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CHAPITRE I

Écoles et collèges.

Les bienfaits de l’éducation sont très-généralement répandus aux Etats-Unis. Le directeur du recensement rapporte que, dans l’année se terminant au mois de juin 1860, on comptait bien près de 5 millions d’élèves recevant de l’instruction dans les différentes institutions et maisons d'éducation des divers États : ce qui formait environ le cinquième de la population entière.

Le nombre des habitants des États de la Nouvelle-Angleterre, nés sur le sol, qui ne savent ni lire ni écrire, est très-peu considérable. Dans les États du Centre, l’énorme affluence des immigrants étrangers, dont la plupart se montrent indifférents à l’éducation de leurs enfants, a augmenté le nombre des personnes dépourvues d’instruction. Dans les États du Sud, couverts de plantations, la population est éparpillée sur une trop vaste étendue de terrain pour que les écoles publiques puis-

sent être établies avec succès, si ce n’est dans les villes, et la majeure partie des blancs qui ne possèdent pas d’esclaves n’ont eu que peu d’occasions de s’instruire; d’autre part, dans le plus grand nombre de ces États, les lois punissent comme un crime le fait d’apprendre à lire aux nègres. Les États de l’Ouest ont amplement pourvu à l’éducation élémentaire. Dans tous les États nouveaux , une, et, dans quelques-uns, deux sections de terre (chacune d’une contenance de 640 acres=259 hectares) dans chaque circonscription territoriale (lownship) des terres du gouvernement sont réservées pour l’entretien des écoles, et les États reçoivent, en outre, des concessions de terres marécageuses et autres pour créer une caisse destinée à subvenir aux besoins des écoles et à l’établissement d’universités locales.

Plus de 50 millions d’acres (2 023 000 hectares) de terre ont été attribués aux différents États par le gouvernement fédéral pour l’entretien et l’encouragement des établissements d’éducation. Ces dotations considérables doivent finir par avoir des résultats d’une haute importance. Elles élèveront infailliblement les classes qui se livrent à l’éducation de la jeunesse à une position de fortune plus qu’aisée et à un rang indépendant dans la société. 11 sera du devoir des hommes d’État américains de veiller à ce que ces libéralités ne donnent pas lieu à des abus analogues à ceux qu’ont engendrés les dotations ecclésiastiques.

I.e peuple, en général, sait apprécier les avantages de l’éducation élémentaire, et l’on fait souvent de grands sacrifices pour établir et entretenir de bonnes écoles d’un accès facile. Il n’est guère probable que ces écoles, même dans les États les plus avancés sous ce rapport, soient aussi utiles et que l’instruction y soit aussi complète que cela devrait être; mais elles ont fait de grands

progrès pendant les 20 années qui viennent de s’écouler, et elles sont encore en voie d’amélioration. Quant à l’enseignement désigné quelquefois sous le nom d’éducation secondaire, lequel embrasse une très-large sphère, depuis l’école privée ou la pension de village, qui ne s’occupe le plus souvent que d’études élémentaires, jusqu’à l’école supérieure, à l’institut, au collège, ou autres établissements de dénominations analogues , le nombre des écoles est assez considérable dans les anciens États, quoique, dans beaucoup d’entre eux, l’enseignement réclame quelques améliorations.

Plusieurs Etats du Nord ont manifesté la tendance d’organiser l’instruction d’après une certaine gradation. '

Ainsi, les écoles publiques d’une ville ou d’un village sont divisées en une ou plusieurs écoles supérieures (dont le cours d’études et l’enseignement sont à la hauteur de ceux des meilleures institutions) , en trois, quatre, ou plus d’écoles de grammaire, et en une quantité encore plus considérable d’écoles primaires et intermédiaires, toutes entretenues par des impôts fonciers et par les allocations de la caisse des écoles.

L’élève entré à l’école primaire à l’âge de 5 ou 6 ans peut, par des examens successifs, parvenir aux écoles supérieures; et, comme l’instruction est gratuite, l’enfant du plus pauvre citoyen jouit des mêmes ressources pour s’instruire et achever ses études que l’enfant du plus riche. Quelques États ont encore poussé le système plus loin et organisé des universités locales gratuites.

Toutefois l’instruction secondaire est en grande partie entre les mains de corps enseignants ou de chefs d’institutions particulières, dirigeant des pensions, des instituts, des collèges, etc., où le prix de l’enseignement varie selon l’emplacement, la situation, la réputation de l’établissement, le nombre des professeurs, etc.

Voici les traits principaux qui caractérisent les systèmes d’instruction publique en vigueur dans la plupart des États du Nord, quelles (jne soient les diljérences qu’ils présentent dans les détails :

1° Un système d’écoles graduées dans chaque ville, comprenant des écoles primaires pour les enfants les plus jeunes, des écoles de grammaire pour les plus âgés, où, en outre des branches ordinaires d’instruction, on enseigne la philosophie, la chimie, l'histoire, et, dans beaucoup, le dessin, la musique vocale, l’algèbre, la géométrie et le français ; et des écoles su|)érieures pour les élèves les plus avancés, où s’enseignent les études nécessaires à une éducation pratique, et, dans la plupart, les langues et les mathématiques spéciales;

2“ Toutes ces écoles sont sous la surveillance continuelle d’un ou de plusieurs directeurs ou inspecteurs capables, salariés et chargés de s’assurer des aptitudes des professeurs en les soumettant à des examens rigoureux ;

3“ Uniformité des livres classiques; régularité et exactitude à assister aux cours imposés aux élèves;

4“ Examens publics réguliers et fréquents ;

5“ Bibliothèques classiques à l’usage de toutes les écoles ;

6“ Usage de tableaux, de sphères terrestres et célestes, de cartes géographicjues , marines et autres, d’appareils et d’instruments nécessaires à l’étude des sciences ;

7“ Construction de maisons d’école bien ordonnées sous le rapport de la ventilation, du cbauftage, de la commodité de renseignement et du maintien de l’ordre;

8" Établissement dans chaque État d’écoles normales pour former des professeurs, et d’instituts pour exercer ceux qui enseignent ;

9“ Organisation, entre les professeurs employés dans les écoles de chaque Ktat, d’associations ayant pour but de comparer les différentes méthodes d’enseignement ; et établissement de journaux ou de revues consacrés aux inU'-rêts des écoles;

10“ Faire participer, dans chaque État, aux avantages de ces écoles tous les enfants d’âge à y entrer, en entretenant les écoles, soit entièrement, à l'aide du revenu de leur caisse spéciale, dans les ÉLats où cette caisse existe, et d’impôts, soit par des taxes et une légère rétribution, dont il est fait remise aux indigents, et en fournissant aux enfants pauvres les livres de classe nécessaires. Quelques États ont des fonds considérables à leur disposition pour entretenir leurs écoles.

Le tableau suivant fournit les données statistiques les plus importantes relatives aux écoles publiques, puisées à diverses sources authentiques :

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