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CHAPITRE I

Population des États-Unis, et sa répartition.

La république des États-Unis est divisée, sous le rapport politique, en 34 États et en 8 Territoires, y compris l’Arizona qui n’est pas encore organisé , et le district de Columbia, où siège le gouvernement fédéral.

Les États et les Territoires , d’après les calculs du cadastre, embrassent une étendue de 3230 572 milles carrés (8334876 kilom. carrés), dont 820680 milles carrés (2117354 kilom. carrés) seulement appartenaient à la république lors de la paix de 1783. Le surplus a été ajouté par la cession de la Louisiane par la France en 1803, de la Floride par l’Espagne en 1819, par l’annexion du Texas en 1845, et par les traités de l’Orégon et du Mexique conclus en 1842 et en 1848. Le territoire indien, mesurant 74 127 railles carrés (191 248 kilom. carrés), n’est pas compris dans la statistique qui précède, quoiqu’il appartienne à la république, parce

que, politiquement parlant, il n’en forme pas une partie intégrante

11 n’est pas de pays au monde dont la population soit composée d’éléments aussi hétérogènes que celle des États-Unis. I>e caractère des premiers colons a laissé jusqu’à un certain point son empreinte sur celui de leurs descendants, bien que dans plusieurs parties du pays tous ces traits distinctifs aient été affaiblis , effacés . par les efforts de l’émigration qui afflue de toutes les contrées de l’Europe. Dans la Nouvelle- Angleterre on retrouve le cachet assez prononcé du ty^îe puritain ; dans le Maryland les descendants des catlioliqucs anglais, qui émigrèrent avec Cécil Cal vert, forment encore un des éléments princijKiuJi de la population ; les premiers colons de New-York furent des Hollandais, et dans quelques villages éloignés de cet État, le hollandais était, il y a peu de temps encore, la langue d’un grand nombre des habitants; des Hollandais et des Suédois furent également les premiers colons des États du Delaware et du New-Jersey; la Pennsylvanie fut colonisée par des quakers anglais, suivis par des Allemands dont les descendants forment une classe nombreuse de la population ; la Caroline du Nord le fut par des nonconformistes venus de la Virginie; un nombre considérable de huguenots trouvèrent un i-efuge dans la Caroline du Sud, peu de temps après l'occupation du pays par des blancs; la Louisiane, à l’époque où l’acquirent les États-Unis, était habitée principalement par des familles françaises; le Texas et la Californie sont encore Jusqu’à un certain point espagnols, et le dernier de ces États renferme 23140 Chinois; les mormons de TU tah sont pour la plupart Anglais, avec un mélange considérable

1. On trouvera à l'appendice H un tableau indiquant la superficie des différents États et des différents Territoires.

d’Américains indigènes, de Gallois, de Scandinaves et d'autres nationalités. On ne saurait dire que dans les autres États les premiers colons aient transmis à leurs descendants aucun caractère national distinctif qui se soit perpétué jusqu’à nous. Dans plusieurs parties des nouvelles colonies du Nord-Ouest , il y a un grand nombre de métis ou descendants de blancs et d’indiens; mais, à part de nombreux noms de localités, les traces laissées par les aborigènes sur les portions du pays les plus anciennes et les plus peuplées se distinguent à peine. Les races primitives sont presque toutes disparues, et le peu qui en reste forme de petits groupes ramassés et indéj)endant8, dont le mode d’existence se rapproche plus ou moins de celui des blancs leurs voisins. Dans l’extrême Ouest elles composent encore, en beaucoup d’endroits, la principale ou unique population, et mènent leur vie primitive, nomade et sauvage. Quelques tribus, telles que les Apaclies , les Comanches et les Navaboes, continuent d’être ouvertement ou secrètement hostiles aux blancs. Toutes les fois (jue cela a été possible, on a transporté les Indiens dans des terres « réservées » disposées à leur usage, et dont la possession commune a été autrefois garantie à la tribu ou à la fraction de tribu qui les occupait en vertu du système de propriété en vigueur chez les Indiens. Dtîpuis 18.”)8, toutefois, le plan adopté a 'consisté à accorder des titres de propriété individuelle embrassant des morceaux de terre de 40 à 80 acres ( 1 G hectares 1 8 ares à 32 hectares 36 ares) à tout Indien disi)Osé à les cultiver : cette mesure a produit le meilleur effet parmi les tribus les plus civilisées. Chaque fois qu’on peut décider des Indiens sauvages à quitter leur pays pour aller habiter les « réserves, » le gouvernement leur paye la terre qu’ils abandonnent, et il a actuellement créé à leur profit un fonds de 339G241 dollars (1G081205 fr.), dont il

leur sert régulièrement l’intérêt. Us reçoivent, en outre, de petites gratiûcations annuelles des États-Unis. Une partie des Cherokees, des Greeks et des Ghoctaws, installés sur le territoire indien, ont adopté les usages de la civilisation, et forment en quelque sorte des nations distinctes sous la protection des États-Unis. En dehors de ceux que nous venons de nommer, les Indiens possèdent 241 fermes (6112 acres) (2472 hectares) de terre en pleine culture, des chevaux, des mules, du bétail , des ustensiles aratoires et autres propriétés personneUes, représentant une valeur de 4670 943 dollars (23 350 215 fr. environ). On compte chez eux 77 missionnaires, et 162 écoles, où 950 enfants sont instruits par 186 professeurs. L’administration des affaires indiennes est confiée à un bureau du ministère de l’intérieur, à la tête duquel est un commissaire du gouvernement.

La population des treize colonies unies, à l’époque où éclata la guerre de la révolution, en 1775, était de 2803000 habitants, y compris 500 000 esclaves. La population totale des États et des Territoires, en y comprenant les Indiens, était, d’après le dernier recensement de 1860, de 31 445 089, dont 3953760 esclaves, et 48800.5 nègres libres. En outre, les relevés officiels comptent 304192 Indiens à l’ouest de l’Arkansas : ce qui fait un total général de 31 709281 '.

L’accroissement de la population totale, tant libre qu’esclave, de 1850 à 1860, non compris les tribus indiennes, a été en réalité de 8 225464, ou dans la proportion de 35,46 pour 100, tandis que de 1840 à 1860, l’augmentation positive n’avait été que de 6122 423, et cependant la proportion ascendante était déjà de 35,87 pour 100.

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