‹ Les États-Unis d'AmériqueChapitre 34 sur 139 · L'AMBITION DE SEATTLE T · texte numérisé non relu

L'AMBITION DE SEATTLE T

ferme géante, limitée seulement à l'horizon par la majestueuse silhouette blanche du mont llood ou la parure des monts Olympe; et ces troupeaux démontons, et les (leurs dans ces jardins: et ces villas, posées comme des loges, à mi-côte, pour les représentations quotidiennes du soleil couchant noyé dans la splendeur du ciel, des nuages et des eaux confondus; ces villas, beaucoup plus simples, non moins jolies que celles de Californie, ces cottages aux deux étages de vérandas, disparaissant, au rezde-chaussée, sous les massifs de rhododendrons, et, jusqu'au toit, sous des cascades de roses g ri m pan tes ! Et l'activité de ces ports, où les scieries débitent à quai les convois invraisemblables de bois flottants que le couranl un des remorqueurs leur amènent de la montagne, où les vaisseauxchargent etdéchargent en quelques heures, où chaque transport est approprié à la nature de son chargement. Et les forêts rectilignes de houblon, et les régiments de pommiers, et la cueillette de ces pommes I Là encore, par la méthode, pour économiser du temps et des soins, à quelle supériorité sur l'Europe le cultivateur des États de Washington et de l'Oregon est-il arrivé ! Ces pommes, célèbres, à bon droit. Sont cueillies par un peuple de jeunes gens, mobilisés pour en finir sans

retard, et perchés Sur CCS échelles i n géO ieuses que

je recommandé à nos populations de .Normandie et du Maine. Nous avons la mauvaise habitude d'abattre les pommes, je ne dirais pas comme on garnie les noix, mais sans précaution et au grand dommage des récoltes à venir; les Américains, au contraire, les cueillent à la main, en se servant d'échelles spéciales: il- n*' bc cOntentenl pas de les cueillir a\< .

méthode, ils en surveillent le développement, à peu près comme nos viticulteurs surveillent leurs vignes ; ils sulfatent la fleur ouverte ; ils obtiennent ainsi dans leurs récoltes une abondance et une régularité remarquables. On me montre des pommiers de cinq ans qui ont donné chacun des centaines de grosses pommes. J'en parle parce que nous pourrions profiter de ces progrès. Nos ancêtres ont importé au Canada leurs pommiers qui, de là, se sont répandus partout avec une faveur et un succès extraordinaires; cependant, ces pommiers émigrés ont subi dans le nouveau monde le même sort que dans l'ancien, ils ont dépéri ; considérés comme finis, on les abandonnait, lorsque de jeunes propriétaires entreprenants que je connais ont découvert le moyen de les traiter et de les régénérer. En sorte que les pommiers euxmêmes, aujourd'hui, sont animés de l'esprit de Seattle; l'Amérique devient le pays du monde qui, non seulement consomme le plus de pommes, mais qui en exporte déjà et qui en exportera les plus grandes quantités. C'est une question d'org^msajrim . Les Américains savent s'organiser. S'il était possible de distinguer par un mot le tempérament du Français et celui de l'Américain, je dirais que le premier a plus de soin, mais le second plus d'organisation. Cela est vrai pour combien d'autres produits. Je connais en France, un vieil apiculteur qui vient d'abandonner ses ruches, alors que celles des Américains vont chaque jour en se perfectionnant et en se multipliant.

Ainsi l'organisation, qui ne remplace pas le soin et encore moins l'amour du paysan français pour son coin de terre, arrive pourtant à y suppléer, comme

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