‹ Les États-Unis d'AmériqueChapitre 43 sur 139 · II. L UNIVERSITK l)K ItOULDKR · texte numérisé non relu

II. L UNIVERSITK l)K ItOULDKR

J'ai quitté Colorado Springa par une radieuse matinée de printemps. La ville était en fêfe; de

toutes les maisons sortaient des enfants en toilette ou en costume neuf, célébrant le dimanche de Pâques; spectacle charmant el triste pour le voyageur étranger.

Je n'ai fait que traverser Denver el sauter d'un train dans un tram pour me rendre à l'Université de Boulder, où je devais parler à 4 heures. Le public était si nombreux que la grande salle fut trop petite au moins de moitié et qu'on me demanda de parler dehors. Comment refuser? ha foule insensible au soleil brûlant et au vent très frais, se répandit sur les gazons, sous le dôme du ciel fraternel ; et je parlai du haut d'un escalier quelconque, sous la présidence des Montagnes Rocheuses. Je n'oublierai pas de sitôt, dans ce cadre, cette foule attentive, ces visages émus. Je ne m'attendais pas à ce dimanche de Pâques : il a fini pour moi comme une fête. J'ai expliqué à ces jeunes gens la beauté de leur avenir, la force, la grandeur d'un pays qui pourrait donner l'exemple du progrès et de la justice. Je leur ai dit ma confiance dans leur énergie. J'ai résumé tout ce que nos ancêtres français et les leurs ont fait ensemble, je leur ai dil ce qu'ils ont à faire à leur tour; j'ai énuméré tout ce qui leur manque... Ils écoutaient. Quand j'eus terminé, les pères et les mères vinrent, comme les jeunes gens, me serrer les mains et me remercier, suivant la touchante coutume que j'ai trouvée partout, après chacune de mes conférences aux États-Unis, et cette fois si spontanément que j'ai pu leur dire : « Je me sentais seul ce matin ; à présent une famille est autour de moi. » Après les autres, un jeune homme plus timide s'approcha et me dit, à mi-voix, presque en se sau-

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