LE TEXAS
'exactitude 30 le nom- 1 sur 10employés vières.
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5 tonnage ; à suivre nnel et le aient pas a marine
m. UpMHijn, miiiistre des affaires éii*aiisèi*es,
AifM, Muitrirt, citfU'fféa'ttff'aii'ea aes Éiuts^Vt^is it'Ainéi'iQue in*ès te Teacan*
Washington, 8 août 1843.
Monsieur,
Une lettre particulière d'un citoyen du Maryland, écrite de Londres, contient le passage suivant :
« J'apprends, d'une source qui doit inspirer la » plus entière confiance, qu'un certain Andrews, » député par les abolitionistes du Texas, pour entrer » en négociations avec le gouvernement britannique, » a vu lord Aberdeen , et qu'il lui a soumis son pro- » jet pour l'abolition de l'esclavage dans le Texas; » d'après ce projet , une compagnie anglaise prête- » rail au gouvernement texien une somme sutfisante
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» pour racheter les esclaves , et recevrait en paiement » des terres dans le Texas. J'ai reçu du minisire texieii » l'autorisation de vous dire que lord Aberdeen, alin » de décider le gouvernement tcxien à abolir l'cscla- » vagc, consentirait à garantir à la compagnie l'in- » térôt de l'emprunt. »
Celui qui écrit cette lettre est un homme très-intelligent et très-versé dans les aflaires publiques. J'ai donc tout lieu de croire à l'exactitude de ses renseignements. Néanmoins, il est quelque peu dillicile de comprendre les conditions de la négociation proposée : si l'argent que doit avancer la compagnie était remboursé avec des terres du Texas , ce ne serait pas un emprunt, et la garantie du gouvernement anglais ne serait pas nécessaire. Je crois plus probable qu'il a été fait plusieurs pro[iositions entre lesquelles il y aurait à choisir ; une de ces propositions consisterait en une avance de fonds payable en terrains, et l'autre en un emprunt que le gouvernement anglais garantirait. Mais (|uelles (|ue soient les conditions précises de la proposition , il ne paraît pas y avoir de doute quant à l'objet en vue et (juant à la coopération olferte par le gouvernement anglais.
Nous ne pouvons rester témoins impassibles d'une négociation de cette espèce. 11 s'agit d'un pays dont les territoires touchent aux États de l'Union, propriétaires d'esclr ves, et, si elle se réalisait, elle pourrait créer pour ces États la position la plus dangereuse. Notre devoir est de nous y oi)poser. Si nous n'avions affaire qu'aux abolitionistes du Texas^ cela
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mériterait à peine de fixer notre attention ; leur nombre y est imperceptible, l'opinion publique leur est contraire. Mais s'il est vrai que lord Aberdeen ait promis la coopération du gouvernement anglais, l'atfaire devient grave et doit éveiller toute notre sollicitude. On ne peut supposer en elVet que l'Angleterre ait l'intention de se borner à l'émancipation de quelques milliers d'esclaves texiens. Elle a sans doute des projets ultérieurs plus importants pour elle, et plus intéressants pour nous.
Ce n'est que la première partie de son plan général d'abolition de l'esclavage dans les îles d'Amérique et dans tout le continentaméricain. C'est un plan médité depuis longues années dans l'intérêt de sa puissance coloniale. Les colonies anglaises des Indes orientales et occidentales ne peuvent pas lutter avec le travail des noirs des colonies espagnoles et françaises, des États-Unis, du Texas et du Brésil. L'expérience a démontré que le travail libre ne peut produire ni le coton, ni le sucre, ni le calé. L'Angleterre, si elle parvenait à abolir en Amérique le travail esclave , tarirait cbez ses rivaux la source de la production , et resterait seule maîtresse des marchés du monde.
Voilà le secret de toutes les intrigues britanniques , le but évident qu'elle se propose, quand elle poursuit avec tant d'ardeur et de persévérance l'abolition de l'esclavage. L'Angleterre a aussi un grand intérêt à assurer son influence au Texas, et la situation actuelle de ce pays ne lui permettrait pas de s'y soustraire.
Le Texas, pressé par un ennemi actif qui menace sans cesse ses frontières , voyant son trésor épuisé, son crédit détruit, a besoin de l'appui des autres nations et ne peut l'obtenir qu'à de dures conditions et en faisant de grands sacrilices. Si les États-Unis ne leur viennent en aide, on peut hardiment assurer que l'Angleterre cherchera et parviendra à le réduire à la dépendance d'une colonie, sans se charger toutefois des devoirs onéreux et des responsabilités d'une métropole. L'emprunt que l'Angleterre lui offre pour le décider à l'abolition de l'esclavage, est une démarche significative; le Texas, devenu son débiteur, tomberait sous sa dépendance pendant de longues années. Les États-Unis ont un haut intérêt à contrecarrer de pareils projets. Le Texas est déjà pour nous un acheteur important. Comme ce pays est luimême exclusivement et presque nécessairement agricole, il dépend en grande partie des autres pays pour presque tous les articles manufacturés. Ses sympathies sont maintenant pour nous, et sa position géographique lui permet de trafiquer avec nous plus avantageusement qu'avec aucun autre pays. S'il pouvait être libre et indépendant de fait aussi bien que de nom, sa population et par suite son agriculture et son commerce augmenteraient rapidement; chaque jour il achèterait une plus grande quantité de produits de nos manufactures. Nous sommes donc grandement intéressés à ce que le Texas reste en dehors de l'influence des autres pays. Si on le laisse à lui-même, toutes ses sympathies seront pour nous,
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et il ne commercera qu'avec nous. L'industrie manufacturière des États-Unis n'est pas encore assez ]>rospére pour que le gouvernement néglige de la développer et de lui assurer des débouchés. Elle a atteint maintenant un degré de perfection qui lui permet d'entrer en concurrence à conditions égales, avec l'industrie des autres pays; mais elle ne peut pas se soutenir, si on lui ferme les marchés sur lesquels elle avait compté jusqu'à présent.
Quand nous considérons les manœuvres abolitionistes comme moyen d'obtenir de l'inlluence sur le Texas, nous ne pouvons nous en dissimuler la gravité; l'Angleterre obtiendrait des conditions commerciales plus favorables que celles que les États- Unis peuvent obtenir, et les manufactures anglaises de toute espèce inonderaient le Texas, non-seulement pour l'approvisionnement du pays, mais aussi pour la contrebande au moyen de laquelle on les introduirait facilement dans les États du sud et du sudouest de l'Union, par le tleuve Rouge et par les eaux intérieures de la Louisiane. Ainsi les États manufactiu'iers du nord perdraient non-seulement le marché du Texas, mais encore en grande partie le marché bien plus important de nos États du sud et du sudouest. Ce résultat n'est pas seulement probable, il est presque certain. Il est trop important pour que le gouvernement ne se ftisse pas un devoir de le prendre en grande considération.
La politique anglaise a des procédés qui sont connus; elle commence de loin ses intrigues, puis elle
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s'approche graduellement et avec prudence ; et c'est pour cela même qu'elle manque rarement son but. Ne faisant rien dans le principe pour exciter les soupçons ou pour éveiller la jalousie des autres nations, il arrive souvent que ses plans sont réalisés avant qu'on ait songé à y fiûrc obstacle. Peu lui importe que 12 ou 15,000 Africains du Texas soient esclaves ou libres; mais il lui iuq)orle beaucoup d'inspirer de la sympathie au Texas, d'acquérir un intérêt dans son industrie, des droits à ses faveurs et de s'emparer de sa politique. Les intérêts du commerce et des manufactures des États-Unis souffriront précisément en proportion du succès que l'Angleterre obtiendra. Donc?, il est nécessaire de surveiller de près ses premières démarches, quelque éloignées qu'elles semblent être du but qu'elles poursuivent.
Mais il y a encore un autre point de vue qui nous louche davantage et qui ne laisse pas que de toucher le Texas lui-même. L'établissement , au milieu de nos États à esclaves, d'un gouvernement indépendant prohibant l'existence de l'esclavage, d'un gouvernement dont le peuple est né en grande partie au milieu de nous, a été élevé dans nos mœurs, et parle notre langue, ne pourrait manquer de produire des deux côtés les effets les plus désastreux. Le Texas présenterait un refuge aux esclaves fugitifs de la Louisiane et d'Arkansas 5 ce serait une facilité pour les évasions qu'aucun règlement ne parviendrait à empêcher. Si le gouvernement s'interposait pour la protection des propriétaires d'esclaves, il serait très-
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dinicilc d'éviter les disputes et les collisions. Les citoyens des Étals intéressés ne tarderaient i)as à s'apercevoir qu'il n'y a plus de sécurité, lorscju'un esclave pourra conunettre un crime et se soustraire au châtiment, en mettant entre son maître et lui une ligne géographique; ils se verront condamnés à des alarmes continuelles, obligés d'exercer chaque jour une surveillance pénible et fatigante. On ne peut pas raisonnablemenl supposer qu'ils se résigneraient long-temps à un [)arcil état de choses. Bientùt ils songeraient à se faire justice eux-mêmes; ils voudraient reprendre leurs esclaves de vive force, et envahiraient le territoire du Texas.
Si !e gouvernement des États-Unis prenait en main la cause des propriétaires d'esclaves pour revendi- (juer leurs droits, cela pourrait conduire à une guerre qui serait fatale au Texas; si, au contraire, il s'interposait pour conq^rimer ses propres citoyens, une pareille intervention exaspérerait tous les États à esclaves, et je vous laisse à penser, monsieur, ce que deviendrait la bonne harmonie qui fait la force de l'Union américaine.
La contiguïté des États de l'Union possesseurs et non possesseurs d'esclaves ne présente pas les mêmes dangers. Nous vivons sous le môme gouvernement fédéral ; notre constitution et les actes du congrès garantissent les droits des propriétaires d'esclaves. 11 y a parmi nous un pouvoir auquel les pays à esclaves appelleraient elïicacemcnt, s'ils devenaient l'objet de tentatives d'émancipation ou d'embauchage de la
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part des Étals libres. Alors même qu'il en serait autrement, les États à esclaves seraient disposés à beaucoup de concessions et de patience, afin de ne pas mettre en danger la paix et l'barmonie de l'Union; mais ils n'auraient pas de pareils motifs de patience envers un pays étranger, ils ne pourraient pas avoir le même espoir d'obtenir une réparation pacifujuc. \'is-à-vis le Texas, la (juestion serait simplement de savoir si les propriétaires d'esclaves se soumettraient à des injustices intolérables et ruineuses, ou s'ils se protégeraient par la force. Entre de telles alternatives, il est impossible de supposer (ju'ils hésiteraient un moment.
Il n'y a pas non plus d'analogie exacte entre le Texas et le Canada. Les États à esclaves sont éloignés du Canada, ce qui rend le danger presque nul : d'ailleurs, l'esclave ne peut y arriver par terre sans traverser des États de l'Union.
Je désire beaucoup, monsieur, attirer votre attention sur ce sujet; je vous l'ai présenté sous quelquesuns des points de vue qui ont fortement frappé mon esprit; je le recommande à votre vigilance et à votre sollicitude, l'émancipation des noirs et l'établissement de la prépondérance britannique au Texas seraient pour les États-Unis une véritable calamité.
Je suis, monsieur, votre obéissant serviteur,
A. -P. Upsiiur.
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tre attenluelquesjppé mon et à votre îtablisse- Fexas seimité.
ur,
m. UpftntJR»
Wasliington, 28 septembre 18i3.
Monsieur,
Les négociations de la Grande-Bretagne, au sujet de l'esclavage africain , ont enlin pris un caractère qui réclame l'attention sérieuse de notre gouvernement. Tant qu'il nous a été permis de croire que les efforts tendant à abolir l'esclavage émanaient de particuliers, mus par un sentiment de justice, ou par des idées de pbilantbropie , nous nous somfnes contentés d'abandonner l'issue de la question à la calme raison de nos concitoyens , ainsi qu'à notre constitution et à nos lois. Mais elle prend maintenant un tout autre aspect, et elle se présente sous une forme bien plus redoutable. H y a beaucoup de raisons, et des plus fortes, pour croire que l'abolition de l'esclavage sur tout le continent et dans les îles de l'Amérique, est une question de premier ordre dans la politique actuelle de l'Angleterre. Nous n'aurions pas droit de nous en plaindre, si sa politique ne s'étendait pas au-delà de ses propres États.
Mais si r\nglclcrre est dans l'intention d'étcndro sa Ijoliliquc abolilionislc au\ autres pays, et d'employer son inlhienee pour porter srrieusenicnt atteinl(; aux institutions de la moitié des États de notre Union, nous devons non-seulement à nos intérêts , mais aussi h notre indépendance et à notre dignité, d'adopter innnédiatement une politique (pii contrecarre la sienne.
Les rcmar(jucs faites par lord Hrougham et par lord Aberdeen , dans la Chambre des lords, ont attiré l'attention de notre gouvernement ; les voici :
Texas. Dans la séance de la Chambre des lords, de vendredi 18 août, lord lirougliam a soulevé de la manière suivante la question du Texas et de l'esclavage au Texas, et ses observations sont ainsi reproduites par le Moniing-Clironicle du 40 :
Lord Brougham : « Puis(jue je vois sur son banc mon noble ami le ministre des affaires étrangères , je désire obtenir de lui quelques renseignements au sujet d'un pays dont l'état présente un grand intérêt à l'époque actuelle. Je veux parler du Texas. Le Mexique, dont il a été violemment séparé par les événements de sa révolution, n'a jamais reconnu son indépendance. Mais il est indépendant de facto ; l'Angleterre l'a reconnu comme tel, et nous avons un traité avec lui.
» Il ne faut pas déprécier l'importance du Texas ; il est presque aussi vaste que la France. 11 possède un sol fertile, et il peut donner presque tous les produits des tropiques; son climat est des plus salubres;
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'loiidro sa oinpioyor oiiil(; nux rc Union, Is , nuiis lité, d'aconlrc-
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il a accôs au golfe du Moxi<juo [)ar le llcuvc du Mississipi, avec le(|Uol il oomniuni(pio au nioy(Mi de la rivière Uouyo. (l'csl un |)ays (|ui [)Out pr/'londrc à do grandes dcslinôos. Lno personne de la même profession que moi, arrivée do ce pays, Ui'a assuré cpio, sur une p<)[)ulaliou «(ui ne dépasse pas cent mille Ames, il n'y a pas moins d'un quart de la p0}mlatio4i, ou vingt-cinq mille individus dans un état d'esclavage. Ceci m'amène à la question que je désire poser à mon noble ami. Le Texas ne fait point la traite avec l'Afrique; mais un grand nombre d'esclaves est conslanmicnt imi)orlé dans ce pays. Quoique la niajeuro partie des terres du Texas soit trèspropre au travail des blancs, et, par conséquent, à la culture des hommes libres, cependant le peuple de ce pays, par suite de (fuelque étrange hallucination , ou do (juehjue amour innnodéré d'un gain immédiat, a préféré le travail dos esclaves à celui des hommes libres. Le marché d'où ils tirent leurs esclaves est l'Union américaine. Ils les font venir de la Géorgie, dos Carolines et do la Virginie; ces États expédient au Texas le superilu do leur population esclave (|ui, autrement, leur serait à charge. C'est là surtout ce qui me fait désirer ardemment l'abolition do l'osclavagoau Texas. Car, du moment où il y sera aboli, non-seuloniont ce pays sera cultivé par le travail des hommes libres et dos blancs, mais cette mesure mettra un terme à l'habitude d'élever des esclaves aux États-Unis pour le niarclié du Texas. Il eu résulterait que nous serions appelés à résoudre la
grande queslion de Tabolition de l'esclavage dans les États-Unis d'Amérique; conséquence inévitable de l'abolition de l'esclavage au Texas. Je sais que les Texiens consentiraient à l'abolition de l'esclavage, si nous pouvions, par nos bons offices, décider le Mexique à reconnaître leur indépendance. L'abolition de l'esclavage au Texas doit mettre un ternie à l'un des crimes les plus exécrables (car je ne puis lui donner le nom de commerce) (jui puisse déshonorer un peuple, celui de former, d'élever et de vendre des esclaves. J'es})èrc donc que mon noble ami voudra bien nous donner quelques renseignements sur l'état des négociations et sur la nature des instructions qui ont été données à nolro ministre au Texas. Je ne presserais pas mon noble ami, si les communications que je lui demande pouvaient oll'rir des i uconvénients ; mais je ne doute pas <|ue mon noble ami ne confirme ce que je viens de dire, et j'espère que le gouvernement ne perdra aucune occasion de pousser à l'abolition de l'esclavage, toutes les fois qu'il verra chance de succès. »
Le comte iVAberdeeti a répondu : « iNon-seulement notre gouvernement a reconnu l'indépendance du Texas, mais nous avons aussi conclu avec cette puissance un traité de commerce et un traité pour l'abolition de la traite. Je ne crois pas qu'il y ait importation d'esclaves au Texas par la mer, mais il est \rai qu'il y a une importation considérable d'esclaves des États-Unis. Aussitôt que les négociations ont été ouvertes avec le Texas, nous avons Tait tous nos ef-
âge dans inévitable is que les lavage, si r le Mexi- 3lition de i l'un des li donner lorer un ndre des i voudra Jiir l'état Lions qui s. Je ne lieations énients; !on firme uverneà l'aboi chance
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forts pour mettre fin à la guerre entre le Mexicjuc et le Texas; je vous annonce avec plaisir que déjà nous avons obtenu un premier résultai iinportant : Grâce à noire intervention, un armistice a été établi entre les deux puissances, et j'espère que cela amènera la reconnaissance complèto de l'indépendance (lu Texas par le Mexi(iue. Je n'ai pas besoin de dire que le gouvernement n'épargnera rien pour arriver au but indiqué par mon noble ami. Personne n'est plus que moi désireux de voir l'abolition de l'esclavage au Texas : et si je ne puis pas consentir à produire des documents, on à donner de plusanif pies renseignements, ce n'est pas par indifférence, mais par un molillout opposé. Je compromettrais les résultats que je poursuis, si je faisais connaître l'état actuel de ces négociations ; mais je puis donner l'assurance à mon noble ami que les ministres de S. M. négocieront activement et mettront en œuvre tous les moyens qui sont en leur i)ouvoir pour atteindre leur but. »
Lord Brougliam fit observer que rien ne pouvait être plus satisfaisant ({ue la déclaration de son noble ami , et qu'elle serait accueillie avec joie par tous f ceux qui sont favorables au but que se proposent les sociétés abolitionistes.
Le langage attribué à lord Brougliam est parfaitement clair. Lord Brougliam est hostile, en principe, à l'esclavage, et il désire l'abolir partout. Néanmoins il voudrait, avant tout, l'abolir au Texas, parce que son abolition au Texas devrait nécessairement , sui-
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vaut lui, entraîner l'abolition' aux États-Unis. Il n'ignorait pas, sans doule^ que le gouvernement britannique avait entamé des négociations sur ce sujet avec le Texas ; il exprime le vif intérêt qu'il prenc' à leur succès. Il désire savoir quelle est la nature des instructions données au ministre britannique , el jusqu'à quel point il est probable que les négociations aboutiront. Lord Aberdeen, refusant de donner les renseignements demandés par lord Brougham , parce qu'ils pourraient porter préjudice aux négociations, l'assure que les ministres de S. M. activeront l'affaire, et qu'ils emploieront tous leurs cîT<>;^s -'ir arriver à leur but. Lord Aberdeen a-t-il entendu parler de l'abolition de l'esclavage au Texas seulement? Il est permis d'en douter. Lord Brougbam avait parlé de l'abolition de l'esclavage aux États-Unis comme devant être la conséquence nécessaire et principale de l'abolition de l'esclavage au Texas; lord Aberdeen répond que le gouvernement de S. M. fera tous ses efforts pour amener les résultats qu'espère son noble ami. Il est bien clair que l'abolition de l'esclavage aux États-Unis était le résultat le plus important qu'espérait lord Brougham , et il n'est pas déraisonnable de supposer que c'était aussi l'objet principal que lord Aberdeen avait en vue. Il est évident que lord Brougham l'a compris ainsi ; car il déclare que les paroles de lord Aberdeen sont parfaitement satisfaisantes et qu'elles seront reçues avec joie par tous ceux qui sont favorables au but que se proposent les sociétés abolitiomsles... Ce but est l'émancipation universelle. Lord
its-Uiiîs. II ncment bii sur ce sujet j'il prcnc* à nature des nniquc, el légociationîî donner les lam , parce L'gociations, veront J'aC-
endu parler ilement? Il avait parlé Jnis comme t principale d Aberdeen 5ra tous ses li son noble l'esclavage rtant qu'esaisonnable ncipal que t que lord le que les lent satis- ►' tous ceux ociétés aboseUe, Lord
Aberdeen déclare s'y associer. Cela me paraît résulter de sa réponse; elle contient l'aveu des projets de la Grande-Bretagne, projets menaçants pour les États- Unis d'Amérique.
Il nous répugne à croire qu'il entre dans la politique de l'Angleterre de porter atteinte aux institutions de la moitié des États de l'Union. Néanmoins je ne puis voir avec indifférence de telles déclarations , quand elles sont faites par ses principaux bommes d'État et avec l'entière autorisation de son gouvernement. J'y attaclie d'autant plus d'importance qu'elles se rapportent parfaitement aux renseignements que nous avons reçus par d'autres sources , et qui toutes tendent à établir que la politique de l'Angleterre, au sujet de l'abolition de l'esclavage, n'a pas le Texas seul en vue. Nous ne saurions permettre à aucun gouvernement étranger d'intervenir directement ou indirectement dans les institutions établies aux États-Unis ou dans aucun des Etats de l'Union; le seul soupçon d'un pareil dessein est de nature à exciter, et, dans le cas actuel, il a réellement excité une sensation profonde.
Pour que lord Aberdeen avoue ses projets avec autant de francbise, il faut ou qu'il ait la confiance du succès qui accompagne ordinairement les mesures bien concertées, ou qu'il suppose que nous n'aurons ni la volonté ni le pouvoir de nous y opposer. Quoi qu'il en soit, il est du moins nécessaire que nous sacbions nettement et distinctement jusqu'à quel point nos justes appréhensions sont fondées.
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Quand môme les projets de la Grande Bretagne ne regarderaient que l'émancipation des noirs du Texas, nous ne pourrions pas les regarder avec indifférence. Si nous n'avons pas le droit d'inlluencer ou de diriger sa politique à l'égard de ce pays, l'Angleterre ne peut se plaindre des mesures que sa politique nous forcerait de prendre pour notre sécurité ou pour nos intérêts. Quoique lord Brougham puisse se tromper en supposant que l'affranchissement des esclaves du Toxas amènerait nécessairement l'affranchissement ' esclaves des États-Unis, il n'en est pas moins cci .in que l'abolition de l'esclavage au Texas serait un danger sérieux, immédiat pour les Étals contigus.
Si le Texas , de son propre mouvement , croyait devoir abolir l'esclavage, les États-Unis, tout en regardant cette mesure comme pouvant affecter leurs intérêts, n'auront pas le droit de se plaindre. Mais, si l'abolition est imposée au Texas par un gouvernement étranger, s'il cherche à le déterminer, malgré ses idées et ses vœux à adopter une politique qui ne peut que nous être hautement préjudiciable, nous avons droit d'intervenir et de nous opposer.
Ainsi, il est d'une grande importance que notre gouvernement soit pleinement et exactement informé des intentions ot des mesures du gouvernement britannique au sujet de l'esclavage africain de ce côté de l'Atlantique. Il faut que nous sachions positivement si l'Angleterre a ou non le dessein de susciter l'abolition de l'esclavave des nègres au Texas, et
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aussi dans les États de notre Union ; quels sont les moyens qu'elle se propose d'employer pour arriver à son but. Vous verrez à quelle source vous pouvez vous p' tcurer les meilleurs renseignements. Il est probable que vous pourrez apprendre beaucoup de choses par le chargé d'affaires du Texas à Londres. Comme ce pays et les États-Unis ont un intérêt commun dans les questions engagées , il y a tout lieu d'espérer que leurs gouvernements pourront s'entendre. On peut encore obtenir beaucoup do renseignements des particuliers et des procèsverbaux des séances des sociétés abolitionistes. Néanmoins toutes ces sources sont d'une nature secondaire et auxiliaire. Nous avons droit de nous adresser directement à lord Aberdeen lui-même. Les relations amicales qui subsistent entre les deux pays nous permettent d'espérer qu'il s'expliquera sur un point qui touche de si prés à nos intérêts. Nous devons aussi au gouvernement britannique de lui donner l'occasion de dissiper des soupçons que nous croyons bien fondés, par un désaveu positif de desseins incompatibles avec la bonne harmonie des deux pays, et en opposition avec les sentiments d'amitié qu'ils professent l'un pour l'autre.
Vous saisirez donc la première occasion pour demander des explications à lord Aberdeen.
Je voudrais que vous fussiez bien pénétré de l'absolue nécessité d'observer avec soin les faits et gestes du gouvernement britannique sur ce sujet important
et délicat, et d'obtenir des renseignements complets et exacts sur ses intentions et ses desseins. Vous vous empresserez de me les transmettre , et ils nous serviront à nous fixer sur la politique que nous devons suivre, sur les mesures que nous devons prendre dans cette matière qui touche aux intérêts vitaux du pays.
Je suis , monsieur, avec respect, votre obéissant serviteur.
A. -P. Upshuu.
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Wasliiuglon, 28 scplcmbic 1813.
Monsieur,
Ma dépêche publique datée d'aujourd'hui appelle voire attention sur la tentative que le gouvernement anglais (nous avons du moins tout lieu de le croire) fait en ce moment pour amener l'abolition de l'esclavage au Texas et aux États-Unis. Je n'ai pas cru devoir insérer dans cette dépêche toute la pensée du gouvernement. Pour que vous compreniez bien le degré d'importance qu'il attache à la question, je vais, dans cette dépêche confidentielle, vous indiquer quelques-unes des faces les plus importantes sous lesquelles nous l'avons examinée.
Il est impossible de supposer que l'Angleterre soit mue dans cette affaire par un pur sentiment de philanthropie. Son but est indubitablement de ranimer l'industrie de ses colonies des Indes orientales et occidentales, de trouver de nouveaux débouchés pour ses manufactures, et de détruire autant que possible la rivalité et la concurrence des manufactures des États-Unis. Il est plus que probable que l'abolition de l'esclavage africain dans le monde occidental amé-
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lierait CCS résultais. En tous cas, le plan se prcsenlc sous des dehors assez avantageu\ pour avoir altir»' toute l'attention des hommes d'État anglais, et il mérife, par la même raison, d'attirer la notre.
Il est reconnu que la constitution physique do l'Africain s'adapte bien mieux que celle des Européens aux climats des tropiques. Dans les régions de l'Amérique, qui sont les plus convenables à la production du sucre, du colon et du riz, le travail des blancs ne peut être employé que d'une manière limitée. Si l'Angleterre pouvait les produire au lieu d'être forcée de les acheter, ce serait pour son peuple un soulagement incalculable j mais ses colonies émancipées manquent de travail ou sont forcées de le payer à des prix excessifs. L'Angleterre a donc intérêt direct à abolir l'esclavage dans des pays où le travail des esclaves rend la production plus abondante et moins coûteuse.
Elle a besoin de se créer de nouveaux débouchés pour les produits surabondants de ses manufactures. Les nations indépendantes et assez puissantes pour soutenir leur politique, ne sont pas disposées à lui accorder des avantages commerciaux sans équivalents. Le Texas n'est pas dans celte position -, il est obligé d'accepter les conditions les plus mauvaises, si l'on en fait le prix de son existence comme nation. Il n'y a donc pas lieu de croire que l'Angleterre se bornera à demander à ce pays la simple abolition de l'esclavage. Elle exigera en retour de sa médiation et de sa protection un avantage plus substantiel , et cet
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