‹ Les États-Unis d'Amérique en 1863Chapitre 38 sur 118 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Cii'ologie.

l.es roclies les plus nncienncs et sans aucun doute, les conciles de l’écorce terrestre les plus vieilles que l’on connaisse, sont celles que les géoloprues du Canada désignent sous le nom de série üiiirentienne. Elles consistent en gneiss plus ou moins granitique, quartz, pierres calcaires dolomites, conglomérats, et en grandes masses de minerai de fer. Les conclies sont largement développées sur une grande portion du Canada où elles atteignent une épaisseur (le 12 160 mèti’cs, (>t se présentent aussi, aux États-Unis, dans la portion septentrionale de l’État de New- York occupée par les monts Adirondac. Os formations cristallines différent de celles attribuées à une époque plus récente et constituant les montagnes Vertes, les montagnes Blanches et la plus grande partie des États de la Nouvelle-Angleterre, par l’absence de schistes argilacés, talciques et chloriques, et par d’autres caractères minéralogiques.

La couche immédiatement supérieure, connue sous le nom de Iluronne, se rencontre dans le Canada, au nord des lacs Iluron et Supérieur, en grands lits de quartz, conglomérats, calcaires, roches schisteuses particulières

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el dioriles. et s’étend sur de vastes régions, quelquefois avec une épaisseur de 3 040 mètres. Sur la rive méridionale du lac Supérieur, à Marquette et dans les localités voisines, cette formation contient des lits énormes de minerai de fer. On regarde cette série comme l’équivalent des grès et conglomérats cambriens décrits par ■Murcliison.

Quoique les séries laurentienne et huronne soient classées dans la catégorie des roches azotiques, de nombreux indices semblent prouver qu’elles étaient originairement des dépôts sédimentaires, abondant, comme ceux d’une date plus récente, en corps organiques appartenant aux règnes végétale! animal, dont les formes ont été détruites lors de la métamorphose subie par les roches.

Les plus anciennes roches fossilifères (appartenant à la zone primordiale de Barrande, et admises par quel- (jues géologues comme constituant un groupe inférieur aux dernières roches siluriennes, groupe nommé par le ly E. Emmons, dès 1844, le « Système Taconique » ), caractérisées par le paradoxides Ilarlani et d’autres anciennes espèces de trilobites, se rencontrent, dans les schistes argilacés, à Braintree (Massachvsells), dans la jKtrtion centrale de la Caroline du Nord , et, peut-être, dans quelques ardoises de Georgia (Vermonl), quoique les géologues du Canada regardent ces dernières comme l’équivalent du « groupe de Quebec, » lequel , suivant eux, est contemporain des formations calcaires du groupe inférieur silurien de l’État de New-York. On soutient également que quelques grès de l’iowa et du Minnesota, attribués au silurien inférieur, doivent, en raison de leurs fossiles, être classés dans le même svslème.

I^s couches cristallines et schisteuses de la Nouvelle- .\ngleterre, s’étendant, au sud-ouest, dans les hautes

terres du New-York et du New-Jersey, et, de là, par la chaîne Appalachienne, jusqu’à l’Alahama, ont été diversement classées par les géologues. Elles consistent en gneiss feldspalhiques, quartz, schistes argilacés, micacés, tulciques, et chloriques, etc. Quelques géologues regardent ces couches comme formant la base du système Appalachien; d’autres, au contraire, comme une modification des grès, ardoises, calcaires, etc., de la série silurienne inférieure. Avec les roches primitives de ce groupe et celles qui le suivent immédiatement, y compris les carbonifères, ces couches constituent la totalité du systémie. A partir de sa limite occidentale, on ne trouve aucune roche cristalline jusqu’aux, montagnes Rocheuses , excepté dans les monts Ozark, dans le Missouri méridional, dans quelques localités du Wisconsin, et dans la partie septentrionale de la Péninsule du Michigan. Ia’s calcaires siluriens, afileurant le sol à Cincinnati ( Ohio), Frankfurt {Kentucky) et Nasliville ( Tennessee), se présentent accompagnés des couches siluriennes supérieures de la grande zone de charbon de la Pennsylvanie occidentale, de l’Oliio oriental, de la Virginie et du Kentucky oriental. Au nord, une troisième zone carbonifère se trouve au centre de la portion inférieure de la Péninsule du Michigan; et au nord-ouest, une quatrième zone de charbon d’une grande étendue occupe presque tout l’lowa et le .Missouri septentrional, et une grande partie du Kansas. I.a série carbonifère, partout où on la rencontre, est de la dernière formation , sauf dans rillinois, l’iowa et le Kansas, où l’on a reconnu la couche jujrmicnne. Les grandes plaines qui s’étendent du Missouri aux montagnes Uoebeuses, par les vallé'es de r.\rkansas, de la Rivière-Rouge, etc., sont presque exclusivement occupées par des roches crétacées , recouvertes quelquefois par des roches de l’époque tertiaire.

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Ces groujMis sont une extension de ceux qui forment tout le pays bordant le golfe du Mexique et s’étendant, à l’intérieur, jusque vers l’extrémité méridionale des monts Appaluchieus. Floride, la Louisiane et les côtes, depuis le Texas Jusqu’au vignoble de Marthe (Martha’s vineyard) sont composées de roches tertiaires, le cercle se rétrécissant graduellemeut jusqu’au nord-est. Les couches les plus récentes de cette classe se rencontrent généralement près des côtes ; les plus anciennes alïleurenl les terres intérieures. Nulle part on n’y trouve des roches volcani(jues d’une date plus rapprochée et leur élévation est évidemment le résultat d’un lent mouvement du continent.

La formation crétacée traverse le New-Jersey et le Delà ware septentrional, depuis la baie de New-York jusqu’à la tète de la baie de Cliesapeake; elle se rencontre sur (pielques points, au sud-est de la Virginie, à Wilmington Caroline du Nord), dans la Caroline du Sud centrale et la Géorgie; de là, elle s’étend, d’une façon continue et sur une grande largeur, dans l’Alabama central, s’infléchissant jusque dans le Mississipi septentrional et le Tennessee occidental. Elle repose généralement sur la couche méUimorphirjue des monts Appalachiens; et son ascension vers le plan supérieur de ces roches , dans le sud de l’État de New-York, est communément marquée par l’inclinaison prononcée du lit des rivières déterminant la tète de navigation.

La formation jurassique inférieure est représentée par une couche étroite de grès rouge, dans la basse vallée du Connecticut, se piolongeant jusqu’en Virginie, à travers le New-Jersey et la Pennsylvanie. Les lits de charbon du sud-est de la Virginie et de la Caroline du Nord soûl classés dans ce groupe, en outre de la grande couche côtière de formation tertiaire indiquée ci-dessus. Le idiocène le plus récent se trouve dans diverses localités

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du Maine méridional el sur les rives du lac Champlain.

La formation fragmentaire couvit toute la partie septentrionale des États-Unis, ses limites méridionales atteignent quelquefois le 40“ de latitude nord. Les déchirures diluviennes les plus méridionales se trouvent dans le défdé t gap) du mont Peter, au-dessus de Harrisbnrg, près de la Susqnehanna, sous le 40“ 30' de latitude.

Ixs dépôts d’alluvion sont relativement de peu d’étendue, se trouvant presque limités aux bords des rivières et des lacs. A rembouchure seule du Mississipi, ils se développent en un delta d’une large surface. Au delà de la vallée du Mississipi, les groupes métamorphi(jues des monts Appalacbiens se letrouvent dans les montagnes Rocheuses, mais en plus grande quantité; on y renconti-e toutefois de larges lits de couches crétacées et de déjiôts tertiaires récents. Cette formation constitue les vastes et arides plaines et les ramjies qui descendent jusqu’au Pacifique.

Dans les régions alpestres on rencontie tontes les formations, depuis le groupe cristallin inférieur jusqu’au charbon, souvent traversées jiar de grands lits de trapps et de roches éruptives, dont quelques-uns se rattachent à des volcans récemment éteints ou encore en aittivité. Sur la l ivière Colorado, à l’ouest, se trouve une intéressante région volcanique décrite par le lieutenant Joseph C. Ives , dans son rapport sur des explorations faites, par ordre du gouvernement des État.s-Unis, en 1 857 et 1858.

Au delà de la Sierra-Nevada et des monts Cascades, le sol, jusqu’au Pacifique, est composé de couches tertiaires, tellement remuées et soulevées par les mouvements de l’écorce terrestre et les éruptions volcaniques, qu’elles présentent une surface excessivement tourmentée et une structure très-hétérogène.

Dans la division de rAliunli(|ue, les métaux suivent généralemenl la chaîne des monts Appalachiens ; et à l’exception des mines de cuivre du lac Supérieur, des mines de plomb de l’Ouest et de (juelques mines de 1er dans la même région, on ne trouve de zones métallii’ères d’une certaine importance que dans les roches crisUdlines se rattachant à ces montagnes, lien est ainsi des lits mélallifères du Nouveau-Mexique, qui accompagnent les mêmes roches dans les montagnes Rocheuses ; et des lits métallifères de la Cidifornie, par rapport à la Sierra- Nevada; c'est rintroduction des couches cristallines de cette chaîne dans les couches tertiaires qui a fourni à ces dernières les métaux précieux qu’elles contiennent, et, {)ar suite , en a occasionné l’exploitation sur une si . vaste échelle.

CHAriTRE III.

Bolaoique.

Les Imlaiiisles, pour leur convenance, rangent les arbres cl arbrisseaux des États-Unis en diverses provinces, chacune marquée par un caractère distinct et des limites déterminées.

Deux de ces provinces entrent à l’ouest , ilans le Canada; deux autres passent par-dessus les IVontières des États-Unis, dans le Mexique, au sud-ouest; mais ces régions font, presque intégralement, partie du territoire des États-Unis.

1 . La province des Acacias s’étend le long du bassin des grands lacs et du Saint-Laurent ; elle est limitée, au nord, par les forêts, à l’est, pai' les cotes du l.abrador; à partir du 4d“ de latitude nord, elle s’infléchit graduellement, à l’ouest, vers les Alleglianys, où elle remonte vers le 60°, aux montagnes Uoclieiises.

Parmi les essences caracléristi(jues de cette région on lemanjue: le ie/u/a ou boukau, dont il existe cinq variétés : B. papyracca^ B. arceUa, It. niyra, B. lenla et B. populifolia, connus vulgairement sous les noms de bouleaux jaune, noir, doux, blanc-vieux des champs, etc.;

LES ÉTATS-UNIS U’AMÉRIgUE.

deux variétés dM/nus ou aune, i. i«c«na et À. viridis, ou aunes moucheté et vert; une seule espèce de saule, le Saliw lucida; quatre espèces de peupliers, Populus tremaloides^ P. balsamifora, P. grandidentata; et quatre espèces de sapins, Abies alba, d. nigra,À. balsamea, et d. Canadensis. Les pins, congénères de ces derniers, sont seulement au nombre de trois espèces, Pinus bantiana,

P. resinosa^ et P. Slrobus. Il y a deux espèces de cèdres le Juniperus communis et le J. Virginiana, connues sous le nom de genièvre du Nord et de cèdre rouge.

Les seuls arbres toujours verts sont le Thuya occidentalis, ou arbre de vie Canadien, le Tuaus Canadtetisis et le Lariw Americana.

On y trouve encore trois espèces de cerisiers, le Cerasus rjr/jufn'ana , le C. Serolinaet le C. Pennsylvanica, et leur congénère le l^runus Americanus, prunier sauvage du Nord ; quatre esp«‘ccs d’éi ables, Acer sacchannum, 1. r«brum, A. Pennsylvanicum , A. spicatum; trois espèces de l'rênes, Fruxiniis Americamiy F. Sumbucifolia et le /'yru« Americana, Irène alpestre américain; deux espèces d’ormes, Hmus Americana et F. racemosa, saule pleureur et saule subéreux ; (juatre esjièces de chênes, Quercusrubra,

Q. obtusiloba, Q. alba et Q. Macrocarpa. On rencontre quelquefois des forêts entières de tilleuls {Tilia Americana) et de hêtres rouges (Fagtis ferruyinea) ; le charme

Oslrya Virginica) est moins abondant, mais se trouve parfois mêlé à d'autres essences. Quant aux arbrisseaux de cette région, les principaux sont le sureau (Segundo aceroides) le sumac (Rhus glabra) et le sorbier (Amelanchter Canadiensts) .

2. La région Appalachieune comprend tous les Étals de rAtIanti(|ue à l’ouest du 4d" de latitude, et se prolonge, à l’est, jusqu’à la limite des prairies; par conséquent, elle comprend les deux versants des Alleghanys et les basses terres situées entre ces montagnes et

les cotes, ainsi (|ue les monts d’Ozark et du Tennessee. On décompose celte ivgion en six subdivisions dont les noms indiquent suflisumment la situation, à savoir : régions de rAlleglmny, de TOliio, du Tennessee, de la Caroline, du Mississipi et de la Floride.

Les essences de la région de l’Alleghany appartiennent, dans une grande limite, aux lamilles de la grande région précédente, quoique souvent de variétés dilTérentes. Les arbres verts y sont rares, on n’en compte que quatre espèces, trois de pins, Ptnus rif/ida, V. pinfjuts et P. inops, et un sapin, \bies Fraseri. Les arbres caractéristiques de celte r^ion sont le cbêne (4 espèces), le cbâtaignier 2 espèces), le hêtre (3 esjæces), cl le noyer (2 espèces) ; on y trouve encore deux espèces de frênes, Fraxinus pubesems et F. virtdisf une espèce de chacune des essences suivantes : campêche (Cornus allerni folia], saule {Salix nigrai), Kalmia lait folia, rhododendron maximum, platane {platanus occident alis). érable (acer Saccharinum var. nigrum), sassafras (S. offîcinalis), faux acacia (Robinia viscosa), pommier sauvage (pyrus angustifolia) et Chionantus Virginianus. Parmi les arbrisseaux, deux espèces de sumacs, le S. velours et le S. vénéneux (Rhus Ujphina et R. venenata \ sont les principaux de la région, dans laquelle se rencontrent aussi trois espèces et de nombreuses variétés de vignes, communes à la région de l’Alleghany, à celle de TOhio et l’une d’elles à la région du Tennessee, Vilis labrusca, V. æslivalis et F. cordi folia.

La région de l’Ohio ne possède que peu d’essences caractéristiques; les principales sont le ménianthe de l’Ohio (yEsculus glabra), le sorbier rouge (Cercis Canadiensis), le chêne écarlate et le chêne de marais [Quercus Coccinea et Q. palustris), trois aubépines Crategas Crus-Galli, C. Coccinea et C. tomerUosa), un érable doux (acer dasycarpum) , la chicorée septentrionale (Cellis occi-

(lenlalis), le mûrier rouge Morus rubra), et le frêne à aiguillons du Nord ( Xanthoœylnm americanum) .

A la région du Tennessee appartiennent le pawpaw Asimina trilnba), l’arbre con(!onibre [Magnolia acuminala ., les magnolias à grandes feuilles et autres magnolias (M. macrophylla, M. mnbrella, M. Fraseri), la chieorée amère { Carya amara), la chicorée à écorce écailleuse {C. sulcata), le carnuge vulgaire {Robinia psewlocacia), le méniantbe comestible (æsculus macrostachya\ le bois jaune [Cladaslris linctoria}, deux espèces iVIlalesia ou arbre-cloche, II. diptera et U. tetraptera, l’oranger osage (Madura auranliaca^, l’orme <à feuilles épaisses {Vlmus crassifoUa], l’arbre fumée {Rhus Coltnoides), le carouge miel {Gledilsdna triacantlws), une espèce d’aubépine (6’ra/a?ÿu.« fon/a/a ; , le hêtre méridional {fagus Sylvestris), le pédiculaire des bois ’Oxydeudrum arboreum), le pin Jaune {Pinus mitis ., et le laurier chêne (Quercus imbricaria).

La région de la côte de la Caroline, cpii s’étend réellement du Maine à la Géorgie, a pour essences caractéristiques cinq ou six variétés de cornouillers (Cornus)^ au moins quatre variétés de magnolias, dont l’une, le M. grandiflora, est un des plus beaux arbres à fleurs de l’Amérique du Nord, le cyprès [fAipressus' et le genre voisin taxodium, le palmier nain (Charmrnps palmelto), deux ou trois variétés de pins, dont l’une a une grande importance commerciale, le sujierbe liriodendron tnlipifera, connu sous les noms de bois blanc, tulipier, peuplier américain, etc., huit ou neuf variétés de chênes, dont le plus remarquable est le chêne espagnol (Quercus falcata), auquel son parasite, la mousse espagnole, donne une si funèbre apparence ; le chêne jacquier noir (Q. nigra), dont les racines largement développées forment un réseau qui intercepte de la façon la plus iucoinmode les voies de communication, et le chêne vert

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{Q. virens), qui fournit le meilleur bois du monde pour les constructions navales. 11 s’y trouve aussi plusieurs variétés de Bumrlias, et au moins deux variétés de Nyssas ou gommiers, le N. mulli/hra i'gommier acide) et le N. uniflora. Le cotonnier (populus angulala)^ quoique appartenant à la région du Mississipi, est assez commun dans les basses terres des États du Sud-Atlantique. Parmi quelques variétés de lauriers [Gordonia), l’une est commune à cetU; région et à celle du Mississipi. Une seule variété d’un genre voisin du bambou, le roseau géant (.Irundjnarm macrosperma) , se voit aussi loin que le 3S“ 3(y de latitude nord; laiiersicaire {diospijros Vtr- (jiniana) et un seul représentant du genre châtaignier, le chinquapin [Castanea pumila], appartiennent aussi à cette région.

La végétation forestière caractéristique de la région du Mississipi consiste plutôt en grandes forêts d’essences particulières qu’en un nombre considérable de variétés. Ije cotonnier abonde le long des cours d’eau; le cyprès (Taxodium) se trouve près des bayous et des marais; dans les terrains bas se rencontrent également le Magnolia grandifîora, quelques variétés de chênes des marais (Q. prinus et Q. aquatica), de chicorées (Carga microcarpa) et de frênes (traxtnus platycarpa^. Les essences les plus remarquables des forêts sont le catalpa (C. Bignonioides), le platane (Planera aqualica), le prunier chickasaw (Prunus Chickasa), et l’arbre sarrasin (Cliflonia ligustrina]. On y trouve abondamment le limonier, le citronnier, l’oranger et le figuier, importés des Indes occiilentales. Parmi les plantes grimpantes, la vigne Catawbaest originaire de cette région.

Dans la région de la Floride, les principales essences forestières sont le chêne vert (Q. virons), trois variétés d’Eugenias, E. lalifolia, E, procera et E. huwifolia; le cèdre puant (Torre.ya taxi folia), deux espèces de figuiers

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'Firux bri^vifoîia et F. aurea), le bois amer (Simaruba ^laura)^ dont l’écorce sert aux usages incdieinaux; deux esjx’ces de pruniers sauvages, le Coccoloba uvifera et le C. Floridaiia, le prunier cacao (Chrysobalamts iVaco), le vrai pawpaw (Papaija vulgaris), le pommier-crème à feuilles de laurier (A/ioita laurifoli'a)^ l’acacia à larges gousses f Icncf'a lalcsiliriua)^ le goyavier à feuilles de buis (Psidhim buxifoUum), le pommier de sept ans (Crescentia), le Laguncalaria et le RInzophora, désignés tous deux sous le nom de palétuvier; l’ardisie de la Floride [ardisia Pickeringii), et le sumac vénéneux à larges feuilles {Rhus melopium). Une particularité de cette région est la prédominance des arbres fruitiers.

3. province des plaines comprend les vastes prairies s’étendant de la Saskatchewan au nord jusqu’au Texas au sud. Elle est presque dépourvue d’arbres, sauf près des cours d’eau, et ses essences lui sont presque toutes communes avec les régions du Mississipi, de l’Ohio et du Canada. I.e noyer pécan f Cargo ulivæ formis), que l’on rencontre dans la région du Mississipi, atteint ici toute sa perfection. Les arbres les plus abondants de cette région, quoique aucun ne lui soit particulier, sont le cotonnier (Populus momlifera), l’orme blanc {Vlmus Amerkana^ , le frêne blanc (Fraxinus Aniericana) et le cèdre rouge (Jimipcrus Virginiana).

4. La province des montagnes Rocheuses n’a, comme la précédente, aucune essence qui la caractérise spécialement; du moins, on ne lui en connaît encore aucune. Les plateaux partant de cette chaîne et se prolongeant dans la direction de l’est sont sans arbres et presque sans verdure, excepté sur les rives mêmes des rivières, où croissent quelques cotonniers et d’autres arbres au développement rapide et aux fibres spongieuses; ailleurs, la sauge sauvage ou amère (Arlemisia trideniata), l’arbre à suif (Purs/u'a trideniata), et d’autres plantes du

même genre, constiluent les seules tiges herbacées d’un sol aride et couvert de soude. Plus haut, sur les versants des montagnes, on trouve trois variétés de pins, peutêtre davantage : Pinus Wisliczeni, P. flexilisei P. monophyllus; ce dernier est une variété du fameux pin pignon. La liste se complète par une variété de chacune des essences suivantes : érable (^Acer triparlitum)^ saule {Salixpenladra), cèdre [Juniperus occidenlalis se trouvant dans l’L'tah), et sureau [Negundo Californicum).

r>. Les seules parties des États-Unis qui appartiennent à la province du Nord-Ouest sont le territoire de Washington et rOrégon au delà du 42° 30' de latitude. La profonde humidité de cette région y développe des essences forestières d’une hauteur et d’un diamètre immenses; et quoique le nombre des genres ne soit pas aussi considérable que dans la province .\ppalacbienne, il s’y trouve cependant une griinde quantité de variétés. Les arbres verts sont en majorité. Les plus beaux pins se rencontrent à l’extrême sud ; on n’en voit au nord du 42“ 30' que trois espèces, dont l’une d’une hauteur éuoi’me, le P. monlicola , le P. conlorta et le P. ponderosa, ce dernier, beau pin jaune, très-grand et possédant un bois d’une remarquable dureté. Ces montagnes septentrionales sont la patrie des sapins; il y en a sept espèces, parmi lesquelles \' Abies grandis ^ ou sapin jaune, est le plus noble de la famille, quoiqu’il surpasse à peine eu beauté le sapin argenté de l'Orégon (1. Amabilis). Les seuls autres arbres verts sont le cèdre blanc de l'Orégoii , Tuya gigantea ), l’if de l’Orégnn (Taxas brevi folia} et le mélèze du Nord-Ouest larix ocddentalis). Deux variétés de saules et deux d’érables, une d’aune, deux de cornouillers, deux de manzanites (arctostaphylos glauca et A. tomentosa), une variété de frêne, une de chêne, une d’aubépine, une de pommier sauvage, une de rhododendron, une de laurier et une de châtaignier, constituent les autres

arbres connus de cetle province, en deçà des frontières des États-Unis.

G. F.a province Névadienne, du 42" Stf au 3‘2“ de latitude nord, est la patrie des pins gi"antcsques, des cèdres, des santals, arbres d’une liauteur incomparable. I.A liste des arbres verts comprend sept espè-ces de pins, P. sabiniana (pin pignon de Californie), P. insignis (pin résineux de l’Ouest), P. hlanana (pin pignon de Newberry), P. Lanibertiana(\nn à, sucre), P. Coulteri (pin pignon de Coultcr), P. muricata (pin épineux); deux espèces de Séquoias, S. sempervirens et S. giganlca, ou santal vulgaire et santal géant; deux de sapins, /Unes Williamsoni et .1. bracteata; six de eliênes verts, Quercus chrysolepsis, Q. agrifolia, Q. demi folia, Q. Iliadsii, Q. lobala et Q. avulidcns; trois de cyprès, Cupressus Latosoniana, C. macrocarpa et C. Gowana^ le Jimipcrus pachyphlæa, ou genièvre à écorce épaisse, le ihuya plicata, ou arbre «le vie mexicain; le daphne Californica, ou laurier alpestre; et le libocedrus dccurrens, ou cèdre de Californie. Parmi les arbres décidus, deux espèces de chênes, Quercm Californica, et Q. Douglasii ; le juglans rupestris, ou noyer mexicain; et une variété de méuianihe, une de nerprun, une de prunier sauvage, une de sycomore [plalanus racemosa), une de Torreya, une de cornouiller, une de ceanolhus, une de laurier-cerise, une de yucca, une de laurier, une de sumac, une d’aune, une de peuplier, une de pistachier, etc. Toutes ces variétés sont spéciales à la province.

7. La province mexicaine, comprenant le Nouveau- Mexique, l’Arizona et le Texas septentrional, est partagée en trois régions distinctes s’élevant, en plateaux successifs, depuis les déserts sablonneux jusqu’au Llano- Estacado ou Plaine-Jalonnécct aux plateaux du Nouveau- Mexique. Sauf sur quebpies espaces isolés, cette province ne possède pas un grand nombre d’essences forestières,

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mais ses arbres ont presque tous un caractère semitropical. Six espèces de cactus, de cinq différents genres, se trouvent dans les basses terres de celte province, à laquelle appartiennent également deux espèces de Parkinsonias. P. mtrropliylla et P. aculeata, toutes deux désignées par les Mexicains et les Texiens sous le nom de pnloverde; ÏOlncya lesota, le Cercidium floridum (acacia vert), le Larrea Mexicana (hediondo: et le Schinus molle (poivrier péruvien). Les essences caractéristiques du premier plateau, celui de Llano-Estacado et le Texas central, sont le mezqiiite, ïalgarobia gtandulosa et son congénèi’c le Stmmbocarpa pubescens , avec leurs racines profondément pivotantes, leurs succulentes gousses mellifièreset leur gomme abondante. Dans les Cross-Timbers, et ailleurs, en petits bosquets, on rencontre le Querats oblongifolia (chêne vif à feuilles ohlongues), V acacia Greggii, le Pinus Edalis (pin pignon du Nouveau-.Mexique), et, rarement, le genièvre à feuilles carrées {Juniperus letragona), le palmier californien {lirahea dulets)., le Diospyros Texana, et le Pinm Chilmahnan.

Encore plus au nord, sur les plateaux de l’Arizona et du Nouveau-Mexique, on trouve trois espèces de chênes, dont deux de chênes vifs, Querens Emoryii, Q. Conferlifolia, Q. Gambelli; ce deinier est un chêne blanc particulier à r Arizona. 1^ long des bords des rivières, le cotonnier est remplacé par le frêne arizonicu {fraxinus pistaeæ folia).

Les principaux arbrisseaux sont le sumac à petites feuilles (rhus microphylla ; et le berberis Eremontii.

Le caractère et la quanti té des essences forestières sont largement soumis aux influences climatériques. Ün climat humide, même sous une basse température, leur est favorable; aussi voit-on que le nord des États du Maine, du New-Hampshire, du Vermont et du New-York est couvert d’immenses forêts. Là où le froid est intense

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et la pluie rare, les grandes gelées tuent les arbres; elles ne respectent que les plus vigoureux. Les froides régions ne possèdent que des arbies verts, quoique quelques espèces de cliènes, de hêtres, etc., essayent d’y végéter.

Dans la région Apalaeliienne, les forêts sont plus abondantes sur le versant oriental des Alleghanys que sur le versant occidental, et bien plus encore dans la région des prairies, parce que les pluies y soûl plus fréquentes et que l’iiumidité s’y maintient plus uniformément. Les nuages qui s’élèvent de l’Atlantique perdent la plus grande portion de leur humidité en passant à l’ouest, et se dissipent complètement dans les Alleghanys. Sans la grande région des lacs du Nord, qui fournit aux nuages une évaporation journalière, à peu près, sinon tout à fait égale au tiers de celle du Nord-Atlantique, sans le golfe du Mexique, dont les vapeurs sont entraînées dans la direction du nord par les vents du sud, la vallée du Mississipi ne serait qu’un désert semblable à celui de Gobi. Dans l’espèce, dans beaucoup de parties de la région, l’humidité était insuflisante pour permettre aux arbres de résister, comme l’ont fait ceux de la région Apalachicnne, aux incendies fréquents, si pernicieux à la végétation desséchée des prairies.

I.e long de la côte occidentale de l’Amérique du Nord, on trouve des forêts d’essences gigantesques sur le versant maritime des monts Cascades et des monts des Côtes, tandis qu’à l’est de celte région , on rencontre une contrée dé])ourvue d’arbres, où l’on ne peut se procurer de combustible qu’au moyen des dé[iôts de charbon de terre, et où les récoltes ne lèvent cpi’à force d’irrigations.

Entre cette région et les sources des affluents occidentaux du Missouri et du Mississipi, est une région encore plus aride et plus nue, où la pluie tombe rarement, et où, sauf le long des rives des cours d’eau alimentés par la fonte des neiges alpestres, mais à sec au moins pen-

l.ES ÉTATS-UNIS U’AMÉniQUE.

diint une partie de l’été, il n’y a ni pâturages pour les bestiaux, ni combustible pour l’usage de l'homme.

I^e froid des chaînes de montagnes a également de l’influence sur la distribution des arbres. A la hauteur de 900 mètres (d’après cette loi générale que la température moyenne décroît de 3” par 300 mètres d’altitude), on trouve des plantes dont la place, dans les basses terres, serait de 2 ou 3" plus au nord. C’est spécialement le cas sur les montagnes de la chaîne des Cascades, où, dans quelques circonstances, on voit réapparaître les arbres de l’Amérique russe sur les versants les plus élevés des montagnes de la Californie et de l’Orégon.

Les plantes herbacées des États-Unis sont très-nombreuses, et quelques-unes de grande valeur. Les botanistes comptent 71 genres et 2G1 espèces de gramineæ indigènes, comprenant sous ce titre quelques céréales et plusieurs espèces de maïs, sorgho, canne à sucre, etc. Dans les États du Nord et du Centre, les graminées cultivées sont, pour la plupart, d’origine européenne et naturalisées; mais dans les États du Sud , du Sud-Ouest et de l’Ouest, et dans la région bordant les grands lacs, il y a beaucoup d’espèces indigènes tout à fait égales aux espèces européennes. Parmi elles on compte ; le Zizania 1 ou riz sauvage, 3 espèces trouvées dans le voisinage des lacs, et , au sud et à l’ouest, le long des bords des baies, étangs, détroits et rivières; VAgrostis, 6 espèces et de nombreuses variétés, J. alba, var. dispar, l’une des plus estimées ; le Stipa, ou fromental ; l’berbe mezquite, plusieurs espèces et diverses variétés, natives du Texas et fournissant une délicieuse pâture aux bestiaux et aux moutons du pays; VEIymus, ou surelle ; le seigle sauvage, natif des États du golfe, grandement apprécié comme fourrage d’hiver ; le Poa compressa^ herbe bleue, considérée, dans le Kentucky et le Tennessee, comme le meilleur fourrage connu ; Vlhiiola,

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avoine sauvage, dont 4 espèces indigènes dans les États du Sud, parmi lesquelles VU. nitida est Irès-estimée ; le Paspalum, 21 espèces, dont quelques-unes sont utilisées comme fourrage ; le Cynodon daclylon , herl)e des Bermudes, rampant sur les sols sablonneux, mais très-nutritive ; et r.4rrena//icrMm , espèce de fromental, appelé aussi herbe de l’Orégon, herbe de TUtah, etc., natif de l’Ouest et du Sud-Ouest , faisant d’excellent foin et constituant un bon fourrage d’hiver.

Sur un territoire si vaste, le nombre et la diversité des plantes d’agrément des États-Unis sont nécessairement très -grands. Chaque région a sa flore, chaque saison sa floraison caractéristique. Nous ne pouvons donc qu’en indiquer les principaux traits.

Dans les États du Nord-Est et du Centre, les fleurs les plus remarquables du commencement du printemps appartiennent à quelques Compositæ , et principalement, dans les basses terres, la dent-de-lion (Taraxacum dens leonis) d’un jaune brillant, et aux Geraniaceæ d’un rouge pourpre, représentées dans cette région par le Géranium maculalum; un peu plus tard, le cornouiller (Cornus florida) est en pleine floraison, et l’arbre est complètement couvert de fleurs d’un blanc de lait. L’aubépine, dont on compte 14 ou 15 espèces, est aussi un des plus hâtifs des arbrisseaux indigènes, et ses fleurs blanches se voient partout dans la campagne. I>a délicate primerose indigène (Primula mistassinica et farinosa) est moins abondante, mais elle est d’une grande beauté.

Plus tard fleurissent les Rosaccæ indigènes, et particulièrement les roses sauvages et églantincs, aussi belles qu’odorantes, le splendide Kalmia^ ou laurier à larges feuilles, de l’ordre des Kricaceæ, le Vaccinium, ou arbousier, le Gny/usan'a ou airelle-myrtille, avec ses délicates fleurs blanches et écarlates, et tous les arbi-es à fruit.

A la ün de juin, les Umbelliferæ, ordre représenté par quelques centaines de genres et d’espèces, et les Cruciferas, (jui en comptent presque autant, quoique moins lielles, ont poussé toutes leurs fleurs; il faut y ajouter les Ramnicutacex, ou tribu des renoncules, dont quelques-unes donnent leurs fleurs d’or en avril et en mai.

De juillet à octobre fleurissent les plantes appartenant au grand ordre des Compositæ, quoique quelques-uns de ses nombreux genres ne donnent leurs fleurs qu’à la fin de l’automne.

En juillet, août et septembre, paraissent abondamment r \chiHea, ou mille-feuilles, ‘20 espèces au moins de- b'orcü/MÙ-, avec leurs fleurs jaunes; la grossière mais brillante famille des lleliaullnis, ou tournesol, dont il existe 25 esj)èces indigènes; VKrigeron ou conyze, avec ses fleurs pourpres; hSculellaria, laLeonurus (agripaume) et qucbjues-aulres labialæ, et les brillantes lobélias aux fleurs pourpres, écarlates et cramoisies.

En octobre et novembi'e, sur les champs eu friche et les bas côtés des routes brillent les fleurs roses de l’/ls/er, et les ondoyants panaches du Solhlago, ou verge d’oi‘, deux genres distingués de l’ordre des (Mtnimilæ; mêlées à ces belles plantes, en fleurissent d’autres du même genre ou de genres voisins, mais moins belles.

Dans la région des prairies la succession des fleurs est un peu difléreute. Parmi les Heurs hâtives sont VUepatka bleu-pâle et d’autres Ranunculacex de couleurs plus brillantes; presque en même temps paraissent les délicieuses fleurs du Cralægus lomenlo.sa, ou buisson ardent, et la magnifique mais inodore rose cramoisie des prairies, la llnsa setigera. Lue semaine ou deux plus lard , les fleurs blanches et particulières ilu Potlophgllum pellalum, ou mandragore sauvage, apparaissent sur les bords des cours d’eau. En mai et juin, les prairies resplendissent de fleurs de toutes les nuances. Le bleu profond de

la Viola delphini folia (pied-d’alouette violet), le blanc, le roufçe et le pourpre de ïllouslonia , et les gi appes panachées de la Claytonia Caroliniana et de la C. Virginica, si justement nommées « beautés-du-printemps, » nuancées de blanc, de rose, de rouge et de pourpre, se mêlant au brillant jaune d’or des Ranunculaceæ tardives, et à d’autivs fleurs, ou à des variétés différentes seulement par la couleur, donnent aux prairies de l’Ouest un aspect véritablement attrayant.

Quand la saison est plus avancée, le pourpre devient la couleur dominante, quoi<|uc les nuances sondjres de Vlleuchcra, du Lialris^ de V lÀipatorium , soient relevées par le blanc brillant du Silene slcllata et le beau jaunesoufre, pourpré au centre, de ï Abetmoschus maniliol. Plus tard encore, comme dans l’Est, le Solitlago et IMs/er, quoique d’espèces différentes, maintiennent leur supériorité jiarmi les fleurs inodores de l’automne, et la verveine indigène incidente agréablement le paysage.

Dans la région conq)rise entre la Caroline et la Louisiane, on trouve des fleurs d’un caractère encore différent. Les plus beaux des arbrisseaux à fleurs sont le Magnolia graniii/lom, ÏAzalea calcndnlami et le Rhododendron punctatum; tandis que les nombreuses espèces de Clematix^ avec leurs fleurs blanches et pourpres, Y Hypericim aureum à fleurs d’or, la brillante nuance écarlate du Silene regia, et les teintes pourpres et carminées de VHibiscus, forment un riche assemblage de couleurs. L’aubépine y est également représentée ; et quoique ses fleurs modestes disparaissent presque sous la splendeur de la flore semi-tropicale, son fruit ne laisse pas d’attirer l’attention par l’éclat de sa couleur.

I.es États du Sud n’ont pas de rose indigène, à moins que la Rosa læidgala, rose Cherokee , qui passe pour avoir été importée de Chine, n’y croisse vraiment spontanément. Parmi les genres de l’ordre Rosacea’ de cette

iTgioii, il faut citer lieux espèces de Spiræu, le S. corymèoia, avec son corvnibe de fleurs roses, el le S. Aruncus, à grappes blanches. Le Calycaiithus floridus, plus remarquable par son parfum exquis que par la lieauté de ses fleurs, est aussi une plante méridionale. V OKnothera speciosa, ou primevère du soir, est une jilanle élégante à grandes fleurs blanches ou rosées, originaire de l’.Vrkansaset du Texas. Une autre Heur d’une grande beauté est le Passi/lora incarnala^ ou fleur de la jiassion, originaire des deux Carolincs. Le Pinckueya pubens, magnifique arbrisseau de l’ordre Rubiace.r^ croît sur la côte, depuis la Caroline du Sud jusqu’à la Floride, et jiorte des grappes de fleurs d’une délicate nuance de pourpre. Il y a également dans cette région de nombreuses espèces de Liatris, avec des fleurs d’un beau pourpre. Les brillants obélias, les asters et les verges-d’or sont couverts de Heurs en automne. La monotonie en est ravivée jiar d’autres Heurs également belles et moins agrestes, telles ipie V Echinacea pvrpurea, ou Heur conique pourjtre, le Huilbeckia triloba, à Heurs pourpres et jaunes d’or, et VHrIianthus radula, avec un disque jiourpreet des stries jaunes.

Sous beaucoup de rapports, le Texas a une Hoii* complètement difiérente de celle des États de l’Est el du Nord- Est. Le cornouiller, plusieurs espèces, et le inéniantbe nain (Æsctthis Trxnmis)^ Heuri.s.senl en mars, fàjs.deux plantes néanmoins sont tardives. Vllousionia rerula^ appelé bluet dans le pays, donne ses Heurs en janvier el février, et le draba blanc {Draba runei folia), du l" au 1 5 février. A la fin de ce dernier mois ou au commencement de mars, le formidable ) ticca aloifolia, ou éjit'C espagnole, cacbe ses feuilles tranebantes sous ses innombrables Heurs blancbes et violettes; le Phlox irnwlacrata ouvre ses corolles pourpres ou carminé'cs; el peu «près, son congénère, le Gilia eoronopi folia, agite ses

jIBrljos éoarlales ; le Cralægus spathulala , l’aubépine texienne, est également couvert de ses corymlies de fleurs hlauclies; et, dès les premiers jours de mars, les brillantes feuilles d’un vert foncé de l’épine noire (Viburnum prunifolia ) contrastent agréablement avec ses fleurs d’un blanc de neige. Un peu plus tard apparaissent les diverses espèces de primevères, le lupin pourpré (Lupinus villosus) et le Krigia Carolimana, ou dent-de-lion nain. En avril, mai, et dans les premiers jours de juin, ces fleurs, ainsi que quelques autres, continuent à fleurir; mais les chaleurs de l'été viennent bientôt dessécher toute végétation, excepté le long des cours d’eau; les plantes sont protégi-es contre les rayons d’un soleil dévorant par les feuilles mortes qui les recouvrent comme un chaume, et, pendant deux mois, la terre revêt un manteau de couleur rousse.

I^s fleurs reparaissent avec les pluies d’automne. Ici, comme dans le Nord, prédomine l’ordre Composilw; mais c’est le Coreopsis, V Hélianthe, le Silphium ou hcrl>e résineuse, et le Chrtjsopsis, plutôt que le Solidago, qui fournissent les nuances jaunes de cette saison. On ne connaît, au Texas, qu’une seule esjK'ce j)cu commune de Solidago. Quelques espèces d'Aslcrs paraissent alors, et le dahlia, originaire du Mexique, passe la frontière, sans pourtant déployer cette infinité de nuances qu’une culture attentive a su produire dans le nord de l’Europe.

Dans l’extrême ouest du T(‘xas, sur les bords du Rio- Grande, les cactus des genres Opuntia, Melocactus, Ceretis, Mammillaria (grandiflora, flagelliformis, etc.), cachent leurs solides et cruelles épines sous les plus éclatantes fleurs.

Il y a peu de fleurs dans la partie septentrionale du Texas, s'étendant à l’Arizona, au Nouveau-Mexique, à l’ülah et au Colorado. Les principales plantes des plaines sont quatre ou cinq espèces d' Arleinisias, véritable

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absinthe, (juoique les chasseurs la nomment sauge sauvage, et le Senecto, ou herbe à feu. Les fleurs les plus remarquables de la région sont deux espèces de Spireæ^ dont l’une, S. dumosa^ nouvelle variété avec des gerbes magnifi(jues; une odorante et élégante OEnotliera (cespilusaj^ ou primevère du soir, avec de grandes fleurs blanches; et le Coioania Slansburiana, le Heuclwra rubescens et le Monothrix Stansburiana, trois nouvelles espèces d’une forme très-originale. La dernière plante appartient à l’ordre Composilæ, et ses fleurs sont extrêmement belles.

La flore de l’Oi’égon et de la Californie est très-abondante et diffère beaneoup de celle du pays situé à l’est de la Sierra-Nevada ou des montagnes Rocheuses. Même quand on rencontre le même genre, lesespè(îcs sont tout à fait difTérentes. Il y a certaines plantes, de l’ordiv Scrophulariæ^ dont les fleurs sont de tonte beauté, telles que deux ou trois espèces de Mimtdus, ou fleur-singe, M. luteus, à grandes et splendides fleurs jaunes avec des taches roses et pourpres; M. cardinalus, à brillanfes fleurs écarlates, et M. moscbalns, à fleurs jaunes exhalant une odeur de musc ; et deux espèces de Pentslemon, le P. speciosus, à fleurs d’un bleu éclatant, et le P. barbatus^ à fleur écarlate. Les Ilydrophyllarrw présentent deux espèces : le Aemopliila imignis, à fleur blanche lisérée de bleu, et le N. maculata^ blanche avec des taches violettes. Une autre délicieuse fleur de l’ordre Polemom'aceæ, le Oilia tricohr^ a le limbe lilas-bleu, la gorge pourpre et le tube jaune. La plante indigène de la Californie qui, à l’époque de sa floraison, attire le plus l’attention, est le llibes speciosum, ou groseillier fleuri, dont les longues grappes cramoisies sont incompara blés; on en trouve une espèce congénère dans l’Orégon.

Une particularité de la flore de la Californie est l’absence presque absolue de genres appartenant aux'deux

grands ordres Rosaceæ el Compusitx. Dans le premier, les genres noihbreux des CraUegm (aubépine), Rosa, Cerasus, Prumis, Pyrus (pommier) et Rubus (ronce), sont à peine représentés; dans le second, la Californie manque d’.li/er, de Solidago ( vergc-d’or), de Corcopsis, d' Hélianthe (soleil), d’7:’nVycro/i (conyze), de Chrysopsis,d’Eupatorium, etc. Qitte lacune est plus que comblée par le nombre de quelques ordres tels i|ue les Scrophulariæ et les Hydrophyllaceæ.

En général, on peut dire que la flore des États-Unis ne comprend (juc peu ou point de plantes nutritives; les céréales et toutes les plantes csculentes sont naturalisé(‘s; mais la translation a été si favorable à beaucoup d’entre elles qu’elles l’emportent, pour la qualité, sur leurs congénères, de quelque partie du inonde qu’elles proviennent.

Les Cucurbilaceæ comestibles (concombres, melons, courges, etc.) sont également naturalisés, comme le sont la plupart des fruits, s|iécialement la pomme, la poire, la prune, la pèche, le coing et l’abricot. Les baies comestibles, telles que la fraise, la mûre, la framboise, l’airelle, etc., sont indigènes. Les plantes fibreuses, le coton, le lin et le chanvre, sont naturalisées; mais l’agave, qui possède des qualités analogues à celles du chanvre, est indigène d’un pays voisin des Etats-Unis, le Me.xique.

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