‹ Les Etats-Unis d'Amérique et l'Angleterre [microforme]Chapitre 19 sur 19 · COMMERCE, NAVIGATION · texte numérisé non relu

COMMERCE, NAVIGATION

Le commerce des fourrures et la pêche de la baleine sont les deux meilleures écoles de la marine américaine.

Lu voyage pour le commerce des fourrures dure ordinairement trois ans ; un voyage pour la pèche de la baleine dans le nord de la Mer-Pacilique , au moinsdeuxans. Les diflicultés, les périls, la longueur de la navigation, forment d'excellents marins.

Une vaste rivière, la Columbia, qui, avec ses aflluents, traverse tout le territoire do l'Orégon, oifre une rade pour les navires.

Les cotes de l'Orégon sont à vingt ou trente jours de mer des côtes du Pérou et du Chili ; à soixantedix ou quatre-vingts jours delà Chine-, à trente jours

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des îles Sandwich, que l'on peut appeler les Antilles de rOcéan-Pacifique.

L'Angleterre aura bientôt des établissements considérables et permanents dans les îles de la côte orientale de la Chine.

On assure que des négociations ont lieu entre l'An gleterre et le Mexique , au sujet de la cession absolue ou conditionnelle de la Californie.

Si l'Angleterre ou la Compagnie de la baie d'Huclson venait à s'emparer des îles Sandwich, les Étals- Unis ne pourraient protéger leur commerce avec l'Océan-Pacilique, qu'en s'établissant fortement à l'embouchure de la Cokunbia. Le passage de la baie offre des dilïicultés 5 mais des bateaux à vapeur, de la forme de ceux dont on se sert sur le Mississipi, en viendraient à bout.

On a découvert des passes commodes, à l'aide desquelles on peut franchir sans peine la partie du territoire qui sépare les sources du Missouri et de la Columbia.

On peut prédire que, dans peu d'années, un mois suffira pour que le négociant de New-Bedford et de Nantueket reçoive sa cargaison de fourrures, qui, lorsqu'elle doit doubler le cap Horn , ne lui arrive qu'après cinq mois.

Les miracles que la navigation à vapeur a produits dans notre pays nous permettent d'aîïirmer que celle prédiction s'accomplira.

Notre navigation avait, au 1" octobre 1841 , 627 navires jaugeant 188,032 tonneaux , employés à la

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pêche de la baleine sur la côte septentrionale de la Mer Pacifique.

Les États-Unis ont importé en 1839 pour 7,596,043 dollars d'huile et de côtes de baleine; en 1840, pour 7,i20,96i.

En 4821, les États-Unis avaient exporté pour la Chine des fourrures, pour une valeur de 340,991 dollars ; en 1839, pour 40,000 dollars.

Celte diminution est due à l'autorisation donnée au\ Anglais par la convention de 1818, de chasser et trafiquer avec les Indiens dans l'Orégon.

Ils se sont emparés du commerce des fourrures avec la Chine, à notre détriment.

Il est temps que nous reprenions ce qui nous appartient, si nous ne voulons nous voir définitivement dépouillés par la compagnie de la baie d'Hudson.

En conséquence, le comité propose d'établir deu.v loris, l'un sur le Missouri, l'autre à l'embouchure (le la Cokimbia; de leur donner une garnison qui ne pourra pas excéder 1,400 hommes.

Il demande^ pour faire face aux dépenses, un crédit de 25,000 dollars.

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Du 30 octobre 18ii.

M. LE Président

J 'espère pouvoir vous remellrc, pour que vous le transmettiez au congrès avant son ajournement, le rapport du jeune et brave lieutenant Fremont , qui est récemment revenu de son voyage d'exploration de notre territoire à l'ouest des Montagnes-Rocheuses.

Depuis la première expédition de Le^vis et Clark, beaucoup de voyageurs ont traversé les Montagnes- Rocheuses; des familles entières émigrent aujourd'hui avec tous leurs bagages et ustensiles domestiques, et, après un voyage qui ne présente aucune dilïîculté sérieuse, viennent trouver une nouvelle patrie dans la riche vallée de la Wallamette (1).

Les prétentions d'une nation étrangère sur le ter-

(l)Dans la séance de la Chambre des représentants, du 28 janvfer 1845, M. Pratt, député de New-York, a présenté un mémoire de M. Asa Whitney, riche négociant à New-York, demandant la construction d'un chemin de fer, qui partirait de l'ouest du lac Michigan, tra-

ritoire à l'ouest des Montagnes-Rocheuses ont empêché jus(|u'ici le congrès de l'ériger en gouvernement. Je ne verrais, pour mon compte, aucune abjection à celte mesure, que juslitie un droit évident; néanmoins, c'est sur un autre sujet, plus à notre proximité, (pie je veux appeler votre attention.

Les vallées des rivières Platle de Jellocostone, sources de l'Arkansas, présentent une grande étendue de terres fertiles. La Plalto ou Nabraska, se trouvant au centre et condïiisanl au grand passage méridional des Montagnes- Rocheuses, donnerait naturellement son nom au territoire qu'on se proposerait d'ériger en gouvernement, avant d'établir des postes militaires de ce côté. Le gouvernement de Nabraska ne comprendrait que le territoire non contesté, à l'est des Montagnes-Rocheuses.

La ligne séparative commencerait à l'embouchure de la rivière Kansas, remonterait le Missouri jusqu'à l'embouchure de la rivière Running-Water, se poursuivrait jusqu'à la source de la branche septentrionale de cette rivière, et de là, à l'ouest, à la rivière Wind. Là, tournant au sud-ouest, la ligne séparative continuerait le long de la rivière Wind et de la prin-

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verserait les Montagnes-Rocheuses et aboutirait à la partie navigable de la Columbia, clans l'Oiégon.

Ce projet gigantesque, qui ouvrirait un passage occidental entre l'Europe et l'Asie , et mettrait New- York à trente jours de distance de la Chine, a reçu un accueil favorable de la Chambre des représentants, et elle en a renvoyé l'examen à son comité des chemins et canaux.

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t'ipale chaîne des Montagnes-Rocheuses jusqu'aux sources des rivières Arkansas, Neosho et Osage.

La partie orientale renfermée dans cette ligne, à l'ouest du Missouri, offre une étendue de terres propres à la culture, de 250 milles, parfaitement boisées, et aussi fertiles ([uc les terres les plus fertiles (lu Missouri.

On rencontre ensuite des prairies d'une étendue de 400 milles, couvertes d'une herbe épaisse de la meilleure qualité, et se prolongeant jusqu'aux neiges des Montagnes-Rocheuses 5 les limites de ce territoire renferment la dernière partie navigable de l' Arkansas, tous les points de communication avec la Californie la route de notre frontière aux frontières du Mexique et à Sanla-Fé, et le passage le plus direct qu'on ait jusqu' ici découveit pour se rendre à l'Orégon , à 150 milles au sud du giand passage niéridional.

Quoique le nombre des habitants ne sulïise pas encore pour l'ériger en gou\ernemenl, nous pouvons cependant lui assurer, dés à présent, l'inlluence et la protection du gouvernement fédéral, et l'organiser de manière à ce qu'il puisse à son tour protéger nos émigrants, lorsqu'ils traverseraient son territoire pour se rendre dans rOrég<»ii. Lorscjue ce territoire sera organisé, ([u'une force militaire sera placée au sommet des Montagnes-Rocheuses , à la source des grandes rivières qui viennent se décharger dans le golfe du Mexique et dans l'Océan-Pacifique, nos droits sur l'Orégon ne seront plus à l'état d'une vaine et stérile prétention.

Le territoire île Nabraska enverrait au besoin des troupes dans l'Orégon, qui lutteraient avec avantage contre les troupes (lu'une puissance débarquerait sur les cotes de l' Océan-Pacifique.

Des travaux faits sur la Columbia empêcheraient une force navale d'y pénétrer; nosémigrants seraient en sûreté dans la vallée de la Columbia ; ils s'y établiraient d'une manière permanente, et le temps n'est pas loin où nous aurions, à notre tour, sur l'Océan-Pacilique, une marine sulfisantc pour nous faire respecter.

C'est dans ce but, et connue mesure préliminaire, que je demanderais 100,000 dollars, afin d'établir des postes militaires depuis le Missouri jusqu'aux Montagnes-Rocheuses.

Le Congrès a adopté les conclusions du rapport et a organisé par une loi le territoire de Nabraska.

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C'est un triste spectacle pour la France, que ces luttes d'influence, ces querelles de territoire entre l'Angleterre et les États-Unis d'Amérique, sur le continent américain.

La France possédait autrefois la Louisiane, et c'est comme dépendance de la Louisiane que les Étals- Unis réclament la réannexion (1) du Texas.

(1) Expression du président M. Polk , dans son message du 4 mars.

inairc, établir qu'aux

La France possédait le Canada, et Ton peut considérer une partie do l'Orégon comme une dépendance du Canada.

C'est donc en son nom, avec ses titres, que l'Angleterre et les États-Unis se disputent son héritage.

La France, qui a perdu successivement ses colonies de l'Inde et de l'Amérique, l'Ile-de-France, la Louisiane, le Canada, Saint-Domingue, la France est réduite à un rôle passif; elle n'a que le choix des sacrifices

Vaut-il mieux pou»' elle que le Texas et l'Orégon appartiennent à l'Angleterre on aux Étals-Unis?

Ce fut pour la soustraire à l' Angleterre que Napoléon, en 4802, céda la Louisiane aux États-Unis.

Mue par les incnies sentiments, la France doit souhaiter que les États-Unis s'annexent le Texas, pour que le Texas ne devienne pas une dépendance de l'Angleterre; que les États-Unis occupent l'Orégon, pour que l'Orégon ne soit [yas occupé par l'Angleterrc.

Entre les Étals-Unis pour qui nous avons combattu, (jue nous avons aidés à conquérir leur indépendance contre rAnglelcrre; entre les Étals-Unis nos futurs alliés et l'Anglclerre cpii nous a enlevé nos colonies, (jui a détruit notre marine, que nous avons combattue pendant des siècles, cl que nous aurons à combattre encore, la France ne peut hésiter.

Que le Texas et l'Orégon appartiennent donc aux États-Unis, puisqu'ils ne peuvent appartenir à la France.

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Que les Ktals-Unis accioissent leur population et leur territoire , qu'ils augnionteut leur commerce maritime, leur marine militaire.

Mais ((ue la France, à son tour, conserve avec soin les débris do sa puissance coloniale; qu'elle s'allie étroitement avec les États-Unis, l'Espagne, le Brésil, les puissances du nord; qu'elle s'efforce d'augmenter son personnel et son matériel maritimes, et un jour, peut-être, elle prendra sa revanche d'Aboukir, de Tralalgar et de Waterloo.

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