‹ Les États-Unis d'Amérique en 1863Chapitre 69 sur 118 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Sol et sa Guitare.

Le sol des États-Unis présente tous les aspects, depuis les plaines desséchées et stériles de la région du • Grand Lac Salé jusqu’aux riches terrains d’alluvion de la vallée de Mississipi. Ce territoire peut être divisé en 7 grandes régions, conformément à son système fluvial, à savoir : le bassin du Saint-Laurent, le versant de l’Atlantique, la vallée du Mississipi, le versant du Texas, celui du Pacifique, le bassin intérieur de l’Utah, appelé quelquefois Grand-Bassin ou bassin de Fremont, et le bassin de la rivière Rouge du Nord.

1 . Le bassin de Saint -Laurent comprend une partie du Vermont, du New-York, de la l^nnsylvanie , de l’Ohio, de l’indiana, de l’Illinois, du Wisconsin, du Minnesota, et la totalité du Michigan; c’est une plaine élevée et fertile, généralement bien-boisée.

2. Le versant de l’Atlantique ei^rasse toute la Nouvelle-Angleterre, moins une portion du Vermont; tout

le New-Jersey, le Delaware, le district de Columbia, la Caroline du Sud et la Floride ; une partie du New-York, de la Pennsylvanie, du Maryland, de la Virginie, de la Caroline du Nord, de la Géorgie, de l’Alabama et du Mississipi.

On peut subdiviser ce bassin en deux nagions , que sépare l’Hudson , celle du nord-est et celle du sudouest. La première est montueuse et généralement plus propre à l’élève des bestiaux qu'à l’agriculture, quoique quelques sections soient natui^dlement fertiles et soigneusement cultivées. La seconde peut encore être partagée en section des côtes , d’une largeur de 50 à 250 kilomètres, s’étendant du détroit de Long island à l’emboucliure du Mississipi, et comprenant toute la péninsule de la Floride; et en versant intérieur, s’étendant des montagnes à la section des côtes. Cette dernière section , aussi loin vers le sud que la rivière Roanoke, est sablonneuse, et, bien que naturellement stérile, jtourrait être rendue extrêmement fertile ; de la rivière Roanoke au Mississipi, elle est marécageuse, parsemée eà et là de bancs de sable, avec une grande proportion de riclies terrains d’alluvion. Le versant intérieur constitue l’un des plus beaux districts des États-Unis, le sol étant formé pour la plus grande partie d’alluvion provenant des montagnes et des roches primitives décomposées qui courent immédiatement sous la surface.

3. La vallée du Mississipi occupe plus des deux cinquièmes de la superficie de la république ; elle s’étend dés Monts Allegbanys aux Montagnes Rocheuses , et du golfe du Mexique à l’.4mérique anglaise septentrionale, embrassant ainsi une partie des États de New-York, de Pennsylvanie, de Maryland, de Virginie, de Caroline du Nord, de Géorgie, d’Alabama, de Mississipi, de Louisiane, de Texas, de Nouveau-Mexique, d’Obio, d’In-

diana, d’Illinois, de Wisconsin, et de Minnesota, et la totalité du Kentucky, du Tennessee, de l’Arkansas, du Missouri, de l’Iowa, du Nebraska et du Kansas. C’est, presque en son entier, un pays de prairies dont la fertilité n’est surpassée par celle d’aucun pays du globe, si l’on en excepte, peut-être, la vallée de l’Amazone. En beaucoup de lieux, la couche de terre végétale atteint une profondeur de plusieurs pieds; sur quelques-uns, cette profondeur est de 25 pieds.

La partie nord-ouest de la vallée présente, toutefois, un contraste frappant avec les autres parties. C’est un plateau désert, de 320 à 640 kilomètres de largeur, situé à la base des Montagnes Rocheuses, élevé de 600 à 1500 mètres au-dessus du niveau de la mer, dont une moitié n’est pas susceptible de culture, par suite du défaut d’eau pluviale et de moyens d’irrigation, et dont l’autre moitié est naturellement stérile.

4. Le versant du Texas comprend la contrée située au sud-ouest de la vallée du Mississipi, arrosée par des fleuves qui se déversent dans le golfe du Mexique, c’està-dire le Texas presque tout entier et des portions de la Louisiane et du Nouveau-Mexique. On peut le diviser en trois régions : une section des côtes, de 50 à 95 kilomètres de largeur, basse, unie, très-fertile, surtout à l’emboucbure des fleuves; une riche prairie, parlant de la section des côtes et s’avançant dans l’intérieur jusqu’à 250 et 380 kilomètres , admirablement appropriée à l’élève des bestiaux; enfin, au nord-ouest, un plateau élevé, complètement dénué d’arbres, parsemé de rares herbes et exposé à une sécheresse absolue pendant une partie de l’année. Les seules terres arables de cette région ôoeupent les vallées du Rio-Grande et de quelques autres cours d’eau. ’

5. Le versant du Pacifique, embrassant la plus grande partie de la Californie, de l'Orégon et du territoire de

Washington, et partie du Nouveau-Mexique et de l’Utah^ Il est généralement stérile. Toutefois les districts comprisentre la chaîne des cotes et l’Océan, et entre les Monts (Cascades et la Sierra-Nevada, sont très-fertiles ; on en peut dire autant de quelques vallées et terres déclives des Montagnes Wahsatch et Rocheuses, quoique les dernières ne soient propres à rien qu’à la pâture.

C. Le grand bassin intérieur de TUtah qui comprend, outre rUtah, une partie du Nouveau-Mexique, de la Californie, de rOrégon et du Washington, est probablement la région la plus désolée des États-Unis. 11 abonde en lacs salés ; dans quelques vallées seulement, et grâce à l’irrigation, le sol acquiert assez de fertilité pour nourrir les habitants.

7. Cette portion du bassin de la rivière Rouge septentrionale qui appartient aux États-Unis se borne à une petite étendue de terrain dans le nord du Dakotah et du Minnesota; elle contient quelques terres très-productives, surtout sur les bords des cours d’eau.

En 1850, le nombre des fermes dans tous les États et territoires était de 1 4-'»9075, comprenant! 13 032 614 acres (l’acre vaut 40 ares 46 centiares) de terres cultivées, et 1 80 528 000 acres de terres non cultivées. En 1860, ces chiffres s’étaient respectivement élevés à 1 63 261 389 et 246 508 244. La terre non cultivée consiste en terrains occupés et nécessaires à la jouissance de la terre cultivée, quoiqu’elle ne soit pas revendiquée; elle ne comprend pas les prairies. La valeur des fermes était, en 1850, de 3 271 575 426 dollars (le dollar vaut 5 francs en moyenne), et, en 1 860, de 6 650 872 507 dollars ; celle des instruments et machines agricoles,en1850, de 151 587 638 dollars, et en 1860, de 247 027 496 dollars, ensemble, 3423 163064 en l850, et 6897 900 003 en 1860; soit en moyenne, pour la valeur des fermes, 8228 dollars, et pour celle des instruments et machines,

105 dollars; valeur moyenne des fermes, instruments et machines, 2362 dollars.

L’étendue moyenne des fermes est de 203 acres ; la moyenne la plus forte appartient à la Californie (4466 acres), et la plus faible à l’Utah (51 acres).

L’État de New-Yorck possède la plus grande valeur totale des fermes (554546642 dollars en 1850, et 803 343 598 dollars en 1860), et des instruments et machines agricoles (22 084 926 dollars en 1850, et 29 166695 en 1860).

La valeur moyenne la plus forte, pour les fermes, est fournie par le district de Columbia (6481 dollars), la Louisiane (5648 dollars) et le New-Jersey (5030 dollars) ; la valeur moyenne la plus faible, par l’Utah (337 dollars), le Nouveau -Mexique (441 dollars) et l’Arkansas (860 dollars).

La valeur moyenne, pour les instruments et machines agricoles, est la plus grande dans la Louisiane (863 dollars), où la production des sucres exige des procédés compliqués, et la plus faible, dans le Nouveau-Mexique (21 dollars); immédiatement après la Louisiane vient le New-Jersey (185 dollars), et immédiatement avant le Nouveau-Mexique, le Maine (49 dollars).

Tous ces chiffres s’appliquent à 1 850. Dans la même année, 1/13 environ de la superficie totale des États- Unis était cultivé et 1 /8 en sus était occupé mais non cultivé ; en conséquence, les 4/5 environ de la superficie totale n’étaient pas occupés.

Les terres cultivées comprenaient 20.79 pour 100 de la totalité, dans la Nouvelle- Angleterre ; 35.72 pour 100, dans les États du centre; 16.07 pour 100, dans les États du sud; 10.17 pour 100, dans les États du sudouest, à l’exclusion du Texas ; 12.90 pour 100, dans les États du nord-ouest ; 0.06 pour 1 00, en Californie et dans les territoires organisés;et 0.42pour100,dans le Texas.

La valeur moyenne de la terre, par acre (40 ares 46 centiare.s) était : dans la Nouvelle-Angleterre, 20 dollars 27 cents (101 fr. 65); dans les Étals du centre, 28 dollars 7 cents f l 40 l’r. 35); dans les États du sud, 5 dollars 34 cents (26 fr. 70); dans les États du sudouest, 6 dollars 26 cents (37 fr. 30) ; dans les États du nord-ouest, 11 dollars 39 cents (56 fr. 95); en Californie et dans les territoires organisés, 1 dollar 89 cents (9 fr. 45) ; et dans le Texas, 1 dollar 44 cents (7 fr. 20).

La proportion des terres cultivées, sur la superficie totale, était de 14.72 pour 100 dans les États libres; dans les États à esclaves, de 10.09 pour 100; et pour les États-Unis tout entiers, de 7.71 pour 100. Pour les terres occupées, la proportion était de -28.56 pour 100, dans les États libres; de .33.17 pour 100, dans les Étals à esclaves; et de 20.02 pour 100, pour les Ktats-Uuis. La valeur moyenne par acre de terre occupée était de 19 dollars (95 francs), dans les Étals libres; de 6 dollars 9 cents (30 fr. 45), dans les Étals à esclaves; et de 11 dollars 14 cents (55 fr. 70), pour les États-Unis. •

Le tableau suivant présente, d’après les septième et huitième recensements, l’ensemble des productions agricoles des Etats-Unis pour les années se terminant au 1" juin 1850 et au 1" Juin 1860.

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