‹ Les Etats-Unis d'Amérique et l'Angleterre [microforme]Chapitre 14 sur 19 · IP · texte numérisé non relu

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gouvernement. Si donc l'esclavage est aboli, la race la plus faible doit disparaître. Aux Ktats-tnis, la race la plus faible, la moins nombreuse, c'est la race esclave. Où fuirnit-elle? Serait-ce dans les États libres voisins; mais ces Ktals les recevraient-ils? Qu'on ne perde pas de vue (ju'ils sont maintenant au nonibre de deux millions et demi, et les nègres libres au nombre de près de 400,000 ; presque tous sont pauvres. Il n'y a pas d'État sage qui voulut se charger du fardeau d'une telle population. Le travailleur blanc ne soulfrirait pas leur concurrence ; il ne c msenlirait pas à travailler cote à cO)lc avec une race ( trangère et dégradée. Ce n'est pas là une simple prévision; c'est une vérité déjà prouvée par ce qui s'est passé dans nos principales villes il y a quelques années. Mais en supposant même qu'on permette aux noirs émancipés de prendre leur part dans les travaux du pays, ce travail ne tarderait pas à être regardé comme étant sa sphère propre et indigne des blancs. iNous devons ajouter que la race africaine, existant en masse comme honuues libres, dans des pays dont les gouvernements et les lois ne reconnaîtraient aucune différence de couleur, ne tarderait pas à être mécontente de se voir exclue de tout droit politique, ou des avantages sociaux et des privilèges civils, qui sont accordés aux blancs. H est facile de s'imaginer les discordes et les contestations qui résulteraient de cet état de choses, et l'effet qu'il aurait sur la ii'anquillité et la prospérité du pays. La question est encore intéressante ^^ous un autre

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point de vue. Quel effet produirait sur l'industrie productive du sud la cessation de tout le travail d'un million et demi de ses habitants? C'est pres((uc lu moitié de la population entière des Ktals possesseurs d'esclaves. Il n'est pas possible de supposer que le travail des blancs viendrait bientôt les remplacer. S'il n'y avait pas d'autres dilïicultés, le climat seul formerait un obstacle insur tQontable. Les esclaves font presque tout le travail agricole du sud. Retirez ce travail, et les champs resteront incultes , les terres n'auront plus de valeur. L'immigration, si rapide (|u'on la suppose, serait impuissante pour sauver le pays de sa ruine.

Le mal ne s'arrêterait pas aux États possesseurs d'esclaves. Une grande proportion, probablement les trois quarts au nioins, des exportations des États- Unis sont directement ou indirectement le produit du trr.vail des esclaves. Il faudra que nous cessions d'importer quand nous cesserons d'exporter. Le trésor que nos douanes alimentent se trouverait tari. Le trésor ne pourrait plus faire Aice aux dépenses nécessaires pour l'administration civile, pour ses relations avec l'étranger, pour ses moyens dedéfenseen temps de guerre; il faudrait recourir aux impôts directs, si peu en harmonie avec les principes de notre constitution , et que le peuple n'accepterait pas. La destruction d'une si forte partie de l'agriculture du pays entraînerait au même degré celle de son commerce et de sa navigation, et l'appauvrissement du peuple, qui en serait la suite, lui ôtcrait les moyens

AS et la volonté de payer (juelquc taxe que ce fut. Si un pareil état de choses prévalait, ne fut-ce même que pendant un an, les conséquences en seraient désastreuses.

Les vastes capitaux qui sont engagés maintenant dans la manufiiclure des cotonnades perdraient de leur valeur, à mesure (|ue diminuerait le travail qui produit les matières brutes. Les chemins de fer, les canaux, (pii doivent leur création à la prospérité générale du pays, ne survivraient pas au coup terrible qui aurait atteint la prospérité commerciale , industrielle et agricole. Il est impossible d'évaluer jusqu'où iraient la soulVranco et la ruine qui suivrait l'émancipation des esclaves, si elle avait lieu autremenjt que i)ar la volonté et le concours libr 'es États possesseurs d'esclaves, et qui seuls pou vent juger quand elle sera praticable, et connncntilspourront remplacer les esclaves par des travailleurs libres. Tels sont les résultats (juc désire ardemment l'Angleterre; elle aurait anéanti pour toujours la concurrence que lui font aujourd'hui le commerce, les manufactures et la navigation des États Unis.

Examinons les elVets de l'abolition de l'esclavage , si elle était limitée au Texas.

11 est évident qu'on ne pourrait pas facilement maintenir l'esclavage dans les États de l'Union conligus à un pays où il aurait été aboli , surtout quand ce pays est habité par un peuple de la même race , parlant la môme langue, ayant les mêmes mœurs, et à peu près les mêmes institutions. Nos États posses-

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Ai) scurs d'esclaves sont sépares des Canadas par plusieurs Klals non possesseurs d'esclaves. La constitulion des Klals-tnis leur impose certaines obli^'alions qui assurent les droits des propriétaires d'esclaves. L'esclave en l'uite a donc beaucoup de cbances contre lui avant d'arriver jus(|u'au Canada.

Le Texas se trouve immédialenient sur la frontière de la Louisiane et d'Arkansas. L'esclave n'aurait <pi'à traverser la Sabine ou la riNièrc Uougc pour se trouver libre. Toute la vigilance (pie le maître pourrait exercer, en y ajoutant même une discipline plus dure qu'il ne le voudrait lui-même, savint impuissante. Ln peu d'années, une grande partie des esclaves voisins de la Irontière cbercberaieui un refuge au Texas; et, quant aux auties, le mécontentement et une dangereuse insubordination les rendraient inutiles. C'est à (pioi le possesseur d'esclaves ne voudrait ni ne pourrait se soumettre ; de là des collisions, des engagements, la guerre.

J'ai déjà fait remarciuer que l'Angleterre ne se contenterait pas de l'émancipation des noirs au Texas. Son conmierce cxtérieui' est une de ses conditions d'existence, et, par conséquent, le principal but de sa politique est d'obtenir des traités de commerce avantageux, il n'y a pas de doute qu'elle demanderait, qu'elle obtiendrait l'admission de ses produits manufacturiers dans les marcbés du Texas, à des condilions privilégiées. Ainsi, ces marcbés seraient perdus pour le manufacturier américain. Ceci ne serait pourtant pas encore le plus grand mal . Les marchan-

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dises de fabrique anglaise seraient expédiées dans ce pays en vue d'élre introduites en contrebande aux États-Unis. Ce serait la chose du monde la plus facile, et notre gouvernement n'aurait aucun moyen de l'empêcher. En peu de temps, nos États du sudouest, et même toute la vallée du Mississipi seraient inondés de marchandises anglaises, introduites en contrebande par les frontières et prenant la place d'un nombre égal de marchandises qui sont fournies maintenant par le manufacturier américain. Le revenu public perdrait la totalité des droits sur tous les articles de contrebande, et nos intérêts de navigation soufîriraien û

Tels sont, je nen saurais douter, les desseins de l'Angleterre : elle ose avouer sa prétention d'intervenir dans les affaires politiques de l'Amérique de manière à conserver ce qu'elle veut bien appeler la balance du pouvoir, parmi les différents États américains. Elle aspire à une prépondérance commerciale dans le golfe du Mexique. Nous mériterions le sort qu'elle nous réserve, si nous négligions les avertissements que nous avons reçus des événements passer, et si nous restions témoins impassibles des événements qu'elle prépare.

L'esclavage, aboli au Texas, ne pourrait longtemps se maintenir à Cuba. L'Angleterre a un motif puissant pour détruire la concurrencée du travail des esclaves dans cette 'le comme dans toutes les autres partie" du monde, et elle n'est pas à l'abri du soupçon de l'avoir déjà essayé. L'Angleterre est créan-

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cière de l'Espagne; clic demandera qu'on lui livre Cuba en paiement de sa créance.

j Elle tiendrait alors la clef du golfe du Mexique , I dont elle dominerait le commerce, si elle ne parvenait pas à s'en attribuer le monopole.

Qu'on ne croie pas que les États-Unis d'Amérique acceptent stoïquement la prépondérance de l'Angleterre au Texas et l'abolition de l'esclavage; cette institution, bonne ou mauvaise au point de vue spéculatif, existe dans douze de nos États et dans le territoire de la F'oridc; elle se lie avec leur législation , leurs mœurs, leurs intérêts, leurs babitudes soc'.ales ; son abolition serait une révolution et elle ne pourrait s'accomplir que par une révolution.

Il serait impossible de prévoir à l'avance toutes les conséquences qu'aurait, aux 'Uats-Unis d'Aruérlpue, l'abolition de l'esclavage. Jamais un bomme d'État prudent ne consentira à tenter volontairement une aussi dangereuse épreuve.

Quant aux attaques venant du debors, il faut que l'Angleterre sacbe bien que nous ne sommes pas disposés à les souffrir ; que nous ne permettrons pas à une puissance étrangère de s'immiscer dans notre régime intérieur, et de porter atteinte à notre souveraineté.

Je suis, monsieur, votre obéissant serviteur.

A. -P. Upsuur.

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Raiiiiorl; du Comité militaire de la Clr^mbre des reprëseiitaiits sur VOi*égat%,

Le comité militaire de la Chambre des représentants a établi, par des documents diplomatiques et historiques, le droit des États-Unis sur l'Orégon , et a justifié l'allégation du président dans son message du 4 mars, que ce droit était clair et incontestable.

Il a ensuite donné une statistique intéressante de rOrégon , de son climat, de son sol , de ses productions, de l'importance de son occupation pour le commerce, la marine et la puissance des États-Unis-.

11 conclut à l'établissement immédiat de deux forts sur le Missouri et à l'embouchure de la Columbia.

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