‹ Les États-Unis d'Amérique en 1863Chapitre 45 sur 118 · La livre vaut 4S3,57 grammes · texte numérisé non relu

La livre vaut 4S3,57 grammes

'de sorte que, en somme, la quantité des matières charriées annuellement dans le Golfe par le fleuve forme actuellement un prisme ayant une hase d'un mille carré et une hauteur de 268 pieds. Lorsque les levées seront achevées, ce prisme, avec la même base aura 281 pieds de hauteur.

L’hypotlièse qu’autrefois un des bras du Golfe atteignait presque l’embouchure de l'Ohio, et que celle du Mississipi se trouvait en cet endroit, est insoutenable; plusieurs considérations portent à croire que dans l’origine le fleuve avait son embouchure probablement dans le voisinage de Plaquemines , et que sa prolongation dans le Golfe n’a été que de 220 milles (354 kilom.j. On |)eut évaluer approximativement l'inclinaison du fond du Golfe sur lequel cet empiétement s’est accompli, àla Nouvelle-Orléans, à 40 pieds au-dessous de lasurface. Les sondages faits en pleine mer lors de la levée hydrographique des côtes démontrent qu’à l’entrée des passes, 95 milles (153 k.) au-desâous de la Nouvelle- Orléans, le fond de l’ancien Golfe est de 100 pieds plus bas que la surface du Golfe. A partir de ce point, l’inclinaison doit être encore plus considérable, puisqu’à 11 milles (I8.k.) de la barre de la passe Sud-Ouest ou à 28 milles (45 k.) de l’entrée des passes, l’eau a 900 pieds de profondeur. Le chiffre de la quantité de terrain gagnée chaque année par le fleuve à son embouchure a été obtenu par la comparaison des envahissements partiels |de toutes les embouchures, tels qu’ils ont été constatés sur les cartes dressées en 1 838 par le capitaine Talcott, du corps du génie des États- Unis, et par la levée hydrographique des côtes faite en 1851 par ordre du gouvernement. Voici les chiffres annuels :

Passe Sud-Ouest 338 pieds.

Passe Sud Î80 —

Passes Nord-Est et Sud-Küt. .. . 130 pieds.

Passe à l’Outre 302 —

Le chiffre moyen par année, réparti entre toutes les passes, est de 262 pieds ; c’est-à-dire que, tous les ans, le fleuve forme, en moyenne, de nouvelles alluvions sur une étendue de 262 pieds prise dans le Golfe.

Si l’on veut calculer l’âge du Delta, en prenant pour base ce chiffre moyen des alluvions annuelles, on trouve qu’il a fallu une période de 4400 ans pour que le fleuve empiétât de 220 milles (354 kil.) sur le Golfe. Le Delta est donc de quelques siècles plus jeune que le monde; c est là un fait inlércssant à signaler. D’un autre eôté, sir Charles Lyell a calculé que l’étendue du Delta étant de 13 600 milles carrés légaux (35 088 kil. c.), et la quantité de matière solide annuellement déposée par le fleuve étant de 3 702 758400 pieds cubes, il a fallu 67 000 ans pour la formation de ce Delta.

Le terme moyen du volume d’eau roulé par le fleuve était, à Memphis, (Tennes.see), en 1850, suivant les calculs de R. A. Marr, delà marine des États-Unis, de 43471 1 pieds cubes par seconde; en mars, ce chiffre varie par jour de 46 1 38 1 27 330 à 88827 520 040 pieds cubes, le fleuve ayant de 76 à 83 pieds cubes de profondeur; et en octobre, de 10 708 228 080 à 16892279100 pieds cubes, la profondeur variant de 52,2 à 56 pieds. D’après cela, le courant serait moindre que celui du (iange, qui roule 580000 pieds cubes d’eau par seconde.

Un fait très-remarquable, c’est l’uniformité de largeur du Mississipi. A la Nouvelle-Orléans, il n’a guère moins d’nn demi-mille, et il ÿ a peu de différence à signaler sur une distance de 2000 milles, si ce n’est dans les méandres, où il a jusqu’à un mille et demi et iiième à deux milles. L’adjonction de ses principaux affluents n’accroît en rien la largeur du fleuve, attendu qu’il en a déjà atteint le maximum avant qu’ils viennent

Digilized by Coogl

IJîS ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE.

s’y déverser. Au-dessous même de l’endroit où le Missouri, qui a un demi-mille de large, mêle son courant à celui du Mississipi, la lai^ur du canal commun est moindre que celle que l’un et l’autre de ces grands cours d'eau avaient plus haut, lorsque chacun coulait isolément .

La profondeur est très-variable ; elle atteint quelquefois 188 pieds; mais son maximum est plus ordinairement de 120 à 130 pieds.

Entre le bayou la Fourche et le fort Saint-Philippe, le lit du Mississipi est presque uniforme. Il y a, au niveau des hautes eaux, 199 000 pieds carrés de section transversale, 2470 pieds de largeur et 129 de profondeur dans ces endroits les plus profonds. Par les eaux basses, les dimensions sont respecti>'ement réduites aux chiffres de 1 63 000 pieds carrés , de 2250 et de 114 pieds.

A 20 milles (32 kil. ) au-dessous du fort Saint- Philippe, le fleuve change énormément et acquiert une largeur de 7000 à 8000 pieds, un maximum de profondeur de 40 pieds , et une superficie en section transversale de 250 000 pieds carrés. Alors il se divise en trois bras désignés sous le nom de passe Sud-Ouest, passe Sud et passe Nord-Est; cette dernière se subdivise en un autre bras appelé passe à l'Outre. Une barre est formée à l’embouchure de chacune de ces passes, à l’endroit où le fleuve se jette dans le golfe. Dans la saison des eaux basses le Mississipi déverse par les passes 300 000 pieds cubes d’eau environ par seconde.

Prenant, la passe Süd-Ouest |K)ur exemple, on trouve qu’elle a 17 milles (27 kil.) de long, 1200 pieds de large en moyenne, une profondeur de r)8,5 pieds en moyenne et de 70 pieds au maximum. Elle conserve ces dimensions Jusqu’à, un point situé à 7,3 milles (12 kil.) de la d'été de la barre. C’est là que commente.

à proprement parler, l’embouchure, qui, Rur la crête de la barre, a une lar^^ur de 11 500 pieds, une profondeur moyenne de 11,5 pieds, et une section transversale de 132 000 pieds carrés.

Pendant la saison des crues, qui dure à peu près six mois, l’eau en contact avec la barre conserve sa douceur jusqu’à la crête extérieure, et coule avec rapidité dans la direction de la mer. Au delà de la crête extérieure, on trouve, au-dessous de cette couche d’eau douce, de l’eau salée qui se dirige vers la mer avec une vitesse moyenne d’environ un pied par seconde, mais sur un plan qui n’est pas parallèle à relui de l'eau du fleuve et qui s’en écarte souvent de 20". Dans la saison des eaux basses, pendant quatre mois environ, l’eau sur la barre est toujours salée, coulant tantôt en dedans, tantôt en dehors, et restant quelquefois stagnante. A la crête extérieure de la barre, lors des fortes marées montantes, il y a au fond un courant intérieur d’eau salée cjue lu marée remporte en dehors. Mais rien de tout cela n’existe pendant la saison intermédiaire entre celle des crues et celle des eaux basses.

Nous croyons ces préliminaires suffisants pour mettre le lecteur à même de comprendre un résumé de la théorie de la formation des barres, théorie dont 1 initiative appartient au capitaine Humphreys '.

L’eau douce déversée par le fleuve dans le Golfe a une pesanteur spécifique moindre, et monte sur l’eau salée en formant un angle en raison inverse de la force du courant. Le soulèvement de l’eau salée qui se trouve au-dessous élargit le courant et épand l’eau douce sur le sel ; il en résulte des remous verticaux qui se produisent au point où l'eau du fleuve rencontre celle du Golfe et monte par-dessus. Cette interruption du courant du

1. Voir le rapport sur la physique et l'hydrauliquadu Mississipi.

LES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE. 2<i3

Heuve, à l’endroit où l’eau douce monte et se répand par-dessua l’eau salée, rend nécessairement stationnaire, au point de rencontre de l’eau salée, la masse des matières qu’auparavant la force du courant arrachait du lit du fleuve et emportait avec soi, et qui constituent un dépôt lequel n’est autre que la barre. La barre ne se forme pas, comme on l’a généralement supposé, de la matière en suspension que le fleuve charrie sur un parcours de tant de milles. Le fleuve, n' étant chargé de sédiment que dans une faible proportion, va porter tout son fardeau à une plus ou moins grande distance dans le Golfe; mais il entasse sous forme de barre, à l’enibouchure de son lit, la matière qu’il roule lentement au fond, tandis que lui-même franchit les berges de son lit, coule jjar-dessus l’eau salée et finit par se perdre et se confondre parmi les vagues du Golfe.

1^ chiffre moyen du courant est de 1 ,8 pouce par mille pour les premiers 100 milles au-dessus de l’embouchure, de 2 pouces pour les seconds 100 milles, de 2,3 pouces pour les troisièmes 100 milles, et de 2.r>7 pouces pour les quatrièmes 100 milles.

I.a rapidité du cours de la masse d’eau du fleuve est diversement estimée. M. Forshey dit que la rapidité moyenne à la surface, lorsque l’eau est à une moyenne hauteur, dépasse 2 milles un quart par heure. Elle varie à Carollton depuis 1 ,45 mille par heure quand les eaux sont basses, jusqu’à 2,61 milles lorsqu’elles sont hautes. Le professeur Ellet fait observer que la rapidité moyenne à la surface est de 2 pour 100 moindre que la rapidité au-dessous de la surface en s’approchant du fond, et que ce ralentissement est occasionné par le contact de l’eau avec l’atmosphère.

Comme l’embouchure du fleuve est de 1400 milles environ (2253 kil.) plus près de l’équateur que sa source, et par conséquent d’environ 2 milles et demi

plus éloignée du centre de la terre, cette circonstance a soulevé une singulière question qui a donné lieu à des discussions assez vives : on s’est demandé si le fleuve ne passe pas réellement d’un niveau bas à un niveau élevé. Ce paradoxe apparent s’explique par l’influence du mouvement centrifuge de la terre, qui fait que le véritable niveau horizontal sur une grande échelle est la surface d’équilibre de la terre. C’est le mouvement centrifuge de la terre qui soutient l’eau de l’Océan, dans les régions situées sous l’équateur, à de plus grandes distances du centre que le niveau des mêmes eaux sous les latitudes tempérées et sous les latitudes polaires; et si ce mouvement venait à être arrêté, les eaux se précipiteraient vers les pôles, et le courant du Mississipi prendrait la direction inverse.

Ije Mississipi est sujet à de grandes crues, qui occasionnent quelquefois des désastres incalculables. L’inondation du mois de juin 1858, envahit la région alluviale du lit du fleuve, couvrit les terres marécageuses au-dessus de Columbus, et déversa 1 475 000 pieds cubes d’eau par seconde durant sept jours.

Pendant trente-six jours , la masse d’eau qui passa par la latitude de Columbus , excéda de 647 1 7 2 800 000 pieds cubes le maximum compatible avec la sûreté des terres d’alluvion.

Pour garantir les contrées riveraines de ces inondations, le capitaine Humphreys recommande la construction de levées, devant occasionner une dépense d’environ 17 millions de dollars (85 millions de francs) Ces levées, d’après ses calculs, permettraient de dessécher 74ü0 mille acres de terres marécageuses d’une valeur de ‘260 millions de dollars (1300 millions de francs), et d’un produit annuel de plus de 300 millions de dollars ( 1 500 millions de francs).

Le Missouri on riviere bourbeuse ne forme, à propre-

menl parler, (|u’un seul cours d’eau avec le Mississipi. 11 prend sa source près de la frontière, entre l'Orégbn et le .Nebraska, dans les Montagnes Rocheuses, et coule dans une direction sud-est sur un parcours de 3096 milles (-'»981 kilom.), jusqu’à l’endroit où il se déverse dans le Mississipi. Il est navigable pour les bateaux à vapeur sur une distance de 2540 milles (4087 kilom.).

I.e Missouri reçoit toutes les grandes rivières qui prennent leur source sur le penchant oriental des Montagnes Rocheuses, à l’exception seulement de l’Arkansas, et d’une portion des cours d’eau situés entre son propre lit et celui du haut Mississipi. On a évalué à 519400 milles carrés (1340 052 kilom. carrés) l’étendue du hassin formé par le Missouri.

Comme il parcourt une contrée nouvellement colonisée, on rencontre peu de grandes villes sur ses bords; les plus importantes sont : Omaha-city, dans le territoire de Nebraska, Atchison et Leavenworth, dans l’État du Kansas, Saint-Joseph, Kansas-city, Lexington, Bonneville, JefFerson-city , et Saint-Charles dans l’État du Missouri. A 44 milles à peu près (71 kilom.) de sa source, le Missouri passe par une gorge étroite appelée « portes des Montagnes Rocheuses. » Cette gorge a 5 milles 3/4 de longueur (9 kilom.), et les roches perpendiculaires qui en forment les parois et s’élèvent directement du fond de l’eau à la hauteur de 1200 pieds, n’ont ' au-dessus de. la surface qu’une saillie de 450 pieds.

Dans l’étendue des premiers 3 milles (4827 mètres) il n’y a qu’un endroit où l’on puisse poser le pied entre l’eau et le roc. Les grandes chutes sont situées à environ 145 milles (233 kilom.) au-dessous de ce point. Ce sont les plus grandioses que renferme le continent de l’Amérique du Nord, après celles du Niagara; elles se composent de quatre cataractes tombant perpendiculairement d’une hauteur de 26, 47, 19 et 87 pieds, et

(|iii sont séparées par des rapides. La chute totale, pour une'élendiie de l(j 1/2 milles (26 kilom.), est de 357 pieds.

Le Wisconsin prend sa source près de la frontière nord-est de l’État du Wisconsin; son cours, qui suit une direction sud, est d’une lonjtueur de 364 milles (585 kilom.) jusqu’à son confluent avec le Mississipi dans le voisinage de la prairie du Chien. Son courant est ordinairement rapide, et son lit peu profond est embarrassé par un grand nombre d’îlots et de sables mouvants, qui en rendent la navigation difficile. I^s bateaux à vapeur d’un faible tirant peuvent ordinairement remonter jusqu’à Portage, à une distance de 250 milles (402 kilom.); mais, au-dessus de ce point, il y a de nombreux rapides et un courant très-violent. Il est question d’entreprendre dés travaux d’amélioration qui feront de cette rivière un important débouché pour le commerce.

L’Vazoo , de l’État du Mississipi , est formé par le confluent du Tallahatchée et du Yallabashée; son cours, qui décrit de nombreuses sinuosités, se dirige vers le sud-ouest; il est d’à peu près 160 milles (257 kilom.) jusqu’à l’endroit où il se déverse dans le Mississipi près de Vicksburg. l.a navigation en est très-commode pour les bateaux à vapeur, constamment employés, pour la plupart, à transporter le coton.

l.a rivière Kouge est formée par la jonction de deux rivières, dont l’une pn*nd sa source dans le nouveau Mexique, et l’autre, dans la partie septentrionale du Texas. Le capitaine Marcy en évalue la longueur totale, y compris la bifurcation du sud, à 2100 milles (3379 kilom.), dont 1200 milles (1930 kilom.) pour le bras principal. Elle est navigable pendant huit mois de Tannée jusqu’à Shreveport, dans l’État de la Louisiane, et sans interruption jusqu’à Alexandrie, située à peu

lÆS ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE. 8<i7

près à moitié moins loin de l’embouchure. A 30 milles (48 kilom.) au-dessus de Shreveport, la navigation est obstruée par un embarras ou radeau naturel que forme un amas énorme d'arbres et de bois de dérive embrassant une étendue de 60 à 70 milles (de 96 à 113 kilom.) en amont. Tous les efforts que le gouvernement a tentés jusqu’ici pour faire dispmraître cette obstruction ont échoué.

Le Minnesota sort d’une série de lacs situés entre le 45° et le 46° latitude nord. Après un cours de 420 milles (676 kilom. environ) dans une direction tantôt sudest, tantôt nord-est, il se jette dans le Mississipi au fort Snelling. Il est navigable par bateaux à vapeur seulement sur un parcours de 40 milles (64 kilom.); mais les petits bateaux peuvent remonter jusqu’aux rapides de Patterson, à 295 milles (475 kilom.) de son embouchure.

Li rivière des Moines, la plus considérable de l’État d’Iowu, prend sa source dans l’État de Minnesota et se jette dans le Mississipi, un peu au-dessous de Keokuk. Le gouvernement de l’État a dernièrement entrepris de la rendre navigable jusqu’au Port des Moines, trajet en amont de plus de 200 milles (467 kilom.).

L’Arkansas prend sa source dans les Montagnes Rocheuses, et, après un parcours de plus de 2000 milles (3218 kilom.) se jette dans le Mississipi, dont, après le Missouri, il est le principal affluent, à 40 milles (64 kilom.) au-dessus de son embouchoure. Sa navigation est libre de bancs de sable et de rapides. 11 traverse d’abord des plaines arides, ensuite une contrée fertile, et enfin, sur une étendue de 40 milles au-dessus de son embouchure, des forêts inondées (cy prières).

üi rivière Illinois prend sa source dans la partie nord-est de l’État de ce nom, et se jette dans le Mississippi à 20 milles (32 kilom.) environ au-dessus de l’em-

ÉTATS-UNIS D'AMÉRIUUE.

bouchure du Missouri. Son parcours est d’à peu près 500 milles (804 kilom.). Elle est navigable par les eaux hautes à la distance de 245 milles (394 kilom.); et au moyen de certains travaux, elle pourra le devenir en toute saison. Par cette rivière et |>ar un canal de 106 milles (178 kilom.) de long, récemment construit, une communication non interrompue se trouve établie entre le golfe du Mexique et les grands lacs.

L’Ohio est le produit de la réunion à Pittsburg, dans l’ouest de la Pennsylvanie, du Monongahela et de la rivière Alléghany. Par cette dernière rivière le bassin du .Mississipi touche le midi de l’État de New-York, et, dans le comté de Potter, État de la Pennsylvanie, atteint un point, où, sur une étendue de quelques acres, c’est tout à fait par hasard que l’eau qui tombe à la surface gagne l’Océan par le golfe de Saint-Laurent ou la baie de Chesapeake.

L’Ohio, avec ses embranchements, qui sont nombreux et d’une haute importance au point de vue commercial , baignent une étendue de pays évaluée à 202400 milles carrés (582208 kilom. car.). Sa longueur totale est de 950 milles (1 528 kilom.). Sa profondeur est très-variable : la différence entre les hautes eaux et les eaux basses aux diverses saisons est souvent de 50 pieds et quelquefois de 60. Pendant certaines parties de l’année les bateaux à vapeur ne peuvent remonter au delà de Wheeling. L’Ohio est souvént gelé durant l’hiver, et au printemps la navigation en est obstruée par les glaçons.

Fleuves et rivières qui descendent de la chaîne des Alléghanys et se déversent dans l’océan Atlantique.

Le Penobscot, la plus grande rivière de l’Étal du .Maine, après un parcours d’à peu près 275 milles (442

kiiom.), se jette dans la baie de Penobscot, qui a environ 20 milles (32 kiloni.) de longueur et est parsemée d’un grand nombre de petites îles. Le Penobseot n’est navigable que sur un parcours d’à peu près 50 milles (80 kilom. environ), jusqu’à la ville de Bangor, (juoique tout le long de son cours il fournisse des ressources hydrauliques en abondance.

Le Kennebeck prend sa source dans le lac Moosehead au nord-ouest de lÊtat du Maine, et se jette dans l’Océan Atlantique par la baie de Sheepscot, après un parcours d’à peu près 100 milles (160 kilom.). Les gros navires peuvent le remonter jusqu’à Batb 12 milles (19 kilom.) en amont, les bateaux à vajieur jusqu’à Hallowel, 40 milles (64 kilom.), et les petites embarcations jusqu’à Watervillc, 54 milles (87 kilom.).

Le Connecticut, qui a sa source près du Canada, sépare le New-Hampsbire du Vei*mont, et, après avoir traversé et arrosé l’État du Connecticut, se jette dans l’anse de Long-Island à New-London, qui est un des plus Iteaux ports du monde. Le Connecticut est navigable pour les gros navires jusqu’à Hartford, à environ 50 milles (80 kilom. environ) en amont.

L’Hudson est un des plus beaux fleuves et, sous un point de vue commercial , un des plus importants des États-Unis. Ses sources les plus éloignées sont situées dans les montagnes d’Adirondack, et il .se jette dans la baie de New-York. H est navigable pour les bateaux à vapeur jusqu’à Troy, à une distance de 151 milles (243 kilom.), et pour les gros vaisseaux jusqu’à Hudson, à 115 milles (185 kilom.). New-York doit en grande partie sa prospérité à ce fleuve, qui forme une des principales voies de communication entre les vastes contins de l’Ouest et les côtes de l’océan Atlantique. Il est relié aux grands lacs par le canal d’Érie et par le chemin de fer central de New-York et par celui qui va

lÆS ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE.

de cette ville au lac Eric; au lac Cliainpiain et au Canada, par un lue et un elieinin de fer; à la Delawaiv et à la région houillère de la Pennsylvanie par le canal de Delaware et d’Hudson.

La valeur totale des importations qui ont lieu des côtes de la mer par l'Hudson, est d’environ i 00 millions de dollars (500 millions fr. ), et celle des exportations de l’intérieur par la même voie, d’à peu près 75millions de dollars (375 millions fr.).

11 faut rappeler, à l’honneur do ce fleuve, que c’est sur ses eaux que Robert Fulton fit, en 1807, le premier essai de navigation à vapeur qui ait été couronné de succès.

I.ÎI Delaware prend sa source sur le versant occidental des monts Catskill, et se jette dans la baie de Delaware après un trajet de 300 milles (483 kilom.). Elle est navigable, pour les bateaux à vapeur, jusque dans le voisinage de Trenton, à 130 milles (‘709 kilomètres), et pour les gros navires jusqu’à Philadelphie. Ia? canal de Delaware et d’Hudson et celui de Morris relient ce fleuve à l’Hudson. Le commerce auquel la Delaware sert de débouché est des plus importants, et ses jjêcheries d’aloses sont très-productives.

Iai Susquehanna a deux grands bras , dont l’un a sa source dans l’État de New-York, et, après un cours irr»wulier de 750 milles (402 kilomètres), se réunit, à Northumberland, à l’autre bras, qui prend sa source à l’ouest des Allégbanys, qu’il traverse, et a un cours indépendant de 200 milles ; 322 kilomètres). Le parcours des deux bras réunis, depuis Northumberland jusqu’à la mer, dans la direction du sud-est, est de 150 milles '242 kilomètres).

L’importance de la Susquehanna pour la navigation n’est pas proportionnée à sa longueur, qui est considérable. Ia)s sloops [leuvent la remonter depuis son embou-

Digilized by Googic

chure jusqu’à Port-Deposit, à la limite de la marée, trajet de 5 milles (8 kilomètres); mais au delà la navigation est entièrement obstruée, sur une longueur de 30 milles (48 kilomètres), par une série de rapides. Dans sa partie supérieure, les embarras naturels ne sont pas considérables et peuvent être aisément surmontés.

Pendant les crues, de grandes quantités de planches et de produits descendent .le Susquehanna sur des radeaux. On a construit sur ses rives de nombreux et larges canaux, qui facilitent lieaucoup les mouvements du commerce.

l.e Potomac est formé par le confluent de deux cours d’eau qui se réunissent sur la frontière nord de l’État de la Virginie. Il se jette dans la baie de Chesapeake, après un cours tortueux de près de 400 milles (G44 kilomètres), Il est navigable jusqu’à Washington, sur une longueur de 120 milles (193 kilomètres), pour les navires du plus fort tonnage.

Ia rivière James, le plus considérable des cours d’eau dont le parcours entier soit compris dans l’Étal de la Virginie, a une longueur de 450 milles (724 kilomètres), et elle est navigable pour les navires de 130 tonneaux jusqu’à Richmond, à une distance de 150 milles ( 241 kilomètres) environ de la mer. lillc se déverse dans la baie de Chesapeake à Hampton-Roads.

Chowan prend sa source dans l’ÉUit de la Virginie, traverse la Caroline du Nord dans une direction sud-est et se jette dans le détroit d’Albemarle. Il est navigable jusqu’à 75 milles (120 kilomètres) en amont.

Iæ Roanoke, parti du midi de la Virginie, traverse la Caroline du Nord et se jette dans le détroit d’Albemarle, à l’endroit où s’y déversi; aussi le Chowan. I.a longueur du cours principal est de 260 milles (418 kilomètres), et de 100 milles (160 kilomètres) environ, si l’on y ajoute l’un ou l’autre des bras originaires qui

LES ÉTATS-UNIS D'AMÉRIgüE.

l’ont formé. Il est navigable pour les bateaux à vapeur jusqu'à Weldon, à 150 milles (241 kilomètres) en amont.

Le Pamlico débouche dans le détroit de Pamlico, État delà Caroline du Nord, et il est navigable jusqu’à 40 milles (64 kilomètres) de son embouchure.

La Neusc , qui se jette aussi dans le détroit de Painlico, est navigable pour les baUaiux jusqu’à VVaynesborougb, à 1 52 milles (244 kilomètres) de la mer.

Li rivière du cap Fear a son cours tout entier dans la Caroline du Nord et se jette dans l’océan Atlantique au sud-est de cet Etat, dans le voisinage du cap Fear. Elle est navigable jusqu’à Wilmington, sur un parcours de 54 milles ( 55 kilomètres) pour des navires tirant 12 pieds d’eau, et jus(ju’à Fayetteville. 120 milles 193 kilomètres), pour des sloops et de petits bateaux.

Le Grand-Pedee prend sa source au pied de la chaîne des Montagnes Bleues (Blue Ridge) , au nord-ouest de la Caroline du Nord, traverse l’État de la Caroline du Sud et va se jeter dans la baie de Winyaw, à Georgetown. Il est navigable pour de petits navires jusqu’à Cheraw, distante de 150 milles (241 kilomètres).

Le Santee coule dans une direction sud-est à travers l’État de la Caroline du Sud et se déverse dans l’océan Atlantique par deux embouchures sous le 33° 6' latitude nord. Le bras principal, d’une longueur d’environ 150 milles (241 kilomètres), est navigable jusqu’à Columbia.

La rivière de Savaiinah, le plus grand cours d’eau de la Géorgie, coule dans la direction sud-sud-est et compte 450 milles (724 kilomètres) d’Andersonville à la mer. Les gros navires la remontent jusqu’à Savannah, 1 8 milles (29 kilomètres) en amont, et les bateaux à vapeur de 150 tonneaux jusqu’à Augusta, 230 milles (370 kilomètres) plus loin ; mais, au moyen d’un canal tournant

]es chutes, la navigation peut se prolonger à 150 milles (241 kilomètres) plus avant encore pour les petits bateaux à vapeur.

L’Allainaha, qui arrose l’État de Géorgie, est formé du confluent de deux autres rivières, dont chacune a 250 milles (402 kilomètres), va, après un parcours de 140 milles ( 225 kilomètres;, dans la direction sud-est, se jeter dans l’océan Atlantique, à 12 milles (19 kilomètres) au-dessous de Darien, et à 60 milles (96 kilomètres) au sud-ouest de Savannah. Il est navigalile dans toute son étendue pour les embarcations de 30 tonneaux.

Fleuves et rivières du versant méridional , se jetant dans le golfe du Mexique.

L’Appalachicola, formé de la réunion du Chattahoocbee et du Flint dans la partie sud-ouest de la Géorgie, après un parcours de 100 milles (161 kilomètres) environ, dans une direction méridionale à travers les États de la Géorgie et de la Floride, se jette dans le golfe du .Mexique par la baie d’Appalachicola. Il est navigable pour les bateaux à vapeur dans toute la longueur de son cours, et l’étendue du bassin, qu’il forme avec ses embranchements, n’est guère moindre de 20000 milles carrés (51 600 kilomètres carrés).

I.a Mobile, qui arrose le midi de l’État de l’.Alabama, va, dans une direction méridionale, après un parcours de 50 milles (80 kilomètres) environ, se jeter dans la haie de Mobile sur le golfe du Mexique. Cette baie a 30 milles (48 kilomètres) environ de longueur, et de 10 à 12 milles (de 16 à 19 kilomètres; environ de largeur.

I.a Sabine prend sa source au nord-est du Texas, et, après un cours de 500 milles (804 kilomètres) environ, se jette dans le lac de Sabine, à 5 milles (8 kilomètres) environ du Goliè. Elle est peu profonde, notamment vers

l’embouchure, et n’est navigable que dans quelques parties et pour de très-petits bâtiments. Le lac de Sabine a environ 18 milles (29 kilomètres) de long, sur 9 milles (14 kilomètres) de large.

La rivière de la Trinité est formée par un certain nombre de cours d’eau qui se réunissent dans le comté de Dallas, dans la forêt des Cross-Timbers (Bois en croix); elle coule dans une direction sud-est et se jette dans la baie de Galveston. Elle a de nombreux embranchements et fournit des ressources hydrauliques trèsavantageuses.

Brazos, la plus considérable rivière du Texas, après le Colorado, a sa source dans les Monts Guadalupc et se déverse dans le golfe du Mexique, à 40 milles (04 kilom. sud-est de Galveston. Sa longueur totale est évaluée à plus de 900 milles (1448 kilom.). Pendant le printemps, les bateaux à vapeur peuvent remonter jusqu’à Washington, à 300 milles (483 kilom.) de son embouchure et, en toute saison, jusqu’à Columbia, 40 milles (64 kilom.). A 150 milles (241 kilom.) du Golfe, sa largeur varie de 150 à 200 yards (137 à 183 mètres).

Le Colorado du Texas prend sa source dans les monts San-Saban, et, après un cours de 900 milles (1448 kil.), se jette dans la baie de Matagorda. 11 n’est navigable que pendant quatre mois de l’année et seulement jusqu’à une distance de 300 milles (483 kilom.).

Le Rio-Grande del Norte prend sa source dans les Montagnes Rocheuses et se jette dans le golfe du Mexique, après un cours de 1800 milles (2896 kilom.), dont la plus grande partie forme la ligne frontière entre le Texas et le Mexique.

La navigation de la partie supérieure de ce fleuve est obstruée par des chaînes de récifs et des cataractes, et celle de sa partie inférieure par des bancs de sable et des îlots boisés ; mais de petits bateaux à vapeur ont re-

monté jusqu'aux rapides de Kingabury, à 400 milles (644 kiloin.j. 11 est sujet à des débordements périodiques, au printemps.

Fleuves et rivières tributaires de l’océan Pacifique.

La rivière de Columbia descend du versant occidental des montagnes Rocheuses et foime, eu partie, la ligne frontière entre le territoire de Washington et celui de rOrégon. Son cours entier, y compris ses affluents, est évalué à 1200 milles (1930 kiloin.). La marée y remonte à 140 milles (225 kilom.), et jusqu’à cette distance la rivière est navigable pour les navires de 200 à 300 tonncau.x C’est le plus grand cours d’eau du continent Américain, qui stî déverse dans l’océan Pacifique.

Le Sacramenlo, un des plus considérables et des plus importants cours d’eau de la Californie, prend sa source dans la Sierra-Nevada et se jette dans la baie de Suisuii, qui se relie à la baie de San-Francisco par celle de .San- Pablo. Il est navigable dans toutes les saisons jusqu’à la ville de Sacramento et ordinairement jusqu’à 1 50 milles (241 kilom.) plus loin, pour de petits bateaux à vapeur. Sa longueur est évaluée à 350 milles (5G3 kilom. ), à partir de la bifurcation de M‘ Cloud, ou de 500 milles (804 kilom. à partir des sources de la rivière Pitt. I..e Sacramento a plusieurs affluents, qui n’ont pas été beaucoup explorés.

Le San-Joa(}uin a un parcours d’environ 350 milles (563 kilom.); il est navigable pour des bateaux à vapeur ordinaires jusqu’à Stockton, et pour de petites embarcations pendant la saison des.pluies, à environ 1.50 milles (241 kilom.) jusqu’à l’embouchure du marais de Tulare, à travers lequel on a creusé un canal pour relier la rivière avec le lac du Tulare.

Le Colorado prend sa source dans l’Orégon, traverse

i'Utah et le Nouveau-Mexique, longe la frontière de la Californie et de l’Arizona, et se jette dans le golfe de Californie. Il a un parcours de plus de 1000 milles fl 609 kilom.). IjCs affluents du Colorado viennent, pour la plupart, de l’est. Il est navigable jusqu’à l’embouchure de l’Orégon.

Page 1