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LE MILIEU NATUREL, LE SOL ET LE CLIMAT

cheuses. Elle s'adoucit sans doute beaucoup sur les bordsdu golfe du Mexique, en Floride, même en Géorgie ctdanslesGaroIines : à la Nouvelle- Orléans, la moyenne de janvier dépasse 10°, c'est-à-dire la moyenne de l'année entière à Paris; mais ces régions de l'extrèmejuidi elles-mêmes, à l'exception des points les plus méridionaux de la Floride et du Texas, ne sont pas à l'abri des cold waves « vagues froides », qui, après avoir provoqué dans le bassin de Mississipi d'effroyables blizzards, ou tempêtes de neige, viennent causer jusquelà de courts, mais violents, refroidissements de l'atmosphère. J'ai vu les orangers gelés à Jacksonville en Floride sous le 30" degré, comme il ne leur arrive pas de l'être à Nice sous le 43*'. La Côte du Pacifique, baignée par les eaux chaudes du Kouro-Sivo ou courant du Japon, est seule à l'abri de ces terribles hivers; les étés y sont aussi moins brûlants, même jusqu'au sud du littoral californien; au Nord, une grande partie de l'Etat de Washington, limitrophe du Canada, et de l'Etat d'Orégon a un climat tout comparable à celui de l'Ile de France; mais ces régions favorisées sont relativement peu étendues. Les plateaux des Rocheuses, qui se dressent en arrière d'elles, ont des étés torrides et des hivers très froids, d'une rigueur cependant moins extrême, malgré leur altitude, que les plaines centrales.

Somme toute, on exprime assez bien les traits distinctifs du climat des États-Unis en disant, avec certains Américains, qu'il est tropical- arctique : tropical en été, arctique en hiver; le printemps n'existe presque pas; l'automne, par contre, est très beau, doux et agréable. Le même caractère extrême se retrouve, jusqu'à un certain point, dans la distribution des pluies. Presque partout elles sont moins également réparties que dans l'Europe occidentale, tombent avec plus de violence.

mais un moindre nombre de jours par an. Dans toute

la région à l'est du Mississipi, et même dans une bonne partie des Etats qui bordent le fleuve à l'Ouest, jusque dans une portion du Texas, il tombe, en moyenne, plus d'un mètre d'eau par an, près du double de ce qui tombe à Paris; cependant, le ciel de ces contrées est généralement plus clair que le nôtre, et elles sont, plus souvent que notre pays, sujettes à de fâcheuses sécheresses, surtout dans la moitié nord ; la moitié sud se rapproche du régime tropical, avec des précipitations annuelles atteignant jusqu'à 2 mètres sur les côtes du golfe du Mexique et une chaleur humide et déprimante en été. Lorsqu'on marche vers l'Ouest, après avoir passé le Mississipi, l'abondance des pluies diminue rapidement. A 600 ou 800 kilomètres au delà du fleuve, à partir d'une ligne qui suit à peu près le 100® degré ouest de Greenwich, elle devient inférieure à 500 millimètres par an ; l'irrégularité de la distribution des pluies au cours de l'année et les longues sécheresses qui en sont la conséquence, ne permettent plus alors la culture du sol, sauf en quelques points privilégiés et dans les vallées susceptibles d'irrigation : c'est la zone « semi-aride », qui embrasse les plateaux des Rocheuses et la portion ouest des Prairies, sur une longueur de 2.000 kilomètres duNord au Sud, et une largeur de 1.200 à 1.300 kilomètres de l'Est à l'Ouest. Elle occupe ainsi largement 2 millions et demi de kilomètres carrés, le tiers de la surface des Etats-Unis, cinq fois celle de la France. Près de la moitié est aride tout à fait et se compose de véritables déserts, qui couvrent presque en entier les plateaux de l'Utah, du Nevada et de l'Arizona, le sud-est de la Californie, une forte portion du Nouveau-Mexique, et des lambeaux des Etats voisins. Enfin, après avoir franchi la Sierra Nevada et les monts des Cascades, on retrouve une zone suffisam-

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nient arrosée, propre à l'agriculture, mais large de 200 kilomètres seulement et fort accidentée, entre ces montagnes et le Pacifique.

Avec ses plaines immenses du Centre et ses énormes massifs montagneux de l'Ouest, avec son climat extrême et toute sa nature violente, le territoire actuel des Etats- Unis était peu propre au développement d'une civilisation autochtone. La nature y était trop forte pour être domptée par des hommes encore faibles, qui se plaisent mieux et arrivent plus aisément à progresser dans des pays divisés par des obstacles naturels, des chaînes de montagnes, des bras de mer, en compartiments étanches, où les peuples sont à l'abri les uns des autres, peuvent se constituer et se développer en paix et sous des climats plus doux, où les fléaux naturels, inondations, sécheresses, froids et chaleurs extrêmes n'acquièrent pas la violence subite et décourageante pour le primitif qu'ils possèdent dans le Nouveau-Monde ou dans la zone tropicale. Mais, au contraire, pour une civilisation importée du dehors par des hommes qui savent déjà se soustraire aux violences du climat et discipliner les forces d'une nature exubérante, pour la civilisation moderne surtout, quel merveilleux terrain que les Etats-Unis! Leurs plaines immenses et sans obstacles se prêtent admirablement à la culture en grand et h l'établissement économique des chemins de fer, complétant un superbe réseau de voies navigables pour faciliter l'exportation des produits du sol et du sous-sol. La diversité des altitudes et des latitudes permet de joindre aux cultures de la zone tempérée celle des plantes semi-tropicales comme le coton. Enfin les richesses minérales, si importantes dans la phase actuelle de la civilisation sont immenses : le fer et le charbon surtout, qui sont comme les muscles et le sang

de l'industrie moderne, surabondent, dans les meilleures conditions, pour être exploités. La prospérité industrielle qu'ont favorisée les gisements de combustibles minéraux promet d'ailleurs de n'être pas sans lendemain, car les forces hydrauliques, dont le règne s'annonce pour un prochain avenir, se trouvent en quantités énormes. De tous les pays qui s'offraient à la colonisation de la vieille Elurope, les Etats-Unis ■^-ont asiurément le mieux doué par la nature.

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