‹ Les États-Unis au XXe [i.e. vingtième] siècleChapitre 69 sur 94 · s agit de livros-poids de 453 grammes · texte numérisé non relu

s agit de livros-poids de 453 grammes

— est aujourd'hui raffinée par l'électrolyse. Ce raffinage, qui exige des capitaux et une main-d'œuvre considérable, n'est pas compris non plus dans les statistiques de l'industrie électrique, et il en est de même des autres branches de l'électro-métallurgie et de l'électrochimie, qui, aux seules usines du Niagara, emploient une force de 35.000 ,chevaux : de la production électrique de l'aluminium, qui a été en 1900, aux États- Unis, de 3.300 tonnes 1, de celle du carbure de calcium, dont la fabrication au Niagara est montée sur le pied de 12.000 tonnes par an, de celle du carborundum, combinaison de carbone et de silice, propre à remplacer le diamant dans les perforatrices, dont on fabrique 1.700.000 kilogrammes par an, et de beaucoup d'autres produits divers.

Il est bien entendu aussi que ces statistiques de l'industrie électrique proprement dite ne comprennent ni les immenses capitaux, ni la nombreuse main-d'œuvre employée à l'exploitation des télégraphes, des téléphones, de l'éclairage, des tramways, des chemins de fer électriques. Elles s'appliquent exclusivement à la fabrication des machines et appareils électriques : dynamos, transformateurs, commutateurs, tableaux de distribution, moteurs fixes ou ambulants, ventilateurs, ascenseurs, piles, accumulateurs, lampes à arc et à

1. Le Census note le fait très intéressant que voici : « Un fil d'aluminium, susceptible de transmettre le même courant électrique qu'un fil de cuivre donné, a un diamètre supérieur d'un quart, mais pèse moitié moins et, aux prix récents des deux métaux, coûte 10 p. 100 de moins. » Ceci s'applique aux très liauts prix du cuivre voisins de 70 livres sterling la tonne. Aux prix actuels, le cuivre reprend l'avantage; il n'en convient pas moins de noter qu'il existe aujourd'hui un point au-dessus duquel les prix de ce métal ne sauraient monter, sans le faire supplanter par l'aluminium. Or, comme les prix de ce dernier baissent toujours, ce point tend à devenir, lui aussi, de plus en plus ha?»

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incandescence et leurs accessoires, projecteurs, appareils de téléphonie et de télégraphie, phonographes, fils de fer ou de cuivre isolés, conduites souterraines pour les fils électriques, appareils de chauffage, avertisseurs, horloges électriques, instruments de mesure. Que la valeur totale de ces appareils et machines produits aux États-Unis dans la seule année 1900 s'élève à plus de bOO millions de francs, voilà qui dénote une activité de l'industrie électrique et un développement de ses applications beaucoup plus grands qu'en aucun pays européen, même en Allemagne.

De toutes ces machines, les dynamos sont les plus importantes, puisque ce sont elles qui donnent naissance au courant électrique en transformant la force fournie par la vapeur, les chutes d'eau, ou tout autre agent. Durant l'année 1900, il est sorti des usines américaines 10.527 dynamos d'une puissance totale de 770.000 chevaux et d'une valeur de 54 millions de francs. Les données manquent pour comparer cette production, si considérable, avec celle des années antérieures ; mais on peut se faire une idée des progrès accomplis dans l'intervalle des deux derniers Census si l'on observe qu'en 1890 il n'y avait en service, dans l'État de New- York, pour l'éclairage électrique — qui était alors de beaucoup la principale application de l'électricité — que 2.344 dynamos d'une puissance moyenne d'une trentaine de chevaux ; en 1900, il en a été fabriqué, dans ce seul État, 1.220 d'une puissance moyenne de plus de 200 chevaux. Si jeune que soit cette industrie, elle a pourtant déjà sensiblement évolué. L'ancien type de la dynamo à courant continu, forme d'énergie très propre à l'éclairage, mais limitée en ce qui concerne la tension et, par suite, la facilité de transport à distance, cède de plus en plus la place à la dynamo à courant alternatif,

qui, avec le secours de transformateurs élevant et abaissant le voltage, se prête admirablement à la transmission au loin et peut être employée à l'éclairage soit tel quel, soit après transformation en courant continu. Aussi toutes les dynamos puissantes sont-elles à courant alternatif; les nombreuses petites dynamos employées à des installations secondaires continuent d'être à courant continu. En 4900, il a été fabriqué 9.182 de ces dernières, leur force totale était de 428.000 chevaux, soit une moyenne de 47 seulement ; au contraire il n'a été construit que 1.345 alternateurs, mais leur force était ensemble de 342.000 chevaux, ou de 254 en moyenne. Elle tend à s'élever de plus en plus, d'autant que les derniers perfectionnements, l'emploi des courants polyphasés, en augmentent les avantages.

Les grandes dynamos du Niagara sont de 5.000 chevaux et produisent du courant diphasé sous la tension de 2.200 volts; on l'élève à 11.000 ou 22.000 pour le transporter à Bufîalo, où on le fait redescendre à beaucoup plus bas voltage pour les divers usages auxquels il est destiné ; mais les plus récentes machines commandées sont de 10.000 chevaux, les plus fortes, dit le rapport sur le Census, qu'on ait jamais construites. Elles présentent l'avantage de produire directement le courant à la tension de 12.000 volts, ce qui permet de se passer de transformateur pour le transporter et procure une importante économie ; en outre, ces énormes alternateurs ne coûtent que 7 dollars, soit un peu plus de 36 francs, par cheval, alors que la moyenne de ceux qui ont été construits en 1900 revient à 14 dollars.

L'emploi des courants alternatifs et des machines très puissantes, qui permettent de produire l'électricité dans des conditions particulièrement avantageuses, a eu d'importantes conséquences, non seulement au point de

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vue technique, mais encore au point de vue financier, et môme social, peut-on dire. Au début des applications do l'électricité, les Compagnies qui les exploitaient se spécialisaient presque toujours sur un objet particulier. Ainsi, dès 1880, il se fondait aux États-Unis un grand nombre de Sociétés pour l'éclairage par les lampes à arc; peu après, d'autres Sociétés, très nombreuses aussi, pour l'éclairage par les lampes à incandescence vinrent leur faire concurrence. D'dpres luttes s'engagèrent, jusqu'à ce qu'on reconnût qu'il y avait avantage à s'entendre, les mêmes dynamos pouvant produire le courant pour les deux modes d'éclairage et la production en grand diminuant les frais, en même temps que l'entente permettait de maintenir les prix ; un mouvement de fusion en Compagnies plus considérables se produisit alors, c'est-à-dire vers 1890. A cette dernière époque commença de se développer l'industrie des tramways électriques, ainsi que l'emploi de certains moteurs électriques ; mais si ces derniers pouvaient aisément être branchés sur les mêmes circuits que les lampes, les tramways, eux, avaient — et ont encore — besoin d'un voltage beaucoup plus élevé, 550 volts environ. Aussi, Compagnies de tramways et Compagnies d'éclairage, tout en prenant, chacune de leur côté, un très grand essor, restaient indépendantes l'une de l'autre ; la difficulté de transporter le courant à très longue distance favorisait, du reste, l'existence d'assez nombreuses Compagnies distinctes. Les grandes dynamos à courant alternatif ont changé tout cela. Grâce à elles, on peut aujourd'hui produire en grand le courant polyphasé au point le plus convenable dans chaque ville, en une station centrale, et le transmettre de là à très haute tension dans les divers secteurs, où des sous-stations en abaissent le voltage dans la mesure

nécessaire pour les usages auxquels ils est destiné, ou le transforment en courant continu, ou l'emmagasinent en accumulateurs. Une même station centrale peut ainsi desservir, par l'intermédiaire de transformateurs divers et appropriés, des appareils d'éclairage, des moteurs, des tracteurs, et cela quelle que soit la distance. Les frais sont sensiblement moindres que si l'énergie électrique était produite pour chacune de ses applications en des installations séparées. Il s'est tout naturellement, suivi de là une grande tendance à la concentration, sous une seule direction, de toutes les exploitations électriques d'une même ville, lumière, force, transports et autres. C'est leur fusion complète qu'on observe maintenant dans beaucoup de grands centres des États-Unis.

L'un des principaux usages du courant électrique étant de transporter et de distribuer la force produite en grand aux stations centrales soit à des appareils fixes, soit à des tracteurs, la plus importante production des usines électriques américaines, c'est, après les dynamos qui transforment la force en électricité pour la transmettre, les moteurs qui retransforment l'électricité en force pour l'utiliser. La valeur des moteurs électriques fabriqués en 1900 n'est pas moindre de 101 millions de francs. Il existe un grand nombre de catégories de ces moteurs. Les deux principales sont les moteurs fixes, actionnant des machines de toute espèce dans de grands ou de petits ateliers, produits, en 1900, au nombre de 35.000, d'une puissance d'ensemble 515.000 chevaux et d'une valeur de 39 millions de francs ; puis les moteurs pour tramways et chemins de fer électriques, au nombre de 15.000, d'une puissance de 666.000 chevaux et d'une valeur de 39 millions de francs presque exactement aussi. Les moteurs branchés sur les circuits de

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