CHAPITRE III
Climat, pluies, maladies.
Le climat des États-Unis présente les variations qu’on doit s’attendre à rencontrer dans un pays qui a une étendue de 25 degrés de latitude, et qui s’élève graduellement depuis des côtes basses et marécageuses jusqu’à de vastes et hauts plateaux arides et à des chaînes de montagnes d’une hauteur prodigieuse. A l’exception de la presqu’île de la Floride, où les oscillations du thermomètre ne dépassent pas 12‘, en moyenne, pendant toute l’année, son trait caractéristique dominant, c’est l’inconstance : ce qui est dû principalement à ce que le passage de la chaleur des tropifjues et du froid dos régions polaires n’est obstrué par aucune grande chaîne de montagnes courant de l’est à l’ouest, comme en Asie ; toutes les chaînes de montagnes de l’Amérique, se dirigent, en effet, du nord au sud. Les transitions du chaud au froid et du froid au chaud, jusqu’à un écart de 30* en quelques heures, sont fréquentes en toute saison dans presque toutes les parties du pays, et les alternatives de pluie et de sécheresse y sont presque aussi remarquables. L’été est partout d’une chaleur excessive ; le thermomètre monte
quelquefois jusqu’à 1 1 O* Fahrenheit (44* centigrades environ). Dans le Nord, cependant, cettechaleur excessive dure rarement plus de quelques jours de suite; et dans les États du Sud, la chaleur, quoiqu’elle se prolonge, n’est pas beaucoup plus intense. La température des États qui bordent l’océan Atlantique est en générai de 10* plus rigoureuse que celle des pays situés sous la même latitude dans l’ouest de l’Europe, tandis que, d’un autre côté, la Californie jouit d’un climat aussi doux que celui de l’Italie. I.es États du nord-est sont exposés à des vents glacials soufflant de l’océan .Atlantique, notamment dans les mois du printemps, et des plaines de glace du nord de l'Amérique anglaise soufflent des bises froides, qui, n’étant arrêtées par aucune barrière, par aucune montagne, se déchaînent sur les États du Nord à chaque élévation considérable de température dans les régions situées plus au midi. Les grands lacs adoucissent jusqu’à un certain point la température de la contrée qui les entoure, et d’autres particularités locales, telles que les plaines élevées du Nouveau-Mexique, de l’Orégon et de l’Ulah, influent sur le climat de certaines parties du pays. La ligne isothermale qui passe par Meir-Haven (température annuelle 50" Fahrenheit (10* centigrades) en moyenne, par 41* 18' latitude, ne dévie que très-peu au nord ou au sud, jusqu’à ce qu’elle ait atteint le Fort-Laramie dans le territoire de Nebraska, d’où elle descend au midi jusqu’au 35* de latitude dans le Nouveau-Mexique , puis va tout à coup vers le nord rejoindre la Colombie anglaise.
Le tableau suivant indique la température moyenne de chacune des quatre saisons et celle de l’année à différents points des côtes de l’océan Atlantique, sur le Pacifique et dans l’intérieur.
lÆS ÉTATS-UNIS D’AMÉRigUE.
LIEUX D'OBSEftVATION.
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Fort Monroe, près de Norfolk.
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cemiir.
ceniig.
centiff.
ceniig.
(PennsylTanie.)
Fort Columbus.'porl deNew-
Yi rk
Fort Sullivan, East-Port.
(Maine.)
Saint-Loui». \Mis.ouri.)
Chicago. (Illinois.)
Fort Rijiley. (Minnesota.)
Monlerey. (Californie.)
San Francisco. (Californie.)..
Asloria. (Orégon.)
Pluies.
Les pluies sont abondantes sur la plus grande partie de la république , et se repartissent à peu près également dans toute l’étendue de l’année. Elles tombent plus régulièrement dans les États du Nord situés sur l’océan Atlantique que dans les États situés sur la même mer au sud de Washington, où elles sont plus considérables que dans les premiers, et plus fréquentes en été qu’en hiver.
Sur les côtes de l’océan Pacifique, les pluies sont périodiques ; ellfes tombent principalement en hiver et au printemps, et aussi en automne, au sud du 40* de latitude. Entre le 100* de longitude et la chaîne des Cascades, il tombe peu d’eau, quoique cette région stérile soit sujette à des pluies violentes, surtout dans les parties montagneuses. üi quantité de pluie qui tombe annuellement dans la contrée déserte que traverse le Colorado, est évaluée à 3 pouces; dans le bassin intérieur de TUtah, à 5 pouces ; dans la grande plaine, au midi de la rivière de Columbia, à 1 0 pouces ; dans le désert, à l’est des montagnes Rocheuses, de 1.5 à 20 pouces. 11 est
rare qu’il y pleuve eu été. Dans les Étais du Nord , la terre est fréquemmeiit couverte d’une épaisseur considérable de neige ; et dans la région voisine du lac Supérieur il en tombe tous les jours une plus ou moins grande quantité, qui ne fond qu’au printemps. Il neige rarement au sud du Potomac ; et quand cela a lieu dans les États du Sud, ce n’est que pendant très-peu de temps.
Maladies.
Le nombre total des morts, comprenant toutes les classes de la société, tous les âges et toutes les couleurs, d’après les documents officiels, s’élève, pour l’année 18()0, à 392821, dont 34 705 étrangers. I^e plus haut chiffre de la mortalité, comparé à celui de la population, s’applique à la vallée du Bas-Mississipi, et le moins élevé aux États du Nord-Ouest, les plus récemment colonisés : dans les premiers la proportion est de 1,81 pour 100 et dans les derniers de 0,98.
C’est, parmi les enfants, dans le cours de la première année après leur naissance, que les cas de mort sont le plus fréquents.
D’après la statistique des décès en 18G0, la proportion était de 1 sur 79 habitants ; en Eurflpe, la même année, elle était de 1 sur 46. On suppose que, si le relevé des enfants morts au berceau et morts-nés avait été fait avec plus de soin, cette disproportion serait encore plus mar(|uée.
1^8 maladies les plus dangereuses des États du Nord et du milieu sont les affections pulmonaires; celles des Étals du Sud, sont les lièvres bilieuses, et, de temps à autre, de fortes épidémies de fièvre jaune, sur les côtes du golfe du Mexique; dans les Etats de l’Ouost sévissent des fièvres bilieuses et intermittentes et la dyssenterie.
Les fièvres qui rèffiient dans l’Ouest sont causées par les miasmes qui s’exilaient des terres vierges que l’on défriche; mais la colonisation les fait rapidement disparaître. Le choléra a généralement causé de plus grands ravages dans la vallée du Mississipi que dans toute autre partie de la république.
D’après le recensement de 1850, le nombre des décès dans l’ünion était de 1 pour 72 habitants (1 ,39 pour 100) ; la plus grande mortalité avait lieu en Louisiane (1 sur 44), et la plus faible dans l’Orégon (1 sur 283).
tableau suivant indique la proportion des décès sur 100 habitants dans chacun des États et des territoires pendant l’année se terminant au 30 juin 1850.
Orégon 0,35
Minnesota 0,45
Wisconsin 0,95
Californie 0,98
Vermont 1,00
Floride 1,06
lowa 1,06
Géoigie 1,09
Michigan 1,14
Alabama 1,18
Tennessee 1,18
Caroline du Nord 1,19
Caroline du Sud 1,20
Pennsylvanie 1,24
Indiana 1,30
Maine 1,30
Delaware 1,32
New-Jersey 1,32
New-Hampshire 1,33
Virginie 1,34
Illinois 1,36
Arkansas 1,44
Mississipi 1,44
Ohio 1,46
Texas 1,46
New-York 1,47
Rhode-Island 1,52
Kentucky 1,53
Connecticut 1,56
District de Columhia. . 1 ,63
Maryland 1,65
Missouri 1,80
Nouveau-Mexique.... 1,88
Massachusetts 1,95
Utah 2,10
Louisiane 2,31
La Floride , qui occupe le sixième rang dans ce tableau, est regardée comme aussi saine que toute autre partie du pays, attendu qu'un grand nombre des' morts attribués à cet État sont des poitrinaires et autres malades, qui viennent du nord y passer l’hiver. Pour
bien juger du climat de quelques-uns des autres États d’après les tableaux de mortalité, il faut tenir compte des grandes villes, où la proportion des décès est toujours bien plus élevée que dans les campagnes.