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CHAPITRE VIII

Sel. — Produits divers.

Sel.

Le sel se trouve en abondance aux États-Unis ; les divers recensements, depuis 1810, ont signalé, comme producteurs, 23 États et Territoires, et 7 autres comme possédant des sources ou dépôts.

On n’a rencontré de sol gemme que dans l’ouest de la Virginie et de la Pennsylvanie, dans le Michigan et dans les États arrosés par l’Ohio. Des lacs salés existent dans la Californie, l’Utah, le Nouveau-Mexique, le Texas et le Minnesota. A diverses époques, on a extrait du sel de l’eau de mer dans presque tous les États de l’Atlantique; actuellement la production en est, à proprement parler, limitée à la Floride. Dans le Texas, près du Rio- Grandc, se trouve une assez vaste lagune salée. I^es États de la Nouvelle- Angleterre ont également produit une grande quantité de sel, surtout pendant la guerre de 1812 et vers 1830; mais on n’en fait plus maintenant que fort peu. Le premier essai de fabrication, essai infructueux, semble avoir été fait, en 1624, au cap Anne.

Pendant la guerre de la Révolution, on en a extrait

beaucoup en faisant bouillir l’eau de mer ; à la paix, ce procédé fut remplacé par celui de l’évaporation solaire, qui donne un produit très-pur. Ce nouveau système fut d’abord appliqué, et sur une grande échelle, à New-Bedford et au cap Cod. On construisit des séries de cuves de plus de 3ü0 mètres de longueur avec des toits mobiles, et on éleva sur les côtes de nombreux moulins à vent pour pomper l’eau de mer et la déverser dans les cuves. Le bas prix des sels exotiques finit par rendre cette exploitation onéreuse; quelques cuves existent encore, toutefois, au cap Cod, à Nabant et sur quelques autres localités. ,

En 1830, environ 600000 boisseaux ( 21 804 000 litres) de sel furent fabriqués au moyen de l’évaporation solaire, dans le Massachusetts, et le Maine en produisit une quantité plus considérable encore. En 1832, le comté seul de Barnstable (Massachusetts) possédait 441 4ü8 mètres de cuves dont le rendement montait à 358250 boisseaux (1 3018805 litres;; mais les travaux furent abandonnés, en 1834, en conséquence de la réduction des droits, etc.

Pendant la guerre de la Révolution, quebjues fabriques de peu d’importance, détruites à diverses reprises par les Anglais, s’étaient élevées dans le Delaware et le New-Jersey.

En 1812, sur le sable des terrains plats du rivage, dans le comté du cap May (New-Jersey), des trous furent creusés pour recevoir l’eau salée. L’évaporation naturelle était si puissante en cet endroit, qu’un baril (163 litres et demi) de saumure évaporé dans des chaudières de fer rendait un boisseau (36 litres 34 centilitres) de sel.

La Virginie possédait des fabriques de sel, au cap Charles, avant 1 620 ; en 1 633 , elle en exporta au Massachusetts. Uans la Caroline du Sud, Natbaniel John-

son en entreprit la fabrication en 1689, et, en 1725, la législature rendit deux lois ayant pour objet d’encourager cette indusÿ'ie. Dans la Floride, on ne connaît pas d'essai fait avant 1840; mais en 1857, on estimait que 100000 boisseaux (163500 000 litres) étaient fabriqués dans le pays, principalement à Key-West.

LeTexasproduisitenviron20 000 boisseaux (32 700000 litres) en 1 857 ; ce sel était probablement extrait de la lagune indiquée ei-dessus. Une grande quantité de sel est actuellement fabriquée avec l'eau de mer près de Los Angeles (Californie).

Les sources salées de l’État de New-York, qui fournissent près de la moitié de la production totale des États-Unis, sont situées principalement dans le comté d’Onondaga, à Syracuse, Salina et Geddes ; elles jaillissent de roches appartenant à l’époque silurienne. Les Indiens les connaissaient depuis l’antiquité la plus reculée, mais le P. Lallemant passe pour le premier homme blanc qui les ait visitées. Un autre jésuite, le P. le Moyne, en fait mention en 1653. Vers 1770, les Delawares se servaient communément du sel de l’Onondaga; on l’apportait même au marché de Québec. Le premier essai d’extraction, par l’ébullition, fait par les blancs, eut lieu à Syracuse, en 1788.

Les salines appartiennent à l’État, qui fournit la saumure aux manufactures moyennant un droit de 1 cent (5 centimes) par boisseau (36 litres 34 centilitres). L’État demandait autrefois 6 cents (30 centimes), ce qui lui procurait un beau revenu; mais, en 1846, la taxe fut réduite au taux actuel, qui suffit amplement à défrayer tous les frais de pompes, de surveillance, etc. En 1789-90, la production fut de 5 à 600 boisseaux (18170 à 21 804 litres) vendus à 1 dollar (5 francs) le boisseau. En 1791, la production totale était de 8000 boisseaux (290720 litres) par année. A partir de 1797, éjwque où

les salines furent louées à bail , le rendement suivit la projïression suivant**: 1797, 25474 boisseaux (925725 litres); 1807, 1G5448 boisseaux (6012680 litres); 1817, 4'i8665 boisseaux (17614486 litres); 1827, 988410 boisseaux (35787 119 litres); 1887, 2161 287 boisseaux (78541 169 litres); 18.47, 3951 351 boisseaux (148 592 095 litres), et 1858, 4033219 boisseaux (146566178 litres).

Les sources productives sont généralement situées dans les terrains marécageux qui entourent le lac Onondaga, nappe d’eau douce de 8654 mètres de longueur sur 1609 de largeur.

Ou trouve aussi des sources do sel dans d’autres parties occidentales de l’État de New-Y’ork, dans la Pennsylvanie et la Virginie occidentale, dans le Tennessee oriental, l'Oliio, l’Illinois méridional, le Michigan, le Missouri, le Minnesota, le Nebraska, le Kansas, l’Arkansas occidental, le Territoire Indien, le Texas, IcNouveau-Mexi(|ue, TUtali et la Californie.

I.e montant estimatif de la production totale du sel dans les États-Unis s’élève :

boisseaux. litres.

En 1850, à 9 763840 (354 823 945)

En 1557, à 12376000 (449743840)

En 1860, à 13386447 (486536163)

L’importation du sel aux États-Unis, en 1860, est représentée par 1 4 094 227 boisseaux (512 684 209 litres).

Produits dirers.

On trouve de la marne par lits fort étendus et trèsavantageux dans le Maine, le New-Jersey, le Maryland, la Virginie, cl dans (juelques autres États; des nitrates de soude et de potasse dans les grottes de la Virginie,

du Kentucky, de l'Alabama; du nitrate et du carbonate de soude dans les plaines du grand désert américain et sur le versant oriental des Montagnes Rocheuses ; du sulfate de cliaux (gypse) dans le Maine, le Maryland, le Texas, et dans quelques parties du Nouveau-Mexique et de l'Arizona; du marbre, de toutes espees, pour le bâtiment, l'ornement, la statuaire, dans la plupart des États , et du carbonate de chaux , compacte et propre à la construction, dans les États bordant le Mississipi.

Le zinc se rencontre en grande abondance dans le New-Jersey, la Pennsylvanie, eten moindre quantité dans d’autres États. On a récemment découvert de l’étain dans le Maine, et dans des circonstances qui indiquent que ce minéral pourra prendre rang parmi les plus importantes productions de l’État ; on en a découvert également des veines considérables en Californie.

On a trouvé du nickel dans le Connecticut et dans la Pennsylvanie; dans ce dernier État, il existe en (juantités presque inépuisables et associé avec le cuivre. \js recensement de 1800 porte la production du nickel de la Pennsylvanie à 2548 tonnes (2 383 220 kilogrammes) évaluées à 28 176 dollars (140 880 francs). C’est cet État qui fournit le nickel entrant dans la composition du cent américain (pièce de 5 centimes) qui contient 1 2 parties de nickel et 88 parties de cuivre. On trouve également du nickel dans le Maryland, le Missouri et la Caroline du Nord.

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