‹ Les États-Unis d'Amérique en 1863Chapitre 58 sur 118 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Sourdü-muets, aveugles, aliénés, idiots.

Le nombre total des sourds-muets aux États-Unis était, en 1860, de 15 077, dont 808 esclaves.

La surdi-mutité paraît être beaucoup plus fréquente parmi les blancs que parmi les esclaves. La moyenne générale, en 1860, donne 1 seul sourd-muet sur 4950 esclaves, et 1 sur 1925 individus appartenant à la population libre. Les États à esclaves situés le plus au nord présentent une plus grande proportion de sourds-muets parmi les esclaves que les États plus méridionaux et plus chauds ; taudis que, parmi les blancs, la proportion des sourds-muets était, en 1830, plus considérable dans la Caroline du .Sud que dans tous les autres États, le New-Jersey et le Connecticut exceptés. En 1860, le plus grand nombre se trouvait dans les États du Kentucky et de la Virginie, que l’on peut considérer relativement comme situés au sud.

La première institution américaine pour l'éducation de cette classe d’êtres infortunés fut fondée à Hartford, dans l’État du Connecticut, en 1817; la seconde, à New-York, en 1820. En 1834, il en existait six, qui

LES ÉTATS-UNIS D’AMÉRigUE.

comptaient 466 élèves; en 1851, 13 avec 1162 élèves; en 1857, 20 avec 1760 pensionnaires, et en 1860, 22. - L’institution de New-York, qui est la plus considérable du pays et probablement du monde entier, renferme 310 sourds-muets.

L’entretien de ces 22 institutions entraîne une dépense d’environ 350 000 dollars (1 750000 fr.), dont 300 000 dollars ( 1 500 000 fr. ) sont couverts par des allocations de fonds votées par les législatures de vingtneuf États.

En 1857, il a été établi à Wasbington, aux frais du gouvernement fédéral, une institution nationale pour l’éducation des sourds-muets, non-seulement de ceux habitant le district de Columbia, mais aussi des enfants de personnes au service des États-Unis dans l’arrnée et dans la marine. Le nombre des élèves de cette institution était de 38 le 1" juillet 1862. On doit y adjoindre un collège, dès que les élèves seront assez avancés pour aborder les études supérieures, ce qui aura sans doute lieu en 1864.

En 1860, il y avait aux États-Unis 12635 aveugles, dont 1510 esclaves. La proportion des aveugles est parmi les esclaves de 1 sur 2616; et pour l’ensemble de la population, de 1 sur 247 individus. En 1851, elle était de 1 sur 950 dans la Grande-Bretagne et en Irlande; en France, d’après le recensement de 1856, de 1 sur 1360; et en Prusse, si l’on prend le terme moyen des recensements de 1831, de 1834 cl de 1837, de 1 sur 1 401 .

.Sur 1/i56 personnes admises à l’école des aveugles de Liverpool, de 1791 à 1860, plus d’un sixième avaient perdu la vue par suite de la petite vérole; celte projtorlion était d’un cinquième pour les aveugles reçus à l’asile de Glasgow; tandis que 21 des 476 pensionnaires de l’asile de la Pennsylvanie, et 1 seul des 118 élèves

do l’institution de l’Ohio., avaient été frappés de cécité par la même cause.

On compte aux Ëtats-Unis23 institutions pour l’éducation des aveugles; elles renfermaient, au mois de juin 1860, 1126 élèves, ou environ le onzième du nombre total des aveugles du pays.

En 1860, les Etats-Unis contenaient 23 999 aliénés, • dont 406 esclaves. Le premier hospice destiné au traitement de cette classe de malades fut celui de la Pennsylvanie, fondé en 1752. Aujourd’hui ces hospices sont au nombre de 48.

f.a moyenne des guérisons est de 40 pour 100 sur l’ensemble des cas de folie récente ou chronique traités dans ces établissements. A l’asile de Bloomingdale, avant 1845. le nombre des admissions avait été de 2308, tandis que, par le fait, il n’y était entré que 1841 individus. Le nombre des personnes admises deux fois était de 280; 81 l’avaient été trois fois; 33 quatre fois; 18 cinq fois, etc.; un individu avait été amené vingt-deux fois à l’asile et en était sorti guéri chaque fois. Sur ces 1841 malades, 742, ou 40.3 pour 100, avaient recouvré la raison.

Sur vingt cas de folie récente traités et guéris à l’asile de l’Ouest pour les aliénés, dans la Virginie, la durée moyenne du séjournes malades à l’bospice, aux frais de l’État, a été de l 'romaines et 3 jours, et chaque individu a coûté en moyenne 63 dollars 25 cents (316 fr. 25).

D’après le recensement de 1860, il y avait 18 865 idiots aux États-Unis, ou 1 sur 1666 individus. De ce nombre 1579 étaient esclaves; ce qui donne la proportion de 1 idiot sur 2503 esclaves. En 1850, on comptait 14 606 idiots parmi la population blanche, ou 1 sur 1366 habitants; et 1040 parmi les esclaves, ou 1 sur

Il ne faudrait pas toutefois ajouter une coniiance illimilée à ces relevés, attendu que les personnes employées ordinairement à faire le recensement ne sont pas toujours capables de constater les cas d’idiotisme ; et d’autre part, il est rare que les parents déclarent exactement si leurs enfants sont atteints de cette infirmité. On peut dire en toute sûreté que 6 individus au moins sur 1000, aux États-Unis, sont ou idiots ou dans un état mental « peu développé.

On compte dans le pays sept établissements pour les idiots, dont deux sont entretenus entièrement et deux seulement en partie par les États dans lesquels ils sont situés. Ces établissements sont ceux de :

• Barré (Massachusetts), ouvert en 1848, contenant 50 élèves soignés à leurs frais.

South-Boston (Massachusetts), ouvert en 1848, contenantSO élèves entretenus en partie par l’État.

Syracuse (New-York), ouvert en 1851, contenant 150 élèves entretenus par l’État.

Harlem (New-York) , ouvert en 1856, contenant 12 élèves soignés à leurs frais.

Media (Pennsylvanie), ouvert en 1852, contenant 40 élèves entretenus en partie par l’État.

Columbus (Ohio), ouvert en 1857, contenant 15 élèves entretenus par l’État

Lakeville (Connecticut), ouvert en 1858, contenant 12 élèves soignés à leurs frais.

Il y a trop peu de temps que ces établissements sont en activité pour que l’on ait encore pu obtenir des données statistiques de quelque importance sur les avantages qui en sont résultés sous le rapport de l’éducation .

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