CHAPITRE I
Ktendue et position géographique des Ëtals-Unis. — Peuples autochthonns.
La république des États-Unis d’Amérique est située entre 24“ 3(y et 49" de latitude nord, et 66“ Sty et 124“ 30' de longitude ouest. Elle est bornée au nord par l’Amérique anglaise, dont elle est séparée par une partie du cours du Saint-Laurent et par les lacs Supérieur, Huron, Érie et Ontario, et la rivière Saint-Clair; à l’est, par l’océan Atlantique; au sud, par la république et le golfe du Mexique; et à l’ouest, par l’océan Pacifique.
Dans sa plus grande longueur, du cap Cod , sur l’o-
céan Atlantique, jusqu’à l’océan Pacifique, près du 42“ de latitude, celte vaste région mesure près de 4185 kilomètres; et, dans sa plus grande largeur, de Madawaska, dans l’Étal du Maine, jusqu’à Keywest, dans l’État de la Floride, environ 2574 kilomètres. En moyenne, sa longueur est de 380 1 kilomètres et sa largeur de 2090 kilomètres.
Sa ligne de frontières, du côté de l’Amérique anglaise, s’étend sur un peu plus de 5314 kilomètres, et, du côté du Me.vique, sur un peu plus de 2342 kilomètres.
La ligne des côtes maritimes, y compris les grandes échancrures du continent, donne un total de 20288 kilomètres, dont 11 039 pour l’Atlantique, 5579 pour le golfe du Mexique et 3070 pour le Pacifique.
La superficie totale des États et teiTiloires est de 7 904 71 1 kilomètres carrés.
La contrée connue actuellement sous le nom d’États- Unis était, lorsque les Européens y abordèrent pour la première fois, exclusivement habitée par la race rouge ou cuivrée, communément ajijielée Indiens Américains. On ne sait rien de positif sur l’origine de ce peuple, (juoiqne ses vagues traditions et sa ressemblance générale avec les tribus du nord-est de l’Asie, rendent assez plausible cette hypothèse que ses ancêtres ont immigré en Amérique parle détroit de Behring ou par les îles Aléouticnnes. On a des raisons pour croire que ces Indiens n’étaient pas les premiers occupants du sol, où, presque partout , et principalement dans la vallée du Mississipi, on rencontre de gigantesques monuments de terre que l’on suppose avoir été construits jiar une race inconnue et depuis longtemps éteinte. Ces Indiens se ressemblaient tellement au physique ; leurs mœurs , leurs usages, leur religion, leurs institutions sociales et politiques étaient tellement identiques, qu’ils ne for-
maient virtuellement qu’un seul peuple; ils se divisaient, cependant, en une multitude de tribus, presque perpétuellement en guerre l’une avec l’autre et parlant une foule de dialectes. Parmi ces tribus nous avons pu en trouver huit offrant des différences radicales : l’Algonquin, riroquois, le Cherokee, le Catawba, l’Uchee, le Natchez, le Mobilien et le Dacotah ou Sioux.
Les .Algonquins habitaient le pays comprenant actuel- , lement la Nouvelle-Angleterre, une partie de l’État de New-York, la Pennsylvanie, le New-Jersey, le Delaware, le Maryland, la Virginie, la Caroline du Nord jusqu’au cap Fear, une grande portion du Kentucky et du Tennessee et la majeure partie de l’Ohio, de l’indiana, de l’Illinois, du Michigan, du Wisconsin et du Minnesota. I^’urs plus importantes tribus étaient les Knistenaux, les Ottawas, les Chippewas, les Sacs et Henards, les Menomonees, les Miamies, les Piankeshaws, les Potawatomies, les Kickapoos, les Illinois, les Shawnees, les Powhatans, les Corces, les Nanticokes, les I.enui-Lenapes ou Uelawares, les Mohicans, les Narragansets, les Pequots et les Abenakis.
Les Iroquois occupaient presque toute cette portion du Canada située au sud de l’Ottawa, entre les lacs Ontario, Érie et Huron, la presque totalité de l’État de New-York et les parties de la Pennsylvanie et de l’Ohio bordant la rive méridionale du lac Érie. Ils étaient complètement enveloppés par les territoires des Algonquins, leurs ennemis. Leurs tribus principales, les Senecas, les Cayugas, les Onondagas, les Oneidas, et les Mohawks, formaient une confédération connue par les Anglais sous le nom des Cinq-Nations et, après l’admission de la tribu des Tuscaroras, en 1722, sous celui des Six-Nations. Les Anglais, toutefois, les nommaient collectivement, Mohawks ou Mingos; ce dernier nom leur était donné par les .Algonquins. Le nom générique d’iroquois
leur fut appliqué par les Français. Ils se donnaient à eux-mêmes celui de Konaskionis, ou constructeurs de cabanes.
I..es Catawbas habitaient les bords des rivières Yadkin et Catacoba, le long de la frontière actuelle des deux Carolines.
Le territoire des Cherokees s’étendait depuis la Broad- River (Rivière-Large), dans les Carolines, à l’est, jusqu’à la rivière Alabama, à l’ouest, en y comprenant toute la . Haute-Géorgie.
Au-dessous des Cherokees, sur la Savannah, l’Oconee, et vers les sources du grand Ogeechee et du Chattahoochee, étaient établis les Uchees, qui parlaient un idiome particulier d’une grande dureté , et qui semblaient les restes déchus d’une nation jadis puissante.
La partie de l’État de la Géorgie qui n’était pas possédée par les Cherokees, une portion des États de la Caroline du Sud, du Tennessee et du Kentucky, et la totalité des États de la Floride, de l’Alabama et du Mississipi, étaient occupés par un grand nombre de tribus connues, dans l’histoire des États-Unis, sous le nom de nation Mobilienne. Leur territoire, qui ne le cédait, pour l’étendue, qu’à celui des Algonquins, se trouvait sur les rives du golfe du Mexique, depuis l’Atlantique jusqu’au Mississipi. Ils se divisaient en trois grandes confédérations de tribus, les Muscogees ou Creeks, les Choctaws et les Chicasaws. Parmi les sous-tribus les plus importantes, il convient de citer celles des Seminoles et des Yemassees, appartenant toutes deux à la confédération Creek.
Un territoire de faible dimension situé à l’est du Mississipi, sur les bords de la rivière la Perle (Pearl-River), appartenait aux Natchez qui, quoique entourés par les tribus mobiliennes, constituaient un peuple distinct, parlant une langue spéciale et adorant le soleil.
.\u delà du Mississipi erraient les nombi’euses tribus
des Dacotahs ou Sioux, qui occupaient la région bornée par l’Arkansas, au sud, le lac Winnipeg, au nord, et les montagnes Rocheuses , à l’ouest. Leurs divisions principales étaient ; les Winnibagoes, entre le lac Michigan et le Mississipi ; les Assiniboins , à l’extrême nord; les Minatarees, les Mandans et les Corbeaux, à l’ouest des Assiniboins ; et les Sioux méridionaux, entre l’Arkansas et la Rivière-Platte.
Plus loin encore que la nation Dacotah, dans les grandes plaines, dans les montagnes Rocheuses, et sur les versants du Pacifique, vivaient les puissantes tribus des l’awnees, des Comanches, des Apaches, des Utahs, des Pieds-Noirs, des Serpents, des Nez-Percés, des Têtes- Plates et des Indiens Californiens.
Tant qu’elle fut en la possession des aborigènes, la région s’étendant du Mississipi à l’Atlantique, et des lacs au golfe du .Mexique, n’était, sauf quelques rares exceptions, qu’une vaste forêt, un immense terrain de chasse; les naturels trouvaient, dans les fauves qui les peuplaient, la base fondamentide de leur nourriture et les peaux dont ils se vêtaient principalement.