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avant le 1" janvier 1900> les propriétaires devant être indemnisés au moyen d’obligations nationales
Le H décembre , l’armée du général Burnside traversa le Rappabannock, à Frédéricksburg. Grâce au délai que mit l’équipage de pont à arriver au bord du fleuve, ce qui occasionna un retard d’un mois, l’ennemi eut tout le temps de fortifier ses positions et de les rendre, pour ainsi dire, imprenables, avant que l’attaque en fût devenue possible. Après une lutte qui se prolongea pendant toute la journée du samedi 13 décembre, avec un adversaire qui restait à l’abri de ses retranchements, le général fédéral jugea que le succès, fût-il même possible, coûterait trop de sang, et, dans la nuit du I A, il repassa sur l’autre rive sans être iiujniété.
Dans son rapport, daté de quatre jours après sa retraite, le général Burnside dit ;
« Des rapports prochains démontreront combien nous fûmes prêts de la réussite. Sans le brouillard, sans un retard inattendu et inévitable dans la construction des ponts, ce qui donna à l’ennemi un nouveau délai de vingt-quatre heures dont il proflta pour concentrer ses forces dans une position déjà si formidable, nous eussions certainement remporté une victoire complète.
« Dans l’impossibilité d’accomplir l’objet immédiat de notre expédition, nous restâmes deux jours en ordre do bataille; — assez longtemps pour nous assurer que l’ennemi ne se déciderait pas à sortir de ses retranchements pour nous opposer son infanterie ; — après quoi nous passâmes sur l’autre rive sans être inquiétés et sans perdre ni hommes ni bagages.
« Nos morts s’élèvent à 1152; nos blessés à envi- 1. Voir ces articles au chapitre Etclavage, livre VJ, chapitre ni.
ron 9000; nos prisonniers, au nombre d’à peu près 700, ont été échangés, depuis, sur parole contre un nombre égal de confédérés tombés entre nos mains.
« Les chirurgiens ont constaté une plus grande quantité de blessures Itères que d’ordinaire; 1632 seulement de nos blessés étant soignés dans les hôpitaux. »
Le 14 décembre 1862, le général Banks est arrivé à la Nouvelle-Orléans avec une flotte considérable et un corps expéditionnaire très-nombreux. Le 16, il releva le général Butler dans le commandement du département du Golfe, et le même jour, il adressa au peuple la proclamation suivante dans laquelle il définit l’objet de sa mission , et la politique qu’il était dans l’intention d’appliquer :
■1 Nouvelle-Orléans, 16 décembre 1862.
« Conformément aux ordres du Président, j’ai pris le commandement du département du Golfe, auquel est réuni, par un ordre spécial, l’État du Texas.
O Le devoir dont je suis chargé est d’aider à la restauration du gouvernement des États-Unis. C'est mon désir d’assurer aux habitants de toutes les classes les privilèges de possession et de jouissance qui sont compatibles avec la siireté publique ou ce qu’il est possible à un gouvernement bienfaisant et juste de conférer.
« En exécution de la haute mission qui m’a été confiée, je compte sur la coopération et les conseils de tous les habitants bien disposés et loyaux, et sur l’intérêt manifeste de ceux pour qui la paix est un besoin, aussi bien que sur l’assistance des fojces de terre et de mer.
« J’ai reçu pour instruction de traiter comme ennemis ceux qui sont ennemis, mais je serai charmé de regarder comme amis ceux qui sont amis. Aucune restriction ne sera mise à la liberté individuelle, à moins
LES ÉTATS-UNIS D’AMÉRlyUE.
que cela ne soit nécessaii'e à la sûreté publique ; mais si les réclamations des individus doivent être libéralement prises en considération, il faut qu’ils sachent aussi que tous les droits du gouvernement seront inflexiblement reconnus.
« Une attention respectueuse et une prompte réparation seront accordées à tous les habitants qui seront lésés dans leurs biens ou dans leurs personnes par les troupes qui sont sous mon commandement.
« Le gouvernement ne profite pas de la prolongation de la guerre civile ou des souffrances publiques et privées qu’elle cause. Ses fruits ne sont pas également distribués. Dans les États déloyaux , la désolation règne sur terre et sur mer. Au Nord, la gueri-e est une douleur permanente, mais ce n’est pas encore une calamité. Ses villes et ses bourgs augmentent eu population , en richesse et eu puissance. Les réfugiés du Sud seuls font en grande partie compensation pour les pertes terribles des champs de bataille.
(( Les habitants de ce département qui sont disposés à jouer leur fortune et leur vie sur la résistance au gouvernement peuvent sagement réfléchir aux immuables conditions qui les entourent. La vallée du Mississipi est le point d’élite de la population, de la production et de la puissance sur ce continent. Dans peu d’années, 25 millions d’hommes, sans supérieurs en ressources matérielles et en puissance pour la guerre, habiteront les rives de ses fertiles cours d’eau. Ceux qui prétendent imposer des conditions à leur sortie vers le Golfe comptent sur un pouvoir qui n’est pas donné à l’homme. Le pays arrosé par les eaux de l’Ohio, du Missouri et du Mississipi ne peut jamais être divisé d’uue manière p«îrinanente. Si une génération abandonne lâchement ses droits, d’immortels honneurs seront réservés pour les autres qui les revendiqueront.
« Qu’il ne soit jamais dit que l’Est et l’Ouest puissent être séparés. Trente jours de distance des marchés d’Europe peuvent satisfaire les besoins de la Louisiane et de l’Arkansas, mais non répondre à ceux de l’Illinois et de l’Ohio. La vallée du Mississipi aura ses deltas sur l’Atlantique. La force matérielle de l’Ouest débouchera sur ses rivages avec une puissance aussi irrésistible que les torrents de ses gigantesque cours d’eau. Ce pays ne peut être divisé d’une manière permanente. Des guerres sans fln peuvejit épuiser son sang et ses trésors; des despotes domestiques ou des ennemis étrangers peuvent s’emparer du sceptre de son pouvoir, mais sa destinée restera immuable. Elle sera encore unie. Dieu l’a voulu ainsi. quoi sert, dès lors, la destruction du meilleur gouvernement dont l’homme ait jamais joui, la Constitution des Etats-Unis, qui contient en elle-même les principes de toute amélioration et de tout progrès ?
« Peuple de l’Ouest, pourquoi ne pas accq>ter les conditions imposées par .les impérieuses nécessités de la configuration géographique et de la suprématie commerciale, et rétablir votre ancienne prospérité et réputation? Pourquoi ne pas devenir les fondateurs d’États qui, comme entrepôts et dépôts de vos propres vallées centrale et supérieure , peuvent, par l’affluence de leurs lessources, se regarder comme étant sans supérieurs, et, dans les privilèges du peuple, sans pairs parmi les nations de la terre ?
« N. P. Banks,
• Major général, commandant. *
Le jour (|ui suivit sou accession au commandement, le général Banks envoya six navires de guerre et une flottille de tra,nspnrts pour occuper la capitale de la Louisiane, Bâton-Rouge, qui fut abandonnée sans coup férir par les confédérés.
Depuis vingt ans et plus, le gouvernement fédéral avait toujours refusé de reconnaître comme citoyen des États-Unis les individus d’origine africaine, et, par suite, de leur délivrer des passe-ports, licences, etc., accordés seulement aux citoyens. En réponse à la question qui lui fut faite par le ministre de la marine, à savoir : si un homme de couleur est apte à commander un navire américain , Vattorney général formula son opinion dans une note soigneusement motivée et qui concluait pour l’afTirmative. Cette note se termine ainsi :
« Et maintenant, sur l’ensemble du sujet, je déclare que, dans mon opinion, l’homme de couleur mentionné dans votre lettre, s’il est né aux États-Unis, est citoyen des États-Unis et que, par suite, il est parfaitement apte, en vertu des actes du Congrès, à devenir patron d’un bâtiment engagé dans le cabotage. »
Le 23 décembre, le président des États confédérés lança une proclamation dan^ laquelle il stigmatise la proclamation d’émancipation du président Lincoln ainsi que quelques actes officiels du général Butler, qu’il dénonce comme un traître digne de la punition capitale. Cette proclamation conclut, à ce sujet, par les ordres suivants :
« J’ordonne que le général Butler ne soit plus considéré ni traité comme un simple ennemi public des Etats confédérés d’Amérique; mais comme étant hors la loi, ainsi qu’un ennemi de l’humanité tout entière, et que, s’il est pris, l’officier commandant entre les mains duquel il sera tombé, le fasse immédiatement exécuter par la corde;
« Qu’aucun officier commissionné des États-Unis, fait prisonnier, ne soit relâché sur parole, avant échange, jusqu’à ce que ledit Butler ait reçu la juste punition de ses crimes;
« Que tous les oificiers commissionnés de l'armée dudit Benjamin F. Butler ne soient plus considérés comme des soldats engagés dans une guerre honorable, mais comme des voleurs et des criminels méritant la mort; et que, lorsqu’un d’eux sera fait prisonnier, il soit immédiatement exécuté;
«Que les simples soldats et sous-oBiciers de l’armée dudit Butler soient regardés comme de simples instruments employés à la perpétration de crimes commandés par lui, et non comme des agents indépendants; qu’en conséquence, s’ils tombent entre nos mains, ils soient traités comme des prisonniers de guerre, avec bienveillance et humanité, et renvoyés dans leurs foyers, après avoir donné leur parole de ne servir, en aucune façon cl en quelque qualité que ce soit, les États-Unis, pendant toute la durée de la guerre, à moins qu’ils n’aient été régulièrement échangés;
« Que tous les nègres pris en armes soient immédiatement délivrés au pouvoir exécutif des États auxquels ils appartiennent, pour être traités conformément aux prescriptions des lois desdits États;
a Que les présentes dispositions soient appliquées à tous les ofliciers commissionnés des États-Unis qui seront trouvés servant en compagnie desdits esclaves en insurrection contre les autorités des différents États de la Confédération. »
Dans son dernier rapport annuel , le ministre de la guerre établit comme suit les opérations militaii’es de l’année 18G2 :
« L’examen de l’ensemble du champ des opérations militaires rend évident que, malgré les désastres éprouvés par nos armes sur quelques points particuliers, une avance considérable a été effectuée depuis le commencement des hostilités. Au début de la guerre, l’ennemi était en possession de Norfolk et de tous les ports de la côte
Di.
méridionale. Il tenait le Mississipi depuis Cairo jusqu'à la Nouvelle-Orléans. Maintenant il ne possède sur la côte que les seuls ports bloqués, d’ailleurs, de Charleston et de Mobile; la Nouvelle-Orléans et Mempbis lui ont été arrachés. Il possède encore Vicksbur" et entrave ainsi la navigation du Mississipi; mais cette place n’est pour lui d’aucune utilité commerciale. Ses forts, sur le Tennessee elle Cumberland, ont été capturés. Le général Andrew Johnson occupe Nasbville, en qualité de gouverneur militaire de Tennessee. L’ennemi aété chassé du Kentucky, du Tennessee oriental, du Missouri, d’une partie de l’Arkansas; il recule devant Grant, dans le Mississipi, et s’est vu enlever toutespoirde s’établir dans le Maryland. Aux points de vue commercial, politique et stratégique, la cause de l’Union a obtenu plus de succès qu’il n’était permis d’en attendre sur un si vaste théâtre, dans un espace de temps aussi court et contre un ennemi si redoutable. »
Le 1" janvier 1863, en conGrmation de sa proclamation du 22 septembre, le président Lincoln lança une nouvelle proclamation, déclarant libres, dès à présent et à jamais, tous les esclaves, dans les États d’Arkansas, Alabama, Géorgie, Floride, Caroline du Sud, Caroline du Nord, Texas, et dans partie des États de Louisiane et de Virginie; lesdits États et fractions d’États se trouvant encore en état de rébellion contre les États des États- Unis.
I.e président ordonne aux esclaves de s’abstenir de tout acte de violence, sauf dans le cas de défense personnelle, et leur recommande instamment d’accomplir, moyennant un salaire raisonnable, le travail qui leur sera demandé. 11 déclare que tout esclave reconnu propre au service sera admis, soit dans l’armée des États-Unis et enrôlé dans les garnisons des forts et autres places, soit dans la marine. Il termine en appelant
l’approbation des nations et la bénédiction de la Providence sur un acte qu’il croit de toute justice et qu’autorisent à la fois la Constitution et les nécessités militaires
Le nombre des esclaves, dans les États ou fractions d’États auxquels s’applique cette proclamation, s’élevait, en 1800, à 3 245 391, tandis que, dans les États qui restent en dehors de ces stipulations, le nombre des esclaves ne dépasse pas 705 1 10.
1. Voir la proclamation du livre VI, chapitre iij, Esclavage.