‹ Les États-Unis d'Amérique en 1863Chapitre 44 sur 118 · r.« pied carré vaut 9,29 décimètres carrés · texte numérisé non relu

r.« pied carré vaut 9,29 décimètres carrés

LES ÉTATS-UNIS D’AMÉniQUE. iM

sissipi consiste principalement en une matière argileuse fine, sans cesse en suspension dans l’eau, avec laquelle elle se mélange si complètement qu’elle lui donne la couleur et l’aspect de la bourbe.

Mais ce fait ne justiûe pas la conclusion qu’on en a tirée à tort, que le lit du Mississipi a été formé par les dépôts récents des eaux. Il est démontré, au contraire, par les observation s du capitaine Humphreys, que le lit du fleuve n’a pas été c^pusé peu à peu par l’eau au travers de la vase , et qu’il ne change pas constamment comme le font les lits de cette nature, au point qu’on ne saurait prédire quelle en sera la situation quelques années plus tard. C’est, au contraire, un vaste canal naturel , creusé dans un lit d’argile bleue dure, tenace et insoluble, ayant un fond argileux et des parois formées alternativement de couches d’argile et de sable blanc pur jusqu’à la ligne d’étiage. C'est un énorme aqueduc disposé par la nature pour arroser la vallée, et d’une construction tellement solide dans tout son parcours, qu’on le dirait presque taillé dans le roc. 11 reçoit tout le trop-plein des grandes rivières situées entre les montagnes Rocheuses et les Alléghanys. Le fleuve majestueux, grossi par le déversement continuel des innombrables cours d’eaü qui arrosent sa vallée, emporte toute la masse du sédiment qui décolore ses eaux jusque dans le Golfe, où il forme peu à peu de nouvelles alluvions avec les débris qu’il a entraînés, sans rien retenir dans son lit que ce que les inondations déposent sur ses rives.

I.e capitaine Humphreys a, en outre, constaté un autre fait qui s’accorde avec celui que nous venons de signaler, c'est que l’eau du Mississippi, toute vaseuse qu’elle est, n’est que faiblement chargée de sédiment. Pendant cinquante-deux semaines, tous les jours, il se procura de l’eau puisée à trois profondeurs différentes;

I,ES ÉTATS-UNIS ü’ AMÉRIQUE.

et, cliaqiiejour d’une seconde année, de l’eau prise à une seule place, sans compter celle qu’il observa à d’autres époques et en d’autres endroits. L’analyse scrupuleuse de ces différentes eam donna le résultat ci-dessus indiqué et fit découvrir que le sédiment dont l’eau du Mississipi est chargée est, par rapport à l’eau, pendant de longs espaces de temps, dans la proportion de 1 à 1 500 quant au poids, et de i à 2900 quant à la masse. Admettant l’exactitude de o*tte expérience ainsi que celle du chiffre de 19 trillions et demi de pieds cubes' comme terme moyen de la quantité d’eau déplacée annuellement, il s’ensuit que 812 billions et demi de livres’ de matière sédimentaire, formant un "dépôt d’une étendue d’un mille carré (2 k. c. 58) et d’une profondeur de 241 pieds sont, tous les ans , charriées en état de suspension dans le Golfe. Lorsque les marécages ou cyprières seront défrichés ou desséchés , la matière terreuse qui s’y dépose maintenant sera entraînée jusques dans le Golfe. Quand les quatre grands marécages seront ainsi garantis des inondations, il y aura donc un surcroît d’un dix-huilième dans la quantité de matière charriée précédemment, et celle portée au Golfe sera annuellement de 858 billions de livres, formant un mille carré de dépôt ayant 254 pieds de haut. Mais en outre de la matière susjwndue dans l’eau, le lleuve en porte au Golfe- une grande quantité que le courant roule après l'avoir arrachée aux parois de son lit. On ne saurait en donner le chiffre exact; mais, à en juger par l’accroissement annuel des Itarraces aux embouchures du fleuve, il y a tout lieu de croire qu’il s’élève tous les ans à 750 millions de pieds cubes, quantité suffisante pour couvrir un mille carré de 27 pieds de profondeur;

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