PR0I-J5SSI0XS DE LA POPULATION DES ÉTATS-UNIS
Milliers d'individus.
Agriculture 7.7i4 8.566 10.382
Professions libérales 603 944 1.259
Services personnels 3.424 4.221 5. 581
Commerce et transports 1.866 3.326 4.767
Industrie 3.785 5.678 7.086
Total 17.392 22.736 2y.07i
l'io; orlion p. 100.
Agriculture'. 44.3 37.7 35.7
Professions libérales 3.5 4.1 4.3
Services personnels . 19.7 18.6 19.2
Commerce et transports 10.7 14.6 16. 4
Industrie 21.8 25.0 24.4
Total 100.0 100.0 100.0
En Grande-Bretagne et Irlande, au contraire, sur 16.703.000 personnes formant la population active.
1. En déduisanl la valeur des produits mangés par le bétail sur les exploitations où ils ont été obtenus.
DÉVRf-OPI'EMENT DE l'iNDUSTRIK AMÉRICAINE 197
9 millions sont, d'après le recensement de 1901, occupées à l'industrie, 1 .680.000 au commerce, 2.460.000 à l'agricullure. Ainsi, la population industrielle britannique serait, en chiltres absolus, sensiblement plus nombreuse que la population industrielle américaine, bien que la valeur des objets fabriqués par la première ne soit pas beaucoup plus do la moitié des objets fabriqués par la seconde. Sans doute il convient, ici encore, de regarder de près les statistiques, et d'observer que les transports, qui emploient un si grand nombre de gens, sont classés, en Amérique, avec le commerce, tandis qu'ils paraissent, en Angleterre, être compris dans l'industrie. Toutefois, l'effectif du personnel des transports est, assurément, bien moindre dans les Iles Britanniques qu'aux États-Unis (qui ont un réseau ferré sept ou huit fois plus considérable) et, même si l'on défalque ce personnel du chiffre de la population industrielle, celle-ci resterait encore plus nombreuse en Angleterre que dans la grande République du Nouveau-Monde.
Lors même qu'ainsi rectifiés ces chiffres ne seraient pas encore rigoureusement comparables, par suite de divergences secondaires dans la rédaction des bulletins de recensement, il n'en est pas moins vrai qu'ils sont assez près de l'être pour permettre de conclure que le travail d'un ouvrier américain est, en moyenne, plus productif que celui d'un ouvrier anglais et, a fortiori, que celui d'aucun autre ouvrier au monde. Il faut noter, d'après les statistiques du dernier et des précédents Census que nous avons reproduites, que le nombre des femmes et surtout des enfants employés dans l'industrie paraît proportionnellement moindre aux États-Unis qu'ailleurs, situation très heureuse et qui contribue à relever déjà la puissance de production moyenne de
l'ouvrier; mais la diiïérence semble trop grande entre cette puissance de production aux États-Unis et dans les autres pays pour que cette prépondérance des hommes suffise seule à l'expliquer. Il faut aussi, soit que l'ouvrier américain donne un travail plus intense, soit qu'il reçoive des machines un concours plus efficace, soit que l'une et l'autre de ces conditions se trouvent réalisées. Nous reviendrons dans la suite de cet ouvrage sur cette plus grande productivité de la main d'œuvre américaine, de même que sur la grande productivité du capital (laquelle paraît cependant en voie de décroissance aux derniers Census, comme il arrive en général lorsqu'on s'éloigne des origines de l'industrie) : mais il était utile de noter, dès le début, ces facteurs favorables de l'industrie américaine.
Quelles sont, en définitive, les causes de son immense et si rapide essor? C'est ce que se demande le rapport sur le Census et il est intéressant de voir à quoi les Américains attribuent leurs succès industriels. Ils en trouvent cinq causes principales : 1° leurs ressources agricoles ; 2° leurs ressources minérales'; S"* le développement et la perfection des moyens de transport ; 4° la liberté du commerce entre tous les États et Territoires ; S" le fait que leur population est affranchie d'idées héritées du passé et ultra-conservatrices {freedom from inherited and over-consei'vative ideas).
L'influence des deux premiers facteurs, qui sont par excellence les deux facteurs naturels dérivant du sol et du climat, est très considérable. Les États-Unis possèdent des sols variés et aussi presque toutes les variétés de climat, sauf le climat purement tropical (encore que celui de l'Extréme-Sud soit au moins semi-tropical) ; d'où une grande abondance de produits alimentaires et de matières premières animales ou végétales