CHAPITRE IV
Zoologie.
La zooloffie des États-Unis est essentiellement celle de r Amérique du Nord, parce que toutes les espèces du continent nord-américain habitent quelque partie des États ou territoires. Les quadnmana, embrassant toute la tribu des singes et de leurs congénères, manquent absolument. Les cheiroptera présentent trois genres et onze espèces.
Parmi les sarcophages, ou, comme on les nomme fi’équemment, les carnivora, le plus grand est le jaguar, souvent appelé improprement panthère, et qui n’est pas originaire du continent; c’est un animal formidable et qui, de tous les felida, ne le cède, pour la force et la férocité, qu’au lion et au tigre du Bengiile. Ije chat sauvage, petit mais féroce, et le lynx du Canada, sont les seuls animaux indigènes de la famille du chat. Il y a six esj)èces de renards, peut-être sept : le R. commun rouge, le R. croisé (regardé par quelques-uns comme une variété du R. rouge), le R. noir ou argenté, le R. des prairies, le R. agile, le R. gris et le R. à queue courte ; deux espèces de loups complètement différentes : le loup gris des régions boisées, animal féroce, mais poltron.
qui comprend plusieurs variétés, L. rougeâtre, L. noir. L. géant, qui toutes seiniilent appartenir à la même espèce (canis occidentalis) ; et le loup des prairies, le représentant américain du chacal d’Orient.
Dans l’ordre des digiligrada, on trouve la martre des sapins,ou zibeline américaine, la loutre américaine, deux espèces de putois, et la belette, ou hermine américaine.
L’ordre des planligrada fournit l’ours noir, qui n’est pas rare dans les parties boisées des Ét-ats de l’Atlantique, et qui, bien que reconnu comme carnivore, vit principalement de miel, de grains, de baies et de fruits; l’ours grizly, le plus grand et le plus redoutable des carnivores d’Améri([ue; et peut-être une autre espèce presque aussi grande, mais un peu moins féroce, originaire des montagnes Rocheuses et connue sous le nom d’ours californien. I^s autres familles de l’ordre habitant les États-Unis sont le blaireau, le wolverene ou glouton; six espèces de skunks {mephtlis americana), et deux espèces de raccoons, le R. commun et le R. à pieds noirs, ce dernier habitant exclusivement l’ouest des montagnes Rocheuses.
Une seule espèce représente les pinnigrada, ou famille des phoques, le phoque commun, qui vit sur les côtes des États-Unis; quelques autres genres et espèces sont amenés, mais très-rarement, par les glaces, vers les frontières les plus septentrionales.
L’ordre des ruminantia est très-nombreux aux États- Unis. Parmi les cervidæ, ou famille des daims, on trouve l’élan, rare, même dans les États du Nord-Est, où il est actuellement confiné; le wapiti, qui reçoit communément mais improprement le nom d’élan; cinq ou six espèces de daims, le D. de la Virginie, le D. à queue noire californien, le D. à queue noire colombien, le D. à longue queue, le D. mulet, et peut-être une ou deux autres espèces. Il y a une et peut-être deux espèces d’antilopes.
LES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIgUE,
l’A. américaine à bois fourchu, native delà région des montagnes Rocheuses , et un congénère du chamois, l’espèce la mieux connue; il y a aussi une espèce de la famille du mouton, le mouton à. grosses cornes, que l’on rencontre dans toute la région des montagnes Rocheuses et de la Sierra-Nevada. Le bison, appelé communément mais improprement buffalo, est le seul repi-ésentant sauvage de la famille du bœuf.
Parmi les mammifères amphibies, une seule espèce de vache marine fréquente les rivages de la Floride et du golfe du Mexique. Iæ marsouin, et cinq ou six espèces de dauphins, parmi lesquelles le poisson blanc ou baleine blanche, et le narval, se trouvent le long des cAtes; les petites espèces de haleines ne sont pas rares, et le cachalot se montre à quelque distance des côtes , mais dans la latitude des États du Pacifique.
Les insectivora sont représentés par la taupe, trois genres et sejit ou huit espèces, et par la musaraigne, douze espèces, toutes deux appartenant au genre sorex.
Le grand ordre des rodentia fournit le castor, deux espèces de porcs-épics, dix ou douze d’écureuils francs, six d’ccureils volants, quatre ou cinq d’écureuils des prairies, deux de chiens des prairies; plusieurs espèces de gophers, ou rats à poche; la marmotte américaine; le rat musqué; la tribu des rats, dont deux genres et trois espèces, au moins, sont indigènes, à savoir ; le R. de la Floride ou des bois, le R. des buissons, le R. du coton, et, suivant quelques auteurs, le R. à ventre blanc, qui semble, toutefois, être originaire d’Europe; la tribu des souris, comprenant la souris commune, quatre genres et dix-neuf ou vingt espèces ; de nombreuses espèces de souris des prairies ; deux espèces de lemmings et peut-être davantage; au moins six espèces de lièvres, ou lapins à longues oreilles; et quatre ou cinq espèces de lapins à courtes oreilles, ou lapins francs.
Les marmpialia qui, en Australie, constituent une classe de mammifères si importante, ne sont représentés, aux Étals-Unite, que par un seul genre, l’opossum, deux espèces habitant, l’une à l’est, l’autre à l’ouest du fleuve Mississipi.
Quant aux oiseaux, leurs genres et espèces sont si nombreux qu’on n’en peut citer que les plus remarquables. Parmi les raptores, l’aigle, dont on a reconnu avec certitude cinq espèces propres aux États-Unis, tient le premier rang. Puis viennent les vautours, au moins six espèces, depuis le vautour royjil de la Californie jusqu’au buzard-dindon et au corbeau des charognes des États de l’Est; les faucons, vingt-cinq ou trente espèces, parmi lesquelles l’épervier, le milan, l’autour, etc.; enfin, les hiboux, au moins quarante espèces.
Les scamores sont représentés par le perroquet de la Caroline, le seul oiseau de la tribu des perroquets vivant aux États-Unis, et les pics, genre bien connu, dont il existe beaucoup d’espèces.
L’ordre des insessores, appelés anciennement pa.vsen‘nt oupasjeres,est très-nombreux aux États-Unisetcomprend les oiseaux chanteurs aussi bien que ceux que distingue leur voix aiguë ou vibrante. Les tribus les plus répandues de l’ordre sont : les grives, parmi lesquelles le robin nom donné, en Europe, à un oiseau tout à fait différent), l’oiseau moqueur et l’oiseau-chat, son congénère, et presque son égal par le talent d’imiUition; les hirondelles, famille nombreuse; la tribu des pinsons, comprenant les moineaux; le martin-pêcheur; la tribu des corbeaux ; les orioles, aussi intéressants jiar la beauté de leur plumage que par la variété de leur chant ; les étourneaux; et, en dernier lieu, les plus splendides de tous, les oiseaux-mouches.
I.es rasores, divisés en deux sous-ordres, les columhæ et les gallinæ, sont également largement représentés aux
LES ÉTATS-UNIS D’AMÉnil.iüE.
Élals-l'iiis. Des esjièces nombreuses de pigeons el de toiirlerelles vivent dans les régions boisées de l’Ouest et du Nord-Ouest; ces oiseaux ne sont rares dans aucun des États. Il n’y a pas aux États-Unis de véritable jierdrix ; celle des Ktats du Nord est un grouse, et celle des États du Sud une caille; maison y rencontre en foule le grouse, au moins douze espèces, la caille, le dindon sauvage, et diverses autres espèces de gallinacés.
Parmi les grallatores, ou échassiers, on trouve le flamant, plusieurs espèces de hérons, l’ibis 4’ouge, l'I. blanc cll'l. lustré, la grue, le l’ouhpie, le râle, l’avocette, la bécasse, le pluvier gris, etc.
Les natalorcs constituent un ordre très-nombreux. Ilya vingt espèces d’anserinæ (oies), parmi h^squelles deux de cygnes et trente espèces au moins d'anatidæ (canards). On trouve également deux espèces de pélicans, confinés aux Ktats du golfe, beaucoup d’esjièces de goélands, et six esjièces de cormorans.
Les États-Unis ont moins de reptiles que certaines autres parties du globe. Il s’y trouve un nombre considérable de tortues, mais jm‘u de gi-ande taille. Les petites îles de corail de la côte de la Floride et les bandes de terre sablonneuse qui longent les côtes des États du Sud-.\tlanti([ue et du golfe du Mexique sont fréquentées par de nombreuses tortues vertes el autres tortues de mer. L’alligator, habitant les fleuves et bayous des États du Golfe, détruit beaucoup de bestiaux et de petits animaux, mais n’attaque l’homme que rarement. Ix‘s sauriens abondent, surtout dans les États du Sud, et comprennent beaucoup de lézards (entre autres le caméléon), de skinks (scûieus), de grenouilles cornues (phrynosoma) , de raonitors, etc.
Les ophidiens pullulent, mais trois espèces seulement sont venimeuses, le serpent à sonnettes, le serpent mocassin et la vipère, serpent noir (colvher consiriclor)
est la seule espèce du genre boa que l’on rencontre aux États-Unis,
Les batraciens comprennent de nombreuses espèces de grenouilles, grenouilles des arbres, une grenouille cornue (ceratophris), deux ou trois espèces de crapauds, le protée, la sirène, trois ou quatre tritons, et environ vingt espèces de salamandres.
Le nombre des genres et des espèces de poissons qui visitent ou habitent les eaux des États-Unis, est trop considérable pour être détaillé. Les plus remarquables parmi les espèces à nageoires épineuses sont le brocheton, la perche, le maquereau, le poisson sabre et le mulet. Parmi les espèces à nageoires abdominales lisses, les mieux connues sont le saumon, l’alose, dont quelques variétés ont une chair excellente, le hareng, le brochet et la carpe; dans les espèces à nageoires pectorales lisses, la morue, dont la jiêche occujie des bras nombreux et alimente des milliers d’individus, le carrelet, la plie, etc.; enfin, parmi les espèces manquant de nageoires abdominales, diverses variétés d'anguilles, de mer et d’eau douce, et la lamproie. Le requin, seize ou dix-huit espèces; la raie, trente ou quarante espèces; et le poisson diable, sont les plus formidables des monstres habitant les profondeurs de l’Océan sur les côtes américaines. Les autres poissons très-connus et fort estimés pour la table sont : dans la mer, l’halibut (espèce de pleronacidæ), le tautog {labrus americanus), le poisson bleu [lemnodon sallator), le bar, le tomcod (morue), le porgy, (tête-dorée), etc.; dans les rivières et les lacs, la perche, le gardon, la vandoise, la truite des ruisseaux et celle des lacs, le brochet géant, et le délicieux poisson blanc des lacs.
Parmi les mollusques, les acéphales sont largement distribués sur les côtes maritimes, ainsi que dans les lacs et les rivières. Les nombreuses variétés d’huîtres atteignent
ime saveur iucounue ailleurs; dans quelques endroits on estime aussi beaucoup comme comestibles deux bivalves à écailles unies, le mya areiiaria et le 1 envs inercenaria, ainsi que la pétoncle et la moule. Les autres espèces du même genre sont la bucarde comestible, le marteau, le rasoir, le lcredo ou ver des vaisseaux ; et, dans les rivières, les nombreuses espèces d’u/iio et d'anodonta. L’huître perlière a été trouvée sur les côtes de la Californie, et quelques-unes des unionidæ sécrètent des perles d’une grande valeur. 11 y a plusieurs genres et espèces- d’escargots terrestres et d’étangs, de limaces, de patelles, de buccias, et autres gastéropodes ^ et rAllanti(]ue, le Paciflque, le golfe du Mexique déposent sur les côtes de grandes quantités des céphalopodes qui habitent leurs eaux, tels que le nautilus, la spirula, l’araignée de mer, etc.
Les crustacés sontnombreuxet, pour la plupart, comestibles.Les langoustes, les homards, les crabes, lescrevettes abondent sur les côtes; et, dans l’intérieur, on trouve les écrevisses d’eau douce et les crabes de terre. Le pou des bois est commun dans les lieux humides, et les insectes parasites qui appartiennent à celte classe se rencontrent partout.
Les ararhnida fournissent à quelques États des espèces venimeuses, comme le scorpion et diverses variétés d’araignées; maispresquc tous les acariens, araignées, etc., des États-Unis, sont d’une complète innocuité. Le millepieds , quoique appartenant proprement aux tropiques, se rencontre quelquefois dans les États du Sud-Ouest.
Les tribus d’insectes sont trop nombreuses pour qu’il soit possible de s’y arrêter longuement. I.es coléoptères sont extrèmements abondants et renferment plusieurs genres. 11 y a vingt deux espèces de sauterelles; quelques-unes sont très-nuisibles à la végétation, quoique aucune ne puisse être comparée, sur ce point, à la sauterelle des régions de l’Orient. On trouve également aux
t-ES ÉTATS-UNIS d’aMÉRIOUE.
Élat8-Unis de nombreuses espèc-es d’abeilles, de auêpes, de frelons, de bourdons, de papillons de toute beauté; de cigales , douées parfois d’une énorme puissance de destruction ; de mouches, parmi lesquelles une cantharide presque égale à la variété espagnole ; et de tous les autres ordres d’insectes. Le nombre en augmente encore à mesure qu’on approche des tropiques.
I.es annelida ont une quantité de représentants dans les vers nombreux qui infestent le pays ; quelques-uns détruisent les feuilles des arbres , d’autres en percent l’écorce, d’autres encore dévorent les racines et les végétaux comestibles. La sangsue, qui habite les étangs marécageux, quoique inférieure en puissance à l’espèce suédoise, est pourtant redoutable à cause de la perte de sang qu’elle occasionne à ceux qui s’exposent à ses attaques; souvent môme ces annélides s’attachent en si grand nombre aux bestiaux que la mort devient inévitable pour ces derniers.
Tous les animaux domestiques des États-Unis y ont été importés d’Europe, à une ou deux exceptions près. Le cheval, quoique étranger à ce continent, est devenu sauvage, depuis de longues années, et vague, maintenant, en immenses trou|>eaux, dans les plaines du Texas; il est, toutefois, facile à domestiquer. A diverses époques, on a introduit aux États-LInis des chevaux anglais, français, espagnols, marocains et arabes; de grands soins ont été donnés à l’éducation de ces animaux et l’on est parvenu à développer en eux, à un haut degré, la vitesse et les autres qualités inhérentes à leur race.
I^s ânes proviennent principalement d’Espagne et de Malte; les bestiaux, de la Grande-Bretagne; les chèvres, du sud de l’Europe, quoique l’on ait fait quelques tentatives pour acclimater les espèces asiatiques ; les moutons descendent des races Southdown, saxonne et mérinos espagnole. Ia*s porcs sont de races diverses; une
LES ÉTATS-UNIS D’AMÉniyUE.
d’elles, commune dans la Virginie centrale et occidentale, et dans d’autres districts montagneux, est haute, longue, maigre, d’un naturel féroce et d’une origine incertaine; mais les races les plus répaudues sont les porcs du Berkshire (anglais) et de la Chine, et les croisements de ces deux variétés.
Les chiens et les chats domestiques viennent presque tous d’Europe. Ite rat brun ou de Norvège est une importation du pays dont il porte le nom; mais il a été presque totalement détruit par un rat noir plus fort et plus féroce, que l’on croit originaire du sud de l’Europe. On a essayé, sans beaucoup de succès, d’introduire, dans les districts montagneux, le llama de l’Amérique du Sud. Mais on a été plus heureux dans les tentatives faites pour acclimater dans le Texas et la Californie le chameau de la Bactriane.