‹ Les États-Unis d'Amérique;Chapitre 3 sur 91 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

tistique de l'Union. La position officielle de 1'auleur Ta mis à même de savoir combien l'absence d'un ouvrage de ce genre est regrettable. Il ne se passe pas de jour que des demandes de renseignements ne lui soient adressées, soit verbalement, soit par écrit, non seulement pour la France, mais encore pour la Belgique et pour la Suisse.

Gela se conçoit. Les Etats-Unis font avec la France un commerce plus important qu'avec aucun autre pays du monde, si l'on en excepte la Grande-Bretagne. Les exportations annuelles des divers ports de la France pour les États-Unis s'élèvent à 220 millions de francs, et les importations annuelles de ce pays dépassent 140 millions. Une masse considérable de capitaux français est placée aux États-Unis -, une quantité plus considérable encore est engagée dans le commerce fait dans ce pays par des citoyens français qui sont allés chercher fortune dans le nouveau monde. Il y a encore aux États- Unis plusieurs milliers d'émigrés sortis de France, qui, bien qu'ils aient adopté ce pays comme le leur, ont cependant laissé derrière eux des amis et des parents avec lesquels ils ont conservé non seulement des liens d'affection, mais des intérêts pécuniaires, positifs ou éventuels. Personne n'ignore non plus qu'un nombre consi-

PnÉFACE. Vil

dérabte d'émigranls quittent chaque jour la France pour les Etats-Unis, et que beaucoup d'autres cherchent lès moyens ou délibèrent sur l'opportunité de suivre le même exemple. Enfin il ne faut pas oublier que l'immense territoire de la Louisiane, qui a suffi pour former quatre nouveaux États de l'Union américaine, était, dan s l'origine, une colonie française, peuplée de colons français, et que cinquante ans de séparation politique n'ont pu effacer chez eux et chez leurs descendants les habitudes et relations commerciales, la tradition historique et les liens du sang.

De tout cela il résulte que le nombre des Français

qui ont des intérêts actuels et sérieux avec les Etats- Unis d'Amérique s'élève à plusieurs centaines de mille. Les lettres envoyées et reçues par la poste entre les deux pays, et apportées sur chaque paquebot, prouveraient très certainement, si elles pouvaient être comptées et analysées, que ces intérêts ont une étendue et une variété qui n'est pas même soupçonnée de part ni d'autre de l'Atlantique.

Ainsi en dehors de toutes les questions d'intérêt général et philosophique, et des souvenirs historiques chers aux deux pays qui uniront toujours la France à la rèpub)i~

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