CHAPITRE XXI
Cauravetére généreU du pays. — La Virginie est un État vaste et populeux , remarquable en ce qu'il a été le premier, dans les limites des États-Unis, où les Anglais se soient établis. C'est pour cela qu'il est appelé quelquefois le Vieux Domaine.
Montagne*. — La Virginie est traversée par les diverses chaînes des Apalaches, qui ont déjà été décrites comme traversant la Pensylvanie.
\ ° Les montagnes du sud-est, coupées par le Potomac près du pic conique appelé le Pain de sucre (Sugar Loaf), entrent en Virginie par le comté de Loudon , et en sortent par le comté de Henry, à environ 15 à 20 milles vers Test des montagnes Bleues {Bine Ridge).
2° Les montagnes Bleues , coupées par le Potomac à Harper'* Ferry (le bac de Harper), traversent, sur une ligne d'environ 260 milles , tout l'État de Virginie qu'elles séparent en deux grandes divisions , la Virginie orientale et la Virginie occidentale. Les pics de l'Otter, dans cette chaîne, sont compris parmi les plus hauts sommets du système des Apalaches. Ils sont situés vers le centre de l'État, et s'élèvent à une hauteur de 4,260 feet au-dessus du niveau de la mer.
3° La chaîne du Kittatinny entre dans la Virginie à environ 20 milles plus loin à l'ouest, sous le nom de montagne du Nord (North mountain), forme le centre du grand plateau de Virginie et sort de l'État sous le nom de montagnes de Fer (Iron mountains).
4* La chaîne des Alleghanys forme le côté occidental du plateau de la Virginie, court parallèlement aux montagnes Bleues (Blue ridge), à une distance moyenne d'environ 43 milles. A l'ouest de la chaîne, le versant va graduellement s'abaissant jusqu'au lit de l'Ohio ; mais plusieurs autres chaînes traversent cette section, dont les principales sont :
5* La montagne aux Châtaigniers ( Chestnuts ridge ) et les montagnes aux Lauriers (Laurel mountains), qui, dans la partie sud-est de l'État, sont connues sous le nom de montagnes du Cumberland.
Flemvem et rivière». — Le Potomac forme une partie de la frontière nord de l'Etat. Il prend sa source dans la chaîne occidentale des Apalaches, non loin de celle du Monongohela. Après avoir reçu le Shenandoahj qui a un cours de 4 20 milles à travers la grande vallée centrale, le Potomac fend les monta» gnes Bleues (fi lue ridge) au Bac de Harper, puis, se dirigeant au sud-est, rencontre la marée à Georgetown. Au-dessous de ce point, il étale ses eaux en un estuaire , qui est navigable 'pour les vaisseaux de 74 canons à Washington, à 24 milles de Cbe-
sapeake-bay. Le cours rapide de ce fleuve en rend la navigation fatigante, mais non dangereuse. — Le fleuve James prend sa source dans les montagnes, et coule au sud-est dans la baie de Ghesapeake. Il a 500 milles de cours ; il est navigable pour les sloops l'espace de 450 milles, et pour les bateaux 230 milles plus haut. — Le Rappahannock sort du Bine ridge et va se jeter jdan* le Chesapeakê-bay, après un cours de 470 milles. La marée remonte jusqu'à Fredericksburg ,440 milles ; à partir de ce point, la rivière est navigable pour les navires de 4 40 tonneaux. Le York se jette aussi dans la baie de Chesapeake, et, comme les précédents, il se répand en un large estuaire dans la partie inférieure de son cours. Les sources du Roanoke sont aussi dans cet État. Enfin, si nous passons à l'ouest du filue ridge, -nous trouvons le Grand Kamwha qui a ses sources entre cette chaîne et l'Alleghany ridge, darfs la Caroline du Nord. 11 coule dans TOhio après un cours de 300 milles vers le nord-ouest.
Batoa et havres. — La moitié extérieure de la baie de Cheêapeake se trouve dans la Virginie, et par sa profondeur, son étendue et les nombreux fleuves qu'elle reçoit, elle sert puissamment la navigation. Norfolk a un bon havre dans la partie sud de la baie, près de l'embouchure du James, qui y forme un port spacieux nommé Hamptoti Roads.
Rivages et caps. — Les rivages sont bas et plats. Une •péninsule de 60 milles de long sur une largeur de 4 à 4 5 milles longe le côté oriental de la baie , et est bordée le long de la mer par un cordon d'îlots bas et sablonneux. La baie de Ghesapeake .communique avec la mer par un détroit de 4 5 milles de large .resserré entre le cap Charles et le cap Henri.
Cvriaaltéa aatturellea. — Le passage du Potomac à travers le Blue ridge forme un spectacle d'une grandeur imposante. Le fleuve, qui se précipite avec impétuosité,, est brisé de roc en roc dans la partie de la montagne qui se trouve ati-des-
Bous de sa chute, pendant que les côtés de l'ouverture, à travers laquelle il semble s'être frayé une voie, s'élèvent au-dessus en immenses précipices. Le Pont naturel, dans le comté de Rockbridge, n'est pas moins imposant. C'est une arche naturelle de rochers de 60 feet, qui s'étend sur un abîme de 90 feet de largeur et de 260 feet de hauteur, sous laquelle passe un petit cours d'eau, le Cedar creek, tributaire du fleuve James. On trouve dans le comté d'Àugusta une caverne fort étendue et d'une grande beauté, nommée Weyer's cane, qui, pendant l'espace d'un mille , présente une série de hautes et spacieuses salles incrustées de cristaux et brillantes de magnifiques stalactites. La plus belle salle , connue sous le nom de Washington' b hall a 270 feet de long sur 60 de haut. 11 y a plusieurs belles et grandes cavernes dans la région du calcaire ; entre autres , Madison's cave, dans le comté de Rockingham, s'étendant & 300 feet sous terre, et ornée des stalactites les plus remarquables. Il y à dans le comté de Giles un lac qui présente le spectacle d'une nappe d'eau d'un mille et demi de circonférence, et de 700 feet de profondeur, sur le sommet d'une montagne de 3,700 feet de haut. Si l'on en croit les plus anciens habitants du pays /le Ut de ce lac était autrefois un terrain marécageux , dans le centre duquel il se forma un petit étang qui s'accrut graduellement. Un ruisseau qui sourdait dans la montagne cessa de couler et le lac surgit tout à coup au sommet. Ses eaux sont pures et potables ; il abonde en lézards, mais il n'a pas de poissons.
Baux minérale». — Les sources sulfureuses de Virginie sont - renommées pour leur efficacité dans les maladies de la peau, les affections asthmatiques, etc. Les sources sulfureuses blanches dans le comté de Greenbriar; les eaux sulfureuses talées, ou eaux sulfureuses rouges, dans le comté de Monroe, sont aussi utiles pour la cure des affections pulmonaires. Les sources doutqs {sweet springs) du comté de Botetourt sont car-
bonatées et estimées comme toniques. À Bath, dans le comté de Berkeley, on trouve des eaux ferrugineuses, et dans le comté de Bath deux sources d'eaux thermales , connues sous le nom d'eaux chaudes (warm et hot springs), efficaces dans le rhumatisme et les affections cutanées. Elles ont une température , Tune de 96 degrés, et l'autre de 44 2 degrés Fahrenheit.
Produite végétaux, — En allant à l'ouest de Norfolk, vers TOhio , on rencontre presque tous les arbres , arbrisseaux et herbes indigènes des États-Unis , ainsi que les productions cultivées dans les États du nord et du sud. On y rencontre aussi le ginseng et le snake root (Aristolochia serpentaria) , plantes médicinales fort prisées , et à l'ouest des Alleghanys , l'érable à sucre. Le tabac et le froment sont les récoltes les plus productives.
Animaux Indigène», — Le daim commun , connu sous le nom de daim de Virginie, se rencontre encore dans les districts boisés de cet État. L'opossum y abonde. Les grues, la caille, les turkey buzards ( espèce de vautour) et les moqueurs s'y distinguent parmi les tribus emplumées. Le dindon sauvage n'y est pas très rare.
Minéraux, — La partie ouest de l'État renferme du calcaire et du gypse. Des mines de fer de la meilleure qualité sont abondamment distribuées partout, et des mines de plomb productives sont exploitées dans le comté de Wythe. On trouve aussi de la houille bitumineuse à l'ouest des montagnes. Les sources salées du grand Kenawha et du Holston sont remarquables par la force de leur saumure. Les cavernes de calcaire fournissent de grandes quantités de nitre ou salpêtre. Dans la partie orientale de l'État on trouve du calcaire qui, en divers points entre le Potomac et le fleuve James, donne un excellent marbre. Les mines de fer, la plombagine, la houille, le cuivre et l'or se rencontrent dans cette région. Le terrain dans lequel se recueille ce
dernier métal s'étend depuis Fredericksburg, dans la direction du sud-ouest à travers la Virginie et les États qui l'avoisinent au sud.
Climat. — L'étendue de* cet État et les accidents de sa surface y produisent une grande diversité de climats , Dans le bassin de l'Atlantique, près de la mer, les chaleurs de l'été sont longues et accablantes, le printemps est court et variable, les hivers y sont extrêmement doux et la neige n'y séjourne jamais plus d'un jour. Les sécheresses y sont fréquentes en été et en automne. Les habitants ont la complexion faible à cause des chaleurs de l'été et des maladies bilieuses de l'automne. Dans les montagnes, l'air est frais et salubre, les habitants sont grands et musculeux, leurs formes sont robustes et leur contenance annonce la santé. On y fait du feu pendant cinq mois de l'année. La chaleur de l'été est considérable pendant le jour, mais les nuits y sont toujours fraîches. Sur le versant occidental des montagnes, le climat est plus froid de quelques degrés qu'il ne l'est sur la côte sous le même parallèle. La vallée de l'Ohio est excessivement chaude en été , mais pendant l'hiver la rivière gèle à ce point qu'on peut quelquefois y passer sur la glace pendant deux mois de suite. L'automne y est pluvieux, tempéré et sain. Entre la contrée montagneuse et les plaines voisines de la mer, on trouve des terrains ondulés où le climat est à la fois chaud et salubre.
Soi. — Sous ce rapport, la surface de l'État peut être partagée en quatre sections. 4° Delà côte de V Atlantique aux point* où remonte la marée dans les fleuves, le pays est bas, plat et marécageux ou sablonneux. Les terrains maigres sont couverts de pins et de cèdres ; mais les bords des rivières sont composés d'une terre grasse et riche dont la végétation est luxuriante. C'est un terrain d'alluvion à la surface duquel on rencontre des ossements et des coquilles marines. 2° Des pointa où la marée
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remonte dans les fleuves jusqu'aux montagnes Bleues, le terrai*, qui cemmence à s'élever, devient pierreux et accidenté. Le sol y est bien supérieur à celui des basses terres. 3° Dans la vallée; entre les montagnes Bleues et VÂlleghany y 'rkOus arrivons dans un pays de calcaire.. Le sol qui repose sur un lit de cette roche est très fertile en grains et en trèfle rouge. U contient de la craie en quelques points. 4° La partie ouest de l'Etat, ou cette partie qui se trouve entre les montagnes et l'Ohio, présente une surïace fort accidentée, avec des terrains fertiles ; mais le sol y est généralement stérile.
Aspect dm pays* — Le terrain n'est plan qu'en un petit nombre de points, excepté sur la côte orientale de la baie (Je Chesapeake et vers l'embouchure des fleuves. A l'ouest de la baie, le pays s'élève graduellement pour former des hauteurs et des vallées. La partie centrale est un haut plateau qui surgit quelquefois en pittoresques sommets, entre lesquels se creusent de belles et fertiles vallées. A l'ouest des Alleghanys, le sol est montueux et accidenté, et une grande partie des terrains eon-* tinue à être revêtue de ses belles forêts primitives. Il y a sur les deux penchants des montagnes de belles terres couvertes de. forêts, 4jui peuvent être acquises à. bas prix. C'est un point digne d'attirer l'attention des émigrants.
Divisions. — L'État est divisé en 1 20 comtés environ , partagés presque également entre la Virginie orientale et la Yiis ginie occidentale. Il renferme beaucoup de belles villes et quelques cités.
Agriculture* — L'agriculture de cet État varie beaucoup, mais presque partout elle est mal ordonnée. La pratique de dé* frieher les terres et de les cultiver chaque année jusqu'à ce qu'elles soient épuisées, et puis de les laisser se reposer et refaire sous l'influence de la nature, prévaut dans la majorité des far* mes. Le tabac est l'objet d'une culture étendue dans 1«\ Virginie
orientale ; mais il n'est cultivé que çà et là dam la partie sud de la vallée centrale. Le coton est planté avec une certaine exten* sjon dans Test et le sud, et le chanvre crott aveo succès dans quelques unes des meilleures terres, au-dessus de la marée haute* La Virginie de l'ouest possède d'excellents pâturages et se "voue principalement & la pâture. Le froment, le maïs, le seigle-, l'avoine et le sarrasin sont les principales céréales cultivées des deux côtés des montagnes. La partie de l'est est labourée presque entièrement par le travail des esclaves; les terres, dans la vallée , où les esclaves sont comparativement moins nombreux, se vendent plus cher que celles qui sont à l'est des montagnes Bleues. L'apparence générale de cette portion de l'État annonce une plus grande prospérité, bien que le sol et le climat y soient inférieurs, et que la communication avec les marchés soit plus dispendieuse et plus difficile.
HfupmfiRetiure* — Cet État possède d'immenses avantages pour les opérations manufacturières : le travail À bon marché, d'inépuisables provisions de combustible et une immense force hydraulique ; cependant les plantations et le fermage sont les principales industries. On rencontre quelques manufactures de coton, de tissus de laine, de verre, de fer, de papier, de cordages, d'étain calciné, de plomb, etc., dans l'ouest et le nord de l'État ; les salines du Kenawba ont de l'importance. Mais en général les facilités que la Virginie offre pour les manufactures sont loin d'avoir été pleinement utilisées.
Commerce. — Le commerce de la Virginie n'est pas étendu et consiste principalement dans l'exportation des produits de l'agriculture. L'État tire ses produits manufacturés, étrangers et domestiques, surtout des ports du nord.
Mimes. — Les trésors minéraux de la Virginie sont grands, et l'exploitation des mines de fer, de houille et d'or, s'y fait sur une large échelle.
Caaau et chemins de fer* — Il y en a plusieurs dans cet État; les chemins de fer surtout y sont importants; les ligne» terminées ont une longueur de 478 milles; ceux en voie de construction comprendront 848 milles.
Bette. — La dette de la Virginie est de 4 4 ,248,942 dollars avec une dette contingente de 3,947,894 dollars. L'État possède un fonds d'écoles de 4,533,74 dollars et d'autres propriétés valant environ 1 3,000,000 de dollars.
Baaqves. — La Virginie renferme 35 banques ayant un capital de 9,743,000 dollars.
Édaeatton. — Le collège de Guillaume et Marie, . une des plus anciennes institutions du pays, fui fondé à Williamsburg en 4 694 . Il y a dans cet État plusieurs autres établissements d'instruction supérieure dignes .d'estime : entre autres , le Hampden Sydney collège dans le comté du Prince Edouard, Washington collège à Lexington et Y Université de Virginie à Charlotteville. Les intérêts de l'éducation avaient été fort négligés en Virginie, mais quelques tentatives ont été faites récemment pour chercher les moyens de donner plus de développement à l'instruction élémentaire et à l'instruction supérieure.
Vflles principales. — Richmond, la capitale, est située sur la rive nord du fleuve James, à l'endroit de la chute inférieure, à la limite de la marée. La ville s'élève graduellement du bord des eaux, en formant un tableau des plus pittoresques. Le quartier ouest occupe une éminence, Shockoe-Hill, qui domine le reste de la cité. Le capitole V élève sur ce sommet, d'où l'on jouit d'une vue délicieuse. Deux ponts traversent le fleuve et conduisent à Manchester , sur la rive opposée. La plupart des maisons sont de brique, et plusieurs ne manquent pas d'élégance. Un des bras du fleuve se décharge dans un bassin d'une surface de deux acres. Le fleuve est navigable pour les bateaux surune longueur de 220 milles au-dessus de cette ville, et les navires qui
tirent 4 5 feet d'eau peuvent remonter jusqu'à quelques milles audessous d'elle. Richmond fait un commerce très florissant par mer et dans l'intérieur, et jouit d'avantages extraordinaires parce qu'il se trouve en communication avec un pays riche et bien cultivé, où le tabac, les grains, le chanvre, la houille, sont recueillis en abondance. Les chutes du James permettent de disposer d'une force hydraulique immense, qu'on emploie avec une extension considérable pour manufacturer le fer, le coton, la farine, le tabac, etc. Population : 27,483 habitants.
Autres villes.. — Norfolk , la ville la plus commerçante de la Virginie, dans un excellent havre sur un passage du fleuve James, au point où il reçoit la rivière Elisabeth. Gosport, sur la rive opposée de l'Elizabeth , dans le comté de Portsmouth , avec un chantier pour la marine nationale et des cales de construction. Petersburg, sur la rive méridionale de l'Appomatox, à 12 milles au-dessus de sa jonction avec le fleuve James, à City- Point. C'est une ville belle et riche , qui fait un grand commerce de tabac et de farine. Frederkksburg, sur la rive méridionale du Rappahannock, à 4 4 milles au-dessus de la baie de Ghesapeake. Le fleuve y est navigable pour les navires de 4 40 tonneaux. La ville est bien bâtie et entourée d'un pays fertile. Elle fait un commerce considérable. Lynchburg, sur la rive méridionale du James, 4 00 milles à l'ouest de Richmond; sur le penchant d'une colline, dans une contrée accidentée et montagneuse, coupée de fertiles vallées» Elle fait un grand commerce de tabac ; ses environs sont très peuplés. Williamsburg, entre la rivière d'York et le fleuve James, autrefois la capitale de l'État. Elle renferme le collège de Guillaume et Marie, une maison d'État, un tribunal et un hospice de fous , établi par l'État. York ou Yorktoum y sur la rive méridionale de la rivière d'York, avec un bon port et un certain commerce. Elle est mémorable pour la reddition de Lord Cornwallis et de l'armée anglaise en 4784. Mont-Vernon y
sur la rive occidentale du Potomao, à 4 5 millet de Washington, autrefois la résidence du général Washington et qui contient son tombeau. Ce tombeau , où le corps du grand homme a été apporté, est une excavation-souterraine avec un fronton de briques tout uni , mais mieux défendu qu'il ne le fut originairement, par l'adjonction d'une porte de fer. Wheeling, sur l'Ohio, ville florissante qui s'est accrue avec une grande rapidité, est un port d'entrée. Resserrée entre une chaîne de collines escarpées qui la dominent, elle ne se compose guère .que d'une rue. Les collines contiennent d'inépuisables mines de charbon. Wheeling est le point le plus élevé dans l'Ohio où la navigation puisse se faire par les basses eaux, et l'on y construit beaucoup de bateaux, soit à voiles, soit à vapeur. C'est dans cette ville que la route nationale par-dessus les Àlleghanys, le Cumberland~road y vient à franchir l'Ohio. Population: environ 8,0t>0 habitants. Les autres villes importantes sont Winchester, Shepherd&town, Martimburg, Stanton r où il y a un hospice de fous ; Lexington et Fincastle dans la vallée centrale ; Charlestown et Âbingdon à l'ouest des montagnes , et Charlotteville, siège de l'Université de l'État, à l'Est. A deux milles de cette ville, on trouve M oniicello, naguère résidence de Jefferson.
Habitants. — Les nègres esclaves entrent pour un tiers dans la population de cet État ; ils habitent surtout dans la partie orientale, Les colons de la Virginie s'opposèrent dès le commencement à l'introduction des esclaves, et leurs assemblées firent des lois pour la prohiber; mais ces lois furent annulées par les officiers de la couronne. Ainsi c'est le gouvernement anglais qui a imposé l'esclavage à ce pays. '
Histoire. — Annales. — Des essais furent tentés par les Anglais sous le règne d'Elisabeth pour former des établissements sur cette partie de la côte américaine, et le nom de Virginie lui fut donné en l'honneur de la reine vierge. Cependant la pre
œière oojoilie permanente ne date que de Tannée 4607 ; c'est oeUe qui fiit établie à Jamestown, près de l'embouchure du fleuve James, sous le règne de James ( Jaoques \ tr ) , pour qui ces noms étaient un compliment- Les premiers colon» souffrirent beaucoup de la famine et de l'hostilité des sauvages. A une époque plus rapprochée (4 676), une formidable rébellion se déclara sous le commandement de Nathaniel Bacon. Elle se termina à la mort de ce chef, mais le ferment d'agitation subsista encore longtemps après lui* La colonie cependant continua à faire des progrès, quoique enveloppée dans les malheurs de la guerre française en 4754, La Virginie était une des colonies de la cou* ronne, et elle fut administrée jusqu'à la révolution par un gou« verneur à la nomination du roi d'Angleterre. La constitution dé cet État, réglée en 4776, a été en 4 830 et en 4 864 l'objet de modification» nombreuses et importantes. Jusqu'à la dernière révision cependant, le droit de suffrage a continué à, être beaucoup plus restreint dans la Virginie que dans les autres États de l'Union.
1* capitaine Sçlhm Smith. — Ce personnage, dont la vie a été marquée par de si étonnantes aventures, était un- des pre^ miers colons de Jamestown , et plus d'une fois apn énergie et son habileté sauvèrent la colonie de la destruction. Le pays environnant était peuplé par des tribus indiennes, dont le chef dépendait d'un sachem nommé Powhatan. Dans une expédition qu'il faisait pour explorer le pays, Smith fut pris par les Indiens et conduit prisonnier devant le roi. Il fut décidé qu'il mourrait, et l'on faisait déjà les préparatifs de son exécution; la fatale massue était déjà levée , lorsque la jeune et belle fille du chef , Pocahontas, s'élança au milieu de l'assemblée, cachant sa tête dans ses mains et demandant la vie du captif. Smith fut sauvé, et douze Indiens furent chargés de lui servir de guides et d'escorte jusqu'à Jamestown.
r< !■*•■<« — Cette princesse indienne fat toujours l'amie des Anglais. Dans une occasion, les colons étaient près de mourir de faim ; elle leur procura les provisions dont ils avaient le plus besoin, et les sauva ainsi de la destruction. Un complot avait été formé par les Indiens pour détruire la colonie par une attaque soudaine ; pendant une nuit sombre et effrayante, elle se rendit à Jamestown et informa Smith du danger qui le menaçait. En 4643, Pocahontas épousa un jeune Anglais nommé John Rolfe, et cette alliance eut pour effet de maintenir l'amitié entre les Indiens et les Anglais. En 4 64 6, elle accompagna son mari en Angleterre, où elle fut traitée avec beaucoup de considération par le roi , la reine et autres personnages. Gomme elle était sur le point de repartir, elle périt victime du climat anglais, à l'âge de vingtrdeux ans. Elle laissait un fils, dont plusieurs des plus respectables familles de la Virginie tirent leur origine.
WrémUttmim 4e» États-Unis. — La Virginie est remarquable par le nombre de présidents qu'elle a donnés aux États- Unis. Washington, Jefferson, Madison , Monroe et Tyler étaient originaires et habitants de cet État. Harrison et Taylor y étaient également nés, ce qui donne une majorité aux présidents originaires de cet État.