par légères ondulations à l'est du Mississipi, parfois par ressauts, faiblement marqués dans les prairies, à l'Ouest. Complètement dénudées, leurs horizons sont sans limites; mais leur sol est fertile et il n'est besoin, pour le défricher, que d'enlever d'insignifiantes broussailles. C'est la terre bénie delà colonisation.
Toutes choses égales d'ailleurs, le climat de la plus grande partie des Etats-Unis devrait être, de par la latitude, beaucoup plus chaud que le nôtre. Il l'est en effet durant l'été. Dans presque toute l'étendue de l'Union, sauf à l'extrême Nord-Est et à l'extrême Nord- Ouest, aux deux bouts de la frontière canadienne, sauf aussi sur quelques très hauts plateaux des Mon-
tagnes Rocheuses, la température moyenne de juillet
dépasse 20 degrés centigrades, alors qu'elle atteint à peine 19 degrés à Paris ; ù New-York et à Chicago, elle est à peu près la même qu'à Marseille, ce qui n'a rien de surprenant, puisque ces deux villes sont à une latitude plus méridionale que notre grand port méditerranéen. Pour plus d'un tiers du pays, pour une vaste zone qui, sur le versant atlantique et dans le bassin du Mississipi, s'étend jusqu'au 40'' degré, englobant Baltimore et Saint-Louis du Missouri, la moyenne du mois le plus chaud de l'année dépasse 25 degrés, moyenne inconnue en France ; elle atteint 30 degrés à la Nouvclle-Oiléans et sur le littoral du golfe du Mexique. C'est dire que l'été est brûlant dans la majeure partie des Etats-Unis.
Par contre l'hiver est glacial, presque partout. Déjà sur la côte de l'Allantique, qui n'est pas réchauffée, comme en Europe, par les eaux chaudes du Gulf Stream, New-York, à la latitude de Naples, a des hivers plus froids que Berlin : ceux de Boston rappellent ceux de Stockholm. Dans le centre, dans la vaste plaine du Mississipi, qui est ouverte à tous les vents du Nord, et dont les écrans des Alleghanys et surtout des Montagnes Rocheuses écartent l'influence adoucissante des souffles marins, c'est bien pis. A Saint-Paul-Minneapolis, sous le 45" degré, la latitude de Bordeaux, la température moyenne de janvier descend à 12 degrés au-dessous de zéro, tandis qu'elle est de 2 degrés audessus à Paris ; à Saint-Louis, sous le 38% à la latitude de Palerme, elle est sensiblement inférieure à zéro. D'une manière générale, la température d'hiver décroît rapidement, non seulement quand on remonte du Nord vers le Sud, mais encore quand on s'avance de l'Est vers l'Ouest, jusqu'à proximité du pied des Montagnes Ro-