CHAPITRE II
Livres et journaux.
On vient de voir de quelles ressources peut disposer l’éducation publique; maintenant, si l’on considère les autres moyens accessoires de réj)andi'e l’instruction supérieure et d’en aider le développement, tels que bibliothèques, cours (^lectures) h la portée du peuple, journaux scientifiques, etc., on peut dire que les États- Unis, bien que nécessairement encore en arrière des vieilles nations de l’Europe, ont fait de grands progrès sous ce rapport depuis quelques années. Il y existe trois bibliothèques publiques contenant plus de 100 000 volumes chacune, dix en renfermant plus de 50 000, et vingt-cinq plus de 30 000.
Le goût de la lecture est si généralement répandu aux États-Unis , que les livres populaires se vendent quelquefois en quantités énormes. La Case de l'oncle Tom s’est vendue jusqu’à 310 000 exemplaires; l’Allumeur de rêvrrhhrcs, à 90 000; les Feuilles de fougère, à 70 000; les OKuvres de Uuf/h Miller^ à 50 000 ; les Merveilles du inonde^ de Sears, à 100 000; les Explorations des régions arctiques^ par Kane, 2 volumes in-8“, à 65 000 exemjjlaires, qui ont rapporté 65 000 dollars (325 000 fr.)
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de droits d'auteur; Hiatcatha, de Longfellow, à 43 000. Il s’écoule peut-être 1000 eAemplaires par jour des livres de géographie de Mitchell; en 1857, il s'était vendu 300 000 volumes des Traités de Mathématiques de Davies; la vente des Readers (Choix de Lectures graduées), de Sanders, avait atteint à peu près le même chiffre; il se vend annuellement de 20 000 à 50 000 exemplaires d’autres livres classiques. Ce sont, toutefois, les livres de Noah Webster qui ont la plus grande vogue: il s’est vendu 35 millions d’ Abécédaires (Elementary spelling Book), et l’on en imprime plus d’un million par au.
vente des dictionnaires de Webster, dont il existe huit abrégés, a atteint un chiffre total de près de 2 millions d’exemplaires, et il se vend annuellement environ 100 000 exemplaires du Dictionnaire élémentaire.
La publication des livres de musique est en pleine prospérité; les ouvrages qui réussissent le mieux sont les collections de musique religieuse, psaumes ou hymnes, les recueils de chansons badines, les livres (le musique à l'usage de la jeunêsse, et les méthodes de musique instrumentale de toute espèce. Collection de llændel et de Haydn, parle D'I^well Mason, publiée il y a trente ans, a eu près de 40 éditions; et les Carmina sacra {Chants sacrés), du même, se sont vendus à plus de 500 000 exemplaires, qui ont rapporté environ 50 000 dollars (250 000 francs) de droits d’auteur.
La Société Biblique américaine a, dans le cours de l’année 1858, mis en cireulation 712 114 exemplaires de la Bible.
II n’est pas de pays au monde où le nombre des publications, des livres imprimés, soit aussi considérable eu égard à la population qu’aux États-Unis, et le développement que cette branche d’industrie a pris depuis 1850 est quelque chose de prodigieux. Les produits de l’imprimerie de toute espèce, en 1850, représente-
raient une valeur marchande de 11352 705 dollars (56 763 525 francs). La valeur seule des livres imprimés en 1860 était de 1 1 843 459 dollars (59 21 7 295 francs), et celle des livres, des journaux et autres ouvrages, de 39 678 043 dollars (198390 21 5 francs).
La fabrication du papier s’est accrue dans la même proportion. L’État du Massachusetts a fabriqué à lui seul, en 1 860, pour 5 968 469 dollars (29 842 345 francs) de papier, ou 58 pour cent de la fabrication totale de l’Union en 1850.
En 1857, on comptait 385 éditeurs de livres américains aux États-Unis. M. S. G. Goodrich, dans ses Mémoires autobiographiques {RecoUec lions of a lifelimé), établit ainsi qu’il suit la valeur des livres qui y ont été imprimés et vendus pendant les années 1820, 1830, 1840 et 1850 :
DÉSIGNATION
Li VT. élémentaires
— classiques. .
— (lethéolopie.
— ilejurisi rurl.
— (le médecine.