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CHAPITRE II

Argent.

Jusqu’à la découverte des mines d’or de la Californie, on savait à peine que les États-Unis produisissent de l’argent. petite quantité d’argent qui accompagne l’or commença, alors, à prendre une certaine importance, vu la masse de la production de l’or.

Dans la Caroline du Nord, la mine d’argent de Washington (comté de Davidson) était connue dès 1 840 ; elle fournissait parfois du minerai d’une grande richesse, mais en quantité très-variable. Les mines de plomb de Plicenixville (Pennsylvanie) ont également fourni, de temps en temps, de l’argent à la Monnaie des États- Unis. Le cuivre du lac Supérieur s’est aussi trouvé amalgamé avec un peu d’argent natif; maintenant on en récolte assez pour en envoyer régulièrement à la Monnaie. Les mines, récemment découvertes, de Wasboe, sur les frontières de la Californie et du territoire de Nevada, et les mines d’Arizona augmentent journellement et de. plus en plus cette production.

D’après les comptes de la Monnaie fédérale de Philadelphie, les réceptions d’argent américain, pendant l’année se terminant au 1" juin <861, s’élevèrent à

GOOOÜO dollars (H millions de francs) provenant : de la réiîion de VVaslioe, pour 20(U)00 dollars (1 million de francs), du lac Supérieur, pour 13 000 dollars (65 000 francs), de l’.Xrizona, pour 12 000 dollars (60000 francs), delà Caroline du Nord, pour 6000 dollars (30 000 francs), et de l’or de la Californie, pour 369 000 dollars (I 845 000 francs).

I.C8 mines de Waslioe s’étendent le long d’une chaîne de montagnes situ('>es au-dessous et sur le revers oriental de la Sierra-Nevada. Cette région a, pendant quelque temps, été connue comme produisant de l’or, dont la valeur se trouvait considérablement affaiblie par la quantité d’argent qu’il contenait. Cette découverte excita en Californie une grande sensation ; pendant l’année 1860, un large courant d’émigration se dirigea vers ce désert, et on y ouvrit un grand nomtire de mines sur des filons inépuisables en apparence.

Ce district est à 247 kilomètres nord-est de Sacramento, de l’autre côté de la Sierra-Nevada, dans la vallée supérieure de la rivière Carson ; son issue se trouve dans la direction de San-Francisco.

caractère siliceux et spécial du minerai en rend la ivduetion très-difficile, et, par suite du défaut de con- ' naissances métallurgiques suftlsantes, on a été obligé de le transporter sur la côte du Pacifique, où on l’embarquait pour New- York, d’où on l’expédiait en Angleterre. Comme le minerai contient, le plus souvent, pour 12 000 dollars (60000 francs) par tonne d’argent, les frais de .transport sont loin d’en représenter la valeur. La somme d’argent indiquée ci-dessus comme provenant .de ces mines n’est qu’une faible portion de leur rendement actuel.

Les mines d’Arizona se trouvent près de la rivière Gila, dans une région argentifère jadis occupée et exploitée par les .Mexicains, et d’où ces derniers furent

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chassés par les Indiens. Depuis que ce pays est devenu la propriété des États-Unis, les anciennes mines ont, pour la plupart, été rouvertes par des compagnies constituées à Cincinnati, New-York et Saint-Louis. Guaymas, le port principal du golfe de Californie, est le débouché de cette région ; les mines s’en trouvent distantes de 430 à 675 kilomètres, dans la direction du nord, dans une contrée située au nord et au sud de Tuscon.

Les mines de la Compagnie de la Sonora, de Cincinnati, à environ 1 20 kilomètres sud de Tuscon, furent ouvertes en 1858, et ont produit une quantité considérable d’argent isolé à la fonderie de la Société, à Arivïica, à 1 1 kilomètres des mines.

La Compagnie de Maricopa, de New- York, a commencé ses travaux, en 1860, à 112 kilomètres nord de Tuscon, sur des liions de cuivre vitreux contenant des quantités variables d’argent et rendant de 40 à 80 dollars (200 à 400 francs) par tonne.

D’autres mines sont encore exploitées dans la même région, qui, selon toute probabilité, acquerra éventuellement une grande importance , au point de vue de la production de l’argent. Actuellement, le progrès est à peu près nul, par suite de la rareté de la population, de la sécheresse du climat , de l’aridité du sol qui en' est la conséquence, de son éloignement de la côte; et, de plus, elle est exposée sans cesse aux incursions des Indiens hostiles.

De récentes explorations ont révélé, dans les territoires de Colorado et de Dakotah, d immenses sillons argentifères; mais aucun élément ne permet encore d’en déterminer la valeur commerciale ’.

1. Voir le rapport au Congrès du commissaire du Land-Office, 3 décembre 1863.

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