SES
Je viens vous entretenir quelques instants, en dehors de toutes prétentions oratoires, de celles de ces causes qui se rapportent le plus directement à l’émigration ; et la première de toutes est sans contredit l'accueil que reçoit l’émigré sur le sol des Etat-Unis, l’encouragement que ceux-ci donnent à l’immigration.
Vous êtes-vous jamais posés en face de ce problème de psychologie nationale, et même sociale, acquérant, par les proportions gigantesques des facteurs qui le composent, une difficulté, une complication correspondante de mise en pratique et de solution : Encourager, adopter, rendre sien l'étranger qui vous arrive, le cœur tout ébranlé des adieux qu’il a dû faire à son clocher, à ses parents, à ses amis, à ses habitudes, à sa patrie, et par-dessus le marché, l’âme broyée, peut-être même ulcérée, par le dénuement et la misère, tandis que son esprit est.sans boussole en face de la destinée qui peut bien l’attendre sous les cieux nouveaux qu'il aborde ?
Une nation généreuse et riche peut bien donner l’hospitalité à quelques centaines, mettons quelques milliers d'étrangers malheureux. Mais lorsque c’est par millions et par millions que ces étrangers se comptent, quand les arrivages se succèdent et se superposent en quelque sorte les uns aux autres par couches.ininterrompues, et que la den: sité de leur progression se combine avec la variété de leur origine ; avouez-le, en y réfléchissant, l'accès à la vie, l'accès au travail, l'accès à l’espoir, à l’aisance, à la liberté digne de l'être humain, dans des conditions si colossales, c’est bien positivement un problème.
Je n’entreprendrai pas de vous en donner la clef par un
ATDEEREE