PRINCIPALES CULTURES AUX ÉTATS-UNIS EN
Surf ares.
En milliers d'iioctaies.
Quanlilés produites-
Ea millions
d'iiectolitresi.
Valeurs.
En millions de dollars.
Blé
Mais
Avoine
Orge
Seigle
Riz .
Autres céréales . .
Graine de lin. . .
Graines de trèfle,
etc
Foin et fourrages .
Coton
Tabac
Houblon
Arachides
Pois et haricots. .
Pommes de terre .
Patates
Légumes
Canne à sucre. . .
A reporter . .
1. Les quantités sont exprimées en millions d'hectolitres, sauf pour le foin, les graines do coton, les betteraves et les cannes à sucre, où elles le sont en millions de tonnes, — pour le tabac, le houblon et les raisins, où elles le sont en millions de kilogrammes — et pour le coton, où elles le sont en millions de balles (chaque balle pesant environ 500 livres anglaises soit 225 kilogrammes).
2. Il a été produit au total 6.440.000 tonnes de cannes, dont d. 300. 000. ont été vendues à l'état de canne et 1.450.000 conservées pour la semence ; avec le reste on a fait 301.000 tonnes de sucres, 500.000 hectolitres de mélasses et 600.000 de sirops; c'est la valeur globale de ces divers produits qui atteint 39.300.000 dollars.
tMPORTANCE ET RÉPARTITION DES DIVERSES CULTURES 109
Report . . .
Sorgho
Betterave à sucre .
Sucre d'Erable . ,
Fruits^
Vignes''
Fleurs
Pépinières . . . .
Produits forestiers.
Divers
Surfaces.
Quantités produites.
Valeurs.
Kn milliers
En millions
En millions
d'hecUros.
d'hectolitres.
de dollars.
Total. . . 116.«2i.7 3.020.1
La surface totale couverte par les diverses récoltes est ainsi de 116 millions d'hectares, soit deux fois et quart environ l'étendue totale de la France ; c'est 50 millions d'hectares de moins que la surface des terres dites « améliorées » {improved land), le reste étant occupé par les herbages aménagés, fourrages mangés sur pied, jachères, etc. Les céréales ont, pour leur part, 63,8 p. 100 de la surface et 49,1 p. 100 de la valeur produite; les foins et les fourrages 21,3 p. 100 de la surface et 16 p. 100 de la valeur; le coton 8,3 p. 100 de la surface et 10,7 p. 100 de la valeur. Ces trois genres de culture réunis font donc 93 p. 100 de la surface, et 75,8 p. 100 de la valeur des produits.
La valeur totale, plus de 3 milliards de dollars ou de
1. Le sorgho sert aux Etats-Unis à faire du sucre : on a produit 292.000 tonnes de cannes vendues en cet état et 760.000 hectolitres de sirops sucrés dont l'ensemble vaut 6 millions de dollars.
2. Il a été extrait du suc des érables dans les Etats septentrionaux, 5.000 tonnes de sucre et 100.000 hectolitres de sirops sucrés.
3. Pour les arbres fruitiers et les vignes, la surface occupée est déduite du nombre des plants. Les 650 millions de kilogrammes de raisins comprennent ceux employés à faire le vin.
no LES ÉTATS-UNIS AD XX" SIÈCLE
15 milliards et demi de francs, est énorme. Sur ce chiffre, dit le rapport sur le Census, 975 millions de dollars, 5 milliards de francs, représentent les produitdonnés au bétail pour l'alimenter sur les exploitations mômes où ils ont été recueillis; et 2.045 millions de dollars les produits disponibles pour être vendus ou consommés par la famille de l'exploitant.
Nous n'avons parlé, jusqu'ici, que des produits végétaux. Il faut, pour avoir le tableau complet de la richesse agricole, y ajouter les produits animaux :
PRINCIPAUX PRODUITS DE l'ÉI,EVAGE DES ANIMAUX EN 1899
Quantilés*. Valeurs,
(en millions (en millions
de iiiiogr.immes). de dollars/.
Laine 12t; 46.0
Lait 330 II \
Beiirre 586 i 472.4
Fromage 7.4 ;
OEufs 1.294 D 144.3
Volailles » 136.9
Miel et cire 27 6.7
Animaux vendus » 722.9
— abattus » 189.9
Total 1.719.0
Si l'on réunit la valeur des animaux, tant vendus qu'abattus sur les exploitations, on atteint un total de près de 913 millions de dollars; c'est plus qu'aucune autre culture prise isolément, mais sensiblement moins que toutes les céréales ensemble.
En additionnant la valeur des produits animaux et des produits végétaux, on obtient un produit brut global
1. Les quantités sont en millions de kilogrammes, sauf pour le lait, où elles sont données en millions d'hectolitres, et pour les œufs, où elles sont en millions de douzaines.
IMPORTANCE ET RÉPARTITION DES DIVERSES CULTURES i Ll
do 4 milliards 739 millions de dollars, soit 24 milliards et demi de francs; si l'on en retranche, pour éviter un double emploi, les produits employés à nourrir le bétail sur l'exploitation môme où ils ont été récoltés, il reste encore 3 milliards 764 millions de dollars ou 19 milliards et demi de francs, qui représentent le véritable revenu brut de l'agriculture américaine.
A propos de ces statistiques, une importante question se pose : jusqu'à quel point peut-on compter sur leur exactitude ? On sait combien sont suspectes les statistiques agricoles en France. Les hommes les plus émincnts parmi ceux qui ont eu à les manier, comme M. de Foville, l'ont souvent montré, en même temps qu'ils exposaient les projets faits pour les améliorer. Aux États-Unis, ces statistiques passent pour être composées avec plus de soin. Celles des Census en particulier, pour lesquelles les « énuméraieurs » questionnent directement chaque cultivateur, paraissent de nature à inspirer une assez grande confiance ; d'ailleurs, les populations rurales américaines semblent moins défiantes devant une enquête de cette nature que les populations européennes, lesquelles y voient parfois des préliminaires d'impôts, et sont moins habituées à faire connaître au public les affaires particulières de chacun. Le rapport sur le Census estime que les erreurs doivent être très faibles en ce qui concerne les principales récoltes : céréales, fourrages, coton, mais qu'elles peuvent être plus considérables pour les productions secondaires, qui ne tiennent sur un grand nombre d'exploitations qu'une place tout à fait accessoire, en sorte que l'exploitant néglige assez souvent de les déclarer. Dans le cas où les bulletins des recenseurs étaient manifestement défectueux, on s'est, du reste, efforcé d'y remédier par correspondance. Mais
U2 LES ÉTATS-tîNIS AU XX® SIÈCLE
les évaluations les plus sujettes à caution sont certainement celles relatives aux produits des jardins et vergers, aux légumes, aux fruits, et aussi h tous les produits consommés en notable partie sur l'exploitation môme, aux volailles, aux œufs, au lait, au beurre. On a eu aussi des difficultés sérieuses à obtenir des renseignements précis sur les animaux abattus dans les exploitations, et même sur les animaux vendus.
Les erreurs par omission portant sur ces diverses catégories : bétail, basse-cour, laitage, fruits, légumes seraient comprises entre 5 et 10 p. 100, dit le rapport du XIP Census. Nous inclinerions même à croire que cette évaluation est plutôt trop faible. N'y a-t-il pas, d'autre part, quelques erreurs provenant de doubles emplois, par suite de questions mal comprises, voire d'exagérations volontaires d'agriculteurs enclins au humbug et à la gloriole ?
Il est nécessaire, en tout cas, de faire observer qu'il y a de sérieuses différences entre les statistiques du Census et les statistiques ordinaires du Département de l'Agriculture. En voici des exemples : pour la récolte de blé de 1899, le Census donne 52.588.574 acides embla. vés et 658.534.252 bushels ^ produits. Le Statistical Abstract des États-Unis donne, d'après le Département de l'Agriculture, 44.592.516 acres emblavés et 547.303.846 bushels produits ; la différence est énorme : 18 p. 100 pour les emblavements, 20 p. 100 pour le grain récolté. Pour le maïs, on trouve de même au Census, 94.916.911 acres et 2.666.440.279 bushels, et au
i. Nous laissons ici, pour faire ressortir la divergence par les chiffres mêmes des deux publications, les mesures américaines, en rappelant que l'acre vaut 40 ares et le bushel 36 litres. Lia chiffres du Stalistical Abstract sont extraits de la dernière édition (publiée en 1903 et relative à 1902), p. 383 et suiv.
IMPOUTANGE ET RÉPARTITION DES DIVERSES CULTURES li3
Département do l'Agriculture, 82.108.587 acres et 2.078.143.933 bushels : les premières évaluations dépassent ainsi les secondes de 15 p. 100 en ce qui concerne les surfaces, de 28 p. 100 en ce qui concerne la récolte, ce qui est vraiment colossal. Pour le coton les divergences sont moindres : 24.275.101 acres et 9.534.707 halles au Census, 23.403.497 acres et 9.142.838 balles au Département de l'Agriculture soit moins de 4 p. 100 sur les surfaces et à peine plus sur les quantités. On s'accorde, d'ailleurs, en Amérique, à considérer les données des Census comme plus exactes; mais il résulte de là que les statistiques ordinaires pèchent gravement par omission.
Quoi qu'il en soit, les causes d'erreurs étant à peu près partout et toujours les mêmes pour un genre de culture donné, bien qu'elles soient un peu plus fortes, dit le rapport du Census, dans le Sud et l'Ouest que dans le Nord et l'Est, ces statistiques peuvent utilement servir à examiner les variations des diverses récoltes dans le temps et dans l'espace, suivant les années et suivant les régions.
En comparant les valeurs de la production agricole des diverses régions, on obtient le tableau suivant :